De droite à gauche: Michel Glauser, Olivier Chautems, Fabiola et Samuel Chapuis, derrière Claude Nouveau, Jean-Claude Monnier et Christian Leuenberger.

Les viticulteurs de Champvent font la fête

De droite à gauche: Michel Glauser, Olivier Chautems, Fabiola et Samuel Chapuis,  derrière Claude Nouveau,  Jean-Claude Monnier et Christian Leuenberger.
De droite à gauche: Michel Glauser, Olivier Chautems, Fabiola et Samuel Chapuis, derrière Claude Nouveau, Jean-Claude Monnier et Christian Leuenberger.

Au sein de l’AOC des Côtes de l’Orbe, les vignerons de Champvent exploitent des domaines viticoles situés à l’extrémité nord sur le plan géographique. Ce sont en plus des viticulteurs dont les domaines ne sont pas immenses, et qui, pour, l’essentiel, pratiquent la vente directe au consommateur.

C’est notamment pour cette raison que les cinq producteurs de Champvent organisent depuis quelques années, à la grande salle, une fête du vin. L’édition 2011 de cette manifestation a eu lieu samedi passé. «Nous avons rencontré un beau succès, précisait après le weekend Olivier Chautems, l’un des cinq producteurs locaux organisateurs de la fête. Et les amateurs se sont aussi volontiers restaurés sur place, ce qui bien entendu améliore l’ambiance générale».

«Pour nous, la vente directe est essentielle, expliquait aussi son collègue Christian Leuenberger. Elle nous permet d’être au plus près des préoccupations des clients finaux, de récolter leurs avis et critiques éventuels, et aussi bien sûr de placer une production qui reste assez modeste en comparaison de celle des grandes maisons de vins». Pas de doute qu’en faisant venir à eux de façon groupée et organisée des habitants du village, mais aussi des clients domiciliés plus loin, les viticulteurs de Champvent font plaisir à ceux qui leur rendent visite, mais en récoltent aussi de nouveaux en raison de la fidélité qui leur est témoignée.

Photo Olivier Gfeller

Depuis la droite : Thierry Ballif, président, Claudio Russo, membre adjoint, et Albert Limido, vice-président.

Pêcheurs en soucis pour leur rivière

Depuis la droite : Thierry Ballif,  président,  Claudio Russo,  membre adjoint,  et Albert Limido,  vice-président.

Depuis la droite : Thierry Ballif, président, Claudio Russo, membre adjoint, et Albert Limido, vice-président.

Deux ans de travaux à la hauteur du pont du Moulinet, une rivière qui souffre dans son eau.

Réunie en assemblée au café restaurant des Ducats, la Société Vaudoise des Pêcheurs en Rivières, section d’Orbe, a débattu sur des problèmes de fonctionnement et a réfléchi sur le programme d’activité 2012.

Le président Therry Ballif, dans ses remarques, déplore une tendance au manque d’assiduité, autant lors des assemblées, des sorties, que des journées de travaux, il espère à l’avenir un véritable engouement pour la vie et animation de la société.

Une observation qui revient à plusieurs reprises, la mauvaise santé des cours d’eau dans le canton de Vaud, particulièrement l’Orbe à la hauteur de la cité des deux poissons où les eaux sont d’une qualité douteuse, la situation de chantier a amené le déménagement du secteur piscicole de la société à Vuiteboeuf, et il règne pour le futur, une certaine incertitude quant à la mise en eau de la rivière. Affaire à suivre…

Dans son rapport, le président informe entre autres, sur le futur étang du Grand Morcel à Vallorbe, endroit qui pourrait se prêter aux passeports vacances 2012. Les oiseaux piscivores, le harle en particulier, ennemi naturel du pêcheur, que la société d’Orbe comptera pour la dernière fois la saison prochaine sur le parcours barrage du Chalet – route de contournement, est toujours inquiétude pour les amateurs de pêche.

Le gagnant du concours d’ouverture 2011, Jean-Maurice Mahlerbe seul concurrent à avoir ramené du poisson sur une vingtaine de participants, signe inquiétant s’il en est, se trouve honoré d’organiser le concours 2012 en date du premier dimanche de mars, jour d’ouverture de le saison prochaine de pêche.

Dans les propositions individuelles, le choix ardu entre la sortie valaisanne de pêche en étang ou une grillade conviviale à la cabane de la pisciculture, le Valais a trouvé une majorité. Le souhait d’intervenir sur le plan cantonal pour établir un calendrier avec date butoir pour l’assainissement des cours d’eau vaudois, où trop d’eaux usées sont encore déversées, a trouvé un large appui de l’assemblée.

Photo Alain Michaud

De gauche à droite, les lauréats Yvan Monnier, Benjamin Morel, Pierre-Yves Poget et Landry Morel.

De nouveaux lauriers pour les Côtes de l’Orbe

De gauche à droite, les lauréats Yvan Monnier, Benjamin Morel, Pierre-Yves Poget et Landry Morel.

De gauche à droite, les lauréats Yvan Monnier, Benjamin Morel, Pierre-Yves Poget et Landry Morel.

Au début du mois de juin s’est déroulée à l’hôtel la Longeraie à Morges l’édition annuelle 2011 de la dégustation organisée par l’Office des Vins vaudois. Placée sous le patronage de l’Union Suisse des Œnologues (USOE), cette dégustation vise à encourager une production d’excellente qualité et à favoriser la promotion des vins vaudois en général. Elle est aussi la base de sélection, entre autres, pour le Guide Hachette du Vin et la sélection des Ressats de la fameuse Confrérie du Guillon. Concours ouvert à tous les producteurs, cette compétition importante débouche sur des prix par catégorie. Les premiers vignerons récompensés recevront leur prix lors de l’Open de tennis de Gstaad, le 26 juillet.

Pluie de médailles et retour en force du gamay

En 2011, ce ne sont pas moins de 10 médailles d’or et d’argent qui ont récompensé des vignerons de la région et leur production. L’occasion d’évoquer le grand retour du gamay, jadis confiné à du vin léger. «Dans les années 1970, jusqu’à l’apparition des quotas, précise Yvan Monnier, on avait un peu pour habitude de privilégier la quantité à la place de la qualité. Depuis ce temps, le gamay a fait l’objet d’une culture particulière et d’un traitement très soigné, ceci pour des quantités moindres.

Pas étonnant dès lors qu’on le retrouve dans les sélections». Pour Benjamin Morel, le gamay est un cépage oublié, pourtant planté dans les Côtes de l’Orbe «non sans bonnes raisons par nos grands-pères». Il faut dire que la terre et surtout le climat plutôt sec de l’appellation réussissent bien au gamay. Pour Pierre-Yves Poget, «pour qu’un vin rouge prenne du caractère en fût de chêne, il faut bien travailler le raisin et la vigne». Le gamay considéré comme rustique développe en réalité des qualités épicées et profondes lorsqu’on l’élève avec des techniques du 21e siècle. «On fait le vin qu’on aime, et ces dernières années, nous vendons très bien le gamay renouvelé » indique de son côté Landry Morel.

Jouer l’équipe

Les vignerons-encaveurs des Côtes de l’Orbe aiment à relever qu’ils jouent en équipe. Chacun avec sa spécialité et ses secrets, mais dans une franche compétition et dans une envie de promouvoir une qualité exceptionnelle pour une AOC dont ils sont et peuvent être fiers. Leur rayon d’action est avant tout régional, et leur production est vendue intégralement, souvent beaucoup plus rapidement qu’on ne l’imaginait. De belles et bonnes heures pour le vin, élevé à son noble rang d’art, notamment d’accompagnement de son homologue culinaire.

Palmarès
Chasselas
Médaille d’Or
Jade Chasselas, 2010 , Côtes de l’Orbe AOC, Cave des Murailles, Landry et Raymond Morel, Arnex
Médailles d’argent
13 Coteaux, 2010, Côtes de l’Orbe AOC, Cave Coopérative d’Orbe et environs, Yvan Monnier et Patrick Keller, Arnex
Vins rouges
Médailles d’Or
Clos Barrique, 2009, Gamay, Côtes de l’Orbe AOC, Cave Mirabilis, André et Pierre-Yves Poget, Agiez
Cuvée Origine, 2010, Gamay, Côtes de l’Orbe AOC, Caves du Château de Valeyres, Benjamin Morel
Garanoir Sélection, 2009, Garanoir, Côtes de l’Orbe AOC, Cave Coopérative d’Orbe et environs, Yvan Monnier et Patrick Keller, Arnex
Gamay Confidentiel, 2009, Gamay, Côtes de l’Orbe AOC, Caves du Château de Valeyres, Benjamin Morel et Frédéric Hostettler
Diamant, Gamaret-Diolinoir, 2009, Assemblage, Cave des Murailles, Landry et Raymond Morel, Arnex
Médailles d’Argent
Eucharis 2009, Côtes de l’Orbe AOC, Assemblage, Cave Mirabilis, André et Pierre-Yves Poget, Agiez
De Galléra, 2009, Assemblage, Côtes de l’Orbe AOC, Caves du Château de Valeyres, Benjamin Morel
Grenat, Gamay Fût de Chêne 2009, Gamay, Cave des Murailles, Landry et Raymond Morel, Arnex

Photo Olivier Gfeller

Orbe : un succès fou pour la fête de la saucisse aux choux!

Michèle Germond à la vente de saucisses

Michèle Germond à la vente de saucisses

La  fête de la saucisse aux choux a profité d’une météo exceptionnelle pour attirer un nombre record de participants lors de sa quatrième édition.

Cette année, près de 600 kg de saucisses aux choux ont été servis ou vendus entre le vendredi soir et dimanche en fin d’après midi, ce qui représente près de 2500 saucisses.

Cela suffirait à juger de la réussite de cette manifestation mais il faut tout de même souligner l’exceptionnelle bonne humeur que les organisateurs ont transmis aux participants, profitant, le temps d’un week-end de gastronomie vaudoise, des rayons du soleil d’un automne naissant.

Mais à festoyer sans musique, on digère sans boire. Heureusement les Krepiuls ont donné le ton vendredi soir lors de la mise en route de la raisinée et l’homme orchestre Micky’s anima joyeusement toute la journée de samedi, avant que l’orchestre du Nordsband nous gratifie d’une magnifique prestation.

Tout ceci fit que la soif était au rendez-vous, notamment pour l’apéritif du dimanche, offert par la commune et agrémenté d’une dégustation des produits de la Confrérie artisanale des bouchers. Cet apéritif fut animé par les yodleurs d’Orbe, pour ceux qui, occupés à veiller la raisinée toute la nuit, avaient du mal à réveiller leurs papilles.

La manifestation fut aussi instructive puisque samedi, des apprentis bouchers firent une démonstration de fabrication de saucisses et qu’un atelier de bricolage pour enfants s’est tenu sous l’hôtel de ville.

Un grand merci à la société des Cafetiers - Restaurateurs d’Orbe, Vallorbe et région, à la commune d’Orbe, à l’Office du tourisme, à la Sicup ainsi qu’aux annonceurs qui ont participé à la fête.

Photo Frédéric Richard

Une coutume qui perdure

La démonstration d’une prise de route…

La démonstration d’une prise de route…

De jeunes paysans fiers de perpétuer les traditions familiales.

Fin de la saison d’alpage

Sur le domaine de Freddy et Catherine Agassis, propriétaire de La Breguettaz, à Vaulion, la fin de la semaine s’annonçait particulièrement chargée, en travail et en émotion.

Arrivées le 12 mai, cela faisait 130 jours que les vaches laitières avaient pris leurs quartiers d’été, à la montagne, soit: 99 vaches et 1 taureau, appartenant aux familles Rochat de Mathod et Weidmann de Valeyres-sous-Rances, et qui étaient confiées aux bons soins de Freddy et de Catherine pour la saison.

Et demain, samedi 19 septembre, le départ du troupeau pour la plaine était au menu du jour.

Voûte céleste sublime

La nuit, à 2 h. du matin, sous une voûte scintillante de mille étoiles, mais sans lune, Freddy et sa femme partaient chercher le troupeau pour l’ultime traite avant la désalpe. Le bruit des clochettes emplissait l’air calme de la nuit. Quelques vaches meuglaient dans le noir, fâchées de rentrer à la maison. Dès trois heures, la valse des sabots dans la salle de traite commençait, Freddy aidé de son neveu s’activaient dans la fosse, contrôlant les tétines et mettant en route les machines à traire.

La cloche que le berger avait reçue à la dernière Foire aux Sonnailles était passée autour du cou d’une rouquine qui paraissait bien fière de la porter. Mais elle n’était pas la seule à être fière de ce cadeau !

La dernière touche colorée

Dans sa cuisine, Catherine s’affairait autour des bouquets, décorés avec des roses de couleurs en papier crêpe (une tradition pour elle), attachés sur de petits sapins, que portent les bonnes marcheuses pour la descente. Le mythe des bottes-culs fleuris a vécu, ils ont été remplacés par une base en métal qui, posée sur l’encolure de la bête, était arrimée à la courroie de la cloche.  Dame, ils ne traisent plus à la main et elles n’ont plus de cornes…!

Ils arrivaient enfin…

Vers quatre heures et demie, les propriétaires, les amis, des voisins de Vaulion, ceux qui savent attacher cloches et toupins pour que les vaches ne se blessent pas, arrivaient au chalet. Retrouvailles, discussions animées sur l’incendie à Orbe, puis ils se mirent à l’ouvrage. Ils attachèrent les vaches dans la grande écurie, l’un d’eux rasait les queues des bêtes, dehors sous les projecteurs, ils triaient les sonnailles, puis sortaient les bêtes par vague, les habillaient et les envoyaient au pâturage attendre l’aube.

Elles n’étaient pas toutes d’accord de rentrer à la maison, une porte laissée ouverte et quatre d’entre elles faussèrent compagnie aux hommes, mais elles furent vite ramenées à l’écurie. Une escapade de courte durée qui avait le don d’en énerver quelques-uns et d’en faire rigoler d’autres.

Le temps de boire un café

Le jour pointait sa palette de couleur au travers des sapins, il allumait les collines et les murets de pierres sèches si particulier à notre Jura.

Il était près de 7 heures, les bouquets arrimés, le troupeau était prêt. Ils montèrent se restaurer; cafés, thés, de larges tranches de pains, du fromage et les confitures de Catherine, de quoi bien caler l’estomac pour parcourir les 25 Km de la désalpe.

En sortant, ils scrutèrent le ciel, le temps pluvieux prédit pour la nuit, avait du retard. Le troupeau, y compris le taureau portant un toupin…, prenait possession de la route à huit heures; le temps devenait menaçant. La pluie les attrapait après la traversée de Vaulion, à Nidau, et les accompagnait trop longtemps. Cela n’empêcha pas la fête d’être belle. Les promeneurs applaudissaient leur prestation, certains d’entre eux étaient très émus…

Alors, à l’année prochaine !

Photo Marlène Rézenne

Orbe célèbre la saucisse aux choux

Saucisses aux choux

Saucisses aux choux

Orgueil du Pays de Vaud, la saucisse aux choux a désormais sa capitale: Orbe. Depuis quatre ans, ce fleuron du terroir vaudois se fête dans la cité urbigène à la fin du mois de septembre. Au menu: trois jours de célébrations gastronomiques pimentés d’animations pour un aliment  bien de chez nous.

Les 25, 26 et 27 septembre prochains, Orbe se découvrira «capitale de la saucisse aux choux»! Organisée pour la quatrième année consécutive, la fête, qui s’inscrit aussi dans la Semaine du Goût 2009, prend donc fort bien ses marques dans la cité urbigène. Le choix du lieu n’est d’ailleurs pas anodin puisque Orbe serait à l’origine de la création de cette charcuterie typique (v. texte «Une saucisse légendaire» ci-dessous).

Mais laissons de côté la légende pour s’intéresser au présent. Une quatrième édition, cela réjouit bien entendu toujours Daniel Grivet, tenancier du restaurant la Croix d’Or et surtout président et initiateur de cette sympathique manifestation: «Avec mon comité, nous souhaitions non seulement créer dans la ville une belle animation mais surtout faire découvrir un très bon produit du terroir vaudois par l’intermédiaire des restaurateurs et bouchers du cru.»

Daniel Grivet et son comité de bénévoles amateurs de produits de terroir auront été entendus puisque six restaurateurs de la cité des deux poissons ont répondu à l’appel et signé la «charte» de la saucisse aux choux.

Il s’agit des propriétaires des établissements suivants: Au Cheval Blanc, La Croix d’Or, Au Chasseur, National, City et  Yi Xiang.
Durant le week-end (du vendredi soir au dimanche midi),  les six restaurateurs proposeront aux gourmets une saucisse aux choux – fabriquée par les bouchers de la ville, Olivier Bühlmann et Armand Roch – avec son traditionnel papet pour le prix de 18 francs (9 francs l’assiette des enfants).

Pour ceux qui n’aiment pas la saucisse, un autre menu (émincé de volaille au curry, friture du lac, pizza, bœuf braisé, poulet aigre doux, fondue ou pizza) leur sera proposé pour le même prix. Preuve que l’on peut être un produit de terroir et être ouvert aux autres pratiques culinaires !

Enfin, pour ceux qui ne seront toujours pas rassasiés, des saucisses seront vendues au stand des bouchers situé sur la Place du Marché.

Ateliers de démonstration

Côté animations, la fête débutera en musique. Le vendredi soir (dès 18 h.) sur la Place du Marché, le public se lancera dans la fête au joyeux son des Guggenmusick-Les Krepiuls. La mise en route d’une raisinée se fera également à ce moment-là.

Le samedi matin, l’homme-orchestre Micky’s prendra le relais pour apporter musique et ambiance au centre de la ville. Dès 11 h., autour du bar de la raisinée, on pourra assister à l’ouverture officielle de la fête.  Les enfants ne seront pas oubliés puisqu’un atelier-bricolage avec concours doté de lots les accueillera toute la journée et gratuitement sous le couvert de l’Hôtel de Ville.

Nouveauté cette année: le public pourra assister à des démonstrations de fabrication de saucisses par des apprentis-bouchers.

Le dimanche, le bar et le stand des bouchers seront ouverts dès 10 h. La partie officielle permettra aux bouchers de la Confrérie artisanale de se présenter et d’offrir à la dégustation leurs produits.

Suivra à 11 h. un concert-apéritif avec le Club des Yodleurs d’Orbe qui devrait réveiller… les papilles du public! En début d’après-midi, le comité mettra en bouteille la raisinée, qui sera mise en vente. La fête se clôturera vers 16 h. A noter enfin qu’une loterie est organisée durant tout le week-end.

Une saucisse légendaire

Avec un son bref et mélodieux, la corde de l’arbalète se détendit et, à trente pas, le carreau acéré transperça la pomme sur la tête de l’enfant. Un des mythes fondateurs de notre Confédération était né !

Si les chercheurs ont bien retrouvé la trace d’une famille Tell, riches entrepreneurs de transports muletiers à travers le Gothard, l’histoire de la pomme se retrouve dans d’autres endroits en Europe, notamment dans une légende scandinave et dans la balade anglaise de William Cloudesley qui, avec son arc, transperce une pomme posée sur la tête de son fils.

Aujourd’hui cependant face à une abondante iconographie, à des pièces de théâtre, nul ne songerait à contester l’authenticité du héros uranais tiré de l’ombre au XIXe siècle par un romantique allemand.

Moins glorieuse certes, mais combien plus savoureuse et plus ancienne, il en va de même de notre saucisse aux choux.

Les faits historiques qui ont concouru à sa création sont bien connus. A deux reprises au cours du IXe siècle, des héritiers de Charlemagne se sont réunis à Orbe, ville impériale aux marches de la France et de la Germanie.

L’empereur d’Allemagne, Louis le gros, y rencontra notamment deux de ses neveux, rois de France, pour y régler des affaires de partage territorial.

Comme de nos jours, les puissants de l’époque ne se déplaçaient pas sans une suite nombreuse de conseillers, experts et domestiques chargés de pourvoir à l’ordinaire. Toute cette cohorte était nourrie sur le fisc impérial, c’est-à-dire sur le produit de la terre des sujets.

La tradition orale a traversé les siècles: un Urbigène avisé eut alors l’idée d’ajouter des choux à la chair de ses saucisses pour augmenter le rendement. Comme pour la plupart des inventions gastronomiques médiévales, il n’existe pas de traces écrites de l’événement et le célèbre «Viandier» attribué à Taillevent n’en fait pas mention.

Il est toutefois un élément certain : à l’exception de la saucisse de Morteau, emprunt plus tardif, la saucisse aux choux n’existe que dans le canton de Vaud dont elle est un des fleurons gastronomiques.

On ne saurait exclure qu’elle ait déjà été en usage avant la réunion impériale d’Orbe. C’est toutefois en relation avec cet événement que l’on situe son apparition au grand jour, naissance dont s’est emparée la tradition orale.

Notre approche cartésienne des faits historiques nous amène à douter de ce qui n’est pas corroboré par un texte. Toutefois souvenons-nous que de nombreuses œuvres littéraires médiévales sont basées sur une tradition orale qui plonge ses racines dans un lointain passé celtique.

La pérennité de notre tradition nous permet donc de situer dans notre ville l’antique naissance de cette boucle dorée au savoureux fumet. Quant au papet qui l’accompagne avec tant de goût, il faudra attendre quelques siècles, la découverte de l’Amérique et le travail de Parmentier pour nous permettre d’allier la pomme de terre à notre poireau indigène.

Bernard Gloor