Je la mériterais pourtant bien, cette retraite
Après tant d’années à jouer des soufflets
A cliqueter du clavier, à faire vibrer mes lames
A varier des registres
A porter le chant des paroissiens
Marier tant de Vaulienis
Accompagnant vers l’au-delà
Bénissant les naissances d’accents joyeux
Supportant les doigts d’organistes énervés
A donner de mon souffle tant et plus
J’étais là, à côté de la chaire,
A marquer le temps, à donner le ton
Et tout cela pendant plus de soixante ans
Vient l’heure du bilan, le temps de l’angoisse
Car qui me veut, maintenant au chômage?
Remplacé, délogé par un orgue neuf?
Je suis chez Danièle, pour un temps
Qui me loge en son boudoir
En attendant… Quoi?
Y a-t-il un collectionneur, un amateur, un sauveur?
Ils n’en auront que pour les frais de transport
J’ai encore à donner, jouez-moi encore, par pitié.
Contactez le journal pour m’épargner
Tendez-moi les bras
Ou faites le 079 775 45 76.
Le —N°702
Il n’attend qu’un amateur : LA COMPLAINTE DE L’HARMONIUM
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