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David Varidel, du bureau de géomètres BR + de Vallorbe et le syndic Raphaël Darbellay expliquent le projet de PPA aux propriétaires concernés.

Ballaigues : première zone de réserve dans un PPA

Il y a quelques années, des projets concrets existaient pour créer, au-dessus de la route cantonale Lignerolle-Ballaigues à l’entrée est de la localité, une zone d’habitation supplémentaire dans le secteur de «La Fin des Rites». En décembre 2010, l’exécutif annonçait même que «la procédure d’extension de la zone à bâtir en question avait reçu un préavis favorable des services cantonaux concernés». Ce projet comprenait la création d’un rond-point modifiant l’accès à la zone industrielle dans laquelle se trouve l’entreprise Dentsply.

Ceci appartient toutefois à un passé révolu et bien rangé dans les tiroirs. En effet, de prescriptions cantonales supplémentaires en mise en application de la LAT controversée, une extension hors du périmètre proprement dit du village n’est plus possible. Le syndic Raphaël Darbellay prévoit «une augmentation de la population résidente à 1100-1200 habitants environ à l’horizon 2030, des chiffres raisonnables au-delà desquels d’autres questions se poseraient en matière d’infrastructures nécessaires».

Le PPA «La Fin »

Un autre PPA (Plan partiel d’affectation) est actuellement à l’enquête publique, celui de la zone industrielle de l’entreprise Dentsply et des parcelles la jouxtant. Cette portion du territoire de la commune d’environ 60 000 m2 est régie par un ancien PPA qui date de 1992, dont les détails ne correspondent plus à la réalité du terrain. En particulier à l’existence d’une zone destinée à du petit artisanat, créée à l’époque, mais qui n’a jamais trouvé preneur.

La modification actuellement à l’enquête, fruit d’un travail de 10 ans, vise à harmoniser les zones et les immeubles et à permettre la création d’un nouvel accès routier pour l’entreprise. Il se situera environ 100 mètres plus haut que l’accès actuel. Il devrait assurer une desserte pratique pour tous les types de véhicules. La modification entraîne aussi la mise en zone réservée de 3 parcelles sans rapport avec l’entreprise. Il s’agira de la première application formelle de ce type de zonage à Ballaigues, qui gèle pour 5 ans toute construction sur le territoire réservé. D’autres de mises en réserve de ce type, pourraient intervenir dans le futur.

Futur proche

Dès que possible, la modification du PPA sera soumise au Conseil communal. Ce dernier statuera sur les éventuelles oppositions avant que le dossier reparte en direction du canton. Si tout se passe bien, l’exécutif espère le retour du dossier pour la rentrée de septembre et les travaux qui accompagnent le PPA pour 2018, soit le nouvel accès à l’entreprise Dentsply et rénovation complète du carrefour d’entrée de la localité direction Lignerolle.

Le TF veut-il faire fabriquer des pizzas en Tchéquie?

La semaine passée, le Tribunal fédéral a annulé les feux verts cantonaux vaudois – Conseil d’Etat et Tribunal cantonal – donnés à l’extension d’une zone industrielle. A ses yeux, le projet d’extension – sur des terres agricoles – de l’usine Hilcona à la périphérie d’Orbe ne permet pas de justifier une exception au moratoire de cinq ansinstauré en mai 2014, soit depuis l’entrée en vigueur de la dernière révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT) approuvée en 2013 par le peuple en votation populaire.

Notamment pas en raison d’une urgence invoquée par la commune et soutenue par le canton, mais qui aux yeux des juges n’existe pas dans le cas Hilcona. «La nouvelle affectation en zone à bâtir des terrains litigieux d’Orbe pourra être approuvée lorsque des déclassements correspondants, à Orbe ou dans d’autres communes vaudoises, seront entrés en force», a indiqué le Tribunal fédéral. Cet argumentaire revient à dire que l’on peut sans autre repousser à 2020 au moins tout projet reposant sur des bases juridiques solides. Le nouveau plan directeur cantonal (4e adaptation) est censé entrer en vigueur au 1er janvier 2017, si le Grand Conseil l’accepte. Quant au PGA attendu – dans sa nouvelle livrée –, certains le voient prêt pour 2020 environ, sans compter les recours et oppositions qui ne manqueront pas de fleurir à son sujet.

Hilcona muet et syndic inquiet

Pour le syndic d’Orbe Claude Recordon, «l’affaire de cette extension refusée est symptomatique de l’attitude de juges déconnectés de la réalité économique». Il aura fallu 4 ans pour que ces derniers décident que l’extension ne présentait… pas de caractère urgent. Facile à dire avec le recul et le temps pris pour la procédure. Malgré l’insistance pressante de l’Omnibus, Hilcona n‘a pas souhaité s’exprimer sur cette question. Elle s’est contentée d’un courriel laconique adressé mardi soir à la rédaction dans lequel son directeur Fortunat Dillier précise: «Nous ne souhaitons pas commenter cette décision du TF». Même sans réaction de sa part, on peut toutefois imaginer que ce qui était pour Hilcona un plan de développement urgent en 2012 ne l’est plus forcément à mi 2016. A fortiori si ce n’est pas avant 2020 au plus vite qu’une nouvelle extension pourrait être envisagée. Non seulement les centaines d’emplois à créer avec l’extension prévue se feront attendre, mais il n’est pas impensable d’imaginer que le personnel actuel risque, à terme, de payer le prix d’une délocalisation, dans un pays plus accueillant administrativement et où les salaires sont plus avantageux.

«Je ne serai plus en charge de ces questions, précise encore Claude Recordon, mais je suis inquiet pour l’avenir du développement économique de la région, du canton et de la Suisse». A l’aide d’une vision très entomologiste de la loi et d’ordonnances concoctées par des fonctionnaires fédéraux politisés, on coupe la dynamique et l’imagination des autorités locales. Pourtant, Orbe est considérée comme un centre stratégique de développement économique par le canton. «Ce qui justifiait précisément, à notre sens, une dérogation et une urgence qui désormais n’en est plus une. Mais bref, il y a une décision judiciaire, on en prend donc acte, ce qui ne nous empêche toutefois pas d’être surpris et choqués».

Orbe: piétons, appropriez-vous l’espace !

Depuis le 22 décembre, la Grand-Rue s’offre une cure de jouvence pour le plus grand plaisir des Urbigènes. La nouvelle configuration satisfait la majorité des habitants. La circulation à 20 km/h a un effet reposant, calmant; les bancs sont accueillants et invitent à se poser entre deux courses; la sinuosité évite tout excès de vitesse. Par contre, les avis sur les grands pots de fleurs sont mitigés: pour certains ils défigurent la ville médiévale, pour d’autres encore trop de couleurs. L’équipe de la voirie, chapeautée par Christian Mojonnier, a joué la carte de l’innovation. Les arrangements floraux au fil des saisons auront peut-être raison de leur audace.

Quelques inquiétudes

La cohabitation entre les voitures, les piétons et les vélos interroge quant à la sécurité. En effet, le manque de trottoir ne délimite plus l’espace de chacun, les plus petits sont moins visibles derrière les places de parc s’ils veulent traverser. Cela implique donc une responsabilisation et une plus grande vigilance de toutes les parties. Quand bien même une zone à 20 km/h oblige la suppression des trottoirs et des passages à piétons pour donner surtout la priorité aux piétons. C’est à ces derniers de s’approprier tout le secteur du centre-ville, en déambulant selon leur bon vouloir, sans abuser, afin que les automobilistes comme les propriétaires de véhicules à deux roues les respectent ainsi que la vitesse imposée.

Les finitions à venir

Selon les responsables de cette transformation, deux horodateurs seront installés au cours des prochaines semaines, le premier en principe sous la ruelle, qui relie la Grand-Rue et celle des Remparts, et l’autre vers le magasin Voegele. Si bien qu’il faudra à nouveau payer sa place de parc dès la fin février alors qu’une zone bleue a été instaurée momentanément. Pour rassurer les commerçants, on affirme que même s’il y a eu une idée de fermer la rue à la circulation, ce n’est pas d’actualité. Cela impliquerait un trafic bien plus dense à la rue des Terreaux, ce qui serait trop dangereux pour les petits enfants qui fréquentent le collège du Grand-Pont.

Vitesse modérée

L’ouverture de la rue, du côté giratoire de la Brasserie, n’a pas pu être encore opérée, car le parking couvert (14 places) du nouvel immeuble de la Grand-Rue n’était pas encore terminé, mais l’est désormais, impliquant un court secteur de circulation à double sens. Les premiers contrôles de vitesse ont rassuré la police, mais d’autres vérifications seront faites au cours des prochains mois avec l’espoir que la vitesse demeure modeste. On procédera à des contrôles identiques dans les rues de Saint-Claire et des Remparts afin de vérifier si les automobilistes sont devenus plus sages. Sans quoi il faudra verbaliser. A bon entendeur, salut!

Grand-Rue

Orbe: le centre-ville à 20 km/h

Les travaux de la Grand-Rue se terminant tranquillement, les résolutions prises par les autorités vont pouvoir être appliquées dans le centre-ville. Dès le lundi 22 décembre, date de la réouverture à la circulation de cette artère essentielle de la localité, la vitesse des véhicules sera limitée à 20 km/heure sur tout le secteur du centre de la localité.

Il faut répéter que cette limitation a un impact important pour les utilisateurs puisque les piétons auront la priorité sur les véhicules et que les passages piétons seront supprimés. Cette mesure limitative correspond à la volonté de la Municipalité de rendre convivial ce lieu important de la ville.

Respecter le piéton

En parcourant la Grand-Rue, vous constaterez que douze places de parc ont été maintenues, mais elles ont été dessinées dans le but de ralentir la vitesse des engins motorisés. Circuler à 20 km/h n’est certes pas aisé, mais cela implique un respect des usagers à pied. Certes, les tracés pourront être quelque peu modifiés en fonction de la pratique, quand bien même des essais ont été effectués pour vérifier la fluidité du trafic.

Pour compléter l’arsenal des mesures, du mobilier urbain de couleur donnera une dimension sympathique en ce lieu. En matière de parcage, en plus de la douzaine de places maintenues dans la Grand-Rue, vous trouverez 14 places disponibles dans le garage couvert du nouvel immeuble dont la construction est terminée. L’offre au centre-ville est donc améliorée (voir communiqué de la commune en page 2).

Fermeture du Château

La mise en place du 20 km/h sur la Place du Marché et la Grand-Rue s’ajoute aux mesures prises précédemment dans les rues de la Poste, des Remparts sud et de Sainte-Claire, qui retrouveront leur sens initial de circulation (entrée depuis les Terreaux), à partir du 22 décembre. Afin que la vitesse soit respectée au mieux, des contrôles seront effectués pour éviter les excès qui ont été constatés en certaines circonstances.

Enfin, la Place du Château sera encore mise à disposition des automobilistes jusqu’au 5 janvier, date après laquelle la barrière sera baissée et interdira le parcage.

Les Taborneires: une zone appelée à se développer

Si la zone industrielle des Ducats ne permet plus d’extension, celle des Taborneires, elle, est promise à accueillir de nouvelles entreprises ou au renforcement d’autres déjà en place.

Cela sera le cas d’Hilcona qui a pris le pari de se développer à Orbe. En effet, la firme liechtensteinoise a décidé de fermer son site argovien de Schafisheim pour concentrer son activité aux Taborneires. Elle va investir près de 27 millions dans l’année à venir afin d’agrandir les locaux actuels et de les équiper afin de rassembler la production de tous les sandwiches vendus en Helvétie et que vous trouverez dans les grandes surfaces comme la Coop, Manor, Spar ou Volk.

Un marché qui a tendance à prendre de l’ampleur avec une croissance constante alors que le domaine de la pizza stagne un peu, même si les produits de la marque sont vendus aussi bien en Suisse qu’en Allemagne, en Autriche ainsi que dans d’anciens pays de l’Est européen. Des sauces et des canapés seront aussi préparés à Orbe. On relèvera que le sandwich au poulet pané a la cote actuellement, tandis que la pizza Margherita demeure le chouchou des consommateurs.

Attente du PPA

Cela dit, l’extension du site urbigène est aussi lié à la construction d’une deuxième usine de production Hilcona, qui pourrait voir le jour dès 2015. Or, actuellement, la société de produits alimentaires frais a besoin de certaines garanties concernant cette zone pour s’agrandir. Raison pour laquelle sa direction a rencontré le Conseiller d’Etat Philippe Leuba et les autorités urbigènes afin de leur faire comprendre l’urgence de la situation. Il a été convenu que ce changement de PPA (plan partiel d’affectation) se ferait d’une manière prioritaire. «Chacun paraît conscient que nous avons besoin rapidement d’une réponse claire afin que le projet puisse se réaliser complètement. Mais il faudra encore être patient pour obtenir le feu vert nécessaire de la part des autorités politiques, quand bien même j’ai le sentiment que tous ont pris conscience de l’impact d’une telle réalisation», nous dit le directeur du site d’Orbe, Fortunat Dillier.

Des projets divers

L’agrandissement des installations actuelles nécessitera une main-d’œuvre supplémentaire d’une centaine de postes de travail, ce qui portera le total d’employés à 460 aux Taborneires. La construction d’une nouvelle usine devrait permettre l’engagement de 300 personnes supplémentaires. C’est dire si le projet est d’importance pour le développement économique de la région et la Municipalité d’Orbe est prête à appuyer la démarche d’Hilcona. Ce d’autant que l’on sait que d’autres entreprises envisagent également de s’installer dans ce secteur. Une première société, spécialisée dans la location et la vente de camping-cars et de caravanes, a manifesté son intérêt de venir s’installer aux Taborneires.

De manière à favoriser l’implantation de ces projets futurs, la Municipalité réfléchit à la création d’un parking afin non seulement de garer les voitures des travailleurs, mais aussi dans la perspective de l’arrivée du RER puisque le projet de remaniement de la gare de Chavornay prend tranquillement forme. L’arrivée du train rapide vaudois nécessitera l’agrandissement des quais (100 mètres de longueur), notamment aux Granges et à la gare principale pour accueillir les rames. En plus, elle étudie la mise en place d’un cheminement pédestre et cyclable qui relierait la halte du tram des Granges à l’entreprise Alvazzi à l’intérieur de cette zone.

Tout cela en parallèle avec l’implantation d’une zone d’habitation dans le secteur Pôle Sud (Gruvatiez-Lavegny). Cela pour dire que les choses vont plus rapidement que prévu et l’on doit se réjouir de ces perspectives de développement industriel de la localité aux Deux Poissons.

Photo Pierre Mercier