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Le conférencier est entouré par Yvette Fishman et Danilo Gay, du comité de l’ARAVOH.

Vallorbe, Odyssée africaine: les atrocités subies par les réfugiés

Si notre surtitre peut évoquer une sorte de voyage tranquille, eh bien c’est de tout le contraire qu’il s’agit. Jeudi matin 1er février, l’ARAVOH de Vallorbe mettait sur pied une conférence pour évoquer ce qu’a vécu Emmanuel Mbolela qui a dû fuir la République démocratique du Congo (Kinshasa) en 2002.
C’est donc lui, aujourd’hui mué en un conférencier et écrivain, qui raconte sa propre histoire... Une destinée commune à des centaines de milliers de réfugiés qui ont dû affronter les plus sordides atrocités en fuyant l’Afrique, sur un trajet de près de 13 000 km.

Six ans de souffrances

Cette «odyssée» a été particulièrement dramatique. Elle dure six ans sur un chemin tortueux dont le but final est d’atteindre enfin l’Europe. En 1998, la deuxième guerre du Congo éclate. Etudiant à l’époque, Emmanuel se lance dans une lutte politique pour les droits de l’homme. Il est fait prisonnier, mais réussira à s’évader, d’où le début de son exil (plus de 200 000 déplacés). Sans papiers, il traverse tour à tour Cameroun, Nigeria, Bénin, Burkina Faso, Mali et Algérie.
Pourchassé encore, il passe alors au Maroc avec des taxis clandestins. Bloqué là-bas pendant quatre ans, il se fait vraiment connaître en créant l’ARCOM, la première association officielle des réfugiés et congolais, s’active dans des solutions de logements pour eux à Rabat.
Témoignage
Aujourd’hui, Emmanuel Mbolela est toujours réfugié. Il vit aux Pays-Bas. Dès lors, il ne cesse de parcourir l’Europe pour décrire son périple bouleversant dont il a tiré un livre. Il était donc normal que l’ARAVOH (Association auprès des Requérants d’Asile de Vallorbe Oecuménique et Humanitaire) lui donne l’occasion de s’exprimer, au Buffet de la Gare.