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Quai de chargement à Baulmes.

Baulmes et environs : les betteraves seront chargées à Onnens

Une décision qui aurait pu faire beaucoup de malheureux

La décision a été prise par la Sucrerie d’Aarberg : les producteurs de betteraves du Pied du Jura (entre Baulmes et Orges) devront charger leur production sur les wagons à Onnens. Le transport par TRAVYS ne sera donc plus possible dès l’automne 2017.

Appui du monde politique et économique

Le conseiller d’Etat Philippe Leuba en charge du dossier agricole vaudois a donné son feu vert et appuyé la décision de la Sucrerie; et il l’a fait savoir aux producteurs, chiffres à l’appui. Il faut réagir et éviter que la baisse permanente du prix de la betterave suisse continue. En comparaison européenne, la betterave suisse est produite à un prix concurrentiel, mais le coût du transport est trop élevé. Pour pouvoir continuer à produire de façon compétitive, les paysans suisses doivent donc impérativement réduire la facture du transport.

Des explications concluantes

Pour les paysans de la région, la décision a été difficile à accepter lorsqu’elle a été annoncée. Une fois le processus expliqué en détail, j’ai changé d’avis nous confie Pierre-Alain Urfer, agriculteur à Champvent et député. Son exploitation produit annuellement 500 tonnes de betteraves. Il me fallait 4 jours pour les acheminer sur 10 wagons en gare d’Essert. Pour mes collègues de Baulmes, Vuiteboeuf et Champvent qui ont une possibilité journalière de chargement de 16 wagons de la Cie Travys (à voies étroites), la problématique est la même. A Yverdon, les betteraves doivent être transbordées sur des wagons empruntant des voies plus larges.

Qu’est-ce que cela va changer?

Pour des questions pratiques et d’utilisation optimale des machines de chargement, le moment de livraison des betteraves était le même pour tous les paysans d’un même village. Comme il y aura plus de livreurs en gare d’Onnens, la saison de chargement durera un peu plus longtemps. «Mais pour nous, ce sera plus simple continue Pierre-Alain Urfer, nos betteraves seront prises en charge au bout des champs (pour autant que ceux-ci soient accessibles) et nous n’assumerons plus ces transports parfois risqués en raison des conditions météo d’automne (brouillard, froid, humidité). Mentionnons qu’un camion peut transporter jusqu’à 40 tonnes, on évite ainsi quelques trajets! Les betteraves régionales seront chargées sur des rames complètes, composées de 28 wagons pour un poids de 1 400 tonnes, d’Onnens à Aarberg.»

Intéressant financièrement ?

Précisons encore que l’apport supplémentaire du financement de la sucrerie permettra d’assurer le prix du transport entre le champ et la gare d’Onnens. Enfin, les producteurs qui préfèreront livrer eux-mêmes les betteraves à Onnens pourront le faire comme avant pour autant qu’ils fassent partie d’un centre ou cercle de transports.

L’avis de TRAVYS

TRAVYS nous confirme avoir été mis devant le fait accompli. L’entreprise en a pris acte. Même si le nouveau système préconisé par Aarberg représente un manque à gagner, il doit être mis en comparaison avec le coût de ce genre de transport et les infrastructures nécessaires. Il devenait parfois difficile de réaliser les transports de marchandises à un coût raisonnable avec l’évolution des contraintes réglementaires et l’augmentation de la cadence des trains voyageurs. Enfin, le chargement des betteraves est toujours possible à Orbe.

Orbe et Chavornay: ouvrir la voie au RER Vaud

Deux soirées publiques d’information largement fréquentées ont été organisées successivement à Chavornay et à Orbe, avec pour objectif de présenter les projets d’amélioration de la mobilité entre et au sein des deux localités, ainsi que les modifications de tracé de l’OC actuellement à l’enquête avec la construction d’un pont routier dans la plaine pour enjamber le futur tracé corrigé de l’OC.

A Chavornay comme à Orbe, les syndics respectifs Christian Kunze et Henri Germond étaient à la manœuvre en compagnie du directeur de Travys SA, Daniel Reymond, et du responsable de la planification à la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) du Canton, Frederico Molina.

Si les projets qui ont été présentés dans les deux localités sont identiques, les attentes et interrogations des populations sont légèrement différentes. Les projets impactent en effet différemment les territoires des deux communes.

Boucle ferroviaire et pont routier

Pour l’essentiel, le projet actuellement à l’enquête publique concerne le tracé de l’Orbe-Chavornay. Il comprend la construction d’un pont dans la plaine un peu en dessous de PESA et la correction importante de l’entrée du train à Chavornay grâce à la création d’une boucle traversant la zone agricole. Elle permettra aux rames de s’insérer dans l’axe du trafic Lausanne — Yverdon-les-Bains en gare de Chavornay. Cette boucle, située entre un quartier de villas et la réserve du Creux-de-Terre, aura un rayon d’environ 185 mètres, le minimum nécessaire pour permettre aux compositions modernes du RER comme aux locomotives et wagons-marchandises d’y circuler sans restriction. Le système d’électrification doit aussi être changé, pour passer de l’alimentation historique à courant continu de l’OC à un raccordement complet avec l’électrification CFF, homogénéité des matériels oblige.

Autres mesures

Ce projet s’accompagne de mesures propres à chaque localité. A Chavornay, dans un double souci de sécuriser la route de Corcelles et de freiner les envies des pendulaires d’y circuler, des traversées piétonnières avec feux lumineux ont été réalisées en 2016. Du côté d’Orbe, ce sont les carrefours des Ducats et de Taborneires qui devront subir des modifications. Ces dernières ayant pour but aussi d’inciter fortement les pendulaires urbigènes à utiliser la sortie d’autoroute des Mosaïques en empruntant la route de contournement d’Orbe et non pas celle de Chavornay. Cet objectif sera recherché en ralentissant, aussi grâce à des feux et des systèmes de présélections-triage, le trafic entre les deux localités, pour augmenter la cadence de passage des usagers qui choisiront le « bon parcours et ralentir les usagers purement locaux ».

Gare de Chavornay

La gare de Chavornay sera revisitée avec création de quais à hauteur, de passages sous voie, en pente douce, d’un ascenseur côté place de la Gare et d’un aménagement de quai plus long pour accueillir les rames du RER-Orbe. Dans un premier temps, les usagers devront changer de train, mais sur le même quai, pour se rendre à Lausanne ou à Yverdon-les-Bains. Dans un second temps, le trajet complet pourra être effectué sans changer de train. Cette seconde phase est fonction de l’avancement de travaux entre Bussigny et Lausanne — doublement des voies existantes — à l’horizon 2023. La première phase du projet présenté devrait pouvoir être réalisée en 2018-2019 avec entrée en fonction à l’horaire d’hiver 2019, si les oppositions, recours et procédures ne le retardent pas trop.

pont-chavo

Gare et haltes d’Orbe

A Orbe, la halte de Saint-Eloi sera déplacée sur un tronçon plus rectiligne situé en aval, qui permettra de construire des quais de 120 mètres de long environ et la gare des Granges verra son quai allongé et déplacé en face du complexe de Nestlé. La Gare du centre-ville ne verra dans un premier temps que ses quais adaptés et prolongés. D’autres modifications pourraient survenir ultérieurement, mais elles font partie d’un autre projet de réaménagement complet de cette place sur lequel les autorités communales travaillent de concert avec Travys SA et les propriétaires privés des terrains concernés.

Ne pas rater le bon wagon

Aussi bien à Chavornay qu’à Orbe, les syndics ont insisté sur le fait que ce projet était essentiel pour les localités, qui y travaillent depuis 8 ou 9 ans, notamment au travers de l’ADEOC. Les deux localités sont considérées par la canton comme des centres régionaux. A ce titre, leur développement est favorisé. Mais pour rester des centres régionaux, la présence d’un raccordement au chemin de fer est impérative. A l’horizon 2030, Orbe devrait voir les emplois locaux augmenter de 2 200 unités pendant que Chavornay devrait voir ce même chiffre augmenter de 1 300 environ. Les emplois de proximité sont l’avenir, ont dit en cœur Christian Kunze et Henri Germond, comme sera aussi offerte, dans un avenir pas très éloigné, la possibilité de prendre son train à Orbe pour se rendre directement et rapidement à Genève ou à Montreux. L’un comme l’autre ont aussi insisté sur le fait que, quand le char des subventions passe, il faut le héler de suite, car en général il ne repasse pas de sitôt. Surtout pas garni de plus de 70 millions de francs que la Confédération et le Canton sont prêts à investir dans le projet global.

Réactions

A Chavornay, l’essentiel des questions et réactions est venu d’un groupe d’habitants du quartier En Forez qui sera « encerclé » par la future boucle. Emplacement de celle-ci, sécurité des enfants, environnement, faune, proximité de la réserve du Creux-de-Terre, bruit nocturne des wagons de marchandises à la manœuvre et dévalorisation des immeubles ont été autant de sujets évoqués. A Orbe, la question du déplacement de la halte de Saint-Eloi a préoccupé plusieurs riverains, pour des raisons de bruit, de vibrations et surtout d’apport sur des chemins actuellement privés de circulations automobile et piétonnière supplémentaires. Le bien-fondé global du projet n’a pas été contesté lors de l’une ou l’autre des soirées.

Procédure

Les promoteurs du projet ont rappelé que la procédure d’enquête publique court jusqu’au 24 octobre. Ils ont incité les opposants ou les résidents qui auraient des questions à se manifester jusque-là, y compris s’agissant de compensations financières. En matière de chemins de fer, la procédure est particulière. Elle a été rappelée par Frederico Molina, qui a souligné que les oppositions ou remarques seraient traitées par l’Office fédéral des transports (OFT), seul compétent en la matière. Le permis de construire sera délivré par cet Office, le cas échéant avec des charges qui s’imposeront aux promoteurs. Divers recours existent, au Tribunal administratif fédéral, puis le cas échéant au Tribunal fédéral lui-même. Les délais sont longs, les procédures coûteuses, et Frederico Molina a suggéré au public concerné directement de privilégier les voies des discussions et des négociations, hors cadre judiciaire, car elles se révèlent en principe préférables et moins onéreuses que le passage chez les juges.

Position ambiguë de Chavornay

Il y a quelques jours, le Conseil communal de Chavornay a adopté une motion enjoignant la Municipalité de s’opposer au projet global dans les délais. « Nous ne sommes pas opposés au développement d’un concept de transports publics desservant la commune d’Orbe, mais nous souhaitons que certains points de ce projet d’importance soient étudiés, approfondis et précisés » laissent entendre les motionnaires. L’Exécutif actuel ne semble pas non plus très conséquent dans ses démarches, car tout en promouvant le projet en public, il en déplore certains aspects. « La Municipalité n’est pas enchantée par ce projet, a tenu à préciser Christian Kunze, le syndic, notant que la Confédération a écarté pour des raisons financières, mais aussi à cause de la proximité de la nappe phréatique, l’idée de créer un tunnel à la place d’un pont ». Interrogé spécifiquement sur cette question par un participant à la réunion de Chavornay, le syndic est resté laconique et n’a pas commenté. Reste que la nouvelle Municipalité élue ne partagera peut-être pas ces interrogations et leur aspect contradictoire. Affaire à suivre sur ce plan aussi.

Pour en savoir plus

www.adeoc.ch : carte interactive

www.travys.ch : modernisation de la ligne Orbe- Chavornay, images et vues aériennes détaillées.

© Illustrations: Travys SA

Chavornay: remise en question d’un projet

Le Conseil a accepté une motion qui somme la Municipalité de déposer, dans les délais, une opposition au projet de modernisation de la ligne Orbe - Chavornay. En effet, s’ils ne sont pas fermement opposés au projet, les membres du Conseil veulent en connaître, dans les détails, les tenants et aboutissants. C’est surtout la boucle de 185 mètres linéaires qui passerait près de la réserve naturelle et du quartier Lougilloux-Mollenchire qui pose problème. Ce sont également les impacts sonores des trains de marchandises, la nuit, qui sont spécialement pointés. Les autorités auraient préféré que ce tronçon passe par un souterrain, sous la route cantonale, solution que l’OFT a écartée pour des raisons financières et de manière à ne pas endommager la nappe phréatique. En outre, la population aura l’occasion d’être informée des grandes lignes du projet, lors d’une séance publique de Travys, le 12 octobre à Chavornay et le lendemain à Orbe.

Réaction urbigène

Du côté d’Orbe, ce frein à la construction de la ligne qui relierait le RER à la cité urbigène, n’étonne que partiellement le syndic Henri Germond. « Je peux bien comprendre que l’on s’inquiète des nuisances que peut entraîner cet aménagement et il est normal que les gens posent des questions. Il faut savoir aussi que si l’on ne parvient pas à trouver une solution ferroviaire, c’est la circulation automobile qui pourrait augmenter d’une manière sensible, ce que les Chavornaysans ne souhaitent pas. Il faut rappeler que le but du projet est de réduire le trafic routier au profit du chemin de fer. En plus, l’abandon de ce tronçon priverait notre région du Centre de Traitement et de Réhabilitation (CTR) qui remplacera l’hôpital actuel. J’attends de lire les considérations émises lors du conseil de nos voisins et de savoir comment la Municipalité va réagir avant de me prononcer définitivement, dans l’espoir que l’esprit régionaliste primera.»

Les décisions

Après de très longues négociations, le règlement du Conseil communal a été adopté, sous réserve de l’approbation de l’autorité cantonale.
Le conseil a accordé à la Municipalité un crédit de Fr. 69’000.- afin de procéder à la réfection du sol et de l’éclairage de la grande salle.
Il a adopté l’achat pour Fr. 275’700.- de 10 places de parc souterraines dans les nouvelles constructions situées «En Couvalau» afin de libérer les places sur le parking en face de la maison de commune, pour les mettre à disposition du public.

Enfin, le conseil a accepté le complément I au budget 2016 qui prévoit une diminution du déficit de Fr. 378’000.-.

Gare de Vuiteboeuf.

Vuiteboeuf : voies doublées pour la cadence à 30 minutes

Pour pouvoir mettre en œuvre la cadence à la demi-heure, il a fallu modifier le point de croisement (qui se faisait à Baulmes) sur la ligne Yverdon – Sainte-Croix. Actuellement à certains moments de la journée, trois trains peuvent circuler en même temps sur la ligne, ce qui implique deux points de croisement, le premier à Vuiteboeuf, le second à Trois-Villes. Ces deux stations ont bénéficié de travaux d’aménagement.

Coût des travaux

Les travaux importants à la gare de Vuiteboeuf ont duré environ 6 mois et ont coûté 8 millions de francs (financés environ pour moitié par la Confédération et le canton).
La direction des travaux a été assurée par TRAVYS et les autorisations délivrées par l’Office Fédéral des Transports.

Deux nouveaux quais et passage sous voies

Il s’est agi de construire deux nouveaux quais de 85 mètres de long et un passage sous voies pour permettre aux voyageurs d’accéder en toute sécurité à l’autre quai. Si la plus grande partie des travaux a été effectuée par des entreprises spécialisées du génie civil et de technique ferroviaire, le personnel TRAVYS a essentiellement été engagé pour ce qui concerne l’exploitation ferroviaire et le montage des installations de sécurité. Le chantier n’est pas encore tout à fait terminé, et les travaux nécessitant l’interruption du trafic ont pu être effectués durant les phases d’interruptions annuelles.

Grosse préparation et satisfaction des clients

Un important travail de préparation a été réalisé en amont, au sein de l’ensemble des départements de l’entreprise, et a permis la parfaite mise en œuvre du nouvel horaire.
Les clients sont très satisfaits de l’augmentation de l’offre due à la nouvelle cadence sur une grande partie de la journée. Il a tout de même fallu aménager la première course au départ de Sainte-Croix pour permettre une correspondance vers Genève.

C’est à cet endroit que les principaux aménagements routiers et ferroviaires prendront place.

Orbe: séance d’information aux Urbigènes

A la séance d’information de ce dernier mardi soir Claude Recordon, syndic, a planté le décor. Le développement de la cité d’Orbe est basé sur 3 piliers : les emplois, le logement et le binôme confort/loisirs.
L’objet principal de la séance a été consacré au développement de la Mobilité, outil essentiel à la réussite des objectifs communaux.

Des projets pour le rail

Le matériel roulant de l’OC est vieillissant, sa modernisation s’annonce compliquée et coûteuse. La solution envisagée et déjà annoncée : raccorder Orbe au réseau RER, formule qui est rendue envisageable par le financement de la Confédération. Selon D. Reymond, directeur de Travys, il est raisonnable d’imaginer une mise en fonction pour 2019.

L’électrification deviendrait identique à celle des CFF. Du côté de Chavornay, le lien sur le réseau CFF se ferait par le biais d’un changement de tracé, soit une large boucle en direction d’Yverdon. Du côté d’Orbe, en raison de la longueur des trains, les arrêts Granges et St-Eloi se verraient légèrement déplacés alors qu’à la gare le quai serait allongé. Dans un premier temps ce seront des rames Travys qui seront engagées, la situation sera réexaminée en 2023, à la fin du gros chantier de la gare de Lausanne.
Objectif annoncé : inciter les automobilistes à privilégier les transports publics et du coup diminuer la pression sur le réseau routier.

Le problème de la traversée de Chavornay

La traversée de Chavornay, en direction de la jonction à l’autoroute, est à saturation. Après une première étude lancée par Chavornay, c’est l’Association pour le Développement Orbe – Chavornay, qui a repris la question. Trois solutions ont été écartées.

L’amélioration du parcours dans Chavornay est considérée sans effet. La création d’une route de contournement est trop chère et n’est pas une garantie pour le long terme. La meilleure des solutions, la création d’une nouvelle jonction autoroutière au milieu de la plaine, n’a pas reçu l’aval de l’OFROU.
La formule retenue : aux heures de pointe, contraindre au maximum les automobilistes à utiliser la jonction des Mosaïques. Aux carrefours des Ducats et des Tarboneires, des feux ralentiront les véhicules qui voudront aller sur Chavornay, alors que des présélections faciliteront l’accès à la route de contournement avec au final un gain de temps pour les automobilistes qui privilégieront l’entrée sur l’autoroute à Orbe. Ces quelques kilomètres supplémentaires devraient permettre à Chavornay de ne pas voir augmenter le flot des véhicules qui traversent la bourgade.

Connu sous le nom d’Etude Stratégique d’Accessibilité Multimodale, ce projet a l’appui solidaire des municipalités urbigène et chavornaysane.

Rue du vieux Lhassa rénovée.

Journal d’un Urbigène en Asie – 4

Après avoir traversé la Russie et la Mongolie, nous voici en escale à Pékin avant de reprendre le train pour le Tibet.
Pékin est vraiment la ville du XXIe siècle. Sa richesse et son dynamisme n’ont rien à envier à New York, son architecture non plus. Le nombre de chantiers en cours est impressionnant. Nous ne restons que deux jours. Juste le temps de visiter la grande muraille, la cité interdite et de se faire une idée de la vie nocturne, avant de reprendre le train pour Xining, la capitale de la province du Qinghai.

Positionnée sur l’ancienne route de la soie, au nord-est du plateau tibétain et à 2275 mètres d’altitude, la ville est à un carrefour ethnique. Chinois d’ethnies Han, Hui (qui sont des Han musulmans), Mongols et Tibétains y habitent. Un peu à l’écart de la ville se trouve le monastère de Kumbum, haut lieu du bouddhisme tibétain puisqu’il fut construit sur le site où naquit le réformateur Tsongkhapa (1357-1419), fondateur de l’école Gelugpa dont les Dalaï-lamas sont issus.

Arrivés le matin, nous ne restons que la journée pour visiter ce monastère ainsi que le musée de la médecine tibétaine. Nous rejoignons ensuite la gare pour notre dernier trajet ferroviaire. Nous traversons le plateau tibétain et roulons pendant plusieurs heures à 5000 mètres d’altitude. Le paysage ressemble à un désert gelé qui n’a rien de très accueillant, mais reste néanmoins fascinant. Certains passagers sont malades. Chaque compartiment du train possède des bornes à oxygène. Il est toutefois préférable de ne pas les utiliser et de tenter de s’habituer à l’altitude.

Nous arrivons enfin à Lhassa après avoir parcouru 15 000 kilomètres sur les rails. Nous y resterons trois jours avant de prendre une jeep pour la frontière népalaise. C’est la deuxième fois que je me rends à Lhassa. Ma première visite, en 2006, avait déjà fait l’objet d’un article dans ce journal. La ville s’est développée. Le vieux Lhassa a été complètement rénové. D’un quartier populaire, il est devenu un quartier chic, aux loyers peu accessibles. Les Tibétains reconnaissent toutefois que le développement économique est positif, même si ce sont les Chinois venus s’installer au Tibet qui en profitent le plus. Ils regrettent toutefois que la situation politique n’évolue pas, mais font néanmoins confiance à l’avenir.

Notre premier jour à Lhassa coïncide avec le jour anniversaire de la naissance du Bouddha. Plusieurs pèlerins font le tour de la vieille ville, en se prosternant tous les trois pas. Cela perturbe le trafic, mais personne ne leur en tient rigueur, car leur dévotion inspire le plus grand respect.

Notre jeep nous emmène dans les hauts lieux du Tibet central. Nous arrêtons au bord du lac Yamdrok pour admirer la clarté de son eau, puis continuons jusqu’au camp de base de l’Everest. Le temps est magnifique et la vue à couper le souffle. Nous admirons le coucher et le lever de soleil sur l’Everest avant de reprendre la route et traverser l’Himalaya. La météo est toujours aussi idéale et nous pouvons voir des aigles voler dans le ciel bleu, avec les sommets enneigés en arrière-plan.

Le plus haut col que nous traversons culmine à 5280 mètres. La route descend ensuite le versant sud de l’Himalaya jusqu’au poste-frontière avec le Népal. Après quelques tracasseries administratives, nous roulons sur les routes cabossées du Népal et arrivons à Katmandou.
35 jours de voyage et un tiers de la circonférence du globe parcouru sans décoller du sol. Certainement un de mes plus beaux voyages. Le rail se développe en Asie et je ne peux que conseiller aux amateurs d’aventure de tenter ce genre d’expérience.

Le passage à niveau de la route d’Orbe.

Baulmes: Travys a entendu siffler… ses oreilles

«Travys a présenté une demande cavalière et dénotant un manque sérieux de planification». C’est en ces termes que la commission des finances du Conseil communal de Baulmes s’est exprimée mardi passé au sujet d’une requête du transporteur régional, «à traiter en urgence», pour le financement de l’assainissement de deux passages à niveau situés sur le terroir communal. A l’origine, un courrier de juin dernier demandait purement et simplement à la commune de passer à la caisse pour un total de l’ordre de Fr. 90 000.–. Et ce n’est que face à la vive réaction communale que ce chiffre s’est dégonflé pour atteindre Fr. 63 000.–. Une somme que la commission des finances a proposé de financer au travers de la trésorerie courante, en attendant le retour de la péréquation thématique de 2015, qui devrait encore nettement diminuer l’engagement baulméran à ce titre. A relever que la commission des finances s’est réservé le droit de consulter toutes les pièces du dossier a posteriori, celles permettant de juger de l’opportunité de la dépense faisant partiellement défaut. C’est sans discussion et à une large majorité que le Conseil a voté en urgence le crédit demandé.

Un président qui rempile

Un conseil à nouveau placé sous la présidence de Luc Pillevuit, qui rempile pour une année en raison d’une défection imprévue. Luc Pillevuit a tenu à rappeler en préambule qu’il souhaitait «des débats constructifs et empreints de respect, ainsi qu’une participation active» et s’est réjoui de pouvoir procéder à l’assermentation de Margaux von Ow en début de séance. Dans le désordre et sous le chapitre des divers, on notera que l’abattoir de Baulmes ne fermera pas début 2015, mais devra se conformer aux prescriptions fédérales en matière de contrôle. Le SDISPO de son côté semble très loin de faire l’unanimité parmi les pompiers de base. Cendrine Cachemaille, municipale et présidente de ce nouvel organisme, a reconnu des faiblesses de jeunesse et a pronostiqué qu’il faudrait un à deux ans pour que les choses se mettent en place, notamment au travers d’un système de gestion administrative complexe concocté par l’ECA. Du côté de l’Etat-Major, il semble en revanche que l’on soit très satisfait… Quant au clocher de l’Eglise, il est enveloppé d’échafaudages suite au coup de foudre de l’été. Des discussions sont en cours avec les monuments historiques, en vue de sa réfection à l’identique, réfection dont les coûts devraient être entièrement assumés par l’ECA.

Pour les automobilistes
Le passage à niveau de la route d’Orbe sera fermé une semaine pour les travaux du 13 au 17 octobre 2014. Celui de la rue de l’Echat devrait suivre, dans la semaine du 20 au 24 octobre (dates pas encore définitives).

Sécurité digne du temps des diligences

Orbe: sécurité malmenée

Sécurité digne du temps des diligences

Sécurité digne du temps des diligences

Le danger aigu que représente le passage à niveau du chemin de l’Etraz va faire l’objet d’un préavis de la Commune d’Orbe qui a décidé d’assainir cet endroit, en accord avec la société Travys, afin d’installer des barrières de sécurité. Il est vrai que la situation actuelle qui veut qu’une improbable croix de Saint–André juchée presque à la hauteur des étoiles, doublée d’un signal acoustique à valeur nulle si une simple radio fonctionne dans l’habitacle de votre voiture, bien que répondant aux normes de l’OFT (Office Fédéral des Transports), ne correspond plus du tout à une conception élémentaire de la sécurité moderne.

Le point de vue d’une riveraine

Questionnée au sujet de la perspective de cette amélioration, une riveraine a eu une réponse spontanément significative: «Pourquoi si tard?». Elle sait de quoi elle parle puisqu’elle a elle-même été gravement victime de ce passage à niveau voici une dizaine d’années. Elle a connu toutes les affres d’un tel accident: voiture démolie, permis de conduire retiré, tribunal, amende et, apothéose: un traumatisme pérenne qui, dit-elle, ne pourra s’atténuer ou mieux, espère-t-elle, disparaître, que quand les barrières seront vraiment en service. Elle affirme en effet que chaque fois que le train siffle à proximité de chez elle, elle revoit, appliqué à quelqu’un d’autre, le film de ce cruel épisode de son existence ! On ne comprend que mieux sa réaction mentionnée en début de chapitre.

L’avis d’un mécanicien de locomotive

La même question posée au plus ancien mécanicien de l’ex-OC, dinosaure comptabilisant 27 ans de bons et loyaux services à cette entreprise, a généré une bien juvénile réplique: «Superbe!». Et il sait de quoi il cause, lui qui doit avoir franchi ce Rubicon à moult centaines de reprises, quasi toujours avec un petit pincement au cœur, tant les conditions de visibilité sont aléatoires à cet endroit précisément. Il s’en est, à ce jour, sorti sans casse peut-être mais avec bien des haut-le-cœur, tant aussi bien la témérité, l’inconscience que l’inattention de quelques chauffeurs sont inquiétantes, certaines ultimes réactions imprévisibles, inappropriées, voire complètement improvisées. En cas de pépin, il faut savoir que si un conducteur de locomotive ne risque guère de lésions corporelles, l’impact psychologique pour cet acteur se trouvant à son corps défendant à la pointe de l’action, peut se révéler douloureusement destructeur.

Une anticipation de bon aloi

L’argutie qui veut que les autorités de toutes sortes attendent qu’il se passe quelque chose de très grave avant d’agir va donc être heureusement démentie: l’adage qui affirme que la santé n’a pas de prix s’applique également à la vie. On a même entendu dire qu’une telle installation était par trop onéreuse pour être seulement envisagée… Argument aujourd’hui donc tombé en désuétude. On ne peut que s’en réjouir!

Photo Willy Deriaz

Un train de vies

De tout temps, j’ai considéré que les gares et les trains étaient sources d’inspiration. Curiosité, observation et imagination stimulent l’esprit lors d’un voyage à travers le pays.

Au départ de bon matin, les doutes d’un couple de retraités sur le quai et l’horaire comme la présence pacifique de personnages de couleur vous mettent dans l’ambiance. Dans le compartiment, des fêtards piquent un sommeil comme ceux qui se sont levés si tôt. Un voyageur sans billet dévoile ses raisons et son identité à un contrôleur bienveillant. Plus tard, les petites manies poussent à la réflexion.

Comme cette frêle jeune fille qui déballe un petit déj fait de nombreuses tartines étranges et d’un thermos de thé qu’elle visse avec fermeté avant d’avoir quelques difficultés à l’ouvrir à nouveau. Le jeune étranger du bar ambulant fait le bonheur de ceux qui n’ont pas eu le temps de boire leur café avant le départ. Au compartiment voisin, un maladroit renverse son breuvage sur le pantalon de son vis-à-vis bien mis qui se rend à son travail où il doit paraître. Nombreux sont ceux qui débarquent à Zürich Aéroport tandis que d’autres montent, fourbus à la suite d’un probable long voyage.

Au retour, on est frappé par le nombre de voyageurs qui sont allés faire de la marche à la campagne. En groupes souvent, en familles ou avec des copines, pour la plupart des personnes âgées qui ont profité de ce dimanche ensoleillé. On observe des mères ou des pères voyageant avec leurs enfants. Mais où est donc l’autre parent ? Les recrues qui retournent en caserne mettent une certaine ambiance dans le wagon.

Des parents font un dernier signe à leur fille qui file vers d’autres horizons et qui s’endort à l’heure de changer de train : petit drame en perspective ? Oui, le train est une mélodie d’histoires humaines diverses qui vous révèlent la vie dans tous ses états. Sans musique ni parole!

OC: 3,9 km. La plus petite ligne de Suisse mais, de loin, pas la moins efficace!

Avec nos lève-tôt

OC: 3,9 km. La plus petite ligne de Suisse mais, de loin, pas la moins efficace!

OC: 3,9 km. La plus petite ligne de Suisse
mais, de loin, pas la moins efficace!

Un adage connu affirme que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Force est d’admettre que notre bonne terre doit appartenir à bien du monde mais que tout un chacun n’en a pas forcément conscience.
Aux ordres d’un petit appareil souvent sans pitié !

Les nombreux lève-tôt que nous avons côtoyés, et dont nous allons vous révéler l’existence, subissent, de gré ou de force, l’esclavagisme sauvage imposé par ce cruel gadget de torture manuel, électrique, électronique, téléphonique, peu importe, mais qui a de tous temps imposé des levers parfois bien peu démocratiques: le réveille-matin.

Bref, cet outil à caractère plus dictatorial que convivial fait son boulot au plus près de la conscience que lui inspire son appareillage interne, quelques sentiments qu’il puisse inspirer et c’est bien là le dernier de ses soucis.

D’ailleurs, les affres que leurs victimes traversent quand, par malheur ou oubli, elles ont omis, soit de l’enclencher, soit de le régler ou même encore de le «remonter» et que ce pacifique ennemi, proche aussi bien de leur oreille que de leur intimité, «patine», sont bel et bien révélatrices de son importance, de son «indispensabilité».

Aujourd’hui, les cheminots

«2 wagons, 1 wagon, 4 mètres, 2 mètres, 1 mètre, appuyez, arrêtez!»
Ces ordres, donnés autrefois par signes et sifflet, aujourd’hui par radio, sont ceux utilisés par les cheminots qui s’occupent de gérer les wagons de marchandises, probablement depuis le tout début de l’ère ferroviaire.

Vestige d’une époque révolue? Que nenni. Gage de sécurité essentiellement, probablement la dernière référence inamovible pour un métier qui a connu, qui connaît et qui va encore connaître des mutations profondes.

Il est 4 h. 30 un matin de fin d’été, il fait encore noir. mais la météo est clémente, la température encore douce aux Granges, plus précisément sur le site de la gare d’Orbe-Industrie.

Un «mécano» et un «trotteur» se mettent en route pour aller chez Nespresso retirer les wagons de capsules qui ont été chargés durant la nuit et placer au même endroit les véhicules vides destinés à recevoir la production de la journée qui commence.

Un surprenant kaléidoscope d’odeurs

Ensuite, il s’agit d’aller à Chavornay chercher les wagons destinés aux divers clients urbigènes de ce chemin de fer (ex-OC. soit Orbe-Chavornay, ou, pour les doux moqueurs: Ottawa-Chicago) qui, depuis maintenant 118 ans, relie ces deux proches voisines.

Rappelant le génie agro-alimentaire de notre région, cette traversée de fin de nuit aiguise, de manière tout à fait surprenante, notre sens olfactif, puisque, tour à tour, nous reconnaîtrons des odeurs à caractère agricole, puis de boulangerie et enfin, après ce passage à travers de virtuels croissants au beurre, nous entrons avec volupté dans de corsées effluves de café bien mousseux.

Même, m’ont affirmé ces collègues de quelques instants, en fonction des essais en cours chez notre grande industrie du bas de la ville, règnent parfois des senteurs de fraises, de cerises, de melons et autres.

Un bien agréable concours «Jean-Louis» nasal pour ces acteurs un peu méconnus d’une participation sept jours sur sept à notre bien-être quotidien.

Photo Willy Deriaz

Le train Orbe-Chavornay a inauguré lui-même le passage à niveau en coupant le ruban lors de son passage.

Chavornay: le passage à niveau, à l’avenir, sans risque

Le train Orbe-Chavornay a inauguré lui-même le passage à niveau en coupant le ruban lors de son passage.

Le train Orbe-Chavornay a inauguré lui-même le passage à niveau en coupant le ruban lors de son passage.

Avec l’extension de PESA et de la zone industrielle, il était devenu indispensable, afin d’éviter les accidents qui se produisaient régulièrement à cet endroit, de sécuriser le passage à niveau de la rue de l’Industrie. Après 30 ans de discussions, c’est chose faite, l’ouvrage a été inauguré mercredi 8 février.
Il aura vécu 119 ans sans être gardé, mais désormais le passage à niveau jouira d’une sécurisation complète avec de belles barrières ornées de rouge et de blanc, assistées par des feux rouges réglementaires.

La complexité du site, avec une jonction de trois rues et de deux voies de chemin de fer, augmenté du trafic pour la zone industrielle et du passage des piétons pour la gare, rendait la situation délicate. C’est pourquoi les partenaires se sont accordés pour une sécurisation complète avec barrières.

«Ce fut un véritable miracle, s’il n’y a eu que des accidents sans perte de vie humaine pendant toutes ces années» s’exclame Daniel Reymond directeur de Travys. «Mais avec le croisement de plus de 2’500 véhicules et de 82 trains (voyageurs et marchandises confondus) il fallait faire quelque chose». Certes, la solutions choisie est la plus coûteuse mais certainement la plus raisonnable. Désormais, les barrières s’abaissent 54 secondes avant l’arrivée du train qui, les voisins ne s’en plaindront pas, sifflera moins souvent.

D’un coût total d’environ Fr. 450 000.–, (Fr. 170 000.– supporté par la commune de Chavornay, le même montant payé par Travys, autour de 65 000 avancé par PESA et 45’000 francs payés par l’OFT), cet aménagement n’est pourtant pas une fin en soi, car la commune de Chavornay avec Travys et l’Etat de Vaud examinent toujours la rectification du raccordement de la ligne du train avec la gare CFF.

Cependant les travaux effectués sur le passage à niveau ne seront pas perdus, car les voies ainsi protégées seront encore exploitées avec PESA. Les barrières se baisseront encore longtemps.

Photo Pierre Pellaton