Articles

Le géologue du Canton, Renaud Marcelpoix, présente le projet.

Bretonnières: la Gravière du Sapelet va s’étendre

Non, la Gravière du Sapelet n’accueillera pas le fumeux parc aquacole projeté au début de la décennie par quelques illuminés. En revanche, le groupe Holcim Lafarge qui en assure l’exploitation depuis des décennies devrait pouvoir continuer à le faire, en compagnie de plusieurs entreprises de travaux publics dont Cand Landi. L’exploitation

d’environ 250’000 m3 supplémentaires de granulats naturels de la gravière du Sapelet – sous l’appellation Sapelet 6 –, ceci en extension du périmètre actuel, ainsi qu’à travers le comblement d’environ 4.6 Mio de m3 sur l’ensemble du site, avec des matériaux non pollués acheminés par le rail, est à l’enquête publique jusqu’au 17 avril.

Une séance publique d’information a eu lieu lundi à la grande salle du village, réunissant une cinquantaine d’habitants et de membres du Conseil général, les exploitants, le Canton – géologues et spécialistes du domaine issus de la Direction de l’environnement (DGE) – et la Commune.

Extraction et enfouissement

Cette gravière produit une part non négligeable des deux millions de m3 de matériaux pierreux concassés nécessaires à la construction en Pays de Vaud chaque année. Et qui dit extraire dit faire de la place, une place nécessaire à l’enfouissement de déchets de démolition de bâtiments, de routes ou de travaux publics. Ces déchets dits propres deviendront avec le temps, du moins pour une portion d’entre eux, de nouveaux matériaux concassables et exploitables comme tels par des générations futures. Ils seront enfouis sur le site en suivant un programme de 5 ans. Ce programme nécessitera le défrichement d’une part supplémentaire de forêt. Tout ce processus a été expliqué à l’assistance lundi. Avec les éléments de son suivi, tant techniques qu’écologiques notamment ceux de la remise en état complète après la nouvelle période d’exploitation.

Transport par le rail

S’agissant du transport des déchets de construction, un point de déchargement sur le rail sera construit à l’aval de la gravière actuelle. Ce point comprendra une fosse de déchargement qui permettra à des wagons-bennes spéciaux de stopper et de décharger directement leur contenu dans une fosse de réception qui sera, elle, relevée par des engins mécaniques. Sur le plan de la procédure, les opposants éventuels peuvent actuellement déposer leurs déterminations et observations. Ces dernières ne seront pas traitées par la commune, mais directement par les services du canton. Il s’agit en effet d’une procédure spéciale qui s’applique aux carrières et à leur exploitation. Après les oppositions qui pourront être levées le cas échéant. Il restera encore la voie judiciaire pour trancher si les parties ne sont toujours pas d’accord à l’issue du processus administratif et une décision du canton. Un processus qui risque de prendre encore passablement de temps.

Chemins pas de fer

Les accidents ferroviaires tragiques qui se sont déroulés ces dernières semaines au Canada et en France appellent à la réflexion. A Lac Megantic, un convoi de wagons transportant du pétrole brut s’est mis seul en mouvement, provoquant la démolition du centre d’une petite ville et la mort d’une cinquantaine de personnes.

A Brétigny-sur-Orge, on déplore six tués et autant de blessés graves lors du déraillement du Paris-Limoges. A chaque fois, ce sont des failles techniques qui sont à l’origine de ces drames.

En Suisse, les incidents se multiplient sur le réseau des CFF. La semaine passée toujours, une grue est tombée sur une voie sans faire de blessés, dans la région de Zürich et la gare de Cornavin a été immobilisée pendant quelques heures, dimanche. Il n’est plus une semaine sans que le trafic soit perturbé par des pannes techniques. Cela est arrivé souvent sur la liaison entre Genève – Lausanne et Berne. En dehors du fait que cela perturbe joliment des employés qui utilisent ce moyen de transport pour se rendre sur leur lieu de travail, cette accumulation de «pépins» finit par inquiéter.

Même si la Régie Fédérale minimise les faits. Avec cette assurance qui m’irrite parfois tant on est sûr que chez nous tout va bien et qu’on gère. Dans la mesure où tout le monde préconise la mobilité douce, on est en droit de se poser quelques questions. Est-ce que notre réseau ferroviaire est toujours aussi fiable? A force de vouloir augmenter la cadence des trains, n’y-a-t-il pas une usure que l’on ne mesure pas toujours ?

Avouez tout de même qu’un message clair et honnête servirait à nous rassurer sur l’usage du train qui est normalement un moyen si sûr de nous transporter.