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Valeyres-sous-Rances, au lieu dit «Sur le Moty», l’exploitation de la gravière par Cand-Landi SA a impliqué des sondages et fouilles archéologiques par le canton. (Photo Catherine Fiaux)

Valeyres-sous-Rances: Découvertes archéologiques

Le développement de la carrière «Sur le Moty» à la sortie de Valeyres-sous-Rances, au croisement de la route de Montcherand et de Sergey, par l’entreprise Cand-Landi S.A. a fait l’objet de recherches archéologiques. Comme l’indique Nicole Pousaz, archéologue cantonale, des sondages et fouilles préventives sont demandés dès que des travaux de grande envergure sont mis à l’enquête. Le but étant d’éviter des découvertes fortuites, non identifiées et donc la perte de précieuses informations.

Discrets vestiges de valeur

La campagne de fouille s’est étendue en 2016 sur environ 4500 m2. Les fouilles ont mis en évidence différentes structures comme des fosses, des trous de poteau, du mobilier et un foyer à pierres chauffées. L’analyse du charbon de combustion de ce dernier a permis de le dater entre 4500 et 4300 av. J.-C.
Ceci témoigne donc de traces du Néolithique, rares et intéressantes, dans cet arrière-pays. D’autres investigations ont mis à jour une trentaine de remarquables céramiques issues probablement d’un dépôt de mobilier datant du 2e siècle av. J.-C.

Par ailleurs, l’exhumation d’une monnaie du XIIIe siècle atteste une fréquentation du lieu au Moyen-Age. Ainsi que le conclut Nicole Pousaz: «Notre territoire est façonné par l’humain depuis des millénaires». Le Canton est donc en charge de sauvegarder par tous les moyens le patrimoine enfoui, mémoire de notre histoire

L’énigme du Mormont: la colline est passée au peigne fin

En janvier 2006, des sondages sont effectués dans la zone qui va être exploitée ultérieurement par le cimentier Holcim. Au printemps débutent les fouilles, prévues pour 2 mois. Les archéologues réalisent assez vite qu’ils sont en présence d’un site archéologique exceptionnel. Il s’agit d’extraire, dans des conditions parfois rudes, les vestiges d’un passé qui remontent à la fin du Second âge du Fer, entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère. Sur la colline, en été, le soleil cogne. En automne, le vent est âpre et la pluie cinglante. En hiver, le froid griffe le visage. Les fouilleurs exhument – dans l’urgence – un mobilier d’une rare richesse : vaisselle en céramique et en bronze, outils en fer, fibules, perles en verre, anneaux, situles, meules à grains, monnaies mêlées à des restes humains et d’animaux. Près de 250 fosses (dont la profondeur varie entre 0,80m et 5m) seront mises à jour : des puits à offrandes ? L’époque est troublée. Retranchés sur le Mormont, les occupants des lieux voulaient-ils s’attirer les bonnes grâces des dieux ?
Combien de temps a duré l’occupation sur le Mormont ?

Quelques décennies pensaient les spécialistes. Au fil des mois, l’hypothèse d’une très courte durée – quelques années – semble la plus plausible. Une population s’est-elle réfugiée sur la colline en raison d’un conflit ? Après dix ans, le Mormont est loin d’avoir livré ses secrets. Ce qui est sûr, c’est que le site n’est ni un habitat ni une nécropole, malgré la présence récurrente d’ossements humains.

Ce que nous apprennent les vestiges découverts

Chaque fragment d’os, de céramique, d’objet en métal est minutieusement répertorié et envoyé dans les laboratoires afin d’être analysé ou restauré. La céramique est un témoin de choix des pratiques alimentaires, commerciales ou culturelles d’une population. Trois lampes à huile et une amphore sabrée – déposée sur le squelette d’un grand cheval - proviennent certainement d’Italie. Parmi les graines recueillies, les céréales telles que l’épeautre, l’orge, le millet étaient apprêtées ainsi que des légumineuses : lentilles, pois ou fèves. Une fosse a même livré deux espèces exotiques : la coriandre cultivée et la figue. (Ces renseignements sont tirés d’Archeothema sorti en avril 2014 pour l’exposition « Les Helvètes au Mormont » à La Sarraz).

La poursuite des fouilles

Depuis la découverte du site, des fouilles sont menées chaque année mais la zone la plus riche a été fouillée entre 2006 et 2007. Puis les archéologues se sont rapprochés de la périphérie au fur et à mesure qu’une zone était déboisée. Les fosses à offrandes étaient presque toutes concentrées dans une dépression du calcaire, comblées d’une importante couche de sédiments. En 2016, les trouvailles revêtent un autre caractère. Il s’agit principalement de foyers, de trous de poteaux, de fosses de faible envergure et même de fosses-dépotoirs suggérant plutôt des structures à caractère domestique. Elles ne sont pas profondes à cause du peu de sédiments qui recouvrent le calcaire.

Le 27 septembre, c’est encore l’été sur la colline
Le mobilier de deux fosses doit être extrait. Au sommet d’une faille, des restes de boucherie : bœuf, mouton, chèvre avec quelques fragments de céramique. Dans trois jours, les archéologues quitteront les lieux. Dix ans de fouilles s’achèvent. Des sondages reprendront dans deux ans peut-être. Les dimensions du site sont remarquables et les limites ne sont pas encore circonscrites.

Une fouille d’une telle ampleur – rappelons qu’à ce jour près de 8 ha ont été investigués – n’aurait pas été possible sans l’implication passionnée de tous les acteurs : l’Archéologie Cantonale (SIPAL-CDFIRE), les archéologues (Archeodunum SA) et le cimentier Holcim, permettant aux archéologues de travailler dans les meilleures conditions. « Nous avons toujours entretenu d’excellents rapports avec le directeur, M. François Girod et avec ses employés » souligne Dorian Maroelli, archéologue, l’adjoint de Claudia Nitu, l’archéologue en charge du site.

Pour l’heure, le site, qui a suscité tant d’émerveillement, tant d’enthousiasme et conduit à tant de fantastiques découvertes, est rendu au silence. Il souffle sur le plateau une petite brise tiède. Le lieu exerce une réelle fascination pour qui le découvre du haut de la colline.

Vue d’une partie du village de Croy.

Croy: on va creuser et taconner

Ce ne sont pas moins de 32 Buya-tsa qui ont répondu présent à l’appel de la présidente du Conseil général de Croy Lise Michot pour assister lundi soir, au cœur de l’été, à une séance extraordinaire du délibérant local. «Pas étonnante cette affluence, à Croy nous sommes nettement plus solidaires qu’ailleurs…» glissait une conseillère, non sans une pointe d’humour, à l’oreille de l’Omnibus. L’objet de cette séance extraordinaire était la demande de crédit de Fr. 390 000.– que l’exécutif vient de déposer pour des travaux de génie-civil, de réfection de collecteurs et de chaussée à réaliser dans la partie basse du chemin de la Foule et au chemin des Champs (La Riettaz) récemment nommé ainsi. Ainsi que l’a relevé le municipal des routes Vincent Stern, ces travaux, surtout à la Foule, s’inscrivent dans la suite des gros travaux qui ont permis de mettre le village en séparatif. Pour le chemin des Champs, ce sont surtout des raccordements à de nouvelles habitations qu’il s’agit de fournir. «La commission permanente s’est ralliée à l’unanimité à la demande de crédit déposée, a précisé son rapporteur Michel Chevailler, tout en relevant qu’elle ne suivait pas l’exécutif dans son idée de fractionner les travaux en trois parties».

Saucissonner pour vivre heureux

«La législation sur les marchés publics nous oblige à pareil saucissonnage, a précisé le Municipal des routes Vincent Stern, si nous voulons, comme prévu, réserver les travaux aux entreprises locales. Avec ce système nous n’atteignons chaque fois pas le seuil du demi-million de francs, qui nous empêcherait de pratiquer le système de l’invitation aux maitres d’état locaux». Dans la discussion, quelques voix se sont élevées pour déplorer que l’on ne s’occupe qu’en 2015 et soudain urgemment, de ces travaux qui attendent depuis plus de 10 ans.

Autre sujet d’étonnement, c’est que l’on découpe les travaux du chemin de la Foule en deux parties, alors que le haut du chemin ressemble de plus en plus à une piste de brousse avec ses nids de poule et autres ornières dangereuses. Le syndic Thierry Candaux a promis que l’on profiterait de la venue d’entreprises pour «taconner» intelligemment ce haut de chemin, avant que l’exécutif vienne, probablement en décembre prochain, avec un autre préavis, demander l’aval du conseil pour la suite des travaux, prévue en 2016. Si les finances le permettent.» Au vote, le crédit a été adopté à une très large majorité, avec une voix contre et une abstention.

Des tranchées au pied du Mormont

L’hiver a vu surgir des tas de terre là où fleurissaient les tournesols, entre Pompaples et Orny. Pelles mécaniques, cabanes de chantier, large et longue tranchée ont intrigué les automobilistes de passage : il s’agit en fait de travaux de préparation pour l’établissement d’un dépôt de matériaux terreux.
Ce chantier éphémère de la société genevoise Scrasa, sur une durée de 6 à 7 ans maximum, accueillera des matériaux d’excavation issus de travaux de terrassement, de fondations pour la construction d’immeubles ou de routes, etc.

Le canton ne possède plus de dépôts semblables, dont l’initiative est laissée aux entreprises privées, sous des conditions de contrôle drastiques. La terre acheminée à Orny doit être préalablement analysée, et exempte de toute pollution (seront donc exclus les matériaux extraits à proximité de routes, de voies ferrées, d’aéroports et d’usines du secteur métallurgique, contaminés même légèrement par des métaux lourds, des produits phytosanitaires, etc.). Le canton effectue également un contrôle de traçabilité: l’origine de ces matériaux doit être connue.

Pour que cette terre propre arrive, il faut lui faire de la place : celle du champ sera donc vendue telle quelle pour des remblais ou pour en faire du gravier. Cet échange de bons procédés devrait donc, à terme, rendre à la nature un terrain presque identique. 180’000 m3 seront ainsi échangés, sur un rythme assez lent exigé par les communes avoisinantes, soucieuses des nuisances générées par le trafic des camions, limité à 30’000 m3 par année. Selon Miguel Sanchez, ingénieur chargé des travaux, les camions devraient transiter principalement par La Sarraz et Eclépens.

Une autre intervention ralentit le chantier, celle de la Section Archéologie Cantonale. En effet, nous sommes dans la zone du sanctuaire celte découvert sur le Mormont en 2006. Ainsi, avant de retourner la terre sur une profondeur de 5 mètres, il convient de vérifier si des traces de notre ancienne civilisation subsistent là aussi : affaire à suivre. Les camions genevois seront donc contraints de prendre un rythme vaudois, pour la tranquillité de tous.

Photo Sébastien Krauer