Un nouvel hôpital pour les animaux

Le 24 avril, c’est sous un soleil éclatant qu’a été inauguré le nouveau bâtiment de l’association Erminea, sur la commune de Chavornay. Une structure plus nécessaire que jamais.

L’ancien bâtiment d’Erminea était devenu trop petit: pour accueillir la faune en détresse, de nouveaux locaux étaient nécessaires, afin de répondre aux exigences des lois cantonales ainsi qu’à l’augmentation du nombre d’animaux sauvages blessés arrivant au centre de soins. 

Samedi dernier, l’ambiance était joviale et festive. Dans son discours inaugural, la fondatrice et présidente Laélia Maumary a rappelé qu’«Erminea, c’est avant tout une histoire de passion, d’engagement et de conviction; depuis 2017, chaque animal (ndlr qui arrive au centre) est une vie que nous tentons de sauver et de remettre en liberté. Au fil des années, ce sont des milliers d’animaux, oiseaux, mammifères petits et grands qui ont transité par ici, reçu nos soins. Derrière ces chiffres, il y a une équipe engagée corps et âme. Très vite l’évidence s’est imposée: pour répondre aux besoins croissants et améliorer la capacité de prise en charge, nous devions aller plus loin, offrir un lieu adapté et fonctionnel, pensé pour le bien-être des animaux et les conditions de travail de celles et ceux qui les soignent». 

Plus de 15 400 sauvetages

Les invités ont ensuite été conviés à visiter le nouvel hôpital. Ce dernier est grand, propre, tout pareil en somme à un hôpital pour les humains, tant ses structures sont impeccables et professionnelles ! 

Dans la première pièce se trouvent les oiseaux. Delphine, responsable, montre deux merleaux qu’elle est en train de nourrir: «Ils ont été attrapés par un chat; par chance, il les a ramenés à son maître». 80% des oiseaux sont victimes de prédateurs dans le nid, dit-elle encore. En 2025, Erminea a ainsi dû secourir entre 1 110 et 1 200 oiseaux! 

Gavages de merleaux. (Photos Mathias Authier)

Dans la pièce suivante, un box où se trouve un levraut qui a été attaqué par un chien. Illustrant l’’importance de respecter les prescriptions cantonales sur la protection de la faune ! La gardienne en profite pour rappeler aussi que lorsqu’on trouve un animal sauvage, il faut éviter de le nourrir et s’abstenir de l’amener à la maison: les animaux sauvages en détresse ont besoin d’une nourriture adaptée et quelques heures au contact avec l’homme peuvent compliquer leur remise en liberté. 

De 2018 à 2025, plus de 15 400 animaux ont pu être sauvés grâce à Erminea – soit grosso modo deux fois la population humaine d’Orbe!

Histoire d’un sauvetage

Un lundi, début avril. Clara et son frère Jordan, deux jeunes Urbigènes, promènent leur chien dans les champs du côté de Montcherand. Il fait froid, il pleut. Soudain ils entendent pleurer et découvrent une petite bête toute mouillée, toute tremblante, qui ressemble à un chaton. Leur premier réflexe est de vouloir l’emmener pour la sauver, et c’est ce qu’ils font. L’idée ensuite est de passer chez le vétérinaire pour vérifier de quelle espèce il s’agit. Ce dernier annonce que c’est un renardeau, et redirige la famille et son protégé vers Erminea. 

Un renardeau trempé le 3 avril. (Photos Mathias Authier)

Ce qu’il aurait fallu faire dans ce cas précis, pour un renard juvénile? C’est l’observer de loin, et surtout ne pas le toucher. Si le petit est seul, on patientera quelques heures en restant à distance pour observer si les parents viennent s’en occuper. Si ce n’est pas le cas, ou s’il est blessé, il est préférable d’appeler le centre de soins le plus proche.

Infos d’urgence

Sur le site d’Erminea se trouve une rubrique intitulée «Que faire quand on trouve un animal blessé ou malade?» Chaque type d’animal est représenté: en cliquant dessus, on trouve tout ce qu’il faut faire pour l’aider. Pour le lièvre, par exemple, il est précisé «Attention, ne pas toucher. Si vous trouvez un bébé lièvre tout seul, ceci est normal dans de nombreux cas. Les parents ne restent pas avec lui la journée. Il faut le laisser et surtout ne pas le toucher. Par contre, si l’animal est blessé, il faut nous appeler. A signaler que des boîtes de réception sont accessibles 24/24».

Ensemble, rêvons !

Erminea, c’est un rêve de petite fille, qui a grandi et qui est devenu réalité. Laélia Maumary, secondée par une équipe de professionnels, sauve des animaux et s’efforce de maintenir une vie de la faune qui se complique avec l’urbanisation grandissante. 

Laélia Maumary. (Photos Mathias Authier)

L’association vit grâce à des dons publics et privés et la passion sans faille de ses employés. Elle nous rappelle que la nature, c’est aussi nous, et qu’il n’y a pas d’avenir sans elle. Mais aussi qu’elle a besoin de davantage de fonds: toutes les participations, mêmes modestes, comptent.

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