L’Orbe-Chavornay, affectueusement surnommé Ottawa-Chicago, a effectué son dernier voyage samedi dernier. Une page de l’histoire de la région s’est tournée.
Il y a 131 ans, la traction vapeur régnait en maîtresse dans le monde des chemins de fer helvétiques. Visionnaires, Donat Golaz et Jules Rod sont à l’origine de la construction d’une usine électrique sur l’Orbe: non seulement le tramway qui va circuler depuis 1894 va en bénéficier, mais c’est également toute la ville d’Orbe qui va profiter de l’électrification pour son éclairage public.

Samedi 13 décembre, sur le coup des 14 heures, le petit train rouge ketchup et jaune mayonnaise a fait le plein de passagers pour son dernier aller-retour
d’Ottawa à Chicago, ou du moins d’Orbe à Chavornay, sur la ligne de chemin de fer la plus courte de Suisse.

Le matin, le convoi avait déjà accueilli officiels et anciens wattmen, comme on appelait les conducteurs du petit train jusqu’à la fin du 20e siècle. C’est avec un brin de nostalgie qu’on les a écoutés échanger des souvenirs d’un temps qui ne reviendra pas.

Au retour de ce premier train-souvenir, la fanfare L’Allégresse mettait néanmoins une atmosphère de fête sous la cantine. Ce fut aussi le tour des officialités, avec les discours du directeur de Travys, du président de son conseil d’administration et des syndiques d’Orbe et Chavornay. Chacun a évoqué un passé glorieux, mais aussi un nouveau départ dans la modernité pour la future rame RER, qui joindra directement Orbe à Renens. Sa mise en service est prévue pour 2027; d’ici là des travaux vont permettre de moderniser la gare et les haltes de Saint-Eloi et des Granges et de renforcer le pont de St-Eloi, tandis que le service passagers se fera avec des bus.

La prise a donc été tirée dans une ambiance de fête: les stands de raclette, de hot-dogs et de boissons en tous genres n’ont pas désempli, et les enfants ont eu droit à la visite et aux petits cadeaux du Père Noël.






