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Orbe: Le chauffage à distance est en chantier


Un projet attendu et écologique

Si, dans un premier temps, la mise en service de la centrale de chauffage à distance de Montchoisi était prévue pour l’automne 2018, en réalité les premiers kilowattheures ne seront disponibles qu’en automne 2019.
La construction vient de commencer avec près d’une année de retard, ce temps apparemment perdu a permis d’optimiser la construction et particulièrement son coût à hauteur de près de 10% du projet initial. A terme, la centrale produira 5 millions de kilowattheures de chaleur.
Avec ce projet VOénergies et la commune d’Orbe mettent en œuvre une politique énergétique ambitieuse: réduire la dépendance aux énergies fossiles.
En faisant appel aux plaquettes de bois fournies par le triage du Suchet, ce sont 80% de l’énergie nécessaire qui sont produits localement.

Et qui donc sera chauffé

Pour l’instant, et d’ici à 2020, en deux étapes le réseau atteindra une longueur de 1 800 m et couvrira une zone comprise entre les routes de Montcherand et Valeyres-sous-Rances.
La centrale est construite en priorité pour assurer le chauffage du nouvel EMS de la fondation Saphir, mais il ira bien au-delà, puisque les bâtiments communaux, en particulier les collèges, ainsi que des bâtiments privés seront alimentés par la chaleur de la centrale.

La pose des conduites destinées à relier les bâtiments situés dans le périmètre de la centrale est prévue pour ces prochaines semaines.

Pascal Bays et Romain Nicole, gardes-forestiers et artisans du projet qui fédère les neuf communes du Triage du Suchet autour de la construction d’un hangar à plaquettes

Triage du Suchet: hangar à plaquettes, et chauffe la forêt

Le Triage du Suchet y réfléchit depuis dix ans. Rallier les neuf communes membres autour d’une structure de fabrication de plaquettes pour le chauffage a été un long cheminement. Pourtant, les exemples foisonnent : la Côte, Vallorbe, Ste-Croix et d’autres encore ont déjà misé depuis longtemps sur la production d’énergie renouvelable issue de nos forêts. Si les arguments financiers ont convaincu les municipalités et conseils communaux de L’Abergement, Ballaigues, Les Clées, Lignerolle, Montcherand, Sergey, Orbe, Valeyres-sous-Rances et Rances, les aspects du développement durable ont aussi séduit.

Le porte-monnaie et l’environnement

C’est ce qu’expliquent Romain Nicole et Pascal Bays, gardes-forestiers et artisans du projet : « Il met en valeur un produit régional et la plus-value revient aux propriétaires ». On parle de bois d’industrie qui n’est pas utilisable pour la charpente. Au lieu de l’envoyer à l’étranger dans des camions pour être défibré et aggloméré, avec des impacts environnementaux importants, ce sous-produit de la forêt est rentabilisé ici.

Premier coup de pioche

La construction d’un hangar de belles dimensions a donc démarré à mi-octobre sur la commune de Rances. Les billes de bois y seront transformées en plaquettes puis stockées. Le plus gros partenaire sera le chauffage à distance du quartier de Montchoisi à Orbe.

L’hélicoptère de l’armée alimente le Suchet en puisant de l’eau dans le lac de Neuchâtel.

Région – Manque d’eau: moindre mal

Alors que l’agence « China News Agency » et une radio américaine avaient fait le déplacement pour assister au remplissage des puits, l’armée suisse renonçait à se déplacer en hélicoptère au Suchet. Pour de justes raisons, puisque le brouillard recouvrait le sommet. Le suppléant du Chef cantonal de l’Agriculture, Jacques Henchoz, a attendu en vain le précieux liquide, l’eau qui manque depuis quelques semaines pour des raisons qu’il nous explique : « Dans le canton, malgré d’abondantes chutes de neige, cette dernière a fondu très rapidement contrairement aux années précédentes, si bien que les cours d’eau se sont vite trouvés à sec. Il a donc fallu envisager d’alimenter les alpages soit par camion, lorsque les puits étaient atteignables par la route, ou par hélicoptère lorsque cela n’était pas le cas. Sur une centaine de demandes d’interventions, 70 se situaient dans la chaîne jurassienne, mais que deux dans votre secteur (Suchet et Dent-Dessous). Il faut dire que depuis quelques années, nous avons recommandé de construire des étangs sur les hauts, comme nous avions préconisé la mise en place de citernes près des chalets.

2018 comme 2015, ou presque

Au Suchet, l’étang peut contenir jusqu’à 8’000 litres.Il faut compter 6 voyages depuis le lac de Neuchâtel pour le remplir. Par chance, il n’y a que des génisses ou presque en ce lieu et ces jeunes bêtes boivent moins qu’une vache, qui peut ingurgiter jusqu’à 150 litres d’eau par jour.

De plus, les animaux consomment moins à 1’500 mètres d’altitude ou lorsque la température baisse singulièrement ».

C’est au point que Dominique Rochat, qui gère le Chalet-Restaurant, ne s’inquiéte pas du report du transport. Cela dit, le Canton de Vaud prend en charge ces amenées d’eau, car il est préférable que les troupeaux demeurent à la montagne où l’herbe est encore abondante, plutôt que d’aller trop tôt entamer les réserves hivernales, lorsque le temps est aussi sec en plaine.

A entendre M. Henchoz, il ne fait pas de doute que nous assistons à une hausse des températures, malgré les allégations du président américain. En 2015, la situation climatique était à peu près la même, mais elle n’avait duré qu’un seul mois.

«Regarde, je grimpe aux arbres papa!».

Festi’bois, le goût de la nature

«Regarde, je grimpe aux arbres papa!».

«Regarde, je grimpe aux arbres papa!».

C’est au son des tronçonneuses et autres scies, que le Festi’bois d’Orbe invitait ses visiteurs à venir découvrir le monde du bois et de la forêt, le week-end dernier. Et c’est grâce au bon vouloir de la commune et de la participation du groupement forestier du triage du Suchet que cette manifestation, mise sur pied pour la première fois il y a deux ans, a pu être rééditée.

Sensibilisation en vue

Le but principal étant d’informer et de sensibiliser la population de la région, la cantine du Puisoir s’était alors vue transformée pour l’occasion en halle d’exposition avec de nombreux panneaux explicatifs sur les différentes manières actuelles d’utiliser le bois.

Les visiteurs s’étaient principalement déplacés en famille, car l’organisation avait prévu de nombreux ateliers manuels et autres divertissements pour les enfants. Des activités pour tous les âges tels que la grimpe sur Platane, chapeautée par l’association du Baron Perché, la création de jardins miniatures, ainsi que des contes en forêt.

Le bois sous toutes ses coutures

La manifestation avait été construite autour de quatre thèmes principaux. Demo’bois pour toutes les démonstrations faites aussi bien par des professionnels que par des artisans, Ludo’bois qui comprenait les activités pour les enfants, Info’bois dont le but était naturellement d’informer la population sur tout ce qui traitait du bois et de la forêt et pour finir Bamboula’bois qui regroupait la partie restauration et le bal du samedi soir.

Malgré un premier jour pluvieux et froid, le responsable, Jean-Marc Ducotterd, espérait égaler le nombre de visiteurs de la première édition, soit 2 000 personnes, grâce au beau temps prévu pour le jour suivant.

En définitive, une belle organisation festive, sur un thème on ne peut plus d’actualité, à qui l’on souhaite de perdurer encore de longues et belles années.

Photo Katy Josi