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Les membres du bureau de l’ADNV au grand complet: de gauche à droite: Jean-Daniel Carrard (Yverdon), Bernard Randin (Orbe), Stéphane Costantini (Vallorbe), Jean-Marc Buchillier (ADNV), Etienne Roy (préfet), Claude Recordon (Orbe), Franklin Thévenaz (Sainte-Croix) et Henri Germond (Orbe).

Yverdon: ADNV, prise de congé émue du directeur

Il est pour habitude, au sein de l’Association du développement du Nord Vaudois (ADNV), de tenir deux assemblées générales durant l’année. Ainsi, il était logique qu’après l’assemblée du printemps qui s’est déroulée en juin à Orzens, les membres reviennent à Yverdon, à Y-Parc plus précisément, pour se retrouver jeudi soir 15 novembre.

Une page se tourne

Le président, Claude Recordon, a donc ouvert cette 56e assemblée générale qui revêtait un caractère particulier pour marquer le départ à la retraite du directeur Jean-Marc Buchillier et pour lequel le conseiller d’Etat Philippe Leuba avait fait tout exprès le déplacement. Des propos, à la fois humoristiques et émotionnels, ont montré le profond attachement à ce directeur solidement implanté dans sa région. «En 26 ans de fonction, on lui doit la création d’innombrables emplois, de places d’apprentissage, grâce à la promotion économique de la région du Nord Vaudois qu’il a su mettre en place dans un foisonnement de destins humains», a souligné le représentant de l’Etat. «Pour l’ADNV, c’est aussi une page qui se tourne. Nous marquons une profonde reconnaissance pour son efficacité et tout le travail accompli», a noté Claude Recordon.

«Je ne risque plus grand-chose en vous présentant mon dernier budget consolidé puisque ce n’est pas moi qui le mettrai en pratique», a averti le directeur sortant. Mais les chiffres présentés sont bons. Pour 2019, s’affichent en effet les montants de 4,898 millions aux charges contre 4,907 millions aux recettes, d’où un petit excédent de revenus de Fr. 8960.–. Ce budget a été accepté à l’unanimité.

Bientôt cinquante ans !

Claude Recordon a dressé un bref rapport des activités qui concernent surtout l’avenir puisqu’en 2019, il s’agira de marquer le cinquantenaire de l’ADNV qui sera officiellement célébré lors de l’assemblée générale du 23 mai à Chavornay. Le président a aussi annoncé l’arrivée de la nouvelle directrice de l’ADNV en la personne de Nadia Métraux. On note aussi un changement dans la composition du bureau. Bernard Randin (Orbe) quitte la présidence de la commission Tourisme et sera remplacé par Henri Germond (syndic d’Orbe).

Françoise et Pascal Locatelli goûtant à leur retraite dans leur jardin à Valeyres-sous-Rances.

Valeyres-sous-Rances: des gens parmi d’autres

Françoise et Pascal Locatelli goûtant à leur retraite dans leur jardin  à Valeyres-sous-Rances.

Françoise et Pascal Locatelli goûtant à leur retraite dans leur jardin
à Valeyres-sous-Rances.

Après 37 ans de restauration au Gaulois, les propriétaires prennent une douce retraite parmi les coteaux de Valeyres-sous-Rances.

Pascal et Françoise Locatelli sont originaires de la Vallée. C’est jeunes qu’ils la quitteront. Pascal à 16 ans, fait son apprentissage de cuisinier au buffet de la gare de Morges. «Une bonne maison» commente-t-il. Françoise, après un apprentissage de commerce à la commune du Chenit, qu’elle termine d’ailleurs en 2 ans ½ au lieu des 3 ans prévus, épouse Pascal. Ils s’établissent à Lausanne. Pascal suit l’école hôtelière et se perfectionne dans divers domaines comme le traiteur par exemple. Ils n’ont que 20 et 25 ans, jeunes parents de deux petits garçons, quand ils se lancent dans l’aventure du «Gaulois». Ils auront plus tard une petite fille.
Au Gaulois, les jeunes Locatelli révolutionnent les habitudes culinaires du moment et séduisent avec leurs poissons.

C’est le 16 octobre 1972, que Pascal et Françoise reprennent la gérance de la rôtisserie du Gaulois fermée depuis 13 mois après la faillite de leur prédécesseur. Pascal a 25 ans, Françoise en a 20 et déjà 2 enfants en bas âge. Elle s’attelle au cours des cafetiers afin d ‘obtenir la patente et la réussit aisément. En 1976, étape suivante, les Locatelli rachètent le Gaulois. Ils y transforment un bel appartement pour y demeurer.

Le Gaulois, certes c’est la rôtisserie, mais c’est aussi et surtout là que Pascal a redoré la féra avec par exemple ses audacieux tartares de féras. Son expérience de traiteur est précieuse. Ses poissons, il va les chercher à la Vallée. Ce seront aussi leurs révolutionnaires quinzaines poissons et crustacés. Il introduit le scampi dans le Nord-vaudois. Quant à elle, Françoise a grillé des kilomètres de faux filets au feu de bois tout en assurant le service!

Pascal se consacre alors entièrement à son restaurant et à sa cuisine. Françoise continue ses formations. De nature vive et curieuse, elle s’intéresse aux choses et retient vite. Elle suivra une formation de découpage de viande, obtiendra un diplôme au cours de marchand de vins à Changins ainsi que le diplôme des sommeliers en 1994.

Parallèlement, Françoise s’investira dans la vie politique de Romainmôtier, sera municipale puis syndique. Elle a aimé cette expérience, les gens au restaurant portaient un autre regard sur elle, les discussions s’ouvraient. Parallèlement, Françoise assurait le service. Le manque de temps et la fatigue l’ont poussée à mettre un terme à sa vie politique.

Ce sont 23 apprenties, 15 en cuisine et 8 au service qu’ils ont formées à eux deux. Les Locatelli sont des battants, entreprenants et optimistes, ils se complètent bien et ont toujours relevé ensemble les défis.

Une retraite où ils ont le temps

Après 37 ans au service de leur restaurant, une certaine lassitude se faisait sentir. En 2009, une opportunité s’est présentée pour remettre le Gaulois, ils la saisissent. C’est cette même année qu’ils viennent s’installer à Valeyres-sous-Rances. Entre deux domaines viticoles, celui du Château et celui du Manoir, ils sont dans leur élément. Le temps, ils se délectent de l’avoir !

Mais ne croyez pas qu’ils restent inactifs, ce serait mal les connaître! Marche, pêche, voyages, chant (à la chorale du Brassus et à l’écho du Suchet), temps passé avec leurs 7 petits-enfants, les occupent. Françoise prend des cours d’anglais; depuis quelques mois, elle prépare le repas et mange avec une vieille dame 3 fois par semaine. Elle rêverait de monter sur les planches, le service dans le fond, c’était du théâtre permanent!

Photo Catherine Fiaux

Paul Segessenmann

Orbe: Segess s’en va

Paul Segessenmann

Paul Segessenmann

Après 31 ans passés au service de la commune d’Orbe, Paul Segessenmann a passé le flambeau à Valéry Martin. C’est une figure de l’administration urbigène qui quitte ses fonctions, à peine a-t-il pris possession de ses bureaux dans l’Hôtel de Ville nouvellement aménagé.

Sans regret, même s’il considère que son travail l’a passionné. «J’aimais la chose publique, non pas dans son approche politique, mais bien dans la nécessité d’équiper la localité et de relever les défis que nécessite une ville qui n’a pas cessé de grandir». C’est le 1er mai 1981 qu’il quitte un bureau yverdonnois de géomètre pour reprendre le bureau technique d’Orbe, qui cherchait un ingénieur civil. «Si j’avais des connaissances du génie rural par mon emploi précédent, d’autres domaines m’échappaient complètement comme celui du gaz».

Création d’Urbagaz

«D’emblée, il a fallu réorganiser partiellement le service. Le chef de la voirie (M. Burnand) s’en allait et ma proposition de le remplacer par Georges Savary a été acceptée par la Municipalité, dirigée par Georges-André Millioud. Devant l’extension de la localité, il a été nécessaire aussi de créer le Cube (constructions, urbanisme et bâtiments), car sa gestion devenait de plus en plus absorbante.

En 1992, un nouveau défi m’attendait avec la création d’Urbagaz. Grâce aux syndics Recordon et Ballif, les communes d’Orbe et de Chavornay se mettaient d’accord pour créer un réseau de distribution de cette source énergétique. Même si la régionalisation n’était pas encore de mise, neuf communes environnantes vont s’affilier au projet.

Cela me rappelle une anecdote. Les communes d’Agiez et de Bofflens avaient ouvert une fouille pour raccorder leurs stations d’épuration. Nous avons profité de cette opportunité pour installer un tuyau supplémentaire au cas où Bofflens émettait le besoin d’être raccordé au gaz. Mais nous n’avions pas demandé l’avis du Conseil communal qui a finalement accepté la dépense de vingt mille francs alors que la conduite était déjà posée, non sans nous tirer les oreilles pour avoir pris les devants sans son avis».

Station d’épuration à plus de 25 millions

Un autre fait d’importance a été la mise en valeur du réservoir du Buclars pour l’alimentation en eau de la ville. A l’heure actuelle, le projet Ripo est une autre initiative d’importance avec Essert Pittet et Chavornay pour une conduite d’eau qui devrait aussi servir aux Etablissements de la Plaine de l’Orbe. Il en va de même pour l’agrandissement de notre station d’épuration qui accueille déjà les boues de douze communes comme celles du Vallon du Mujon ou de Chavornay et qui pourrait aussi accueillir le traitement des eaux usées.

Un projet qui servira également les entreprises Nestlé et Hilcona et qui se chiffre à plus de 25 millions de francs pour répondre aux besoins de chacun, dans la perspective des années 2030.

Aiguisage coûteux

A l’heure de quitter ses fonctions, Paul Segessenmann relève qu’il a eu le privilège d’œuvrer dans des domaines aussi divers que le réseau routier, les bâtiments, la voirie, l’éclairage, l’épuration, l’eau ou le gaz. Ce qui a toujours rendu son travail intéressant.

Avant de goûter à une retraite bien méritée, Segess a bien voulu nous narrer un souvenir rocambolesque du service voirie qui avait confié à deux gitans le soin d’aiguiser tous les couteaux, scies et objets coupants pour un prix défiant toute concurrence. C’est à l’heure du retour des objets que les choses se sont corsées. En effet, la facture était passée de Fr. 600.- à Fr. 6’000.- car il y avait eu mésentente sur le prix de base et il a fallu toute la compréhension du boursier de l’époque (G. Rozay) pour que la pilule soit avalée, difficilement et non sans quelques noms d’oiseaux!

Dr. Christian Dante.

Vallorbe: le Dr Danthe prend sa retraite

Dr. Christian Dante.

Dr. Christian Dante.

Il avait ouvert son cabinet à Vallorbe en 1977, et c’est le 31 mars 2012 que le Docteur Christian Danthe va cesser d’exercer sa profession. Originaire de Prilly, le Docteur Danthe est issu d’une famille modeste.

«Mon père était employé communal, en plus par temps de crise »précise-t-il. Ayant suivi toute sa scolarité à Lausanne, il a obtenu à l’Université de cette ville son diplôme de médecin en 1971. Puis durant quelques années, il a complété sa formation en obstétrique, gynécologie, chirurgie, psychiatrie, pédiatrie. A l’époque, un peu comme actuellement d’ailleurs, l’offre en médecins généralistes était un peu faible à Vallorbe. Et comme il aimait le Jura pour y avoir passé des vacances enfant et qu’il devait aussi faire vivre sa famille, il s’est installé dans la cité du fer, qu’il n’a plus quittée depuis 35 ans.

Un art et une pratique qui ont complètement changé

«Les patients ne mesurent pas toujours l’immense privilège qu’ils ont quand on compare les progrès effectués par la médecine depuis l’époque où j’ai commencé, notamment au point de vue imagerie ou radiographie, avec la médecine d’aujourd’hui » explique Christian Danthe. Certes les factures enflent, mais la pratique a complètement changé. Dans les années 1970, on pratiquait le diagnostic pas à pas, c’est-à-dire en observant l’évolution d’un malade et de sa pathologie sur une période relativement longue. C’était alors un véritable travail clinique.

Actuellement, le diagnostic doit être quasi immédiat et exhaustif, au travers des batteries d’examens que l’on peut mettre en œuvre. Cette nouvelle façon d’aborder le diagnostic colle avec la façon de vivre en 2012: tout immédiatement, mais avec les angoisses qui vont avec. «Mon travail a été très fatigant» précise le Docteur Danthe: à l’époque nous faisions des visites à domicile, des levées de corps, des urgences chirurgicales, des veilles en alternance avec des confrères, bref des semaines au nombre d’heures très élevé».

Le devenir de la médecine

Selon le futur retraité, la médecine va immanquablement vers quelque chose de plus sécurisé.» Nous sommes guidés par le fameux principe de précaution que personnellement je considère comme une impasse totale. A mon sens, ajoute le médecin, nous devrions plutôt obéir au principe du risque éclairé et contractuel: une sorte de pesée faite avec l’accord du médecin entre risques et avantages dans une situation de fait donnée. On reviendra un jour du principe omnipotent de précaution, c’est un peu comme le mouvement du balancier, précise-t-il.

Le principe de précaution maximise les insatisfactions à tous les niveaux, et donc les coûts et rend même une partie de la population réellement revendicatrice. Mais sans doute est-ce là plutôt une question philosophique que médicale.

La santé publique et l’avenir

A ce point de vue, le praticien relève qu’il ne serait pas étonné que une ou des grandes épidémies frappent la population. Avec le développement irréversible des transports, la survenance d’un tel événement est selon lui possible dans les trente ans à venir. Simultanément la manie du tout hygiénique et du lavage de mains dix fois par jour relève du TOC au plan individuel et même social. Le Docteur Danthe voit dans les années à venir un immense progrès possible dans l’optimisation de la gestion de l’information.

Avec à la clé la disparition pure et simple du secret médical, pour les médecins scientifiques, et son transfert vers des praticiens en médecines ou thérapies douces, qui eux ne sont pas tenus à une obligation de résultat. «Chacun fabrique son chaman» précise-t-il. Peut-être le psychiatre conservera-t-il une partie de ce secret, son art étant par essence très difficile à organiser en informations réutilisables.

S’il devait souhaiter une organisation médicale plus adaptée aux défis d’aujourd’hui, le Docteur Danthe verrait se créer des groupes d’échanges entre médecins installés, échangeant, entre anciens et modernes ou entre praticiens d’une même tranche d’âge, expériences et interrogations. Avec ce genre d’organisation, on pourrait peut-être chercher à rendre plus objectivables des comportements, qui se trouvent être plus à risque chez certains patients que chez d’autres.

«En plus, ceci ressemblerait à un retour vers Hippocrate, les cercles de médecins autour d’un patient, cherchant au travers d’un échange à mobiliser le meilleur de leur science commune au profit du patient».

Photo Olivier Gfeller

Une entrée qu’il connaît par cœur.

Vaulion: Maurice Magnenat quitte son poste

Une entrée qu’il connaît par cœur.

Une entrée qu’il connaît par cœur.

Après 20 années de bons et loyaux services pour la communauté.

Il est né au pied de La Dent-de-Vaulion

Dans le hameau des Vyneuves, plus exactement. Une ferme, avec les parents, quatre enfants et deux oncles. La guerre aussi. Il avait un contrat, en 1943, pour un apprentissage de jardinier-paysagiste à Listal, mais cette même année, une mobilisation générale en décidait autrement. Un frère et son père partaient sur les frontières, et lui restait pour aider sa mère. A la fin des hostilités, il sera ouvrier dans les industries de son village.

Quand il parle de Vaulion, son visage s’anime et son regard pétille. Il est intarissable. Bien des «Vaulienis» vous le diront, Maurice est une encyclopédie vivante de ce bourg particulier, tout en longueur, parallèle au Nozon, la rivière qui donne son nom à tout le Vallon.

Vaulion était une paroisse à part entière

Maurice Magnenat racontait la naissance de l’église en 1755, et Vaulion devenait une paroisse à part entière. Ce lieu de culte avait une particularité : il avait deux entrées depuis la route principale. Une pour les femmes, distincte de celle du sexe opposé. La chaire était alors au centre du plus grand espace et l’harmonium en regard; de chaque côté les bancs et galeries se faisaient face. Ce n’est que lors de la restauration de l’église, débutée en 1967 que tout est rentré dans l’ordre. Il était municipal et il s’est occupé de la restauration de l’église.

Il montrait une vieille gravure du lieu: il y avait, sur le côté droit, une grande ferme, style bernois, qui était presque collée au lieu de culte. Lors de la réhabilitation, ce bâtiment fut détruit; ainsi l’entrée actuelle avec un porche et une place de parc furent créés. Ces transformations étaient menées par l’architecte cantonal M. Jaccotet et son adjoint, M. Baechler. Casimir Reymond, peintre, sculpteur et verrier, enfant du pays, exécuta le vitrail sur une commande des Dames de la couture. Ce fut sa dernière production avec celui de Juriens. Un tout petit regret; M. Magnenat aurait souhaité plus de couleur ou de joie, mais…
Pour lui, l’église et le cimetière sont des cartes de visite pour un village. Et tout doit être propre en ordre. Par respect.

Il s’engageait pour la communauté

Il entrait en fonction en 1992, mais c’est le 1er janvier 1994 que Gilles Fahrni, syndic, lui remettait un cahier des charges officiel: «Chauffer l’église, récurer le sol, entretenir les bois, changer les ampoules des trois cadrans donnant l’heure aux Vaulienis. Oter la neige des 2 porches. Tenir la place de parc libre d’accès et soigner les petits jardins. La décoration à l’intérieur, c’était pour les dames.

Pour certaines cérémonies, il fallait prévoir des chaises supplémentaires. Avant, des offices, il y en avait tous les dimanches. Mais quand la pasteure Laurence Perdrix est partie, il n’y en a plus qu’un par mois et à 9 h. du matin. L’hiver, il était debout à 5 h. pour que l’édifice soit à bonne température pour l’office. Il était toujours là, disponible et discret. Les gens appréciaient sa présence.
Son successeur, Didier Decrausaz, aura à cœur de poursuivre le chemin de Maurice, fait de savoir-vivre, de ponctualité et de modestie.

Encore un mariage en avril…

Il ajoutait: «Je n’ai pas tout à fait fini: des amis de Vallorbe ont insisté pour que je sois présent pour un mariage, en avril, alors je n’ai pas pu refuser. M. Decrausaz sera mon second. Après ce sera terminé pour moi».

Au premier étage de sa maison, il n’est qu’à un regard de l’église… Sûr, qu’il jettera un œil, par habitude, pour voir si tout est en ordre. Sans plus.

Une anecdote étonnante. Un de ses prédécesseurs au poste de concierge lui avait confié: «Je m’arrêterai de travailler quand j’aurai 84 ans!» Il lui avait rétorqué, eh bien moi aussi.

Ce jour, c’est chose faite. Et il garde le sourire.

Photo Marlène Rézenne

Pierre-Luc Maillefer devant la toute dernière génération de fraiseuse robotisée développée en interne, comme c’est l’usage, pour la fabrication d’outils en nickel titane.

Ballaigues: Pierre-Luc Maillefer lâche la barre de l’entreprise

Pierre-Luc Maillefer devant la toute dernière génération de fraiseuse robotisée développée en interne, comme c’est l’usage,  pour la fabrication d’outils en nickel titane.

Pierre-Luc Maillefer devant la toute dernière génération de fraiseuse robotisée développée en interne, comme c’est l’usage, pour la fabrication d’outils en nickel titane.

Les sites de production de Ballaigues du groupe Dentsply Maillefer vont changer de patron à partir du 1er janvier 2012. En effet, après plusieurs décennies passées à diriger cet ensemble, leur directeur Pierre-Luc Maillefer a décidé de passer la main. L’Omnibus l’a rencontré pour faire le point sur cet important changement.

Une histoire de famille qui évolue en mariage

Pierre-Luc Maillefer a juste passé la barre des soixante ans. Il a une double formation technique et académique. Il effectuait ses études HEC quand il a ressenti, sans doute un peu comme ses ancêtres, la nécessité de maîtriser aussi bien la matière concrète que celle des idées. Et c’est ainsi qu’il est aussi devenu, en plus, technicien mécanicien. Riche de ces enseignements variés, il a commencé par occuper différents postes à l’étranger, pour y faire ses armes, connaître le monde et parfaire sa connaissance des langues.

C’est en 1975 qu’il est entré au service de l’entreprise Maillefer, alors entreprise typiquement familiale et codirigée à l’époque par l’un de ses cousins ainsi que par son père. Deux décennies plus tard, il en a repris la direction générale, au moment d’ailleurs où le mariage avec le groupe américain Dentsply s’est mis en place. Au début des années 1990 en effet, Maillefer devait impérativement développer certains marchés si elle voulait construire une nouvelle étape de sa progression. Et comme son distributeur américain Dentsply, le leader mondial des produits de dentisterie, possédait déjà des comptoirs installés sur ces marchés, le rapprochement devenait à la fois intéressant et susceptible d’apporter des deux côtés de l’Atlantique des retombées concrètes.

C’est sur ces bases que d’une entreprise familiale, Maillefer est devenue l’un des éléments à part entière du leader mondial dans ce domaine (2.8 milliards de francs de chiffre d’affaires consolidé, 15’000 employés dans le monde, des usines dans une quinzaine de pays, des clients partout dans le monde).

Deux défis principaux à relever

En prenant ses fonctions de directeur, Pierre-Luc Maillefer avait en tête deux défis importants: permettre à l’entreprise de devenir leader mondial dans le domaine très particulier des traitements des canaux radiculaires (endodontie) et achever le développement d’une petite révolution dans le domaine technologique: le passage des instruments manuels aux instruments de traitements mécanisés fabriqués dans un nouveau type d’alliage de nickel-titane. Cet alliage, qui permet de créer des instruments flexibles et surtout «se souvenant» de la forme qu’on leur donne.

C’est notamment grâce au mariage cité plus haut que les deux défis importants que s’était lancé Pierre-Luc Maillefer ont pu être relevés avec succès. Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, 2 dentistes sur 3 utilisent techniques et matériaux en provenance de Ballaigues. Depuis 1995, le chiffre d’affaires a été multiplié par 5, le personnel quant à lui ayant tout simplement doublé. Le tout sans délocalisation et sans perte de profitabilité, l’une des promesses contractées au moment du mariage avec Dentsply.

Les raisons d’un départ

Même si rien n’est jamais achevé en ce monde, Pierre-Luc Maillefer estime qu’après plus de 35 ans passés au sein de l’entreprise et alors que justement ses défis personnels ont été atteints, il est temps de passer la main à un successeur qui puisse passer tout son temps et toute son énergie à la tête de la direction opérationnelle de l’entreprise.

Pierre-Luc Maillefer continuera de s’impliquer dans diverses activités au plan suisse ou régional, notamment au sein de conseils de fondation et d’entreprises dont le Comité Stratégique de la Chambre Vaudoise du Commerce et de l’Industrie, ou la présidence de la Policlinique Médicale Universitaire de Lausanne.

Des occupations qui lui permettront de passer plus de temps avec sa famille et ses amis mais aussi d’assouvir son goût de toujours pour le sport et la nature, deux passions pour lui intimement liées.

Le successeur

A compter du 1er janvier 2012, la direction de l’entreprise sera confiée à Dominique Legros. Ingénieur de formation, d’origine française, le nouveau directeur âgé de 52 ans a passé 15 ans à la tête d’unités de Johnson & Johnson, multinationale d’origine américaine active dans le domaine de la santé. Il a notamment dirigé le site de Neuchâtel s’imprégnant ainsi de l’état d’esprit du Jura suisse bien qu’étant fort d’une expérience internationale élargie grâce à des postes de haut niveau occupés aux Etats-Unis et en France.

Une cérémonie de remerciements au V Center
Vendredi passé aura été une date particulière pour tous les membres de l’entreprise Dentsply Maillefer. C’est en effet au V Center de Vallorbe, seule salle suffisamment grande dans le voisinage pour accueillir 800 personnes,  que s’est déroulée la cérémonie d’au revoir préparée pour Pierre-Luc Maillefer. Trois membres de la direction du groupe international avaient fait le déplacement depuis l’Asie ou depuis les USA, afin de témoigner de l’importance pour le groupe de l’unité de production de Ballaigues, qui fait partie intégrante du groupe Dentsply depuis 1995. Tout à tour, ce sont donc Bret W. Wise CEO, James G. Mosch, Executive Vice President et Markus Boehringer, Vice-Président pour l’Asie, qui ont rendu hommage au savoir-faire et à la maîtrise du directeur sortant tout en s’adressant, une fois n’est pas coutume, à l’ensemble du personnel à qui l’on avait donné congé pour l’occasion.

La clé symbolique de l’entreprise a ensuite été transmise à Dominique Legros, nouveau directeur, alors qu’une 2 CV ancienne et colorée faisait son apparition dans l’enceinte : l’occasion pour quelques membres du personnel de rappeler à Pierre-Luc Maillefer ses débuts dans l’entreprise, lorsqu’il livrait les clients au moyen d’un véhicule de ce type. C’est en présence de sa famille que le directeur sortant, visiblement ému, a encore reçu divers présents, dont une horloge fabriquée de toutes pièces par des apprentis de l’usine.

Vue générale de la cérémonie

Vue générale de la cérémonie

Photos Olivier Gfeller

Jean-Paul Widmer

Valeyres-sous-Rances: Jean-Paul Widmer quittera tout

Jean-Paul Widmer

Jean-Paul Widmer

Comme d’autres syndics de la région, Jean-Paul Widmer va laisser vacant son siège à Valeyres- sous-Rances. Contrairement à certains chefs d’état du Maghreb ou africains, il ne se sera pas éternisé dans son rôle. Il n’y aura passé qu’une législature, succédant à Henri Nerny. Néanmoins, il aura siégé pendant seize ans à l’exécutif, avec un premier passage comme municipal entre 1986 et 89 puis dès mars 1999. A 65 ans, il a estimé qu’il était l’heure de passer la main. Il abandonnera du reste toutes ses fonctions officielles.

Meilleur pinot noir du canton

Il laisse un village qui se porte bien, qui se développe puisque plusieurs quartiers de villas sont en construction ou en projet. La vigne est une des fiertés de la localité qui ne compte pourtant que cinq vignerons. Il en est convaincu car il a entendu dans un restaurant de Perroy que Valeyres produisait le meilleur pinot noir du canton. Concernant l’avenir, il est un adepte de la fusion, notamment avec Orbe car il estime que la ville voisine possède les services techniques que les villages ne peuvent pas mettre en place. Il est persuadé que dans un avenir proche, le regroupement de plusieurs communes autour d’Orbe sera la seule solution viable en matière de gestion car la tâche est devenue complexe en raison de la prolifération des lois et des règles à appliquer, au détriment du bon sens.

Séparatif terminé

Certes, son village a connu quelques troubles lors de l’organisation de bals mais les choses sont rentrées dans l’ordre grâce à l’appui de la police. Il regrette toutefois que les sociétés organisatrices doivent prendre des précautions onéreuses pour la sécurité des manifestations. Au niveau des satisfactions, il retient le fait que son village a totalement résolu le problème du séparatif. Il se réjouit de savoir que le café-restaurant du village ne fermera pas ses portes, ce qui ne fut pas une mince affaire.

Travailler encore

Quand bien même il a remis son domaine agricole à son fils Christophe, il donnera le coup de main car il n’envisage pas une retraite sans travail. Il espère encore faire quelques voyages avec son épouse, distraction qu’il n’a pas eu l’occasion de beaucoup pratiquer. Il se souvient tout de même d’un magnifique séjour de la Municipalité à Pékin en 1989. Pour terminer, Jean-Paul Widmer gardera en mémoire les meilleurs moments de sa carrière politique comme il se souvient des bons moments passés à l’école de recrue. Et Dieu sait que rien ne fut facile car la syndicature implique de régler les conflits entre villageois et cela n’est pas toujours facile.

Photo Pierre Mercier

Ballaigues

Ballaigues: budget 2011 équilibré

Ballaigues

Ballaigues

C’est le 1er vice-président Daniel Bourgeois, très à l’aise dans sa future fonction, qui a présidé la dernière séance de l’année du Conseil communal de Ballaigues vendredi soir. Un Conseil qui s’est tenu au Vieux-Collège, la salle communale étant occupée par une manifestation extérieure.

Nouveau collège à Vallorbe


Au chapitre des communications municipales, le syndic Raphaël Darbellay a précisé à l’assemblée que la procédure d’extension de la zone à bâtir La fin des Rites avait reçu un préavis favorable des services cantonaux concernés. L’étude de faisabilité en cours pourra donc être rapidement terminée et une procédure d’amélioration foncière sera mise en place avant que la commission chargée d’étudier cet objet soit convoquée.

De son côté, le municipal des Ecoles Michel Junod a présenté la décision prise il y a quelques jours par l’AscoVaBANo de construire le collège de Vallorbe. Il s’agira d’un ouvrage modulaire et évolutif qui comprendra au début deux étages de quatre classes et dont le coût estimé s’élève à Fr. 5.746 millions, sans compter le terrain octroyé pour 99 ans par la commune de Vallorbe en droit de superficie. Le nouveau collège devrait être opérationnel pour la rentrée 2012. Le maître d’œuvre désigné est la commune de Vallorbe.

Budget 2011 équilibré

Le budget 2011 de la commune a été adopté sans discussion. Il prévoit un montant global de dépenses et de recettes de l’ordre de Fr. 7.9 millions, avec un déficit d’exploitation d’environ Fr . 40 000.— qui reste théorique.

Jean-François Faivre a indiqué à la demande de Pierre-Luc Maillefer que les dépenses prévues pour les cultures des forêts expriment la volonté professionnelle de favoriser les résineux. Il a précisé que pour ce faire il faut leur laisser de la place pour grandir et donc éliminer les feuillus qui poussent plus vite en leur faisant de l’ombre.

Rapport intermédiaire de la commission de gestion

Plusieurs chantiers en cours dans la commune ont été étudiés de près par la commission de gestion, qui en a décortiqué les dossiers. Pour relever que sur ces points la gestion communale est tout à fait adéquate et attentive aux nécessités des infrastructures concernées.

Culture

La motion Julien Leresche et consorts sur le soutien municipal à la culture a débouché sur une directive interne de la Municipalité, moins contraignante qu’un règlement au sens formel, mais qui précise, à la satisfaction générale, les cas dans lesquels la Municipalité peut soutenir les manifestations culturelles et artistiques : de fait, la culture reste à Ballaigues une affaire privée, sur le principe, la commune ne devant intervenir que subsidiairement et en tous cas pas de son propre chef pour la promouvoir ou la soutenir.

Une retraite bien méritée

Le Conseil a pris congé de Jean-Daniel Bezençon, le secrétaire municipal qui part en retraite dans quelques jours après avoir fidèlement servi sa commune pendant 27 années. Un petit cadeau du Conseil lui a été remis et il a eu droit à une petite ode présidentielle dans laquelle ses qualités musicales ont été mises en rapport avec les exigences administratives de la charge qu’il a occupée.

Photo Olivier Gfeller

Orbe : retraite du directeur de Nestlé

Annie et Daniel Sautrey

Annie et Daniel Sautrey

Daniel Sautrey a passé la main. Directeur du site Nestlé depuis 2002, il quitte sa fonction avec le sentiment du devoir accompli. C’est en 1971, à l’âge de 25 ans, qu’il entre au service de la multinationale.

Comme de nombreux stagiaires qui découvrent l’entreprise, il se formera essentiellement entre sa France natale et la Suisse, un pays qu’il apprécie particulièrement puisque c’est là qu’il a choisi de vivre sa retraite avec sa femme Annie. Durant sa carrière, il passera trois fois par la case Orbe, dont il est devenu très récemment bourgeois.

S’il quitte ses fonctions à la tête de l’usine Nestlé, il gardera encore pendant six mois des prérogatives sur le site d’Orbe afin de faciliter l’intégration de son successeur, Chris Ayer, qui dirigeait une usine en Russie avant cette nomination et qui, lui aussi, connaît bien l’usine urbigène pour y avoir travaillé à quelques reprises.

Si Daniel Sautrey a aussi été le directeur de l’usine de chocolat Cailler à Broc, c’est le café qui l’a surtout passionné et Orbe était devenu une espèce de port d’attache. Un attachement qu’il rendra bien aux autorités communales en instaurant des relations privilégiées au point que plusieurs projets ont été menés en harmonie, entre la commune et l’entreprise, comme la création de la future garderie de Saint-Claude dans laquelle Nestlé investira deux millions de francs ou la venue à Orbe du CPW, une société de Nestlé, spécialisée dans la recherche alimentaire dans le domaine des céréales.

Des laboratoires sont actuellement en construction, dans la zone des Ducats. Relevons enfin qu’il est assez rare qu’un directeur prenne sa retraite à Orbe, et c’est la raison pour laquelle l’événement a été fêté la semaine dernière par la direction de l’entreprise, en présence des autorités du lieu.

Photo Pierre Mercier

Je viens de prendre ma retraite … un conseil ?

Chaise-longue

Chaise-longue

Je viens de prendre ma retraite, mais je cours encore plus qu’avant ! Un conseil ?

Oui, un seul: «Asseyez-vous!». Ce conseil est plus que millénaire! Les Pères du désert n’ont cessé de le prodiguer à leurs visiteurs cherchant à améliorer leur situation. Avant eux, c’est Jésus Lui-même qui l’a donné à ses disciples.

A leur retour de mission, plein de délicatesse, Il leur dit en effet : «Asseyez-vous et reposez-vous» (Marc 6, 31). Mais, aujourd’hui, nous avons bien du mal à nous asseoir et à nous reposer. Personnellement, je suis tenté de courir sans fin d’une activité à l’autre, d’un rendez-vous au suivant!

Que cherchons-nous donc en remplissant nos agendas? A prouver ou à nous prouver que nous sommes vivants, que nous existons? Et si cette suractivité n’était que l’expression d’une angoisse inconsciente? La peur de disparaître si nous cessons d’agir…

Très concrètement, je nous invite alors à prendre votre agenda et à programmer une pause, chaque jour, chaque semaine, chaque mois. Loin de perdre notre temps précieux, ce moment de respiration sera pour nous l’occasion d’ancrer notre existence. Ce sera difficile au début, mais progressivement, nous sentirons combien s’arrêter peut être profitable surtout spirituellement.

Et ce même si nous sommes très actifs au profit de notre communauté chrétienne, de notre mouvement. Si nous y offrons du temps pour Dieu, laissons-nous en effet du temps à Dieu? N’est-ce pas plutôt Dieu Lui-même qui ne cesse de s’offrir à nous ?

Alors, arrêtons un peu de gesticuler et prenons enfin le temps de L’accueillir. Il est derrière la porte. Il frappe. Laissons-Le entrer.

N.B. Jean-Michel Keller est Diacre de l’Eglise réformée, ministre de coordination de la région Joux-Orbe

Mathod: merci Monsieur et Madame «Du Bus»!

Rose-Marie et Eugène Décoppet à leur arrivée à Chamblon

Rose-Marie et Eugène Décoppet à leur arrivée à Chamblon

Après 40 ans assis derrière le volant, Rose-Marie et Eugène Décoppet, les conducteurs du bus du groupement scolaire Mathod, Suscévaz, Chamblon et Treycovagnes, prennent une retraite bien méritée.

Les élèves et les enseignants ont rendu hommage à Monsieur et Madame «Du Bus», comme tout le monde les appelle.

Le 1er juillet, la tournée a été riche en émotions. En effet, à chaque arrêt dans les différents villages, une surprise attendait les chauffeurs du «p’tit bus». Les élèves avaient préparé des chansons et des bricolages pour remercier ceux qui, inlassablement, jour après jour, les emmènent en temps et en heure sur les chemins de l’école.

«En 40 ans, d’innombrables péripéties ont jalonné notre route; mais heureusement, nous n’avons jamais eu à déplorer aucun accident», relève Eugène Décoppet.

Son épouse ajoute que ce n’est pas sans nostalgie qu’elle rend les clés du véhicule postal. Les petits élèves vont lui manquer, c’est sûr.

Photo Fanny Rodriguez-Minder