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La pose, fin juillet, des 700 panneaux solaires sur le toit de la Halle des Fêtes.

Vallorbe: le devenir du CEP en question

L’ordre du jour de la séance du Conseil communal présidée lundi soir par Luigi Fiorito semblait léger. En réalité, ce n’est qu’en toute fin de séance qu’elle s’est réellement animée, lorsque le syndic Stéphane Costantini est revenu sur une information datant de samedi passé : le CEP de Vallorbe serait en train de voir son affectation changée par le SEM (Secrétariat d’État aux Migrations). Il deviendrait un Centre fédéral de départ. Ce changement aurait été entériné à Berne. Mais la commune n’est officiellement au courant de rien. On ne l’a ni informée, ni consultée à ce sujet.

Elle a cherché à obtenir confirmation de cette information auprès du canton et de la Confédération, sans succès toutefois. Il semble qu’une décision doive être prise dans les jours qui viennent. Face à cette situation, le syndic a assuré le Conseil «que la commune ne se laisserait pas faire et réagirait en conséquence, si ces informations se révèlent exactes. Il est toutefois bien difficile de détailler actuellement les futures réactions de la commune, dès lors qu’elle ne sait rien. Or, pour agir et réagir, il faut d’abord savoir de quoi il retourne et ce que cela implique, entre autres en terme de nombre de résidents». Dans la foulée de cette information et sous l’impulsion du conseiller Yann Jaillet, c’est à la quasi-unanimité que le délibérant vallorbier a décidé de se réunir en séance extraordinaire dans les semaines qui viennent, mais avant sa séance normale de décembre, dès que l’état de l’information le permettra.

De son côté, l’Omnibus a interrogé le SEM. Malgré nos demandes réitérées écrites et orales, le SEM n’a pas jugé utile ni même poli d’en accuser réception et de fournir le moindre renseignement.

Passages piétons et rémunérations de l’exécutif

Pour le surplus, le Conseil a entériné les rémunérations de l’exécutif pour la prochaine législature, en hausse de 2,4% au titre de l’indexation des salaires, semblable à celle du personnel communal, et de 5% comme augmentation nécessaire du taux d’activité, à 60% pour le syndic et 40% pour les autres membres de la Municipalité. De légers correctifs ont aussi été apportés aux jetons de présence et aux indemnités des membres du Conseil, notamment en cas de vacation du dimanche lors des votations et élections.

Le postulat portant sur la sécurisation des passages piétons a aussi été adopté. L’exécutif étant prié, entre autres, de revoir une nouvelle fois avec le canton la situation dangereuse de la halte de bus des Pontets, en direction du Creux. La Municipale Madeline Dvorak a également annoncé que l’AscoVaBaNo avait décidé d’accueillir désormais pour le repas de midi tous les élèves du site secondaire sans distinction, notamment ceux qui n’ont personne à la maison à midi. Différents subventionnements sont à l’examen. Les travaux de la Halle des Fêtes avancent bien. Le chauffage sera mis en route en décembre et les plus de 700 panneaux solaires qui revêtent son toit produisent d’ores et déjà de l’électricité. Il est prévu que cette production atteigne 180’000 kW par année.

Philippe Leuba pendant sa présentation

Arrivée prochaine et séjour de 50 requérants d’asile

Philippe Leuba pendant sa présentation

Philippe Leuba pendant sa présentation

L’art de la rhétorique a largement présidé à une soirée d’information qui s’est déroulée en une grande salle du Casino d’Orbe étonnamment garnie en auditeurs, tous forts d’une conviction aussi personnelle que profonde quant à l’approche d’un problème en passe d’universalité et qui touche à l’accueil de requérants d’asile.

Orbe a été désignée volontaire par les instances cantonales pour accueillir dans les cantonnements militaires une cinquantaine de ces rejetés de systèmes politiques et économiques divers, ceci à partir du 17 octobre à venir.

Un peu de courtoisie svp

Pierre Mercier, Municipal en charge du dossier, après avoir salué la présence de Philippe Leuba, Conseiller d’Etat ainsi que celle d’un représentant et de représentantes de l’EVAM, de responsables des polices cantonale et communale ainsi que d’une déléguée de l’Autorité ecclésiastique a requis, de manière toute diplomatique et avec raison, de l’auditoire présent, une certaine retenue des propos, sachant bien le sujet générateur d’éventuels traits à caractère aussi bien passionnels que passionnés.

Cartes sur table

Philippe Leuba a présenté le problème de manière tout à fait pragmatique en soulignant le fait que la solidarité confédérale se devait de jouer à fond dans ce cas de figure, le canton de Vaud étant assigné, par la Confédération, à héberger le 8,4% du contingent de requérants sollicitant l’asile en notre pays.
Il s’est formellement engagé en affirmant que le contingent dévolu à notre cité de 50 personnes ne sera jamais dépassé.
Il est à souligner que cette promesse a largement contribué à la sérénité des débats.

Les conditions d’hébergement

C’est dans un environnement particulièrement spartiate que seront reçus ces 50 jeunes hommes, vu que leur lieu de séjour mentionné n’offre que peu de confort.
Il s’agira de Tunisiens, de Nigérians, d’Erythréens et autres dont le séjour ne devrait pas se prolonger au-delà de six mois vu que relevant de statuts d’aide d’urgence (NEM), de cas Dublin (retour dans le premier pays européen d’hébergement) ou de personnes en procédure de demande d’asile. Une demi-douzaine de salariés les encadreront dans des tâches de surveillance, d’intendance, d’assistance sociale, etc.

L’abri sera ouvert 7 jours sur 7, ceci sous un régime strict d’ouverture et de fermeture et les prestations d’assistance se résumeront à trois repas par jour ainsi qu’une couverture d’assurance maladie de base. Un lieu de séjour leur sera réservé en des locaux anciennement définis à caractère médical et sis à la rue Sainte-Claire.

Questions/réponses

C’est bien à ce moment-là que les sensibilités diverses en regard de ce problème ont émergé et que le métier bien éprouvé des membres de l’EVAM (Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants), du Conseiller d’Etat présent, du représentant des forces de police et de la diacre de Vallorbe a réussi à faire que la conviction a suppléé aux émotions.
Aucun problème inhérent à ce flux migratoire n’a été éludé ni édulcoré, surtout pas celui touchant aux craintes maintes fois exprimées, concernant la drogue et son trafic.
Des structures de sécurité et d’encadrement seront en place, fiables, atteignables et efficientes; des procédures en cas d’infractions sont prévues et seront mises en action si nécessaire.

Philippe Leuba a bien souligné que notre canton est celui qui comptabilise le taux le plus élevé de Suisse de renvois de requérants malvenus en notre pays et que le durcissement des conditions de séjour et l’accélération des procédures voulue au plus haut niveau sera également efficiente chez nous.

Plaidoyers

La diacre de Vallorbe a conclu cette soirée riche en informations par un vibrant discours en faveur d’une cohabitation constructive avec ces prochains nouveaux venus, à considérer comme des êtres humains à part entière et non comme des intrus profiteurs de notre système.

Pierre Mercier a remercié tous les intervenants en rompant également une lance en faveur d’une solidarité humaine qu’il a sollicitée de la part de toutes ses concitoyennes et concitoyens.

PS : Les gens qui souhaitent être bénévoles ont rendez-vous le mercredi 12 octobre à 19 h. au cantonnement militaire (près de la salle Omnisport).

Photo Willy Deriaz

Cécile Ehrensperger, pendant son exposé

Six requérants effectuent des TUP à Baulmes

Cécile Ehrensperger, pendant son exposé

Cécile Ehrensperger, pendant son exposé

Depuis le 14 septembre et pour une durée de quinze jours, six requérants d’asile du foyer de Sainte-Croix se rendent chaque matin à Baulmes par le train, afin de participer activement, en collaboration avec les forestiers de la commune, à des travaux d’élimination de plantes envahissantes.

La mise sur pied de ce court programme de travaux d’utilité public (TUP) a été rendue possible grâce à la collaboration de l’EVAM et de la commune de Baulmes. De nombreux autres chantiers de ce type ont lieu ou ont eu lieu dans le canton, en général à la satisfaction des parties en présence. Il s’agit dans l’esprit de l’EVAM de permettre aux requérants de lutter avant tout contre une oisiveté qui s’avère lourde à supporter au fil des mois.

Et aussi de réaliser un petit pécule supplémentaire. L’EVAM a mis sur pied mardi soir passé à Baulmes une séance d’information publique à ce sujet, et surtout au sujet des régimes complexes et divers sous lesquels vivent les requérants d’asile. Cette information a été donnée en présence du syndic Julien Cuérel et de la municipale des affaires sociales Cendrine Cachemaille.

Un parcours juridique et humain complexe

C’est la responsable du secteur Nord et Ouest de l’EVAM Cécile Ehrensperger qui a présenté à une vingtaine de personnes intéressées par le sujet le parcours juridique du requérant d’asile en Suisse. Un parcours complexe et sinueux, parfois juridiquement contradictoire et moralement schizophrène, surtout lorsqu’on lui demande d’être intégré et financièrement assumé tout en lui interdisant de travailler.

L’oratrice du soir a tenu à relever le nombre finalement peu élevé en pourcentage et en chiffres absolus de requérants. Une proportion d’environ 4% de la population qui au niveau mondial semble n’avoir pas varié depuis les grandes migrations du 20e siècle qui elles voyaient les Suisses s’expatrier aux USA, au Canada et en Australie, par exemple. Parmi les nombreuses données qui caractérisent les statuts des requérants actuellement en Suisse, il faut retenir que même si la législation est fédérale, elle est appliquée de façon très contrastée d’un canton à l’autre. Pendant que le canton de Vaud accueille en permanence plusieurs centaines de requérants d’un certain type, Zurich en accepte… quatre. Autre mentalité, autre façon de voir les choses, autre lecture de la loi, la question reste ouverte.

Le public n’a que peu participé au débat. Une critique générale contre les médias attiseurs de feu a été formulée par un enseignant, qui leur reproche sans distinction de monter en épingle ce qui fait vendre au détriment d’explications et d’analyses. Critique d’ailleurs partagée par la conférencière du soir. L’Omnibus n’entend pas polémiquer sur ce point. Il relèvera simplement que lui était représenté lors de cette séance.

A noter que la même conférencière sera à Orbe le 3 octobre à 19 h. 30 au Casino, en compagnie de différents intervenants pour expliquer au public le parcours complexe du requérant, ceci dans le cadre de l’ouverture de l’abri PC urbigène à une cinquantaine de requérants en manque cruel de toit.

Photo Olivier Gfeller

L’entrée dans le cantonnement militaire n’est pas des plus sympathiques!

Orbe: requérants d’asile, le choix d’accepter…

L’entrée dans le cantonnement militaire  n’est pas  des plus sympathiques!

L’entrée dans le cantonnement militaire n’est pas des plus sympathiques!

C’est presque en pèlerin que le Conseiller d’Etat Philippe Leuba est venu à Orbe, plus pour informer nos autorités que pour leur demander leur accord. Pour les informer donc que décision avait été prise de placer à Orbe un contingent d’une cinquantaine de requérants d’asile, ceci dès la mi-octobre prochaine.

Il y a déjà un même nombre de ces personnes déplacées qui séjourne en nos murs, ceci sans que vraiment de lourds problèmes ne surgissent et les instances de notre Canton estiment que l’augmentation de ce contingent ne risque pas de poser de grosses difficultés supplémentaires. De plus, le nombre croissant d’habitants à Orbe facilitera l’intégration de cette nouvelle diaspora dont la provenance n’est pas encore tout à fait définie mais qui sera certainement à forte majorité africaine et essentiellement représentée par des hommes.

Les occuper

Si l’ensemble des frais engendrés sera pris en charge par les finances cantonales, la tâche de nos édiles sera quand même significative vu qu’il s’agira, selon M. Pierre Mercier, municipal en charge du dossier, de trouver un encadrement bénévole pour ces gens et, surtout, des activités essentiellement tournées vers des loisirs, des cours de français et d’informatique, par exemple, évitant dans toute la mesure du possible de les voir déambuler désoeuvrés, voire désabusés, dans nos rues.

Pour ce faire, il s’agit également de trouver des locaux, ce qui semble bien ne pas relever de la plus élémentaire des sinécures! Il faut encore savoir que quelques-uns de ces requérants seront munis de permis F et N, leur permettant ainsi de travailler en toute légalité.

Tournus

En outre l’EVAM (Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants) sera représenté par deux délégués chargés à plein temps de l’encadrement de ces demandeurs d’asile. Leur lieu de séjour a été défini en les cantonnements militaires du Puisoir, ceci pour une première durée de deux à trois mois, ensuite de quoi, par un système éprouvé de tournus, d’autres requérants arriveront dans le cadre de ce même contingent d’une cinquantaine de personnes.

Il s’agit d’un problème à échelle planétaire, à croissance malheureusement garantie, dont on nous demande de prendre une part en charge. Si nos institutions sont respectées, l’effort ne devrait pas être surhumain!

Photo Pierre Mercier

Vallorbe : lendemain de coup de balai

Le CEP de Vallorbe

Le CEP de Vallorbe

Hériter d’un CEP (Centre d’Enregistrement et de Procédure) de la Confédération, le seul du genre en Suisse romande, n’est pas forcément un cadeau. La population de Vallorbe ainsi que ses autorités le savent bien. Le monde de l’asile et du requérant n’est jamais tout blanc ou tout noir.

Certains ont de vrais motifs de demander l’asile politique dans ce pays. D’autres tentent par ce biais de construire une vie et clairement de bénéficier d’infrastructures et d’aides qu’ils ne trouvent pas ailleurs, en particulier dans leur pays d’origine. Récemment, on a pu lire dans ces colonnes et ailleurs que la Municipalité de Vallorbe et le CEP avaient mis sur pied une journée « Coup de balai » au cours de laquelle une dizaine d’occupants du centre, toutes et tous volontaires, ont pris la peine de nettoyer quelques zones piétonnes et quelques sous-bois dans la Cité du Fer.

Il n’en fallait pas plus pour que la polémique enfle, pour que les vieux démons montrent à nouveau le bout de leur nez. Entre autres manifestations de ce mécontentement quelques lettres de lecteurs publiées dans le Journal de Vallorbe qui font tout simplement froid dans le dos.

Une lectrice avoue entre autres «avoir eu une nuit une petite pensée pour M. Blocher» lorsqu’elle a voulu sans succès aller griller viandes et saucisses sur la presqu’île du Musée du Fer avec des invités, «c’était noire (sic) de monde ou blanc de noires». Elle confessera plus loin «ne pas être raciste», mais exiger  «le respect pour tout le monde ».

Dans la foulée, un autre habitant contribuable en rajoute en disant que «cette armée sabote tous les efforts que l’OT entreprend pour le tourisme» et s’adressant aux municipaux leur dit entre autres «chère Sylviane et Hervé, […] stoppez votre politique de faux-cul, […] il faut agir, rien ne sert de camoufler.  La gare est faite pour les voyageurs et l’île est à réserver  aux habitants et aux touristes».
Agir plutôt que de réagir

La rumeur veut que d’autres courriers et prises de position de ce type soient en gestation, voire même déjà adressés à qui de droit. Mais de tels éclats ont-ils un sens? Leurs auteurs se veulent les tenants d’un courant très majoritaire qui ne s’exprimerait pas assez.  Mais de quel courant donc? Même si tout n’est pas rose aux alentours du CEP et dans la cité, la Municipalité de Vallorbe se doit d’être pragmatique et de faire avec.

La décision d’implantation n’était pas négociable. Le droit d’asile ne cesse d’être durci année après année dans ce pays, respectant une volonté populaire majoritaire. Ce n’est pas pour autant qu’il faut abandonner toute ouverture et toute tolérance à l’autre, à sa culture et même parfois à son manque d’adaptation à la culture locale. Et tant que le fossé entre pays riches et pays pauvres se creusera toujours plus profondément dans le monde, le phénomène des exodes s’amplifiera, ceci de façon inéluctable.
La position de la Municipalité

Lors de la séance du Conseil communal du lundi 26 octobre, Sylviane Tharin, municipale de la police est revenue  sur ce sujet et notamment sur sa médiatisation dans une communication au Conseil.

Elle a tenu à rappeler «qu’avec ses petits moyens, l’exécutif vallorbier – et pas seulement certains de ses membres - faisait de son mieux face aux conséquences d’une situation sur laquelle il n’a que fort peu de prise». «On doit faire avec du mieux qu’on peut» a-t-elle ajouté, et en aucune manière, il ne s’est agi d’une opération de communication gratuite.

De son côté, le syndic  Stéphane Costantini a évoqué dans ce contexte la nécessaire cohésion d’un exécutif placé devant une situation difficile et connue de tous.

Photo Olivier Gfeller

Vallorbe : journée coup de balai

Nettoyage des rues (photo prise de dos, discrétion de rigueur au CEP)

Nettoyage des rues (photo prise de dos, discrétion de rigueur au CEP)

La municipalité de Vallorbe représentée par Hervé Foretay, municipal, et Sylviane Tharin, en collaboration avec les responsables du CEP (Centre d’Enregistrement et de Procédure) collaborent depuis plusieurs mois  en vue de motiver et d’occuper les requérants du Centre.

Des travaux d’entretien forestiers ainsi que de nettoyages des chemins et des zones de détente sont désormais opérationnels. Les requérants sont dirigés par les fonctionnaires fédéraux d’ORS service ag, service d’encadrement des requérants d’asile et des réfugiés, et orientés par les services techniques communaux.

Une journée d’information s’est donc tenue pour informer la population sur ces travaux d’utilité publique. Aucun accident ni incident n’est à déplorer à ce jour.

Le déplacement de l’ONG ARAVOH, sise dans les locaux de la gare CFF et qui dispense chaleur humaine et aide juridique aux requérants est en voie de concrétisation selon les organisateurs de cette journée.

Photo Jean-Louis Löffel