Christophe Béguin, artiste peintre diplômé des Beaux-Arts, naturopathe et père de sept enfants – trois biologiques et quatre de cœur – nous livre ses secrets pour aimer la vie dans l’ombre et dans la lumière.
Né d’une mère américaine et d’un père neuchâtelois, Christophe Béguin a passé son enfance à Genève. Son grand-père maternel était à la tête du plan Marshall – ce programme américain destiné à reconstruire l’Europe après la Seconde Guerre mondiale – pour les Balkans. Menacé de mort à plusieurs reprises dans l’exercice de cette fonction, il a envoyé ses enfants en Suisse. «Et voici comment ma maman a rencontré mon papa!», explique-t-il en souriant.
«Mon papa était inventeur. J’étais autorisé à le regarder créer à condition de rester silencieux. Ma maman faisait des transports bénévoles pour des personnes âgées. J’ai vécu une partie de mon enfance à écouter toutes les histoires qui se racontaient à l’arrière de la voiture. Une aptitude particulière à écouter et transmettre a peut-être pris racine dans ses instants-là.» Christophe sourit.
Un lien puissant avec la nature.
A 7 ans, Christophe a demandé à ses parents un mètre carré de jardin pour planter des salades, des haricots et voir pousser différentes petites graines. «J’ai toujours entretenu un lien intense avec notre terre. Ma rencontre avec ma fille Adeline m’a poussé à me diriger dans les soins liés aux plantes. Je me suis donc impliqué dans le développement et l’enseignement d’une technique de soins énergétiques», aime-t-il préciser.
A 24 ans, il déménage à Lovatens, dans la Broye. Très proche de la terre, Christophe entretient des théories particulières en lien avec celle-ci. «Lovatens est un village construit sur un sol très argileux, j’ai donc gardé ma casquette du «nouveau» pendant trente ans. Sur un sol argileux, les mentalités sont plus fermées. Alors qu’ici, à L’Abergement, le village est bâti sur du gravier et j’ai donc été très vite intégré. Le gravier et l’argile influencent différemment les comportements humains.»
Adeline, son «enfant-école»
Avec beaucoup d’émotion et de sérénité, Christophe nous parle d’Adeline, sa fille partie dans les étoiles: «Lorsqu’elle avait 10 mois, nous l’avons retrouvée un matin toute crispée, comme paralysée dans son lit. Le diagnostic des médecins a été «trouble neurologique indéterminé». Pour les personnes clairvoyantes, son état s’expliquait par le fait qu’elle avait prévu de partir assez vite de la terre, puis elle a changé d’avis au moment où elle était censée partir. Elle est donc restée coincée «entre deux états». L’explication des chamans d’Amazonie était que la vue d’un dragon très effrayant avait provoqué un court-circuit dans son cervelet. Nous avons refusé les médicaments qui la coupaient de la réalité, préférant offrir à notre fille une vie joyeuse et consciente plutôt qu’un état de légume. Sa mère et moi étions donc les seuls pilotes de son fonctionnement: nous savions déterminer la juste consistance alimentaire et nous savions aussi comment lui donner à manger. Elle aimait orienter sa chaise à l’aide de son pied et tourner en rond (rires). A la fin, les thérapeutes venaient à la maison. A 10 ans, elle a été hospitalisée. Le jour de son départ, nous étions sept autour d’elle à faire des blagues. Elle s’en est allée avec un grand sourire. C’est mieux d’être entouré d’amour pour le décollage.» Christophe sourit, accompagné par le ronronnement de son chat Shiva.
Sagesse acquise et conseil
En accompagnant sa fille, Christophe a expérimenté la patience et la juste posture de proche aidant. Il précise: «J’ai appris à garder mes espaces de créations, à nourrir mes projets pendant tout l’accompagnement. Quand j’ai perdu ma compagne Nathalie, j’ai laissé les ficelles accrochées pour que je puisse continuer ma vie après son départ.»
Le conseil de Christophe pour être bien dans sa tête et dans son corps est de tout faire pour favoriser sa santé en restant en connexion avec la planète. Cela signifie par exemple cuisiner ses repas et éviter la nourriture industrielle, travailler à être le ou la plus autonome possible en utilisant les ressources de la nature et de sa propre créativité.
Les 30 et 31 mai, Christophe exposera quelques œuvres lors de l’exposition de printemps qui aura lieu chez Jean-Marc Walther à Prahins.






