Des avis bien tranchés et des intervenants rôdés à l’exercice du débat ont animé la soirée du jeudi 28 mai à la buvette du Casino.
Le PS d’Orbe avait invité deux dames, la conseillère nationale et municipale socialiste d’Yverdon-les-Bains Brenda Tuosto et Cristina Gaggini, directrice romande d’Economie Suisse pour combattre l’initiative UDC «Pas de Suisse à 10 millions». Ces opposantes à l’initiative faisaient face à deux messieurs tenants de l’initiative, le représentant de l’UDC Yvan Pahud, syndic de Sainte-Croix et conseiller national, accompagné de Marco Carenza, le Nyonnais vice-président de l’UDC Vaud.
Parmi la quarantaine de citoyens qui avaient fait le choix de consacrer une soirée à se forger une idée ou à conforter celle qui était déjà la leur, on y rencontrait quelques jeunes mais pour l’essentiel le public présent affichait des cheveux gris. Le débat modéré par Jean-Philippe Pressl-Wenger, rédacteur en chef du Nord Vaudois, s’est montré vif et les intervenants n’ont pas mâché leurs mots pour défendre leur opinion.
Bétonnage du territoire, chômage, trains et autoroutes saturés, majorité de prisonniers issus de l’immigration, contingentement du flux des étrangers qui rejoignent notre pays ont été mis en avant par les membres de l’UDC. Du côté des opposants, les forces de travail venues de l’étranger contribuent à notre prospérité. D’autre part les limites imposées par l’initiative mettraient en péril les accords existants avec l’Union Européenne, en particulier les accords de Schengen sur la libre circulation des personnes et ceux de Dublin sur la gestion des demandeurs d’asile. La question des frontaliers fait aussi débat, que deviendrait notre système de santé sans eux, s’inquiètent les opposants. C’est l’afflux des immigrants qui nécessite l’augmentation du personnel hospitalier rétorque l’UDC.
La parole donnée au public a montré l’inquiétude des plus jeunes. Cindy, aide-soignante en EM, peine à expliquer les causes de cette votation à ses collègues pour la plupart étrangers. Elle se demande ce qu’il adviendrait des résidents s’il fallait se passer de leur apport. Un jeune apprenti du bâtiment se montre lui inquiet pour son avenir face à la concurrence des frontaliers. Patrick Jaquenoud, président PLR du Conseil communal, montre aussi de l’inquiétude pour le futur des apprentis qui se verraient confrontés à la rivalité des frontaliers.
A l’heure de l’apéritif final, les discussions ont largement permis de poursuivre le débat.






