Après la sortie de leur premier morceau sur les plateformes de streaming musical, les membres de The Shrubbery, tout jeune groupe de rock d’Yverdon, répond à nos questions.
The Shrubbery compte cinq membres, dont plusieurs étudient au gymnase d’Yverdon: Rafandiora Van Merm, qui coiffe plusieurs casquettes, chanteur, pianiste et compositeur, Roman Strambini, compositeur et guitariste, et Matéo Andrey, guitariste. Louis Gence, étudiant au gymnase Auguste Piccard, à Lausanne, est batteur. Enfin, on retrouve à la basse le seul Urbigène du groupe, Isaac Lardieri, 11 ans, élève au collège de Montchoisi.
Malgré leur jeune âge, ces garçons ont eu l’opportunité d’enregistrer en studio et de sortir leur première chanson, intitulée Road to Hemlouk. Nous les avons rencontrés pour échanger à propos de leur nouveau morceau, de leurs projets futurs et de leur passion pour le rock.
Comment est né le groupe ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Rafandiora: À l’école, en 9e, j’ai découvert mon premier groupe préféré: Queen. Ça m’a inspiré et donné envie de fonder un groupe. J’ai passé l’année suivante à essayer de trouver des membres… De mon côté, j’avais commencé à écrire des chansons, en m’inspirant principalement du rock and roll des années 70. Je suis devenu proche avec Roman en fin de 10ème, et je lui ai proposé de faire de la musique ensemble. Puisqu’il était avec nous au collège des Rives à Yverdon, nous avons invité Louis à répéter à la salle de musique à la récré: on s’entraînait pour se produire aux promotions. Puis j’ai rencontré Isaac au conservatoire d’Yverdon. Il jouait très bien de la basse, et je lui ai proposé de nous rejoindre! L’an passé, on a commencé à travailler ensemble en tant que groupe, en faisant notamment des prestations au gymnase. C’est à ce moment-là qu’on a rencontré Matéo.
Louis: La première fois qu’on a joué tous ensemble, c’était au concert du gymnase d’Yverdon à L’ Amalgame. On y avait joué Layla de Derek and the Dominos.
Roman: À la suite de ce concert, on a décidé qu’il nous fallait un nom de groupe. On a eu une idée en voyant un film des Monty Python dans lequel des chevaliers réclament au roi un bosquet, un shrubbery. On a tous de longs cheveux un peu ébouriffés, on est comme des buissons !
Avez-vous des projets pour la suite ? Où est-ce que vous vous voyez dans 10 ans ?
Rafandiora: On aimerait faire plus de concerts et enregistrer un album. Et pour l’ensemble de notre discographie (rires), j’aimerais faire des albums dont émane à chaque fois une émotion différente. La nostalgie, la tristesse, la colère, la peur… Je voudrais être connu et avoir assez de succès pour vivre de ma musique.
Isaac: Pour moi, le plus important serait d’aller à l’université. La musique reste une passion.
Louis: Je ne me vois pas à l’université, je pense que je ferai de la musique, même si ce n’est pas avec vous ! (rires)
Quels sont les époques et les styles musicaux qui vous inspirent ?
Roman: On écoute tous des choses différentes. Pour Road to Hemlouk, j’ai été inspiré par le rock des années 70, comme Led Zeppelin. Le morceau est un peu parodique: on sait bien que l’on n’est plus dans les années 70 et que ce qu’on fait n’est plus à la mode.
Isaac: Mes parents, surtout mon père, m’ont inculqué la culture du rock. Puis, quand j’ai commencé à jouer de la basse, je me suis aussi ouvert au jazz, le répertoire est bien plus intéressant.
Qu’est-ce que ça fait de sortir un premier morceau ? Quel est votre ressenti ?
Louis: De la satisfaction. C’est stylé de voir son morceau disponible sur les platesformes, que tout le monde puisse l’écouter.
Roman: C’était fou pour moi d’enregistrer un morceau à 16 ans ! C’était inattendu. Je suis fier du travail qu’on a fait. Je trouve qu’en l’écoutant on n’a pas l’impression qu’on est des débutants. Et ce qui est amusant, c’est que j’ai composé le riff de Road to Hemlouk il y a très longtemps, le morceau est plus vieux que notre groupe.
Isaac: J’ai un sentiment de devoir accompli. Quand j’étais en 6ème, j’avais essayé de monter un groupe avec mes amis ; ça s’était mal passé, puisqu’aucun d’entre eux ne faisaient de musique (rires). J’avais tenté de leur expliquer le solfège sur un linge quadrillé, mais ils l’ont pris et ont commencé à se le lancer dessus, alors j’ai démissionné. J’étais content de finalement sortir un morceau…
Le rock des années 70 n’est pas le style le plus tendance actuellement, comment cela vous impacte-t-il ?
Isaac et Rafandiora: On s’en fiche royalement ! Tant qu’on prend du plaisir et que ceux qui nous écoutent aussi, c’est ça l’important. Notre entourage nous soutient. On a des amis dont le rock n’est pas la tasse de thé, pourtant quand ils ont entendu notre morceau, ils ont dit que c’était incroyable. On ne cherche pas à suivre les tendances, mais à s’amuser.
Avez-vous des difficultés à concilier les études et vos projets musicaux ?
Louis: Avec le groupe, ce n’est pas toujours facile d’être régulier, on a chacun des trucs de notre côté. Et puis on ne peut pas jouer n’importe où et n’importe quand, par exemple le dimanche, ce n’est pas possible avec les voisins.
Roman: C’est vrai, mais le gymnase peut aussi aider. Il nous donne notamment la possibilité de faire des concerts et d’améliorer certaines capacités : moi je suis au cours d’improvisation, cela pourra sûrement m’aider à monter sur scène sans être gêné.
Le groupe dit enfin sa reconnaissance à son ingénieur du son, qui a été «formidable» lors de l’enregistrement au Swiss Rock Studio, et aux professeurs de musique qui les ont aidés et valorisés, Iris Pasandin, Christophe Auer et Davide Di Spirito.






