En ce dernier samedi de février, la petite assemblée réunie au carnotzet de La Russille accueillait Lise Conod, auteure de contes et conteuse.
«On n’est jamais si bien servi que par soi-même», écrivait Charles-Guillaume Etienne dans sa pièce de théâtre Bruis et Palaprat, dont la postérité n’a retenu que cette maxime, en 1807.
Lise Conod, elle, peut se servir dans son échoppe: elle a sur ses rayons les contes qu’elle a écrits. Par conséquent, il est aisé de les faire siens. Les mots, elle les a façonnés, les thèmes lui sont chers.
Alix Noble Burnand lui avait mis le pied à l’étrier: «Tu devrais écrire des contes», lui avait-elle suggéré. Ni une ni deux, Lise s’est mise à l’ouvrage, et a déjà publié deux recueils (L’Omnibus du 17 octobre 2025). «J’étais comptable, alors j’ai passé des comptes aux contes», sourit la pétillante septuagénaire.
Contes de notre enfance… ou pas !
Souvent les grands enfants que sont les adultes aiment qu’on leur raconte des histoires, de celles qui sont propices au rêve, à l’évasion. Le conte est de celles-là.
Si cet art est présent dans toutes les cultures, l’Orient en a fait l’une de ses spécialités. Ses conteurs ont fait des émules jusque dans notre coin de pays. Alix Noble a suscité chez certains – certaines surtout – l’envie de conter. Lise est ainsi tombée dans la marmite de la magicienne des mots.
Le carnotzet de La Russille est un lieu rêvé pour les conteries: murs en pierres sèches, sol en boulets à l’entrée, comme dans une cour de château, poêle – un peu avare de sa chaleur – dans lequel des bûches rougissent… Devant la conteuse, un handpan, ce drôle d’instrument de musique formé de deux «bols». Elle tient aussi dans ses mains un minuscule accordéon rouge. «Monsieur Seguin avait des moutons et des chèvres…»: voilà qui nous rappelle des souvenirs d’enfance! Mais Lise a mitonné le conte à sa sauce. Elle a le droit de le tricoter à sa façon, puisqu’elle est auteure…
Pourquoi les petits enfants glissent-ils sous l’oreiller la dent tombée pendant la journée ? A cause d’une souris amoureuse d’un rat qui rêvait de devenir couturière à l’opéra, nous dira Lise. Avant d’emmener son public à la recherche du Va-Go-Vang, le bracelet de la liberté… Cerise sur un gâteau goûteux, Lise lit quelques vaudoiseries, introduites par la musique du défunt Quart d’heure vaudois. Des clins d’œil très appréciés des auditeurs.






