Le Mont de Chamblon aux allures méditerranéennes

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Le Mont de Chamblon aux allures méditerranéennes

A Suscévaz, en raison de la crise du vin, plusieurs hectares de vignes ont été arrachés au profit d’oliviers. Un arbre résistant au gel et qui permet d’utiliser ces terrains pour la compensation écologique demandée aux propriétaires agricoles.

Les temps changent. Suite à la crise de la viticulture, environ deux hectares de vigne plantés dans les années huitante sur les terres de Jacques-André Thonney viennent d’être arrachés au profit d’une nouvelle culture qui peut paraître insolite: celle d’oliviers. Et pourtant, le cas n’est pas isolé. Au total ce ne sont pas loin de sept hectares de vignobles qui sont transformés en oliveraie sur le Mont de Chamblon.

La plaine de l’Orbe prétend-elle devenir un bastion de la production d’huile d’olive? Pas vraiment, à en croire Etienne Gruber, l’actuel propriétaire des terres de Jacques-André Thonney. La récolte de ce petit fruit qui sent bon le soleil promet d’être compliquée, la topographie du terrain rendant délicat l’accès aux machines.

 
Des oliviers remplacent désormais une partie des vignes du Mont de Chamblon. (Photos Nicole Haenggeli)

Une espèce résistante au froid

Alors quel est l’intérêt? Il tient plutôt dans les subventions cantonales et les compensations écologiques. Un calcul somme toute assez simple à comprendre. En raison de la baisse de la consommation et de la concurrence féroce des vins étrangers, il est devenu quasiment impossible pour un vigneron qui n’encave pas lui-même de vendre son raisin. Alors tant qu’à faire, autant utiliser ces terres pour les compensations écologiques voulues par le canton. Et la plantation d’arbres est plutôt rentable à ce niveau: un spécimen équivaut à 100 m2 de compensation écologique et ce pour des dizaines d’années. Par ailleurs, l’espèce promet d’être plus résistante que bien d’autres arbres fruitiers.

Ceci dit, pour celles et ceux qui rêvaient déjà d’une cuisine à la fois méditerranéenne et locale, tout espoir n’est pas perdu. Certes, la récolte intensive est plus qu’improbable sur ce coteau, mais il n’est pas question non plus de tout jeter. Déjà, une association pour valoriser l’olive suisse a été créée: l’Association Suisse des Producteurs d’Olives (ASPO). Il faudra bien sûr se doter d’un peu de patience – comptez trois à sept ans avant la première récolte – mais à terme, l’on devrait tout de même trouver de l’huile d’olive bien locale sur nos étals.

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