La dixième édition a guigné vers la France

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La dixième édition a guigné vers la France

Samedi dernier, Rock in Mathod a fait trembler la région. Rencontre avec Julien Regamey, président de l’association qui chapeaute le festival.

L’Omnibus: Quelle est l’histoire de Rock in Mathod? Comment est née l’association?

Julien Regamey: Le festival est plus vieux que l’association. Avec mon groupe de musique, nous avions décidé de nous produire devant nos potes à Mathod, parce qu’on vient de la région. Puis tant qu’à louer la grande salle, on s’est dit qu’on allait inviter d’autres groupes de la région. 

Ça, c’était la première édition, en 2014, avec notre groupe et deux invités. Ça s’est super bien passé et on a décidé de reverser les bénéfices à une association, parce qu’on a tous un travail et que le but n’était pas de faire du bénéfice. 

Ensuite on a reconduit ça d’année en année. Au début c’était un truc un peu privé: on demandait aux participants d’inviter leur entourage, comme ça on s’affranchissait de frais au niveau de la sécurité, c’était pratiquement une soirée privée. A la cinquième édition, en 2019, on a décidé d’ouvrir la soirée à tout le monde. 

En 2020, ça n’a pas eu lieu à cause du covid, mais en prévision de l’édition suivante on a pensé créer une association: beaucoup d’amis venaient nous aider et on voulait les impliquer un peu plus. Depuis on fait une assemblée annuelle où on «débriefe» et prépare l’édition d’après. Avec des invités: cette année, c’est la troisième édition où notre groupe n’est pas à l’affiche.

Comment s’organise l’association? 

On est un comité de cinq personnes, principalement les membres de notre groupe de musique, et une vingtaine d’autres membres. Nous cinq réalisons une bonne partie du travail en amont, l’organisation; les copains de l’association viennent les jours d’avant pour mettre en place, le soir même bosser au bar, le dimanche pour les rangements. Tout est intégralement du bénévolat. 

Au sein du comité, en tant que président je supervise le tout. La partie logistique revient à Christian Pitton, vice-président: foodtrucks, installation des cantines à l’extérieur… Joël Badini, caissier, gère les sponsorings, la tenue des comptes et les factures. Cyane Huguenin est notre secrétaire, et Luce Viquerat s’occupe de la mise en place des loges pour les artistes et de l’hébergement. 

C’était la 10e édition du festival cette année, pensiez-vous en arriver là au départ?

Après la première édition nous étions très enthousiastes; au fil des ans, pour se motiver, on rajoute un petit truc, une petite difficulté. On n’a jamais fait une édition copiée-collée d’une année à l’autre. C’est la quatrième fois qu’il y a des foodtrucks:  avant on faisait un repas pour les artistes et les bénévoles. Cette année, c’est la première fois qu’on a un groupe étranger, avec une autre mise en place, une autre logistique: le défi était d’accueillir Eiffel dans de bonnes conditions, dans une petite salle qui n’est pas une salle de concert permanente. Il y avait toujours une loge partagée, cette fois il a fallu une loge supplémentaire pour Eiffel. 

Y a-t-il une volonté d’étendre le festival?

Non, pour l’instant on veut rester petit. On est de toute façon limité par les infrastructures, alors tant que ça se passe à Mathod, ça reste une petite soirée. 

L’important, c’est de choisir des groupes qui nous plaisent. C’est ce plaisir qui nous motive à faire ça à côté de notre job et d’y mettre beaucoup de cœur et d’énergie. Le jour où ça devient trop grand et trop compliqué, si on y laisse des plumes physiquement et mentalement, on arrêtera. 

Comment choisissez-vous les associations auxquelles vous versez les bénéfices? 

Cela fait partie des questions que l’on pose à l’ensemble des membres de l’association lors de notre assemblée annuelle, il y a souvent de belles idées qui émergent. Cette année, ça ira à Petite pomme en balade, une association basée à Grandvaux qui achète et loue à prix raisonnable des fauteuils roulants tout-terrain pour que les enfants handicapés puissent se promener dans la nature (voir L’Omnibus du 11 avril 2025). On choisit de donner à des associations à taille humaine, avec qui on peut avoir un contact direct, pour qu’elles puissent être là le soir de la manifestation et se présenter. 

Rock in Mathod (photo fournie)

Une soirée endiablée

Samedi dernier, le festival, qui privilégie habituellement des groupes suisses et locaux, a donc eu la chance d’accueillir Eiffel, groupe pop-rock originaire de Bordeaux, à la grande salle de Mathod. De quoi étonner les habitués et marquer le coup pour cette dixième édition. 

Egalement à l’affiche, Resonance, Etienne Machine et STARO, tous suisses, nous ont offert de très belles découvertes. Allant du rock alternatif au rap francophone, ces différents artistes ont chacun apporté leur énergie et leur style singulier au festival. 

Eiffel, premier groupe non-suisse à participer au festival, faisait pour sa part la clôture: les musiciens ont enflammé la salle et fait l’unanimité en faisant vibrer jeunes et moins jeunes spectateurs.

Le concert de Eiffel. (Photo Lilou Fauchez)

Le festival en images
Envie de découvrir les coulisses du festival? Nous vous invitons à regarder sur notre compte Instagram l’interview de Maëlle, jeune bénévole à Rock In Mathod, et celle de STARO, artiste lausannois venu présenter son projet solo au public du Nord vaudois. – (H.M.)

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