Depuis plusieurs dizaines d’années, Caritas Vaud organise des cours de français gratuits pour les migrants, s’adaptant à leurs besoins. Ils sont donnés par des formateurs·trices bénévoles formés par Caritas Vaud et convaincus de leur nécessité.
Les cours, financés par le BCI (Bureau cantonal pour l’intégration), ont lieu à Nyon, Gland, Yverdon et Orbe. Avec plusieurs niveaux, ces cours s’adressent à un public varié, de migrants ayant simplement terminé leur parcours d’école obligatoire à d’autres qui sont parfois diplômés universitaires, tous en situation financière précaire. Presque les trois quarts d’entre eux et elles sont des femmes. Certain·es s’inscrivent dès leur arrivée en Suisse, d’autres après plusieurs années, lorsque leur emploi du temps le leur permet ou qu’ils apprennent l’existence de cette possibilité.
A Orbe, avec la participation financière de la commune, quatre cours hebdomadaires sont proposés, pour un maximum de huit apprenants par classe. Nous avons été accueillis à bras ouverts dans un cours du soir animé par Céline, avec cinq apprenants. Leurs langues maternelles respectives sont l’italien, le portugais (Brésil et Portugal), l’espagnol (Espagne, Equateur) et l’ukrainien. Plusieurs d’entre eux ont des enfants. Ils arrivent après leur journée intense de travail en cuisine, de femme de ménage ou de chauffeur. Malgré cela, on sent leur volonté d’apprendre et une grande énergie de concentration pendant les exercices. L’ambiance est légère et gaie, les rires sont fréquents, les participants peuvent se détendre, ce qui leur permet d’oser s’exprimer, une priorité de ces cours.
Des apprenants qui en veulent
«TOUT!» répondent-ils lorsqu’on leur demande ce qu’ils apprécient dans ces cours: l’animatrice qui sait faire croître leur confiance en eux, les sujets qui correspondent à leurs besoins quotidiens et demandes. Et outre l’apprentissage de la langue, ils mettent en avant ces moments où ils ont découvert Orbe, son histoire, ses bâtiments ou le système des élections et votations. Car les cours ont aussi pour but de favoriser leur intégration. Ce soir-là, les thèmes furent les transports publics et la fête de la musique. De la conjugaison de verbes se glissa dans ce dernier thème. Venus d’ailleurs, les participants apprécient aussi de découvrir d’autres ailleurs, rassemblés autour d’un même besoin.
Formatrices·teurs à l’écoute
Céline est convaincue de l’utilité de ces cours, qu’elle donne depuis quatre ans, un soir par semaine. Pour elle, c’est «une belle aventure». Elle apprécie la rencontre avec ces personnes, découvrir leur parcours et les accompagner dans leur progression. Elle estime que les formateurs·trices ont la chance d’être très bien encadrés par Caritas Vaud, qui leur propose une formation de 30 heures, de nombreuses idées d’exercices et des rencontres d’échanges entre formateurs·trices.
Se lancer
Selon Jeanne Pantet, cheffe de l’unité de français langue d’intégration dans le canton de Vaud, qui forme les formateurs·trices, il n’est pas nécessaire d’avoir une formation pédagogique pour se lancer. Etre motivé·e et avoir envie d’apprendre suffit. Elle se réjouit de constater que les enseignants apprécient de contribuer à cet inestimable soutien à l’intégration.
Pour ses cours à Orbe, Caritas Vaud cherche encore quelques bénévoles pour la rentrée d’août. Si cette activité de soutien à l’intégration vous intéresse, n’hésitez pas à appeler Noah Janot au 079 522 26 52. Et pour suivre l’un de ces cours, il faut appeler Muriel Reymond au 079 289 10 88.






