Histoire : Sur les traces de l’iconique Gilberte de Courgenay

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Histoire : Sur les traces de l’iconique Gilberte de Courgenay

En balade dans le Jura, une visite dans le temps à l’hôtel-restaurant de la Gare, à Courgenay. Un lieu mythique pour ceux qui sont nés dans la première moitié du 20e siècle.

Le restaurant de la Gare, à Courgenay, est resté pour beaucoup un endroit emblématique. Lié au souvenir d’une époque guerrière, celle de 14-18, c’est un lieu de mémoire d’importance nationale, qui relie la couverture militaire de la frontière à cette époque à la mémoire de «la petite Gilberte». Mais faisons un saut de plus d’un siècle dans le passé !

(Photos Alain Michaud)

Ladite Gilberte était une fille de la famille Montavon, qui tenait l’hôtel de la Gare depuis 1906. Lors de la Première Guerre mondiale, la petite serveuse de café fut un rayon de soleil pour les soldats stationnés à la frontière jurassienne, qui restaient éloignés de leur famille durant de longs mois. Toujours à l’écoute des gars un peu déprimés, toujours souriante et pleine d’empathie, elle réchauffait le coeur des soldats de la troupe cantonnée sur place. 

Serveuse mythique

Sa personnalité unique se reflète dans une chanson restée longtemps célèbre en Suisse, composée par des soldats lucernois, qui l’entonnèrent une première fois le 31 décembre 1915. A l’aube de la Seconde Guerre, un livre et une pièce de théâtre lui sont consacrés; mais c’est surtout La petite Gilberte, un film tourné en 1941 par le réalisateur suisse Franz Schnyder, avec la vaudoise Anne-Marie Blanc dans le rôle-titre, qui consacrera le mythe. 

La famille Montavon était une famille de musiciens: Paul, le frère de Gilberte, dit le maestro, à l’accordéon, et une de ses soeurs, qui jouait du violon, animaient les soirées de l’hôtel pour la troupe. Mais les soldats étaient alémaniques, et Gilberte était la seule de la famille à maîtriser la langue allemande, d’où son contact privilégié avec les «exilés», agrémenté d’une faculté de mémoire extraordinaire: elle se souvient des noms, des visages, pour chacun elle trouve le bon mot et parvient à donner aux mobilisés réconfort et confiance dans ces sombres moments…

Comme en 1915

Aujourd’hui, l’hôtel-restaurant de la Gare continue d’offrir un voyage dans le temps: Bruno et Evelyne Bernasconi, les nouveaux tenanciers depuis 2015, ont préservé cette facette culturelle et historique. 

Statue de Gilberte, taillée dans un bois de la région. (Photos Alain Michaud)

L’environnement intérieur présente ainsi des tableaux d’époque, des documents journalistiques et d’autres objets qui relatent cette période guerrière. Marquant encore davantage cette volonté historique, quatre chambres de l’hôtel sont meublées comme à l’époque. Une découverte, l’occasion d’une visite de cet endroit empli d’histoire et agrémenté d’une bonne table. Les couverts et les sets de table y sont d’ailleurs à l’effigie de Gilberte, devenue Schneider-Montavon par mariage, et décédée à Zurich le 2 mai 1957. 

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