Samedi dernier, l’association pour le développement du Nord vaudois (ADNV) proposait une visite de Vallorbe commentée par un guide touristique professionnel, en français – une visite en allemand avait déjà eu lieu le 9 août. Découverte.
A l’heure du rendez-vous, devant le musée du fer et du chemin de fer, une demi-douzaine de personnes rejoignent le guide de l’ADNV pour une visite commentée d’une heure sur l’histoire de la ville de Vallorbe. Après avoir mentionné l’âge du Jura (200 millions d’années), le guide explique que sa roche calcaire est riche en fer et que le musée se situe à l’emplacement de la plus vieille forge de la ville. S’ensuit un vrai cours d’histoire, où l’on apprend que la population utilise très vite la rivière pour faire marcher des scieries, moudre le blé, mouvoir les forges.
Le prieuré de Vallorbe, déjà cité en 1139 et établi vers la fontaine de Saint-Pancrace, est rattaché en 1321 au monastère de Romainmôtier, fondé au 5e siècle par les Pères du Jura, Romain et son frère Lupicin. Vallorbe et Romainmôtier se développent aussi avec le commerce du sel de Salins-les-Bains, en France voisine. La région prospère jusqu’à la grande peste de 1348, qui décime la ville. Avec l’épidémie, la population passe de 160 à 16 familles; des impôts insupportables asphyxient la population, qui ne parvient pas à vivre de la terre, les deux tiers du territoire vallorbier étant forestiers. C’est avec l’ère bernoise, qui s’ouvre en 1536, que les réformes fiscales permettront des exonérations salvatrices.
Malgré les épidémies, favorisées par la situation de zone de passage, à proximité de la rivière, Vallorbe prospère en produisant de l’acier et de la chaux pour les constructions, et utilise la cendre résultant de ces activités pour fabriquer du savon. Les activités liées au bois, au charbon et à la forge deviennent prédominantes. A la fin du 16e siècle, les clous, bientôt suivis des fusils, deviennent les produits phares de la cité, avec plus de cinquante forges établies le long de la rivière – un héritage qui se perpétue avec les limes de Vallorbe, aujourd’hui encore très renommées.


En avril 1883, un terrible incendie ravage le bourg, en rive gauche de l’Orbe. La reconstruction fera notamment appel aux prisonniers. En parallèle et comme témoignage du développement industriel, cinq banques ouvrent à Vallorbe de 1862 à 1917.
Parmi les Vallorbiers d’aujourd’hui, une quinzaine de familles y sont établies depuis le 15e siècle, dont les Vallotton, descendants de Pierre Vallotton qui fut le constructeur du premier haut-fourneau…


(Photos Magali Leon)
Quelques anecdotes
glanées au fil de la visite
– Le temple de Vallorbe a été édifié en 1711-1712 par tout le village, qui y a consacré 5000 jours de travail bénévole ! La tour était préexistante et la première cloche date de 1650.
– La ligne ferroviaire Cossonay-Vallorbe est inaugurée en 1870. Elle permet alors de rallier Lausanne en deux heures.
– Avec le percement du tunnel du Mont d’Or, inauguré en 1915, la gare de Vallorbe devient une gare internationale. Elle s’agrandit pour abriter un grand hôtel capable d’accueillir les voyageurs du prestigieux Simplon-Orient-Express, qui passe deux fois par jour par Vallorbe dès 1904. Comptant toujours une vingtaine de voies, elle est aujourd’hui encore plus grande que celle de Lausanne.
Si vous voulez en savoir plus, interrogez Roland Brouze, boulanger de son état. Une mine d’informations et un passionné de l’histoire de Vallorbe, selon le guide!






