Dangers naturels : Un peigne pour notre rivière

Mais quel est le fil rouge entre la fermeture de la cantine du Puisoir, un peigne, la nature en ville et le pont de Nestlé? 

Et bien c’est la présentation du projet de sécurisation du Puisoir, par la Municipalité, le lundi 29 juin devant une bonne cinquantaine de personnes.

En effet, le Puisoir est, selon Jean-Christophe Dufour de la DGE-EAU, l’un des lieux où les dangers naturels se concrétisent le plus souvent dans le canton de Vaud et où des interventions urgentes doivent être organisées, comme il y a trois ans.

Le fil rouge est en réalité un fil bleu que nous aimons et qui doit parfois être craint: c’est la belle Orbe. Les crues de l’Orbe sont bien connues! De 2 m3/s quand elle est au plus bas, il lui arrive d’atteindre 130 m3/s comme en 2004. Dans ce cas, le Puisoir est sous deux mètres d’eau.

Outre les inondations périodiques, qui stoppent les activités sportives et de loisirs, le projet de renaturation présenté par Anick Gilliéron, cheffe de service, permettra d’apporter des solutions à d’autres problèmes.

Bois flottants

En cas de fortes crues, des bois flottants sont charriés par la rivière et vu les gros débits, ils peuvent passer par-dessus le barrage du Chalet, puis du Moulinet. Or, le pont de  Nestlé étant très bas, un risque d’embacle – lorsque le bois est bloqué contre les piliers du pont, créant un barrage – est alors possible. Ceci ferait déborder l’Orbe en rive droite dans le quartier industriel et pourrait potentiellement coûter extrêmement cher.

Ces sites figurent sur les cartes des dangers naturels du canton.

Concrètement, un peigne sera créé en face de la passerelle vers le chemin des Vaux. C’est véritablement un gros peigne puisque chaque dent fera plusieurs mètres de haut. Ces 13 piliers installés en biais de l’Orbe auront pour fonction de retenir les bois flottants qui seront évacués au fur et à mesure qu’ils arriveront. Ces travaux d’entretien seront subventionnés par le canton.

(Photos Anick Gilliéron)

Des questions ont été posées sur le ramassage des bois flottants au barrage du chalet. Ceci est difficile car, lorsque la crue est grosse, tout va trop vite et les accès n’existent pas.

Une digue contre les crues

D’autre part, la zone sportive du Puisoir sera entourée d’une digue qui la protégera alors des crues. Elle sera dimensionnée contre une crue pouvant se produire une fois par siècle. Ensuite les travaux de rénovation de la cantine pourront avoir lieu.

Afin de réduire la hauteur de la digue et donc bien sûr les coûts, le lit de l’Orbe va être élargi et une renaturation sera réalisée en créant de petites îles et des étangs temporaires.   A suivre en page 2

Ceci sera favorable à la faune, en particulier à l’ombre et à la truite lacustre qui sont tous deux en danger d’extinction. Notre région a une responsabilité particulière puisqu’elle est l’une des dernières à les héberger. Les batraciens et libellules, ains; que la flore aussi vont en profiter.

Plusieurs remarques concernant la tranquillité de cette zone et un niveau d’eau suffisant pour les espèces en danger ont été faites, et il en a été pris bonne note.

Bien entendu, promeneurs, baigneurs et rôtisseurs n’ont pas été oubliés. La digue restera une promenade agréable et utile. Un point d’accès à la rivière sera créé et des grills seront installés.

Répartition du financement

Ces travaux d’un montant de 1.5 million seront pris en charge par le Canton à hauteur de 60%, la Confédération contribuera à 35% et il restera un petit 5% à charge de la ville d’Orbe. Il faut tenir compte du fait que cet investissement permettra de réduire les coûts liés à une inondation majeure dont la probabilité augmente avec le bouleversement climatique. Comme l’a précisé Serge Berthoud, ce projet évite aussi que les propriétaires concernés ne doivent effectuer les travaux eux-mêmes et il sera globalement moins coûteux.

La renaturation et les travaux de chantier nécessiteront quelques abattages d’arbres, qui seront largement compensés. Nous retrouverons le Puisoir plus beau. Il y aura un suivi environnemental durant le chantier et des restrictions partielles d’accès.

Le calendrier prévu est le suivant: en juillet de cette année, le canton mettra les travaux à l’enquête. En août auront lieu les sondages, et en décembre le vote du préavis pour la part communale. Il faut noter que si le crédit n’est pas octroyé, les travaux de rénovation de la cantine ne pourront pas avoir lieu. En janvier 2027 viendront les travaux préparatoires, et de mars 2027 à mars 2028 le génie civil et biologique.

C’est un projet nécessaire, utile et agréable que les participants ont découvert et qui a suscité de nombreuses questions et un réel intérêt.

Christophe Estermann
 L’association l’Orbe Vivante

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