Conférence : Le fer, la rouille et le mirage

La conférence «Ferronnerie du patrimoine bâti et sa restauration/conservation» s’est tenue le vendredi 18 septembre au Musée du Fer, dans le cadre de «Septembre de la forge». Trois intervenants passionnés par l’histoire du métal y ont éclairé sa fragilité, les contraintes concrètes de la restauration et les choix parfois délicats qui accompagnent la conservation du patrimoine bâti.

Avec la citation «Le patrimoine est un mirage du passé dans le présent» et cette formule de Viollet-le-Duc «Rétablir l’état complet qui n’a jamais existé à un moment donné», Fany Humbert, historienne, philosophe et experte en patrimoine métallique, a rapidement plongé le public dans le vif du sujet.

Portails, barrières, garde-corps, marquises, oriels, vérandas… Nous avons sûrement tous eu l’occasion d’admirer, lors de visites de monuments, les lignes et les courbes de ces précieuses œuvres d’art appliqué, sans toujours mesurer le travail nécessaire pour les maintenir en «vie».

En introduction, Fany Humbert a retracé quelques éléments de l’histoire de la ferronnerie dans le bâti, de l’évolution des techniques et de la pensée en architecture et en restauration. Ensuite, Julien Favre et Léonard DuPasquier, forgerons restaurateurs, ont détaillé les causes de la corrosion et les étapes de la restauration: datage, diagnostic, puis choix d’un traitement sur place ou en atelier. Déontologie et éthique guident ces décisions, afin de privilégier la solution la moins invasive et la plus durable pour chaque ouvrage, tout en préservant la sécurité et en tenant compte des coûts. Le choix reste délicat: entretenir, prendre certains risques ou laisser mourir, tout en restant au plus près de l’œuvre de départ et en permettant aux futurs historiens de l’art de lire les traces des restaurations et de les dater. Les propos ont été illustrés par des cas concrets, comme la barrière du Palace de Montreux ou l’immeuble Clarté, à Genève.

Le domaine de la conservation étant encore récent, les conférenciers espèrent une évolution des techniques et des connaissances qui permettrait d’intervenir de manière moins envahissante.

Le public, constitué de nombreux professionnels du métier – architectes, restaurateurs, ferronniers, parfois venus de loin – s’est montré très attentif, et les questions ont fusé. À une interrogation sur le rôle que pourrait jouer un éventuel centre de compétence à Vallorbe dans ce domaine, les conférenciers ont répondu qu’une sensibilisation à la déontologie serait utile. Plusieurs discussions animées en petits groupes ont prolongé la conférence, démontrant l’intérêt suscité par… le mirage.

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