Nous avons récemment évoqué le fait que l’Orbe manquait d’eau durant la période chaude de l’année, et que la température de cette eau s’élevait trop (L’Omnibus des 24 et 31 octobre). Mais le réchauffement et les modifications de la pluviométrie qui s’ensuivent ne sont pas seules en cause. La température des eaux de l’Orbe dépend aussi des arrivées d’eau des nappes phréatiques (sources), du débit du cours d’eau et des installations hydrauliques comme les lacs artificiels et conduites.
Concernant les sources, il est évident que la hausse des températures provoque une augmentation de la consommation d’eau. La Suisse, avec 300 litres par jour et par personne (dont 142 litres pour les ménages), consomme plus d’eau que la moyenne européenne. Plus les températures augmenteront, plus on ira chercher l’eau pure dans les derniers lieux où elle se trouve: les sources, les nappes phréatiques et les ruisseaux non pollués.
Toutes ces eaux ont en commun d’être fraîches, voire froides, et de finir dans nos rivières, qu’elles rafraichissent. Du coup, plus l’on prélève dans les sources et plus les rivières se réchauffent.
Détournement d’eau
Un cas extrême, qui doit nous mettre en garde, est celui de l’Orbe à la Vallée de Joux. L’eau qui arrivait depuis le lac des Rousses a été en grande partie utilisée par les communes franco-suisses en amont du lac de Joux, ou vendue au Pays de Gex par la commune des Rousses. Ces régions connaissent en effet une croissance importante; de plus, comme il n’y a plus assez de neige en hiver, les activités touristiques tendent à se déplacer sur l’été, ce qui accroît encore la consommation d’eau au pire moment, à l’étiage.
Par ailleurs, les alpages de la Vallée manquent d’eau en été; or, au lieu de capter de l’eau de pluie sur de grandes surfaces, un projet approuvé par le Canton prévoit d’assécher un des rares ruisseaux de la Vallée. Cette eau ferait alors défaut dans le haut cours de l’Orbe, qui atteint pourtant déjà la température de 28° en été, quand son niveau est au plus bas.
Le manque d’eau provoquera toujours un réchauffement des eaux, lequel induit des problèmes de pullulation d’algues et une mortalité accrue de la faune. Ainsi, le lac Brenet et celui du Day voient déjà régulièrement leur couleur virer au jaune en été, et ces eaux qui pourrissent sentent mauvais.
Au chevet d’un cours d’eau
L’association L’Orbe vivante tiendra son assemblée générale ce vendredi 21 novembre à 19 h 45
aux Clées, au 1er étage de l’auberge de la Croix-Blanche, avec un invité: le Doubs. Les personnes intéressées sont cordialement invitées à venir découvrir ce que l’association fait pour protéger la vallée de l’Orbe et sa rivière.
Née en 1992, suite aux catastrophiques conséquences du curage du réservoir du Day, L’Orbe vivante s’engage pour mieux faire connaître et défendre ce cours d’eau emblématique. Malgré des moyens limités, elle a obtenu au fil des décennies de jolis succès aux côtés d’autres organisations environnementales. Pourtant, malgré les mesures prises, le déclin de la biodiversité continue, en particulier à cause du réchauffement climatique et des micropolluants… Une chronique vous est régulièrement proposée dans les pages de L’Omnibus par Christophe Estermann et Christian Lambercy, co-présidents de l’association.






