À l’assaut de l’Everest Nord-vaudois

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À l’assaut de l’Everest Nord-vaudois

À l’assaut de l’Everest Nord-vaudois

Performance – Trois sportifs de la région ont sué à peaux de phoques pour accomplir un défi hors-norme. Gravir l’équivalent
de l’Everest, à savoir 8848 mètres d’ascension, en effectuant des allers-retours aux Rasses, le tout en pleine tempête de neige.
Retour sur cet exploit de mi-janvier avec Eliott Piguet, l’un des trois mousquetaires.

Un pari fou. Celui de l’Everesting. Ceux qui tentent ce défi doivent grimper à la force de leurs bras ou de leurs jambes un dénivelé qui correspond à l’altitude du mont Everest. Traditionnellement effectué en vélo ou en course à pied, nos trois jeunes acolytes vingtenaires de Bavois, Mathod et Valeyres-sous-Rances ont décidé de le réaliser en ski de randonnée. Une première selon ces étudiants, en tout cas dans la région. Leur terrain de jeux? Le majestueux Chasseron, avec un départ des Rasses pour une arrivée aux Petites Roches. Et entre-deux? Plus de vingt-trois montées et descentes de plus de 375 mètres. Tous trois sportifs accomplis dans le milieu de la montagne ou du cyclisme, ils n’ont toutefois pas pu échapper aux pieds gonflés, cloques et autres bleus, de par l’intensité de l’effort. Après un repos bien mérité, l’étudiant en sciences du sport à l’Université de Lausanne Eliott Piguet est encore sous adrénaline.

Un matin vous vous lancez et vous vous dites,
allez un petit 8000 mètres! Vous êtes fou?

Oui, c’est vrai. Tout est parti sur une boutade. J’avais publié mes sorties à peaux en ligne, et Lars Schnyder, un ami ancien cycliste de haut niveau, m’a alors lancé en rigolant: «À quand l’Everesting aux Rasses?». Tout est parti de là en décembre. J’ai poursuivi dans son délire en lui disant que j’allais le prendre au sérieux, et Vincent Thomet, un autre ami qui a de la bouteille en ski-alpinisme, nous a rejoint. Ensuite le projet s’est gentiment mis sur pied. L’idée était de profiter de la région pour le faire tant qu’il y avait de la neige. Nous avons donc fixé ce défi en mi-janvier avant que le Chasseron ne devienne vert.

De décembre à mi-janvier, ça fait très court
comme préparation. Vous étiez déjà au point?

Notre préparation n’a peut-être pas été optimale. Nous n’avions jamais fait 8000 mètres en une fois. Lars avait déjà participé en vélo au Grand Raid avec plus de 5000 mètres de dénivelé entre Verbier et Grimentz, mais pas plus. Nous avons donc tenté une sortie les trois en ski de randonnée, mais Vincent a cassé les siens après une descente (rire). Mais bon, au niveau de l’endurance, chacun avait déjà une bonne base. Avec Vincent, nous avions déjà couru des douze à treize heures de trail en montagne.

Et le jour J tout ne s’est pas passé comme prévu? La faute à des conditions météorologiques compliquées?

Nous avons dû affronter les vents tempétueux et les descentes se sont aussi avérées difficiles. En tout cas beaucoup plus que nous ne l’imaginions. Dans nos têtes, il suffisait de monter et les descentes ne demanderaient qu’à se laisser glisser tout droit, sans effort. Et bien nous pouvons dire que nous nous sommes bien trompés. Pour la montée, il a fallu faire la trace, car la dameuse n’était pas encore passée, et ensuite la journée, les skieurs de la station ont marqué la piste qui est devenue un vrai champ de bosses. Devoir faire attention aux gens en permanence tout en prenant les secousses dans les jambes, c’était loin d’être un petit sucre pour se reposer. Le froid était aussi compliqué à vivre, surtout pour Vincent qui a eu un début d’engelure aux doigts. Donc au final nous avons mis plus de temps que prévu, mais nous avons réalisé notre objectif. Le but était surtout d’arriver au bout.

Avec 8905m de montée et 89,87 km parcouru en moins de quinze heures, l’exploit des sportifs est total.

Une épreuve herculéenne.
Que retenez-vous de cet exploit sportif?

Une grande satisfaction. Ce défi m’a appris à mieux me connaître. La montagne demande des efforts souvent très longs. Une telle épreuve permet de cibler ses capacités en milieu difficile, et de voir aussi un peu plus loin pour le prochain challenge. Il ne faut jamais rester sur ses acquis. Je compte rester sur les peaux, car pour l’instant c’est ce qui me plait le plus, mais pourquoi ne pas les combiner avec de l’escalade, du parapente ou encore de l’alpinisme à l’avenir? Je reste sur ces idées.

Un jour, vous ferez donc un vrai 8000 mètres?

J’adorerais faire de la haute montagne en dehors des Alpes. Mon rêve est d’aller me tester sur la Cordillère des Andes, mais je n’ai pas de date butoir. Quand on est étudiant, il est difficile de se projeter. Il faudra d’abord une certaine stabilité, du temps, la santé et des moyens financiers. Bref, un peu de tout. Mais la motivation ça c’est sûr, je l’ai.

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