Le magnifique stade nommé la Donbass Arena.

Ukraine: l’après-foot

Le magnifique stade nommé la Donbass Arena.

Le magnifique stade nommé la Donbass Arena.

Capitale du Donbass, grand bassin houiller et de l’industrie lourde, Donetsk a pu accueillir l’Eurofoot grâce à son stade très récent. Construit en 2009, grâce à l’homme d’affaires le plus riche d’Ukraine, Rinat Akmatov, il a coûté la bagatelle de 400 millions de dollars... Tout en orange et noir, les couleurs du Chakhtar Donetsk, le club de football emblématique de la région, principal concurrent du Dynamo Kiev, il a été inauguré en 1936.

C’est une attraction touristique, on peut visiter la Donbass Arena en groupe, toucher le gazon mais sans marcher dessus, s’asseoir dans les vestiaires ou la salle de presse, (plus grande que celle du Conseil communal à Orbe), se faire photographier avec une des nombreuses coupes gagnées par la club. Il y a même un musée et un magasin de souvenirs.

Comme la région n’offre pas grand chose en matière de tourisme et la ville se visite en une demi-journée, beaucoup de supporters ont préféré la solution de remonter directement dans un charter après le match. Il faut dire que les prix pratiqués étaient rédhibitoires : par exemple un hôtel de classe moyenne en dehors de la ville à 900 dollars la chambre.

Infrastructures, encore beaucoup à faire

Même si grâce à l’Eurofoot, les infrastructures de transports ont été un peu améliorées : il y a enfin un train rapide entre Donetsk et Kiev. C’est dans la capitale Kiev que beaucoup de moyens ont été concentrés. Plusieurs routes ont été finies à temps (le jour avant paraît-il) pour améliorer le trafic du centre-ville. Mais il n’y a toujours aucune autoroute,sauf entre Kiev et son aéroport et quelques tronçons ça et là. Il y a de bonnes routes à quatre pistes, mais plus on s’éloigne de Kiev, plus l’état des routes se dégrade, les routes secondaires sont dans un état lamentable, même pas entretenues, les trous sont fréquents, ce qui fait les affaires d’ateliers de réparations de pneus qui sont nombreux.

Les gens semblent être résignés, au fin fond de la campagne ukrainienne le football n’a pas enthousiasmé grand monde. Ils pensent être comme d’habitude les oubliés du développement. Dans la petite ville d’Alexandrovka, à une centaine de kilomètres de Donetsk, la sécheresse de cet été, il n’a pas plu depuis le mois de juin, entraîne des coupures d’eaux, il y a de l’eau le matin et le soir de 6h à 10h. Dans les campagnes, les habitants ont au moins leur puits personnel et une grande partie s’est équipée de pompe et s’est installé l’eau courante à ses frais. Un point positif quand même, les coupures d’électricité sont beaucoup plus rares.

Stabilité?

La blague qui s’entend en Ukraine actuellement : «nous avons atteint un certaine stabilité, la corruption est très stable, le nombre de nids-de-poule aussi». La rumeur dit que 50% des budgets de l’Eurofoot ont atterri dans les poches de quelques-uns. La corruption est généralisée à tous les niveaux. Il semble qu’en Ukraine (comme dans d’autres pays probablement aussi) l’élu politique dès qu’il est en place ne pense plus qu’à la manière dont il pourra s’enrichir personnellement.

La police, en tout cas celle de la route, est plus occupée à inventer des formes de rackets qu’à assurer la sécurité des conducteurs. Elle truque les éthylomètres et les radars de vitesse, j’en ai fait l’expérience mais dès que la personne résiste, ils laissent tomber et ils n’aiment pas les permis étrangers qui leur donnent un surcroit de travail !

Les députés du parlement ukrainien ont des plaques d’immatriculation spéciales et n’ont pas besoin de respecter les codes de la routes, ils roulent dans de grosses 4x4 noires qui est le signe incontournable de la réussite dans ce pays. Au milieu de la route sans aucun égard pour les autres conducteurs, ils roulent très vite en toute impunité... Bref on comprend que le citoyen moyen soit un peu désabusé.

Photo Natacha Mahaim