Articles

De gauche à droite, Christian Tinguely, nouveau directeur général de VO Energies, Richard Maire, spécialiste des contrôles officiels, Claude Recordon, président du Conseil d’administration de VO Energies et Fabrice Guinnard, fondateur de Ampelec Sàrl.

Région: VO Energies s’étend à Eclépens

Vendredi passé, les locaux de la société Ampelec Sàrl à Eclépens étaient bondés et bruyants. Le maître sortant des lieux, Fabrice Guinnard recevait, en compagnie d’une part importante des administrateurs du groupe VO Energies accompagnés de nombreux cadres de l’entreprise, plusieurs dizaines de clients, officiels, partenaires et invités.
Cette manifestation marquait la reprise de Ampelec Sàrl par le groupe VO Énergies. «C’est une continuation naturelle de notre croissance tant en volume que géographiquement et en types de prestations offertes» expliquait Claude Recordon, le président du conseil d’administration de VO Énergies. Ampelec Sàrl existe depuis une douzaine d’années et offre toute la gamme des services de l’installateur-électricien.

Contrôles officiels et installations sous le même toit

Cette activité va être intégrée au groupe VO par la création, à Eclépens, d’une succursale de VO Energies Installations SA. À côté de cette activité, Ampelec devient propriété du groupe VO Energies et va se consacrer – comme unité spécialisée du groupe VO Energies – exclusivement aux contrôles périodiques OIBT. Les propriétaires doivent en effet faire contrôler régulièrement la conformité des installations électriques de leur bâtiment, en vertu de L’Ordonnance sur les installations basse tension (OIBT). De plus, lors de l’achat d’un bien immobilier, s’il n’a pas été contrôlé depuis 5 ans, un contrôle officiel doit aussi être exécuté.

Pour le cédant Fabrice Guinnard, cette opération «permettra de venir renforcer le groupe des installateurs de VO Énergies avec deux collaborateurs, dont il aura la supervision comme responsable de succursale. Une façon supplémentaire pour le groupe de disposer de souplesse dans l’affectation des professionnels sur les différents chantiers ».

Les installations techniques, la turbine et le générateur et l’arrivée de la conduite forcée à droite.

Vallorbe – énergies douces, 10 ans et une nouvelle centrale

Ce n’est pas par hasard que le groupe VO Energies a décidé de mettre en service sa centrale de Production du Bief-Rouge, à Vallorbe, un 23 janvier. Comme l’ont rappelé Claude Recordon, président du conseil d’administration et Martine Favre, directrice générale, à la vingtaine d’invités présents, la création de la holding VO Energies a eu lieu il y a exactement 10 ans jour pour jour. 10 années au cours desquelles le groupe a évolué et s’est développé.

Chiffre d’affaires augmentant de 150%, personnel passant de 70 à plus de 100 collaborateurs, ouverture du marché libre de l’électricité en 2008, mise en service de la centrale des Moulinets et, après 50 ans d’études et de pourparlers, de son homologue du Bief-Rouge ce 23 janvier 2017.

Alimenter 100 ménages

La Centrale du Bief-Rouge, qui sera inaugurée officiellement au printemps, est proche du quartier des Grottes et se trouve au niveau de l’Orbe. Elle récupère les eaux en provenance de gisements situés dans la région du tunnel du Mont-d’Or. Après un passage dans un réservoir de 40 m3, l’eau subit une chute brute de 70 mètres pour atteindre la turbine Pelton à 3 jets qui produit environ 80 Kilowatts. Cette production permanente dépend du débit saisonnier, qui s’étage de 80 à 120 litres par seconde.

Même si cette production peut paraître faible, elle suffit à alimenter une centaine de ménages en courant «vert», une production écologique qui figure parmi les objectifs du groupe VO Energies. Le contrôle des installations se fait à distance, par l’intermédiaire d’un simple ordinateur, voire d’une tablette ou d’un smartphone. C’est d’ailleurs au moyen d’un tel appareil que la centrale a été mise en service officiellement par Martine Favre et Claude Recordon.

A relever enfin que le débit est très finement réglé, et tout excès d’eau est dévié en vue d’alimenter un étang présent dans un biotope protégé situé non loin de la centrale.

Orbe: le frai des poissons fait arrêter le barrage !

Alerté sur les réseaux sociaux par une photo de poissons morts, l’Omnibus a commencé une enquête, mais le sujet a vite pris de l’ampleur, suite à un communiqué du WWF, Pro Natura, Orbe Vivante et La Société des Pêcheurs Vaudois en Rivière. Il a déjà fait le tour des médias du canton.

Dommages collatéraux selon les uns, un massacre selon les autres.

Suite à l’ampleur de la polémique, Pierre Rigoli, responsable de la production chez Vo énergies, a décidé d’arrêter les turbines, an attendant de trouver une solution.
Il explique que Vo énergies est sensible au problème; c’est la configuration des lieux, ajoutée au pont du Moulinet classé monument historique, qui ont décidé de cet ascenseur qui était en fait la seule solution. Il n’y a pas de données précises quant aux poissons tués, il y a par contre les comptages des poissons qui ont passé par l’ascenseur. Un entreprise de conseil en environnement va se saisir du problème et proposer des solutions.

Mesure drastique mais provisoire

Dans un premier temps, les turbines ont été arrêtées, le temps de calculer le débit optimal pour empêcher les poissons de prendre la route des turbines. Ensuite, elles seront remises en route et des mesures à plus long terme vont être étudiées comme des barrières comportementales, mais il paraît que les poissons ne sont pas très coopératifs.
L’association «Orbe-Vivante» dénonce depuis fort longtemps la mauvaise gestion de l’Orbe par la Romande énergie et Vo énergies; surtout, elle leur reproche de ne pas restituer assez d’eau dans la rivière. Le co-président de l’association, Christophe Estermann, est assez remonté contre les services de l’Etat de Vaud qu’il trouve peu collaboratifs. Il trouve très dommageable à long terme que la valeur biologique de la rivière ne soit pas prise en compte. Les nombreuses lettres et notifications de la part de l’association n’ont toujours pas eu de réponses. Depuis 1993, elle se bat contre Romande énergie pour qu’elle respecte les débits de restitution.

Au barrage du Moulinet à Orbe, le problème est également que les turbines font un appel sur le côté et les poissons y sont rabattus et finissent la tête hachée. Pour Orbe-Vivante, l’ascenseur ne donne pas assez d’eau. Des poissons rares et protégés se font ainsi tuer.

Un groupe de pêcheurs sans appartenance particulière a aussi écrit une lettre à Jacqueline de Quattro début octobre, dénonçant les dégâts aux poissons. Ils trouvent notamment inacceptable que des énergies renouvelables portent atteinte d’une telle manière à l’environnement. Le problème est connu depuis la mise en service des installations (2012), mais rien n’a été entrepris jusqu’à ce jour.

Peut-être que maintenant, les uns et les autres seront entendus. Pierre Rigoli aimerait que le Canton organise prochainement une séance, qui permettrait enfin d’avancer et de trouver des solutions. A suivre donc