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L’arrivée tant attendue du Père Noël pour la plus grande joie des petits... comme des grands !

Montcherand : Crèche vivante

Ce vendredi soir précédant Noël, on a remonté le temps à la cantine de Montcherand, pour se retrouver il y a plus de 2000 ans. Dans la clairière, ils étaient tous là, les rois mages, Hérode, les bergers, les anges, Marie, Joseph, l’enfant Jésus et bien sûr l’âne et le boeuf. Des moutons et des lapins s’étaient même joints à eux. Divers tableaux, entièrement créés par les gens des villages, permettaient aux enfants-acteurs joliment déguisés de retracer la naissance du divin Enfant. Une narratrice emmenait les gens d’un lieu à l’autre. Des chants repris en choeur ponctuaient chaque scène. Ça sentait bon la paille et le sapin, les moutons bêlaient, les feux brûlaient et les séraphins dansaient.

Beau projet fédérateur

Aude Gelin, pasteure, relève que c’est bien le travail de toute une équipe qui a permis de réaliser ce super projet auquel ont participé quelque 60 enfants des villages de Ballaigues, Lignerolle, la Russille, les Clées, l’Abergement, Sergey et Montcherand. Les monitrices, les parents et les villageois se sont tous mobilisés pour cette première qui a suscité l’enthousiasme général! Après le spectacle, tous se sont retrouvés sous la cantine abritant un immense sapin de Noël, autour d’un vin chaud bienvenu et de bons gâteaux maison. Oui, l’esprit de Noël était bien là!

Les Bassins des Géniteurs

Orbe Vivante veille sur la meilleure rivière vaudoise

C’est aux «Bassins des Géniteurs», près de Vallorbe, que l’association Orbe Vivante a tenu son assemblée générale annuelle. A cet endroit, qui comporte une cabane et trois bassins irrigués en permanence et destinés à la reproduction et à l’élevage de la truite, la quinzaine de membres présents a pu entendre en première partie un exposé de Loïc Chopard, ingénieur diplômé en génie civil ETS de l’Ecole d’ingénieurs de Fribourg (EIA-FR), portant sur les moyens imaginables concrètement pour diminuer les effets d’éclusées néfastes sur le tronçon de l‘Orbe entre Vallorbe et la plaine.

A noter que, même s’il s’agissait d’un travail de diplôme effectué en 7 semaines et que cette étude n’avait pas la prétention d’être complète, son auteur a reçu le prix ARPEA-François Lancoud 2013 pour ce travail. Les effets d’éclusées sont provoqués par la rétention, puis la restitution subite des eaux que pratiquent les usines hydroélectriques pour adapter leur production aux fluctuations de la demande en électricité. Ces effets sont néfastes pour la faune et pour le biotope de la rivière concernée, de même que pour la flore et les contours terrestres du tracé. La nouvelle législation de 2011 prescrit aux cantons de prendre les mesures adaptées à la protection de la faune et de la flore en pareilles circonstances.

Six retenues d’eau

Entre Vallorbe et Orbe, 6 installations de retenue existent. Elles fonctionnent surtout en journée et très peu le week-end. Il en résulte des débits irréguliers croissant avec le déroulement de la semaine, alors qu’un «retour au calme» se manifeste durant le week-end. Pour pallier ces irrégularités, Loïc Chopard a envisagé la création d’un lac de retenue le long du parcours, plutôt en aval des Clées, et qui devrait pouvoir constituer une sorte de tampon minimisant les effets d’éclusée redoutés. Cette étude de diplôme a passionné les participants qui ont bombardé son auteur de questions.

Dans la partie statutaire, les membres ont relevé à nouveau la récente pollution de la Marjolaine, en dessous de Lignerolle. «Il s’agit surtout de constater que les processus existant en cas d’alerte ne marchent pas très bien. Sur place tout semble rentré dans l’ordre et on a trouvé le pollueur» a précisé le co-président Christian Lambercy. S’agissant de la STEP de Ballaigues, les participants ont appris que la commune avait lancé une étude pour son remplacement, sa rénovation ou son branchement sur une autre STEP.

Orbe Vivante suivra aussi de près la production de biogaz du Versé, à Lignerolle, qui devrait faire diminuer les liquides épandus dans la région par les agriculteurs.

Sonde dans l'Orbe

Sondes dans l’onde

Cette formule a été piquée sur la page Facebook de l’Association Orbe-Vivante et résume sa dernière action en faveur d’un débit suffisant dans l’Orbe.

Depuis 1993, elle se bat contre Romande Energie pour que celle-ci restitue à la rivière une quantité d’eau qui convienne à la survie des poissons et de toute la faune aquatique. Le barrage du Day soit lâche trop d’eau d’un coup, soit la coupe brutalement.

Batailles d’experts

Il a fallu d’abord réussir à obtenir la concession du barrage valable jusqu’en 2034 (dont la lecture leur a d’abord été refusée). Grâce au soutien du WWF et de Pro-Natura, le dossier a été confié à un avocat et la concession a pu être étudiée, mais sur cet acte, aucune trace à propos des débits de restitution (pour les nouveaux barrages, c’est obligatoire). Une très longue démarche s’en est suivi, ponctuée de batailles d’experts sur le nombre de litres/secondes idéal. La nouvelle loi le fixe pourtant à 730 litres/secondes. En fin de compte, les nouvelles normes de la concession seront de 300 litres, mais 600 pendant les 3 mois d’été.

Orbe-Vivante est partiellement contente de ce résultat, elle a quand même passé de 0 à 600 litres, mais veut continuer à se battre pour obtenir un débit plus élevé. Elle espère convaincre Romande Energie qu’avec un returbinage des eaux, avant d’être relâchées, la perte économique serait moindre et elle pourrait donc en restituer plus.

De nouveau avec l’aide du WWF et de Pro-Natura, la petite association n’en aurait pas les moyens, une étude sur le débit de l’Orbe et ses conséquences sur la faune va être conduite pendant deux ans par un bureau d’études d’Yverdon. Deux sondes ont été posées, une vers le barrage du Day et une en dessous des Clées. Après un étalonnage, la sonde enregistre des données toutes les trois minutes et il faut juste aller les relever avec un ordinateur. Cette étude devrait durer deux ans.

Qualité préoccupante aussi

Orbe-Vivante se préoccupe également de la qualité de l’eau et fait ses propres mesures, le Canton n’en fait que tous les quatre ans et Orbe-Vivante revendique une proximité du «terrain». Selon leurs dernières observations, la biomasse a nettement diminué. Et même s’il y a des progrès, il y a encore des efforts à faire au niveau de l’épuration dans certaines communes, spécialement du côté de Ballaigues, où la Step ne marche qu’à moitié. Selon Orbe-Vivante, l’avenir sera dans le regroupement de l’épuration vers de grandes stations plus efficaces. L’association dialogue beaucoup avec les communes et les informe en cas de problèmes.

Rivière exceptionnelle

Christophe Estermann, co-président avec Christian Lambercy, souligne quand même que l’Orbe est une rivière exceptionnelle, qui, à cause du système karstique de son bassin, peut passer de 1 à 100 m3 en peu de temps; l’eau y circule très vite et les changements peuvent être impressionnants. D’autre part son tracé ombragé au fond des gorges la préserve du réchauffement.

L’association recherche toujours de nouvelles énergies et les personnes intéressées peuvent se renseigner sur www.orbe-vivante.ch; christian.lambercy@orbe-vivante.ch