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(Image de synthèse mise à disposition par M. Lardieri)

Orbe: les projets du Centre-Ville, menu copieux pour public nombreux

Imaginer que les Urbigènes sont indifférents à l’avenir de leur cité relève de l’utopie. Lundi soir, au grand plaisir du syndic Henri Germond, le parterre du Casino a fait le plein. En avant-première, pour la population et le Conseil communal, les spécialistes ont présenté les projets d’aménagement du centre-ville. Le débat était orchestré par Laurent Bonnard, ancien journaliste de la RSR. Au menu, quatre plats: le commerce, la circulation, le stationnement, la place du Marché. Une analyse de la situation avec des solutions pour faire du centre historique un lieu attirant, convivial et dynamique.

La place du Marché

Objet le plus attendu, c’est Michel Lardieri du bureau Dmarch qui l’a dévoilé. Totalement pavée, la place est composée de terrasses successives qui guident le passage des véhicules vers la Grand-Rue; les piétons y sont prioritaires.
Hormis trois points de dépose rapide, toute place de parc est bannie. L’esthétique du lieu a touché le public, mais la disparition du stationnement inquiète certains.

Le stationnement

Constat de Pascal Christe du bureau C&G SA : A divers moments les places en plein air sont saturées, mais il reste des possibilités en souterrain et les véhicules qui occupent des places en longue durée sont trop nombreux. Pour favoriser l’accès aux commerces,
il faut agir sur les règles de durée du stationnement. L’amélioration du taux de rotation des véhicules en stationnement a fait ses preuves ailleurs.

Les commerces

Ils exercent un rôle central pour l’animation du centre-ville. A l’heure que les habitudes des acheteurs changent, Nicolas Servageon de la Cociété Acompany, met en évidence que leur maintien dépend de leur capacité à mettre en commun leurs forces, de l’amélioration des cheminements en ville et de
la participation active de la population.

La circulation

L’accent est mis sur la mobilité douce, Rachel Nenavoh de sd ingénierie SA, recommande la mise en sens unique de la Rue des Terreaux, sauf pour les vélos, la construction de la route bleue avec une vitesse limitée à 40 km/h et une liaison «mécanique» entre la gare et la ville.
Le nerf de la guerre
Le financement interpelle Gérard Pahud : Selon le syndic, les montants font partie du plan de financement de la législature et le plafond d’endettement a été adapté. Le plan d’action débute en octobre avec l’enquête publique pour la place du Marché; il sera suivi du crédit d’étude et, si acceptation, de l’étude de la Route Bleue. En avril 2019, dépôt des préavis du concept
de stationnement et du crédit de réalisation de la place du Marché. Toutes ces actions donneront au Conseil et aux citoyens la possibilité d’exercer leurs droits démocratiques.

Edition 2010 des 200 km

Région: Entre vie et déclin de nos sociétés

Les sociétés ont longtemps été le principal lieu des rencontres récréatives, des échanges, autrement dit le ciment de la vie communautaire. Qu’en est-il aujourd’hui, à l’heure où l’individualisme est pointé comme un fléau de notre société ? Premier constat, la situation diffère entre villes et villages, une société peut survivre en ville en raison de l’importance du bassin d’habitation, il n’en va sans doute pas de même dans les petits villages. Les moyens et modes de contact se sont multipliés, la vie n’est plus centrée sur le local, la population est plus mobile, elle est plus attachée à ses envies individuelles qu’à la nécessité d’appartenir à une communauté comme c’était autrefois la raison d’être membre d’une société.

A Chavornay

Le nombre d’adhérents à la gym est en constante augmentation, essentiellement grâce aux gosses. Dès 10 ans, les intérêts évoluent, les enfants se tâtent et on constate un va-et-vient important. A partir de 13 - 14 ans commence l’exode et peu nombreux sont ceux qui rejoignent les sections d’adultes. Difficile aujourd’hui aussi de compter sur la solidarité des parents pour apporter une aide au moment des concours et manifestations. La fanfare a dû fusionner il y a quelques années avec celle de Bavois, les effectifs sont actuellement stables bien que vieillissants. La société a réactivé son école pour jeunes musiciens avec un bel intérêt de la part des familles et des enfants. Elle mise également sur un répertoire musical renouvelé. Objectif : retenir les nouveaux musiciens pour garnir les rangs de la fanfare à l’avenir. La situation est plus inquiétante du côté de la société de chant à l’effectif vieillissant et qui depuis plusieurs années n’a pas enregistré l’arrivée de nouveaux choristes. Là aussi il a été décidé de moderniser le répertoire, désormais on puise dans les classiques de la variété française.
Du nouveau

La société des petits animaux (poules, lapins, pigeons) a un effectif stable, il s’agit avant tout de passionnés et la passion semble se transmettre de père en fils, dès 8 ans déjà.... Le groupement de Chavornay se montre particulièrement actif puisqu’en décembre il mettra sur pied une exposition cantonale. Si certaines sociétés peinent, l’Union des Sociétés Locales voit heureusement grandir son effectif avec le groupe des Bouffons tandis qu’à Corcelles, on note l’arrivée d’un club d’escrime, d’un groupe d’animation villageoise, d’une nouvelle société de Jeunesse, et d’un club de danse country.

A Baulmes

Avec plus de vingt associations locales répertoriées, Baulmes doit être en tête du classement du nombre de sociétés par tête d’habitant. Si cette richesse culturelle est à relever, le revers de la médaille est plus que présent quand il faut trouver du monde pour assurer l’effectif ou compléter les comités assure Denis Dardenne, président du Chœur Mixte Rapilles Mélodies.

Pour ne pas laisser mourir la société, le comité cherche année après année à recruter de nouveaux membres, mais l’exercice est périlleux sinon impossible. L’effectif actuel est de 21 chanteurs. Il diminue tranquillement. La cote d’alerte de 15 unités est bientôt atteinte. La chorale est vieillissante, les jeunes ne se sentent plus attirés et n’ont pas envie du répertoire habituel composé de chansons traditionnelles voire même de chansons récentes. Ils veulent autre chose et ne sont pas prêts à se soumettre à une discipline imposée de fait. Le recrutement par voie d’annonce est voué à l’échec. Le chœur d’enfants aurait pu être une réserve, mais il a cessé son activité depuis peu; organiser des rencontres ou inviter ces jeunes à une soirée n’est jamais couronné de succès. Denis Dardenne termine en soupirant : il faut être vraiment mordu et plein d’enthousiasme pour continuer, mais tant qu’il y a de la vie…!
A Orbe, les sportives inquiètent

Orbe

C’est d’une manière étonnante une société qui semblait en plein essor, qui enregistre la plus grande perte de membres (20 sur 120). Le président du Badminton Club, Christian Michoud, concède que c’est au niveau de la relève (7-11 ans) et des membres dans la force de l’âge (25 à 40 ans) que la diminution d’effectif se fait sentir. A dire vrai, c’est le manque de compétiteurs qui est sensible dans la mesure où l’on préfère jouer pour le plaisir plutôt que de s’astreindre à des entraînements. Si bien qu’il a fallu retirer une équipe de 5ème ligue qui permettait l’intégration progressive des jeunes. A Orbe-Ancienne, la vacance présidentielle a duré pendant presque deux ans. Par bonheur, Chloé Michoud a repris le flambeau de Lucie Lobsiger. « Il est toujours difficile de trouver des moniteurs, nous dit la nouvelle présidente. Pour intéresser et soulager nos volontaires, chaque groupe de gymnastes est coaché par deux personnes, comme cela la tâche est partagée et moins lourde. Mais Il manque toujours un entraîneur pour l’athlétisme dans cette société qui se porte bien». Au FC Orbe, la présidente Mary-Claude Chevalier cherche en vain un successeur depuis qu’elle est devenue municipale.
Fusions nécessaires
Inutile de dire que la chorale d’Orbe a passé par quelques tribulations au cours de la dernière décennie. Devant la diminution de l’effectif, elle a fusionné avec Montcherand dans un premier temps. Récemment, elle a lié son sort au chœur d’Arnex pour maintenir un effectif convenable (37 chanteurs). «Mais cette fusion a donné l’occasion à certains anciens de quitter la société et j’ai entendu quelques-uns d’entre eux me dire que se rendre à gauche ou droite pour les répétitions les préoccupaient, car ils avaient désormais peur de rouler la nuit», nous dit le président Yves Jordan qui se demande s’il ne devra pas envisager de faire passer le comité de 7 à 5 membres, après le giron qui se déroulera à Orbe, ce printemps. Il en est allé de même pour le groupe folklorique «La Bergère» qui a lié son sort au chœur mixte «L’Echo du Suchet» de Rances pour éviter sa disparition. Dans un autre domaine, la Ludothèque est à la recherche d’une présidente depuis quelques années, sans succès.

A Vallorbe

La situation est moins inquiétante que dans les autres grandes communes de notre région. Avec un particularisme toutefois, puisque le comité qui organisait tous les deux ans une épreuve qualificative à la marche sur 24 heures en vue du fameux Paris-Colmar, ne récolte plus assez d’inscriptions. En précisant que les athlètes n’étaient en général pas des Vallorbiers mais des marcheurs de plusieurs nations, y compris la Suisse. De quoi s’inquiéter pour le futur de cette compétition. Pour favoriser l’organisation de manifestations, la Municipalité a décidé d’abaisser le coût de location de la halle des fêtes de Fr. 1 500.– à Fr. 500.–pour les sociétés du lieu. A titre de réconfort, la fête du 100e anniversaire du tunnel ferroviaire a permis à une dizaine de sociétés de se donner la main pour la réussite de l’événement, c’est dire que l’entente est bonne, selon le président de l’UCV, M. Rindlisbacher, qui ajoute tout de même que le renouvellement des comités est de plus en plus délicat, notamment au niveau des présidents.

En définitive

Si nous n’avons pas pu faire le point dans les 26 communes de notre champ d’activité, par manque de temps, il faut bien avouer que les sociétés traditionnelles de musique traversent des années difficiles. Si les fanfares font des efforts pour recruter des jeunes pour lesquels l’apprentissage d’un instrument servira peut-être plus tard, les chœurs devront probablement revoir bien plus que leurs répertoires pour se renouveler. Il en va de même pour les comités dans la mesure où peu de personnes acceptent de prendre des responsabilités et c’est bien dommage. Il est sûr cependant que nos populations ne comptent plus sur les sociétés pour s’intégrer, sauf dans les villages plus petits. N’allez pas croire toutefois que le phénomène est régional, mais il est observé malheureusement partout, en Suisse comme ailleurs.

Article rédigé en commun avec Jacques Ravussin et Pierre Mercier

Orbe: Michel Trentini, ma vie en chaise roulante

Paraplégique depuis sa naissance, Michel n’est pas pour autant malheureux. Même s’il n’a pas aimé le temps où il a dû vivre en institution ou en atelier protégé. «Ces temps n’étaient pas très valorisants. On vivait en vase clos et cela ne me plaisait pas. Il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment de solidarité entre handicapés. Donc, devant le manque de satisfactions personnelles, je n’ai pas aimé cette période de ma vie». Au point que le jeune homme concède que c’est ce qui lui a le plus manqué jusque-là, cette absence d’amitié et d’échanges avec des potes de son âge.

Accepter de l’aide

Vivre en chaise oblige d’anticiper tous ses mouvements. Avant de sortir, il faut réfléchir à tout au point que l’on opère stratégiquement. «Je dois reconnaître que les gens m’aident beaucoup désormais. Ils me poussent volontiers ou m’aident à porter mes courses ou à glisser ma chaise dans ma voiture. J’avoue que j’ai eu de la peine à admettre que l’on me soutienne. Jeune, j’en faisais une affaire de fierté de me débrouiller tout seul. Puis devant la gentillesse des gens, je me suis dit que je devais accepter leur empathie. A part cela, je dois maintenir la musculature des membres supérieurs pour faire aller mes roues. En dehors de cette physio, je vais nager à la piscine couverte d’Yverdon dans laquelle je peux me glisser avec mes grands bras, mais j’ai besoin d’un élévateur pour sortir de l’eau. Cela dit, je suis fatigué au terme de mes journées».

Bon cuisinier

Dans son appartement, Michel fait à manger ainsi que sa lessive. Il a cependant besoin d’une femme de ménage pour le repassage et certains nettoyages. Car il est maniaque au point de dire que l’on pourrait manger sur le sol chez lui. En matière de cuisine, il se prépare des légumes sous toutes les formes comme il confectionne ses propres spätzlis. Sur plan professionnel, il s’est spécialisé dans la saisie informatique et travaille à domicile pour quelques petites entreprises. Avec l’aide de l’AI (Assurance invalidité), il espère bien décrocher prochainement un job à l’extérieur.

Pas de mariage

Au niveau des loisirs, il aime sortir et faire quelques balades dans la nature, le dimanche. Le samedi, il assiste à des concerts, car la musique l’accompagne souvent (le pop-rock en particulier). Il assiste aussi à des conférences, mais il va moins souvent au cinéma, car il n’aime pas y aller seul. Par contre, il regardera volontiers la télévision en semaine, notamment les «scènes de ménage» puisqu’il aime rire. Etablir une relation amoureuse est plus difficile. Certes il lui arrive d’avoir un flirt d’un soir, qui le rend très heureux, mais il n’a pas encore trouvé une vraie copine qu’il est aussi délicat de trouver dans son milieu. Pas question de se marier néanmoins lorsqu’il voit les difficultés qu’éprouvent les couples.

Nouer des contacts

Il possède un permis de conduire depuis douze ans et il vient d’acquérir une nouvelle voiture qui lui permet de visiter certains lieux qu’il ne connaît pas ou faire ses courses. Il est allé plusieurs fois à l’étranger et aime la Grande-Bretagne (Londres, Dublin et l’Ecosse) comme Paris où il a été invité par Norbert de «Top Chef». Enfin, son plus grand plaisir est de partager son temps avec des gens pour discuter de choses et d’autres. Alors ne manquez pas l’occasion d’engager la conversation avec Michel: cet être magnifique appréciera votre compagnie!

Orbe: engager sa responsabilité personnelle

Les nouveaux citoyens urbigènes ont été accueillis par la Municipalité au grand complet à l’Hôtel de Ville. Les messages des différentes autorités : Claude Recordon, syndic, Jean-Marc Bezençon, président du Conseil communal et Evelyne Voutaz, préfète, invitaient l’assemblée à trouver sa propre manière de s’investir. L’engagement de chacun favorise non seulement l’appartenance à une collectivité, mais aussi la création des liens entre les pairs.

Frivoles, mais avec un certain sérieux

Malgré les fous rires et l’insouciance ambiants, les jeunes sont impatients d’user de leur nouveau droit, de donner leur avis par le biais des votations. La majorité d’entre eux s’informe déjà quotidiennement sur les événements en lisant la presse, sur le net ou en discutant en famille. Les attentats de janvier en France ne les ont pas laissés indifférents. Ils ont tous été choqués selon leur propre sensibilité. Une gymnasienne s’inquiétait des répercussions ou les agressions qu’auraient pu subir ses amies musulmanes, ainsi que leur communauté. Les discussions menées dans sa classe l’ont rassurée, car ses congénères avaient l’intelligence de ne pas mettre tout le monde dans le même panier.

Une autre s’offusquait que cette actualité fasse oublier des conflits mondiaux qui impliquent des milliers de personnes, comme en Palestine ou au Nigéria entre autres. «Si on a peur d’une menace, on ne peut pas avancer», rétorque une étudiante, qui estime que c’est un coup bas à la liberté d’expression. Un jeune homme, catholique et pratiquant, affirme que l’on ne peut pas rire de tout en citant le pape François «On peut avoir la liberté d’expression sans attaquer la religion des autres.». Les avis divergent certes, mais cela démontre bien qu’à l’avenir il faudra compter sur leurs opinions pour ne pas se laisser mener par le bout du nez.

«La vie sauvage» et une partie de ses concepteurs.

Tous des passionnés de belles et de bonnes choses

Pour cette Foire 2013, Olivier Grandjean a souhaité mettre sur l’affiche des animaux sauvages de la région.

Mais il n’en est pas resté là, avec le Club Trèfle à 4 & Campanule, ils ont créé une nouvelle cloche tirée à 20 exemplaires numérotés. Elle s’appelle «La vie sauvage!» Elle est coulée par la Fonderie Albertano dans un moule spécial et pèse 10 kg. Le sellier Frédéric Chappuis a fait la courroie. Sur la cloche se trouvent les animaux et sur la courroie les traces de pattes.

Les clients de ce genre de collection ne sont plus seulement des paysans, mais également d’autres personnes qui achètent sur un coup de coeur. On a vu des Américains à la Foire acheter une cloche, mais il fallait également parler d’autres langues «pour faire ses affaires».

Chanteurs, sonneurs de cloches et marchands ont eu de la peine à suivre, par moment, pour contenter tous les clients très nombreux, surtout le samedi et le dimanche.

Olivier Grandjean est heureux que tout se soit bien déroulé et annonce une nouvelle fête l’année prochaine à la mémoire des anciens…

Un train de vies

De tout temps, j’ai considéré que les gares et les trains étaient sources d’inspiration. Curiosité, observation et imagination stimulent l’esprit lors d’un voyage à travers le pays.

Au départ de bon matin, les doutes d’un couple de retraités sur le quai et l’horaire comme la présence pacifique de personnages de couleur vous mettent dans l’ambiance. Dans le compartiment, des fêtards piquent un sommeil comme ceux qui se sont levés si tôt. Un voyageur sans billet dévoile ses raisons et son identité à un contrôleur bienveillant. Plus tard, les petites manies poussent à la réflexion.

Comme cette frêle jeune fille qui déballe un petit déj fait de nombreuses tartines étranges et d’un thermos de thé qu’elle visse avec fermeté avant d’avoir quelques difficultés à l’ouvrir à nouveau. Le jeune étranger du bar ambulant fait le bonheur de ceux qui n’ont pas eu le temps de boire leur café avant le départ. Au compartiment voisin, un maladroit renverse son breuvage sur le pantalon de son vis-à-vis bien mis qui se rend à son travail où il doit paraître. Nombreux sont ceux qui débarquent à Zürich Aéroport tandis que d’autres montent, fourbus à la suite d’un probable long voyage.

Au retour, on est frappé par le nombre de voyageurs qui sont allés faire de la marche à la campagne. En groupes souvent, en familles ou avec des copines, pour la plupart des personnes âgées qui ont profité de ce dimanche ensoleillé. On observe des mères ou des pères voyageant avec leurs enfants. Mais où est donc l’autre parent ? Les recrues qui retournent en caserne mettent une certaine ambiance dans le wagon.

Des parents font un dernier signe à leur fille qui file vers d’autres horizons et qui s’endort à l’heure de changer de train : petit drame en perspective ? Oui, le train est une mélodie d’histoires humaines diverses qui vous révèlent la vie dans tous ses états. Sans musique ni parole!

Casse-tête pour compter les points.

La Praz : gros travaux en passe de se terminer

Casse-tête pour compter les points.

Casse-tête pour compter les points.

Les délais ont été tenus, le budget aussi.

Pas de quoi perdre le Nord

La Praz, c’est un village tout à un bout du district d’Yverdon, un peu oublié mais qui voit passer, à longueur d’année, une multitude de touristes. Venus du bas du canton, ils prennent ce raccourci, depuis Lausanne, pour rejoindre via le Col du Mollendruz la Vallée de Joux, été comme hiver.

L’année passée, il a vécu plus de quatre mois sans voiture, mais avec un chantier imposant. Fredy Schnider, syndic de La Praz, et la Municipalité, avaient cherché les meilleures solutions  afin que les habitants souffrent le moins possible des nuisances liées à l’enfouissement de toutes les lignes aériennes, de la pose du séparatif de la réfection de la distribution d’eau, en bref la totale.

Principal commerce au cœur  de la bourgade, la laiterie a pu fonctionner normalement et les paysans se sont arrangés pour lui livrer le lait dans des conditions raisonnables. La commune a donné un sérieux coup de main au laitier, Stéphane Pellet, installé depuis près d’un an.

«On n’est pas là pour embêter les gens, mais pour s’arranger. Les camions ne pouvaient pas venir chercher sa production pendant tout ce temps». Alors il a mis ses meules de fromages en pension  pour l’affinage et estimé la place pour la production de gruyère durant les travaux.

Le petit magasin de dépannage a lui aussi fonctionné durant l’activité du chantier.  Les autorités communales étaient soulagées, les délais avaient été tenus et le budget aussi. Un premier revêtement de bitume était posé pour passer l’hiver.

«Les Pratoux» descendent dans la rue

Depuis sa maison, Fredy Schnyder regardait la vue époustouflante sur le plateau, le lac Léman et les Alpes. Devant ce panorama à 180°, il ajoutait : «ça tu peux pas payer, et après ce sera encore plus formidable, plus de lignes électriques pour rayer le paysage…!»

Il parlait aussi des formidables parties de pétanque… Les habitants prenaient doucement possession de leur village.
La rue…? elle leur appartenait.

Après la poussière et le bruit des machines en journée, les Pratoux se retrouvaient dans la rue, partageaient un coup de blanc accompagné de quelques grillades et jouaient aux boules ferrées avec un joli cochonnet tout rose, bien entendu. Les points… c’était un alignement de cailloux sur un muret.

Ces travaux n’ont pas fait que planquer de la poussière jaune et collante dans les habitations, ils laisseront des souvenirs épiques.

Le petit Café du Jura, au bout de la grande avenue, a été envahi plus d’une fois durant les travaux, avec bonne humeur. Il faisait bon vivre.

Tout est rentré dans l’ordre, l’hiver est passé et les finitions vont reprendre; un beau tapis de goudron sera posé. Les poteaux et leur chevelure de fils électriques ne seront bientôt plus qu’un souvenir gravé sur carte postale.

La rue appartiendra de nouveau aux voitures pour un temps. La deuxième partie du séparatif, depuis la croisée devant le collège en direction de Juriens, se fera prochainement.

Un futur boulodrome sera certainement inauguré par la Municipalité pour quelques mois.

Photo Marlène Rézenne