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L’hélicoptère de l’armée alimente le Suchet en puisant de l’eau dans le lac de Neuchâtel.

Région – Manque d’eau: moindre mal

Alors que l’agence « China News Agency » et une radio américaine avaient fait le déplacement pour assister au remplissage des puits, l’armée suisse renonçait à se déplacer en hélicoptère au Suchet. Pour de justes raisons, puisque le brouillard recouvrait le sommet. Le suppléant du Chef cantonal de l’Agriculture, Jacques Henchoz, a attendu en vain le précieux liquide, l’eau qui manque depuis quelques semaines pour des raisons qu’il nous explique : « Dans le canton, malgré d’abondantes chutes de neige, cette dernière a fondu très rapidement contrairement aux années précédentes, si bien que les cours d’eau se sont vite trouvés à sec. Il a donc fallu envisager d’alimenter les alpages soit par camion, lorsque les puits étaient atteignables par la route, ou par hélicoptère lorsque cela n’était pas le cas. Sur une centaine de demandes d’interventions, 70 se situaient dans la chaîne jurassienne, mais que deux dans votre secteur (Suchet et Dent-Dessous). Il faut dire que depuis quelques années, nous avons recommandé de construire des étangs sur les hauts, comme nous avions préconisé la mise en place de citernes près des chalets.

2018 comme 2015, ou presque

Au Suchet, l’étang peut contenir jusqu’à 8’000 litres.Il faut compter 6 voyages depuis le lac de Neuchâtel pour le remplir. Par chance, il n’y a que des génisses ou presque en ce lieu et ces jeunes bêtes boivent moins qu’une vache, qui peut ingurgiter jusqu’à 150 litres d’eau par jour.

De plus, les animaux consomment moins à 1’500 mètres d’altitude ou lorsque la température baisse singulièrement ».

C’est au point que Dominique Rochat, qui gère le Chalet-Restaurant, ne s’inquiéte pas du report du transport. Cela dit, le Canton de Vaud prend en charge ces amenées d’eau, car il est préférable que les troupeaux demeurent à la montagne où l’herbe est encore abondante, plutôt que d’aller trop tôt entamer les réserves hivernales, lorsque le temps est aussi sec en plaine.

A entendre M. Henchoz, il ne fait pas de doute que nous assistons à une hausse des températures, malgré les allégations du président américain. En 2015, la situation climatique était à peu près la même, mais elle n’avait duré qu’un seul mois.

Les regains et le fourrage d’automne sont très maigres.

Agriculture: la canicule, et ensuite…

Lorsqu’il fait chaud, votre habitation prend cette chaleur et la garde. Le sol de votre balcon devient très chaud. Lors d’une averse, l’eau mouille ce sol qui va l’évaporer aussitôt. En agriculture, c’est le même phénomène qui se passe sur les champs. Le sol absorbe une partie de cette humidité qui va s’évaporer presque aussitôt par la chaleur du sol. Cette année, après les averses, il y a beaucoup de vent, ce qui assèche d’autant plus. Les plantes n’ont pas l’humidité nécessaire, elles n’ont que la chaleur et n’arrivent plus à prospérer correctement. Les prairies ne sont plus que misère.

L’inquiétude monte chez les agriculteurs

Sur les alpages, il n’y a plus assez d’eau, le Canton aide l’agriculture actuellement pour en amener. Les pâturages sont maigres et n’apportent pas partout suffisamment d’aliment et des amodiataires doivent donner du foin aux bêtes, amené depuis la plaine. Ce qui veut dire que les vaches vont certainement descendre plus tôt de l’alpe pour retrouver leurs fermes. Des éleveurs parlent d’une désalpe pour les vaches laitières à fin août déjà, mais avec quoi vont-ils les nourrir ? En plaine, des agriculteurs donnent déjà du foin de la récolte de ce printemps. Ils tentent de trouver du fourrage à acheter à l’étranger. Mais il semble que la frontière française, après celle de l’Allemagne, s’est fermée à l’exportation de foin et que des agriculteurs en commandent en Italie. Autre solution envisageable, les conduire à l’abattoir...

Il faut de l’eau

C’est le seul espoir des agriculteurs: que la pluie vienne arroser suffisamment (au moins 50 l./m2) avant la mi-août pour faire pousser les semis de cultures dérobées (culture implantée entre deux cultures principales) ou les prairies. C’est le souhait de Bertrand Gaillard à Montcherand. S’il est vrai qu’il a été “déçu en bien” sur ses récoltes de blé, orge et colza, son maïs est maigre. Il est resté petit, la plante forme plusieurs rafles qui donneront de maigres épis. La récolte, mise en silo, donnera un peu de fourrage, mais pas assez. Si l’herbe ne pousse pas il faudra compléter les rations par de la paille avec des concentrés. Bertrand se veut optimiste, il attend de voir ce qu’il va se passer ces prochaines semaines, car en 2003, par exemple, l’agriculture a profité d’un superbe automne.

Jacques nostalgique avec l’une de ses dernières vaches taries.

Jacques Ravey a fait le choix douloureux de stopper l’élevage

Jacques nostalgique avec l’une de ses dernières vaches taries.

Jacques nostalgique avec l’une de ses dernières vaches taries.

Les médias en ont déjà beaucoup parlé, le cas de Jacques a touché, lui-même ne s’attendait pas à une telle ampleur médiatique. Certes, si cela peut avoir une quelconque retombée positive sur la politique agricole, il se prête au jeu. Sinon, l’agriculteur de Valeyres-sous-Rances ne désire rien moins que se plaindre.

Les Ravey, des éleveurs de père en fils depuis des générations

Cette famille, originaire de Valeyres-sous-Rances, a toujours eu des bêtes. «Un paysan sans vaches n’est pas un vrai paysan», affirmait la grand-mère de Jacques. Grâce à une génétique sans cesse améliorée, c’est un très beau cheptel de 41 tachetées-rouge, toutes nées à la ferme qui est parti le 15 mars à la vente de Moudon. Comme dans les familles humaines, chaque lignée a son propre caractère. Jacques connaissait chacune de ses bêtes, il les aimait. Acculé à s’en séparer, il a la pénible impression d’interrompre une tradition. Il se sent tiraillé, déchiré, mais quel autre choix avait-il?

Un prix du lait au plancher depuis plusieurs années

Comme l’explique Jacques «Il n’y avait pas de sens à les garder dans ces conditions. Une entreprise qui n’est pas viable n’a pas de raison d’être conservée » et pourtant… des solutions il en avait cherché et expérimenté. Les vaches partaient à la montagne l’été, lui permettant ainsi d’avoir davantage de temps pour s’occuper de ses 35 hectares de cultures et de ses 5 hectares de vignes.

Il avait également placé ses génisses en hivernage à Baulmes jusqu’à ce que le fermier cesse.

A cela s’ajoutait une ancienne installation ne répondant plus aux normes légales, située au coeur du village. Une surcharge de travail. Il aurait fallu ne pas être seul. Une solution aurait été de s’associer et d’ investir dans un projet avec une écurie en dehors du village. Un tel projet avait été imaginé mais la chute du prix du lait et son maintien en dessous de Fr. 0.60 le litre ne permettait ni d’investir ni d’amortir; le projet fut alors abandonné.
«Nous étions 6 mois trop tard, le lait avait dégringolé pour ne plus remonter» regrette Jacques.

Et pourtant, elles semblaient indéboulonnables!

Quand on connaît un tant soit peu Jacques Ravey, on sait qu’il a le sens des valeurs. Authentique et persévérant, il désirait conserver ses vaches pour perpétuer une tradition et aussi afin d’avoir du travail pour deux. Il pensait à son fils cadet encore trop jeune. Le «cataclysme» provoqué par sa décision tient essentiellement au fait de sa personnalité. Ce qui n’aurait été que soulagement chez certains n’est que doute et émotion chez lui. Le 15 mars dernier, il a vendu 41 bêtes. Actuellement, il ne reste transitoirement que 9 vaches taries sur le point de partir. D’ici peu, l’étable sera définitivement vide «alors que les bestiaux semblaient indéboulonnables». Une nouvelle ère s’amorce donc chez les Ravey, comme chez d’autres agriculteurs dans toute l’Europe.

Photo Catherine fiaux

Lequel est le plus fier?

Les plus belles vaches à Swiss Expo

Lequel est le plus fier?

Lequel est le plus fier?

Environ 22 000 visiteurs sont venus voir les concours réunissant plus de 1000 vaches et génisses de Suisse, de France et d’Allemagne. Ce concours représente, pour les éleveurs, un plus pour la qualité des futures générations ou la vente de la bête ainsi qu’une fierté certaine pour eux-mêmes.

De la région

Des éleveurs d’Agiez, Ballaigues, Bofflens, Lignerolle, Orny, La Praz, Premier, Rances, Valeyres-sous-Rances et Vallorbe ont présenté leurs plus belles vaches à ce concours. Certains sont déçus, d’autres ont raflé des flots avec satisfaction. Il faut dire que ce n’est pas simple de présenter une belle: il y a celle qui, deux jours avant, est malade et ne va pas à Lausanne, celle qui se blesse dans la halle, qui se cabre à l’entrée à cause du bruit ou du monde.

Il y a celle qui ne veut pas avancer ou qu’il faut retenir, celle qui ne met pas ses pieds parallèles, et il y en a d’autres qui se baladent, comme si elles faisaient cela toute la journée… Le paysan qui guide une vache doit faire preuve de calme et de doigté et la tenir court afin qu’elle suive son pas, comme il l’a exercé plusieurs fois pendant les dernières semaines.

Praz-Tecoz se distingue

L’élevage de Pierre Guignard à Rances a fait une 1re, deux 2e et une 3e place et MM. Cuvit de La Praz une 4e et une 5e place dans les Montbéliardes. La Communauté d’exploitation Poncet, une 2e, une 4e et une 5e place dans les Simmental. Thierry et Noémie Golay de Valeyres ont remporté une 3e place dans les Jersey. Le titre de suprême championne suisse des races élevées pour le lait et la viande est revenu à Fleurette, une vache, de race Swiss Fleckvieh, qui vient de Châtelard sur Romont.

Tous les acteurs de Swiss Expo ont beaucoup discuté sur les différents stands, ont fêté ces championnes à leur manière et se sont donné rendez-vous en 2014 pour la nouvelle édition.

Photo Marianne Kurth

Damien, Guillaume et Etienne Poncet devant «Gracieuse».

Swiss Expo: le rendez-vous des éleveurs à Beaulieu

Damien, Guillaume et Etienne Poncet devant «Gracieuse».

Damien, Guillaume et Etienne Poncet devant «Gracieuse».

Quelque 22’000 personnes se sont rendues à Lausanne du 12 au 15 janvier pour admirer les plus belles vaches du concours bovin international.

Pas de grande championne dans la région

Les familles Guignard de Rances, Poncet de Ballaigues, Nicolet de Lignerolle, Pinard de L’Abergement, Golay de Valeyres et Michaud d’Orny ont préparé leurs vaches afin de participer au concours. La tension était présente lors des présentations et les résultats ne sont pas toujours ceux escomptés, cependant il faut reconnaître que le niveau des candidates était très élevé. Il y avait beaucoup de concurrence, mais malgré tout, on peut relever les bons résultats des régionaux.

Flots bien mérités

«Gracieuse» de Ballaigues a remporté une 2e place dans la catégorie 5 du concours Simmenthal. Dans les Montbéliardes, «Mirvana» est 1ère de sa cat., Molga et Littee sont 2e. Ces trois vaches viennent de Rances. Marquise de Valeyres sort 2e de sa cat. dans le concours Jersey et dans les Holstein, Idaho de Lignerolle est sortie 4e de sa catégorie.

Ce concours est apprécié par les éleveurs de Suisse et d’ailleurs et permet à chaque propriétaire de situer son troupeau par rapport à ce qu’il peut admirer sur le ring.
Une belle fête pour tous qui a été couronnée par la naissance sur place de «Beaulieu», un veau femelle de la race d’Hérens que petits et grands, agriculteur ou non, ont pu admirer.
Photo Marianne Kurth

Présentation des vaches sur le ring, avec Molga et Honolulu.

Swissexpo : élevage

Présentation des vaches sur le ring, avec Molga et Honolulu.

Présentation des vaches sur le ring, avec Molga et Honolulu.

Pas de grande championne, ni de championne du pis pour la région, mais que de belles bêtes !

De la région

Les éleveurs ont préparé leurs bêtes pour ce concours annuel. Tout était étudié par les juges : la courbure du dos, la position des pis, la grosseur des tétines, la prestance de la bête… Et qu’il n’est pas facile de les faire avancer tranquillement dans cette halle si bruyante!

Résultats

Il n’y a pas eu de championne pour notre région, cependant dans les Montbéliardes, Molga et Olympe de Pierre Guignard à Rances, se sont placées 2e de leur catégorie, Honolulu, de Gabriel et Raoul Cuvit à La Praz, et Littée de Pierre Guignard, la 3e place.

Dans les Holstein, Juju de Jacques Nicolet à Lignerolle a pris la 3e place de sa catégorie et dans les Swiss Fleckvieh, Caline de Francis Fuchs à Vaulion la 2e place.
Tous ces éleveurs, qu’ils viennent de Montcherand, Lignerolle, Vaulion, Premier, Rances, La Praz, Ballaigues, Agiez, Orny ou Bofflens méritent des félicitations et des encouragements pour leur engagement dans l’amélioration des races et pour les soins qu’ils apportent à leur bétail.

Photo Marianne Kurth

Premier : montée à l’alpage sans bouquet

De g. à dr. Maxime Candaux et Denis Candaux.

De g. à dr. Maxime Candaux et Denis Candaux.

Une société pour gérer les alpages

Suite à la fermeture de la laiterie du village de Premier, il y a une douzaine d’années, les paysans ont fondé la Société coopérative de Laiterie et d’Alpage. Ils ont repris en main les alpages qui appartiennent à la commune de Premier. Ils paient une location et ils gèrent les surfaces en herbe, réparties en plusieurs parcs.

Ils décident aussi de la date de la montée des génisses. Ils sont au nombre de cinq, dans l’ordre depuis le bas du village: Etienne et Maxime Candaux, Vital Graber, Denis Candaux, Maurice Clerc et Jacques Werren.

Les chemins de traverse,ça grimpe sec

Ce lundi, le temps était radieux et fort ensoleillé, la montée à l’alpage s’est faite dans les meilleures conditions. Le dénivelé de la montée à l’alpage des Auges est très impressionnant: ça grimpe sec depuis la ferme d’Etienne et Maxime pour parvenir à celle de Vital, puis il y a la montée pour arriver vers le collège et prendre le raccourci encore plus raide entre les fermes de Denis et Maurice pour rejoindre la ferme de Jacques tout en haut du village.

Après ils ont pris à travers la forêt. Maxime et Denis ouvraient la voie au cortège des génisses, près d’une centaine et en multicolore. Du rouge, du brun, du blanc, du gris et du noir sur un fond vert et jaune de pissenlits!

Y’a d’la joie

Trente-cinq génisses ont rejoint le troupeau en «voiture», et à peine arrivées sur le pâturage, elles sont parties dans des galopades audacieuses, la queue dressée tel un périscope, à la découverte de l’espace de leur villégiature! Les anciennes ont vite retrouvé leurs repères et d’un même mouvement, elles ont pris la direction de la buvette, enfin je veux dire de leur abreuvoir.

De l’eau… elles en auront tout l’été, la Commune et la Société d’Alpage ont fait que le chalet et les bêtes soient servis toute la saison en eau vive.

Il y a eu quelques prises de cornes, euh… elles n’en ont plus, disons, des prises de têtes afin que la hiérarchie s’installe, le temps de la cohabitation estivale. Après ces échanges, tout redevenait tranquille, seul le son des sonnailles rythmait le repas des bêtes. Dans trois semaines, elles reprendront le voyage, court celui-là, elles tiendront compagnie à la grande antenne, puis elles iront au Chalet de Premier, ensuite Sur Grati, à la limite de Vaulion. Après, la saison touchera à sa fin.

Une invitation commune

La commune et la Société avaient invité les habitants de Premier au Chalet des Auges, pour partager à midi, après la rude montée, une soupe bien copieuse. Près de cinquante personnes ont répondu à l’invitation. Etienne Candaux, syndic, puis Vital Graber, municipal, responsable des chalets et des alpages, évoquèrent les travaux et les soucis de l’an passé, puis le renouveau de la Buvette.

Vital parlait du nuage, suggérant aux futurs parents de s’en inspirer pour choisir un prénom. Il remerciait Annette Ferry pour son dynamisme mis au service du Chalet des Auges. Et, ne manquant pas d’humour, il terminait ainsi : «Pour les habitués des nuits libres aux Auges, ils ont vite compris que c’était fini. Annette a usé de son autorité pour préserver ses heures de sommeil: du 7 sur 7, ça a son prix!»

Ils sont redescendus au village, les laitières n’attendent pas. Sur place, les touristes trouvaient, en vrac, les cloches, la bonne cuisine, le soleil, les vaches et le panorama! Que demander de plus?

Photo Marlène Rézenne

De gauche à droite : Alain Perriard, douanes ; Daniel Mange, député, Jean-Marc Grobet, secrétaire, Daniel Michon, président, A. Fedutto, Affaires vétérinaires VD ; R. Perler, Office vétérinaire fédéral.

Vallorbe : pacage Franco-Suisse

De gauche à droite : Alain Perriard, douanes ; Daniel Mange, député, Jean-Marc Grobet, secrétaire, Daniel Michon, président,  A. Fedutto, Affaires vétérinaires VD ;  R. Perler, Office vétérinaire fédéral.

De gauche à droite : Alain Perriard, douanes ; Daniel Mange, député, Jean-Marc Grobet, secrétaire, Daniel Michon, président, A. Fedutto, Affaires vétérinaires VD ; R. Perler, Office vétérinaire fédéral.

Vendredi16 avril se tenait à la salle de paroisse de Vallorbe, – qui remplaçait le Casino pour l’occasion – la traditionnelle assemblée générale de l’Association du Pacage Franco-Suisse placée sous l’autorité de Daniel Michon, son président.

Plus d’une cinquantaine d’éleveurs et d’amodiataires, qui parfois cumulent les fonctions, s’étaient donné rendez-vous à cette occasion. On ne sait pas forcément que le nombre de bêtes (vaches, moutons, chèvres) qui partent estiver en France voisine à partir du mois de mai dépasse de loin les 4’000 têtes et que ces bêtes sont réparties sur plus de cinquante pâturages frontaliers.

Eux-mêmes parfois en mains suisses d’ailleurs, même s’ils sont situés au-delà de la frontière. Tous les mouvements aller, retour et le stationnement en France sont régis par d’anciens textes légaux datant du début du 20e siècle. C’est dans l’optique d’une application pratique optimale et généralisée que les éleveurs se sont réunis pour former l’association en question, qui joue le rôle de partenaire des services officiels suisses et français dans le traitement réglementaire des problèmes.

Parmi les intervenants officiels principaux se trouvent les services vétérinaires du canton, ceux de la Confédération ainsi que les services de douanes. Des représentants de ces autorités étaient présents lors de l’Assemblée, essentiellement pour faire connaître aux participants les évolutions récentes en matière légale et surtout en matière sanitaire.

On ne joue en effet pas avec les épizooties, et la prévention des ces dernières reste un souci constant des autorités et des éleveurs, surtout lorsqu’il y a passage de frontière. En effet, même si les situations sanitaires en France voisine et en Suisse sont à peu de choses près identiques, il existe cependant çà et là quelques foyers infectieux très isolés que l’on doit éviter à tout prix d’exporter ou d’importer.

De plus, si la vache suisse dispose presque d’un passeport biométrique permettant de la tracer jusque dans l’assiette, ce document n’est évidemment pas le même que celui de son homologue européenne.

Peu de soucis cette année du côté des maladies : une attention particulière doit continuer à être portée sur la langue bleue ainsi que sur la DVB (diarrhée virale bovine), autant de maladies qu’une bonne prévention permet d’éradiquer pratiquement par le jeu des vaccinations. En ce qui concerne la douane, les contrôles deviennent de plus en plus souples, mais demeurent obligatoires pour chaque mouvement de bêtes.

En fin de partie officielle, la parole a été passée au député Daniel Mange. C’est en effet à lui que le Conseil d’Etat a demandé de produire un rapport sur les possibilités d’obtenir de la France une prime à l’herbage dans le cadre des dispositions annexes de la politique agricole commune de l’Union européenne.

Il a  informé l’assemblée de l’avancement, certes lent, des démarches entreprises outre-frontière et a annoncé le dépôt prochain d’un rapport intermédiaire dans ce sens pour lequel il s’est adjoint l’assistance de deux éleveurs.

Photo Olivier Gfeller

Montcherand : imposante stabulation libre

Stabulation à l’état d’ossature

Stabulation à l’état d’ossature

C’est grâce à l’association de deux jeunes paysans progressistes de Montcherand, qui ont la volonté de vouloir vivre de leur beau métier, et de lutter dans un marché laitier toujours plus rude, que Claude Martin et Bertrand Gaillard ont pris l’option de bâtir   ensemble une stabulation libre, une construction dernier cri.

Une quarantaine de personnes représentées par une délégation des autorités locales, Jean-Michel Reguin syndic et Patricia Hiertzeler municipale, des maîtres d’état qui ont œuvré dans la construction, des connaissances du monde paysan ainsi que des familles concernées, ont participé à la verrée inaugurale de cet imposant bâtiment.

A titre technique, une construction de 39 mètres de longueur, 33 de largeur et d’une hauteur de 9 mètres au faîte. Une salle de traite semi-automatique qui réceptionne douze vaches en même temps, avec la possibilité d’augmenter la réception de traite à 16 places.

La stabulation peut recevoir 64 vaches et une vingtaine de veaux, et des surfaces complémentaires prévues pour recevoir les bêtes qui mettent bas, ainsi que pour neutraliser celles qui seraient malades.

Une assistance automatique sur ordinateur pour la nutrition et le suivi sanitaire de chaque bovin. Un magnifique outil de travail qui va permettre une véritable rationalisation dans l’ouvrage de l’élevage.

Photo Alain Michaud

Une coutume qui perdure

La démonstration d’une prise de route…

La démonstration d’une prise de route…

De jeunes paysans fiers de perpétuer les traditions familiales.

Fin de la saison d’alpage

Sur le domaine de Freddy et Catherine Agassis, propriétaire de La Breguettaz, à Vaulion, la fin de la semaine s’annonçait particulièrement chargée, en travail et en émotion.

Arrivées le 12 mai, cela faisait 130 jours que les vaches laitières avaient pris leurs quartiers d’été, à la montagne, soit: 99 vaches et 1 taureau, appartenant aux familles Rochat de Mathod et Weidmann de Valeyres-sous-Rances, et qui étaient confiées aux bons soins de Freddy et de Catherine pour la saison.

Et demain, samedi 19 septembre, le départ du troupeau pour la plaine était au menu du jour.

Voûte céleste sublime

La nuit, à 2 h. du matin, sous une voûte scintillante de mille étoiles, mais sans lune, Freddy et sa femme partaient chercher le troupeau pour l’ultime traite avant la désalpe. Le bruit des clochettes emplissait l’air calme de la nuit. Quelques vaches meuglaient dans le noir, fâchées de rentrer à la maison. Dès trois heures, la valse des sabots dans la salle de traite commençait, Freddy aidé de son neveu s’activaient dans la fosse, contrôlant les tétines et mettant en route les machines à traire.

La cloche que le berger avait reçue à la dernière Foire aux Sonnailles était passée autour du cou d’une rouquine qui paraissait bien fière de la porter. Mais elle n’était pas la seule à être fière de ce cadeau !

La dernière touche colorée

Dans sa cuisine, Catherine s’affairait autour des bouquets, décorés avec des roses de couleurs en papier crêpe (une tradition pour elle), attachés sur de petits sapins, que portent les bonnes marcheuses pour la descente. Le mythe des bottes-culs fleuris a vécu, ils ont été remplacés par une base en métal qui, posée sur l’encolure de la bête, était arrimée à la courroie de la cloche.  Dame, ils ne traisent plus à la main et elles n’ont plus de cornes…!

Ils arrivaient enfin…

Vers quatre heures et demie, les propriétaires, les amis, des voisins de Vaulion, ceux qui savent attacher cloches et toupins pour que les vaches ne se blessent pas, arrivaient au chalet. Retrouvailles, discussions animées sur l’incendie à Orbe, puis ils se mirent à l’ouvrage. Ils attachèrent les vaches dans la grande écurie, l’un d’eux rasait les queues des bêtes, dehors sous les projecteurs, ils triaient les sonnailles, puis sortaient les bêtes par vague, les habillaient et les envoyaient au pâturage attendre l’aube.

Elles n’étaient pas toutes d’accord de rentrer à la maison, une porte laissée ouverte et quatre d’entre elles faussèrent compagnie aux hommes, mais elles furent vite ramenées à l’écurie. Une escapade de courte durée qui avait le don d’en énerver quelques-uns et d’en faire rigoler d’autres.

Le temps de boire un café

Le jour pointait sa palette de couleur au travers des sapins, il allumait les collines et les murets de pierres sèches si particulier à notre Jura.

Il était près de 7 heures, les bouquets arrimés, le troupeau était prêt. Ils montèrent se restaurer; cafés, thés, de larges tranches de pains, du fromage et les confitures de Catherine, de quoi bien caler l’estomac pour parcourir les 25 Km de la désalpe.

En sortant, ils scrutèrent le ciel, le temps pluvieux prédit pour la nuit, avait du retard. Le troupeau, y compris le taureau portant un toupin…, prenait possession de la route à huit heures; le temps devenait menaçant. La pluie les attrapait après la traversée de Vaulion, à Nidau, et les accompagnait trop longtemps. Cela n’empêcha pas la fête d’être belle. Les promeneurs applaudissaient leur prestation, certains d’entre eux étaient très émus…

Alors, à l’année prochaine !

Photo Marlène Rézenne