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François de Coulon.

Région: Le vignoble des Côtes de l’Orbe s’affirme année après année

Les vignes des Côtes de l’Orbe AOC (170 ha) font partie de ce qui est appelé le vignoble du Nord Vaudois avec l’appellation Bonvillars (190 ha) et celle du Vully (150 ha). Il s’agirait de la plus vieille région viticole de Suisse. Cette superficie de 180 hectares (4% de la surface viticole vaudoise) est morcelée en une multitude de parchets.
L’appellation d’origine Côtes de l’Orbe s’étend sur une vingtaine de communes, d’Eclépens à Yverdon-les-Bains (voire Yvonand). Les terroirs sont composés de molasse, de calcaire et d’argile. Généralement orientées plein sud, les vignes profitent d’un climat plus sec qu’ailleurs dans le canton, idéal pour la culture des cépages rouges qui représentent environ deux tiers du vignoble.
Initiée par les Romains, développée par les moines et les seigneurs, la culture de la vigne prospéra dans la région au point qu’avant les ravages du phylloxéra, à la fin du 19e siècle, Orbe était le plus grand district viticole vaudois.

L’importance des sols pour la vigne

Dans une région aussi petite que celle des Côtes de l’Orbe, on trouve des sols très différents dont la composition confère aux vins des qualités très variées. Le vignoble d’Eclépens jouit ainsi d’un statut particulier. François de Coulon, propriétaire du Château d’Eclépens, précise que le massif du Mormont et le canal d’Entreroches sont situés le long d’un doigt de fort calcaire provenant du Jura tout proche. Ce sol sec et caillouteux est de même nature que celui de Concise ou Bonvillars.
A Arnex ou Bavois, le sol est composé d’une marne argilo-calcaire plus grasse. Le terrain (similaire aux sols bourguignons) est propice aux rouges. Du côté de Rances ou Valeyres, on trouve un sol calcaire avec de la silice et du tuf qui le rendent plus gras. Le sol d’Agiez et Mathod est principalement argileux. Cette géologie particulière est prise au sérieux. Une vaste étude des sols viticoles suisses est condensée dans un ouvrage « Roche et Vin » : c’est le fruit de la collaboration entre géologues, vignerons et oenologues.

Quel vin pour quel sol ?

En réponse à cette question, François de Coulon précise que le choix et l’expérience du vigneron prédominent. « A Eclépens, c’est une terre à rouges, favorable au Gamay. Mais je produis aussi des Pinot Noir, Gamaret et Garanoir. Le Chasselas ne représente que 20% de ma production. Le réchauffement climatique change rapidement la donne. J’ai constaté des déficits hydriques au moment du passage au biologique. Mais on peut faire des erreurs qui engendrent d’excellentes surprises. Un jour, j’ai voulu planter du Pinot Gris le long d’un mur de pierre. Le trop de chaleur l’a rapidement flétri. J’en ai tiré un vin doucereux qui plaît énormément à ma clientèle! ».
Qui sont ces vignerons dont on parle en bien ?
Dans notre belle contrée, une génération de vignerons passionnés, intelligents, avec un savoir-faire reconnu a réussi à donner ses lettres de noblesse à une appellation qui en a étonné plus d’un. La stricte maîtrise de la quantité dans le respect de la nature, les méthodes traditionnelles et une oenologie de pointe ont permis à ces passionnés de confectionner des vins d’un excellent rapport qualité-prix.
Ils misent sur une viticulture d’avenir et innovent aussi par l’introduction de spécialités prometteuses et bien adaptées aux terroirs de la région. La jeune génération a fait ses preuves. Le public régional parle avec fierté et sérieux des qualités des vins que l’on trouve à Arnex, Bofflens, Valeyres-sous-Rances et dans d’autres villages de la région. Mais il faut parfois passer la main. C’est ce qui a été fait l’année dernière à Mathod et à Arn


A Mathod, Valérie Marendaz a repris les rênes de la Cave de la Combe

Dans le cadre de ses études pour devenir enseignante, Valérie Marendaz a dû faire un stage en Allemagne; au cours de celui-ci elle a travaillé durant deux mois à la reconstruction d’une ferme près de Hambourg. Le côté pratique et manuel de ce travail l’a enchantée et elle a décidé de changer de cap professionnel.
Daniel Marendaz et son épouse ont trois enfants, dont deux fils aînés qui n’ont pas voulu reprendre la vigne familiale. Daniel Marendaz n’espérait plus que la cave créée en 1986 soit remise à un de ses enfants. La surprise a donc été totale lorsqu’en rentrant d’Allemagne, Valérie lui a annoncé qu’elle souhaitait devenir vigneronne.
La cave est spécialisée dans l’élaboration du mousseux créé avec les grappes de Chardonnay et de Pinot Noir. Mais on y trouve aussi plus de dix autres cépages. Malgré son jeune âge, Valérie s’occupe de 6 hectares de vigne. Son travail est varié : sur le terrain, à la cave et également au bureau pour l’aspect commercial. Elle a la volonté de produire son raisin en petites quantités tout en respectant la nature. Elle ne souhaite pas utiliser d’insecticides et est prête à faire tous les essais et recherches permettant de trouver le bon produit en étant en phase avec la nature.

Frédéric Gauthey a remplacé Jean-Daniel au Domaine de l’Orme

A Arnex, la transition s’est faite beaucoup plus naturellement. Sa sœur n’étant pas intéressée à reprendre le domaine, Frédéric s’est retrouvé en pole position pour remplacer son père lorsque celui-ci a décidé de passer la main. La procédure a tout de même pris près de 5 ans; le côté administratif est complexe, il a fallu obtenir l’accord des offices agricoles, parler de financement, de gestion et d’emprunt.
Depuis 2017, c’est tout bon pour Frédéric (29 ans au bénéfice d’un CFC de vigneron et d’un diplôme ES de l’école de Changins). Au domaine de l’Orme, il produit plus de 20 cépages (60% de rouge et 40% de blanc) sur 5 hectares. Pour les rouges, le rendement est de 700 grammes au mètre et on approche du kilo pour les blancs. En plus de cela, Frédéric vient de se voir confier le vignoble de la ville d’Orbe. La volonté pour ces quelques lignes de vigne est de mettre à disposition de la ville environ 4000 bouteilles de Gamay-Garanoir, Merlot-Syrah et de Chasselas.

Succès tranchant pour le 9e Festival des Couteliers

Malgré une météo plutôt changeante, le 9e Festival des Couteliers qui s’est déroulé le week-end dernier au Musée du fer a connu une très belle affluence. Jean Combe, qui recevait les visiteurs à la porte dimanche matin, confirmait que «l’affluence était au moins comparable à celle de l’an passé et que finalement, le mauvais temps du samedi avait plutôt joué un rôle favorable dans la fréquentation».

Au moment de rédiger ces lignes, on ne connaît pas encore exactement le nombre de visiteurs qui sont venus admirer et pour certains acquérir les très nombreuses et superbes pièces de collection présentées par la vingtaine d’artisans couteliers d’art présents. Le public était à la fois composé de passionnés, de collectionneurs et de visiteurs qui ont profité de ce festival pour faire aussi la connaissance du musée et de ses nombreux chefs-d’œuvre.

Les forges ont chauffé tout le week-end, donnant aux lieux historiques que sont ces locaux leur aspect vivant et coloré. Parmi les exposants, on a pu admirer les kriss de François Morier, mais aussi les merveilles technologiques et artistiques de Charles Roulin, qui repousse à chaque édition les limites du possible en matière de miniaturisation.

Tous les exposants ont fait l’effort de présenter des pièces originales, variées et offrant aux visiteurs un aperçu très complet de la gamme de couteaux ou d’outils coupants qui se décline finalement presque à l’infini. Une très belle édition, orchestrée idéalement par le grand ordonnateur Rémy Santschi et qui a visiblement comblé les publics de tous les âges.