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Edition 2010 des 200 km

Région: Entre vie et déclin de nos sociétés

Les sociétés ont longtemps été le principal lieu des rencontres récréatives, des échanges, autrement dit le ciment de la vie communautaire. Qu’en est-il aujourd’hui, à l’heure où l’individualisme est pointé comme un fléau de notre société ? Premier constat, la situation diffère entre villes et villages, une société peut survivre en ville en raison de l’importance du bassin d’habitation, il n’en va sans doute pas de même dans les petits villages. Les moyens et modes de contact se sont multipliés, la vie n’est plus centrée sur le local, la population est plus mobile, elle est plus attachée à ses envies individuelles qu’à la nécessité d’appartenir à une communauté comme c’était autrefois la raison d’être membre d’une société.

A Chavornay

Le nombre d’adhérents à la gym est en constante augmentation, essentiellement grâce aux gosses. Dès 10 ans, les intérêts évoluent, les enfants se tâtent et on constate un va-et-vient important. A partir de 13 - 14 ans commence l’exode et peu nombreux sont ceux qui rejoignent les sections d’adultes. Difficile aujourd’hui aussi de compter sur la solidarité des parents pour apporter une aide au moment des concours et manifestations. La fanfare a dû fusionner il y a quelques années avec celle de Bavois, les effectifs sont actuellement stables bien que vieillissants. La société a réactivé son école pour jeunes musiciens avec un bel intérêt de la part des familles et des enfants. Elle mise également sur un répertoire musical renouvelé. Objectif : retenir les nouveaux musiciens pour garnir les rangs de la fanfare à l’avenir. La situation est plus inquiétante du côté de la société de chant à l’effectif vieillissant et qui depuis plusieurs années n’a pas enregistré l’arrivée de nouveaux choristes. Là aussi il a été décidé de moderniser le répertoire, désormais on puise dans les classiques de la variété française.
Du nouveau

La société des petits animaux (poules, lapins, pigeons) a un effectif stable, il s’agit avant tout de passionnés et la passion semble se transmettre de père en fils, dès 8 ans déjà.... Le groupement de Chavornay se montre particulièrement actif puisqu’en décembre il mettra sur pied une exposition cantonale. Si certaines sociétés peinent, l’Union des Sociétés Locales voit heureusement grandir son effectif avec le groupe des Bouffons tandis qu’à Corcelles, on note l’arrivée d’un club d’escrime, d’un groupe d’animation villageoise, d’une nouvelle société de Jeunesse, et d’un club de danse country.

A Baulmes

Avec plus de vingt associations locales répertoriées, Baulmes doit être en tête du classement du nombre de sociétés par tête d’habitant. Si cette richesse culturelle est à relever, le revers de la médaille est plus que présent quand il faut trouver du monde pour assurer l’effectif ou compléter les comités assure Denis Dardenne, président du Chœur Mixte Rapilles Mélodies.

Pour ne pas laisser mourir la société, le comité cherche année après année à recruter de nouveaux membres, mais l’exercice est périlleux sinon impossible. L’effectif actuel est de 21 chanteurs. Il diminue tranquillement. La cote d’alerte de 15 unités est bientôt atteinte. La chorale est vieillissante, les jeunes ne se sentent plus attirés et n’ont pas envie du répertoire habituel composé de chansons traditionnelles voire même de chansons récentes. Ils veulent autre chose et ne sont pas prêts à se soumettre à une discipline imposée de fait. Le recrutement par voie d’annonce est voué à l’échec. Le chœur d’enfants aurait pu être une réserve, mais il a cessé son activité depuis peu; organiser des rencontres ou inviter ces jeunes à une soirée n’est jamais couronné de succès. Denis Dardenne termine en soupirant : il faut être vraiment mordu et plein d’enthousiasme pour continuer, mais tant qu’il y a de la vie…!
A Orbe, les sportives inquiètent

Orbe

C’est d’une manière étonnante une société qui semblait en plein essor, qui enregistre la plus grande perte de membres (20 sur 120). Le président du Badminton Club, Christian Michoud, concède que c’est au niveau de la relève (7-11 ans) et des membres dans la force de l’âge (25 à 40 ans) que la diminution d’effectif se fait sentir. A dire vrai, c’est le manque de compétiteurs qui est sensible dans la mesure où l’on préfère jouer pour le plaisir plutôt que de s’astreindre à des entraînements. Si bien qu’il a fallu retirer une équipe de 5ème ligue qui permettait l’intégration progressive des jeunes. A Orbe-Ancienne, la vacance présidentielle a duré pendant presque deux ans. Par bonheur, Chloé Michoud a repris le flambeau de Lucie Lobsiger. « Il est toujours difficile de trouver des moniteurs, nous dit la nouvelle présidente. Pour intéresser et soulager nos volontaires, chaque groupe de gymnastes est coaché par deux personnes, comme cela la tâche est partagée et moins lourde. Mais Il manque toujours un entraîneur pour l’athlétisme dans cette société qui se porte bien». Au FC Orbe, la présidente Mary-Claude Chevalier cherche en vain un successeur depuis qu’elle est devenue municipale.
Fusions nécessaires
Inutile de dire que la chorale d’Orbe a passé par quelques tribulations au cours de la dernière décennie. Devant la diminution de l’effectif, elle a fusionné avec Montcherand dans un premier temps. Récemment, elle a lié son sort au chœur d’Arnex pour maintenir un effectif convenable (37 chanteurs). «Mais cette fusion a donné l’occasion à certains anciens de quitter la société et j’ai entendu quelques-uns d’entre eux me dire que se rendre à gauche ou droite pour les répétitions les préoccupaient, car ils avaient désormais peur de rouler la nuit», nous dit le président Yves Jordan qui se demande s’il ne devra pas envisager de faire passer le comité de 7 à 5 membres, après le giron qui se déroulera à Orbe, ce printemps. Il en est allé de même pour le groupe folklorique «La Bergère» qui a lié son sort au chœur mixte «L’Echo du Suchet» de Rances pour éviter sa disparition. Dans un autre domaine, la Ludothèque est à la recherche d’une présidente depuis quelques années, sans succès.

A Vallorbe

La situation est moins inquiétante que dans les autres grandes communes de notre région. Avec un particularisme toutefois, puisque le comité qui organisait tous les deux ans une épreuve qualificative à la marche sur 24 heures en vue du fameux Paris-Colmar, ne récolte plus assez d’inscriptions. En précisant que les athlètes n’étaient en général pas des Vallorbiers mais des marcheurs de plusieurs nations, y compris la Suisse. De quoi s’inquiéter pour le futur de cette compétition. Pour favoriser l’organisation de manifestations, la Municipalité a décidé d’abaisser le coût de location de la halle des fêtes de Fr. 1 500.– à Fr. 500.–pour les sociétés du lieu. A titre de réconfort, la fête du 100e anniversaire du tunnel ferroviaire a permis à une dizaine de sociétés de se donner la main pour la réussite de l’événement, c’est dire que l’entente est bonne, selon le président de l’UCV, M. Rindlisbacher, qui ajoute tout de même que le renouvellement des comités est de plus en plus délicat, notamment au niveau des présidents.

En définitive

Si nous n’avons pas pu faire le point dans les 26 communes de notre champ d’activité, par manque de temps, il faut bien avouer que les sociétés traditionnelles de musique traversent des années difficiles. Si les fanfares font des efforts pour recruter des jeunes pour lesquels l’apprentissage d’un instrument servira peut-être plus tard, les chœurs devront probablement revoir bien plus que leurs répertoires pour se renouveler. Il en va de même pour les comités dans la mesure où peu de personnes acceptent de prendre des responsabilités et c’est bien dommage. Il est sûr cependant que nos populations ne comptent plus sur les sociétés pour s’intégrer, sauf dans les villages plus petits. N’allez pas croire toutefois que le phénomène est régional, mais il est observé malheureusement partout, en Suisse comme ailleurs.

Article rédigé en commun avec Jacques Ravussin et Pierre Mercier

Nicole Gaspardi, depuis 29 ans au Comité

USL: vers le démantèlement?

Nicole Gaspardi, depuis 29 ans au Comité

Nicole Gaspardi, depuis 29 ans au Comité

Les sociétés urbigènes membres de l’Union ont reçu ces derniers jours une lettre-convocation dans laquelle on trouve au point 7 de l’ordre du jour la dissolution éventuelle de l’USL. En date du lundi 26 mars prochain, les membres de l’USL devront donc se prononcer sur cette question délicate. En effet, le comité a le sentiment que l’Union des Sociétés Locales a de moins en moins sa raison d’être.

Perte de prérogatives

Cette réflexion est survenue à la suite de plusieurs événements. A commencer par le renouvellement des dirigeants de cette union. Si l’année dernière, Philippe Cochard a accepté de prendre la présidence en remplacement de Dominique Jaccard, il s’avère que personne ne se précipite pour occuper une place au comité. Il est vrai qu’avec le temps, l’USL a perdu quelques-unes de ses prérogatives.

Elle attribuait les lotos ce qui avait provoqué certaines passes d’armes croustillantes à l’époque. Malheureusement, les sociétés ne sont plus intéressées par ce genre de manifestation et s’adressent directement à la Municipalité pour ce type d’organisation. A l’époque, l’USL était sollicitée pour la location du Casino. Une tâche qui a été reprise par le Greffe municipal depuis quelques années tant les sollicitations sont nombreuses.

Lors de la rénovation de l’édifice, le matériel de l’USL a été cédé à la commune. Si bien que le comité n’a plus d’autre tâche que de trouver des partenaires pour la tenue de stands à l’occasion de la fête nationale, en collaboration avec la commune. Autant dire que le pouvoir de l’USL a sensiblement diminué.

Attente de propositions

Comme personne ne le sollicite, le comité a osé se demander si l’Union était encore utile. Cela dit, le comité n’a pas abdiqué et est prêt à entendre toutes sortes de propositions qui pourraient justifier son maintien. C’est pourquoi il attend de connaître l’avis des différentes sociétés sur l’avenir du groupement. Dans les villages voisins, l’USL a encore sa raison d’être pour différentes raisons comme l’organisation de fêtes communes ou pour la location de matériel.

Ce n’est donc plus le cas à Orbe et il faudrait de nouvelles idées et un intérêt de la plupart des sociétés pour donner un sens à l’USL. Il faut donc espérer que les sociétés viendront à cette assemblée générale ordinaire avec des propositions intéressantes. Sans quoi il faudra bien se résoudre à la dissolution car rien ne sert de payer des cotisations à une USL désabusée par le manque d’intérêt qu’elle constate depuis plusieurs années.

Photo Marianne Kurth

Nicole Desponds, secrétaire, Raymond Benkert, nouveau président, Séverine Coutaz, caissière et l’intendant Ernest Jäggi.

Chavornay: le bar a coûté cher, mais l’Union se porte bien

Nicole Desponds, secrétaire, Raymond Benkert, nouveau président, Séverine Coutaz, caissière et l’intendant Ernest Jäggi.

Nicole Desponds, secrétaire, Raymond Benkert, nouveau président, Séverine Coutaz, caissière et l’intendant Ernest Jäggi.

Malgré l’absence du président, Michel Duvillard qui était au Conseil communal réuni ce même jour, l’USL a tenu son assemblée générale le jeudi 16 février 2012. Quinze sociétés étaient présentes et ont entendu le rapport lu par le vice-président, Raymond Benkert. Celui-ci a transmis les remerciements du président au comité et plus particulièrement aux deux chevilles ouvrières, Nicole et Séverine et a relaté les différentes activités de 2011.

Comité

Suite à la décision de la dernière assemblée, le président n’est à la barre que pendant une année. Il quitte donc sa charge et sera remplacé par le vice-président, qui sera lui-même remplacé par Jérôme Reumer du Football-club. La secrétaire, Nicole Desponds et la caissière, Séverine Coutaz restent dans la barque. Les comptes, avec un déficit de Fr. 15 456.25, budgétés suite à l’achat d’un bar, ont été adoptés par l’assemblée.
Le comité souhaite mettre sur pied une remise de mérite, sportif ou non, aux membres ou à des groupes de membres des sociétés qui ont fait quelque chose de spécial. Celles-ci seront contactées lorsque le projet sera plus élaboré.

Programme

Ernest Jäggi a ensuite mis à jour le programme d’occupation des différentes salles communales. Pour les manifestations, les sociétés peuvent réserver sur le calendrier communal jusqu’à une année d’avance. Jean-Michel Steiner, qui a excusé l’absence de Didier Lombardet, a proposé à l’assemblée de mettre, sur le site de la commune, un lien concernant les soirées et autres.

L’année prochaine, la Jeunesse organise une rencontre des Jeunesses et le Foot une assemblée cantonale et une «Nuit du foot» et tous deux auront besoin de bénévoles pour les aider.

Le comité a encore rappelé que la Jeunesse organise le 1er août et l’assemblée a soulevé le problème des lotos. Certains marchent bien, d’autres moins, sans que l’on sache vraiment pourquoi, rappel est fait quant aux lots, qui dépendent du nombre de participants. Le Giron des lotos en discutera lors de leur prochaine assemblée. Ce qui est sûr, c’est que les chavornaysans aiment mieux les lots en nature qu’en bons d’achats.

Photo Marianne Kurth

Union des Sociétés Locales : en péril

Lors de la dernière assemblée de l’Union des Sociétés Locales de Chavornay, le président Olivier Thibaud a présenté sa démission. Malheureusement, il n’a pas trouvé de successeur, pour l’instant.

Cette vénérable institution éprouve également des difficultés à Orbe, raison pour laquelle il nous a paru intéressant de faire le point à ce sujet dans le district.

Deux dames aux commandes

Au lendemain du départ de leur président, Nicole Desponds et Séverine Coutaz n’ont pas hésité à prendre la relève à Chavornay. Une nouvelle assemblée de l’USL aura lieu en juin prochain, à proximité de l’inauguration de la salle polyvalente, et on espère bien trouver la perle rare à cette occasion comme la société de gym a attendu pendant de nombreuses années avant de trouver son «sauveur».

En attendant, Mme Coutaz nous confie que son comité se pose, depuis quelques temps, la question de son avenir. Cependant, elle reste persuadée qu’un futur est imaginable, dans un contexte nouveau. Elle comprend aussi que les responsables de sociétés ont beaucoup de travail et n’ont plus de temps pour l’USL qui a perdu une partie de ses prérogatives.

Du reste, elle constate que ce sont toujours les mêmes personnes qui sont présentes que ce soit le 1er août ou lors du premier week-end de décembre lorsqu’il s’agit de décorer le sapin du centre du village

Elle veut toutefois croire à des lendemains qui chantent !

Pessimisme à Orbe

A Orbe, le président Dominique Jaccard se bat en vain depuis plusieurs années pour donner un peu d’élan à son USL. Union qui a fêté son centième anniversaire, l’an passé.

Pour constituer son comité d’organisation, il a davantage compté sur des personnes à la retraite, pas forcément issues de sociétés, pour mettre sur pied le programme et le budget de la manifestation. «De toute manière, les sociétés n’ont plus la nécessité de passer par nous, comme c’était le cas par le passé. Tout le monde peut organiser son loto, au point qu’il n’y en a bientôt plus à Orbe !

Plus personne n’a recours à notre vin puisque chaque société passe par un caviste de sa connaissance. Nous ne gérons plus la buvette du casino car la commune s’en occupe, à notre grand soulagement. Je ne vois plus vraiment à quoi nous pouvons servir dans cette société qui s’est singulièrement individualisée».

En effet, il y a plusieurs années que le comité urbigène ne compte que trois personnes et comme le président Jaccard ne se représentera pas au terme de son mandat, l’année prochaine, cela ne sera pas simple de lui trouver un successeur. Pourtant, les finances de l’USL sont correctes avec un capital d’une vingtaine de mille francs.

En précisant que le centenaire a laissé un bénéfice de Fr. 8 000.– et que les frasques du caissier précédent ont très peu eu de conséquences sur les finances.

Au ralenti

Etienne Favez est président de l’Union des sociétés de Vallorbe depuis une demi-douzaine d’années. Il admet que son comité n’a pas énormément d’activité. «Nous devons mettre sur pied la manifestation du 1er août en accord avec le président du conseil communal qui est chargé de trouver les orateurs alors que nous fournissons la marchandise aux sociétés qui souhaitent tenir un stand.

En septembre, nous réunissons nos membres pour établir le mémento de l’année suivante afin que des manifestations ne se chevauchent pas. J’ajouterais encore que les sociétés ont intérêt à faire partie de notre Union car elles bénéficient alors de locations moins chères pour nos salles diverses.

En outre, la Municipalité nous a fait savoir qu’elle tenait à notre existence. Dès lors, je me suis mis à imaginer que la rénovation de la grande salle du Casino pourrait nous donner des opportunités, en matière de culture notamment».