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Guy Baudat entouré de sa femme et de son neveu.

Orbe: un pigeon voyageur

Emigré en Australie depuis plusieurs années, cet Urbigène a aimé découvrir des horizons nouveaux dans sa profession de cuisinier. A 21 ans déjà, il partait pour un court séjour au Vénézuéla avant de revenir par Corfou et Eilat (Israël), puis de s’envoler pour New York pour travailler dans des grands hôtels. De là, il s’en ira à Séoul (Corée du Sud) avant de vivre une première escale à Darwin. S’en suivront des stages au Japon et au Maroc pour choisir finalement le nord de l’Australie. La mort de son papa, le fameux facteur d’Orbe Didi Baudat, le rapatrie en Suisse auprès de sa maman. Ayant de la peine à trouver une place convenable dans son pays, il s’engage à la poste à Daillens, domaine dans lequel il restera puisqu’il occupe un emploi à la poste australienne à Darwin. Le fait que son épouse provienne de Singapour a joué également un rôle dans le choix de son pied-à-terre, mais pas seulement.

La santé à bon prix

«J’aime ce pays, car les gens sont moins stressés qu’ici. La circulation automobile dans cette ville multiculturelle de 130 000 habitants est fluide et les conditions de travail sont foncièrement différentes de celles que l’on connaît en Suisse. J’ose dire que les Australiens sont un peu fainéants. Ils travaillent 35 heures par semaine et peuvent cumuler 2 ou 3 emplois. Il leur arrive souvent de manquer un jour sans trop s’en soucier puisque la loi le permet. Sur le plan de l’emploi, tous les dix ans, les entreprises octroient un congé de trois mois à leur personnel, qui peut choisir de recevoir une somme équivalente. Tout cela en plus des cinq semaines annuelles de vacances. Pour ce qui est de la maladie ou de l’accident, l’acquisition d’une carte, équivalente à 5 francs, vous permet de vous faire soigner comme hospitaliser gratuitement. C’est dire qu’on peut vivre aisément avec un gain mensuel de Fr. 2 000.– suisses qui sont nets puisque les impôts sont prélevés à la source (25% environ). Là-bas, on se préoccupe peu du reste du monde. Seul ce qui passe aux Etats-Unis, dont ils sont très dépendants, les intéresse. Ainsi, le différend entre les USA et la Corée du Nord, pas si éloignée, ne les a pas alarmés. C’est dire qu’ils profitent de la vie avant toute chose»

Pas se baigner à la mer

«Le barbecue est une espèce de sport national. On reçoit ou l’on se fait inviter par des amis pour des grillades. On aime boire et le week-end est consacré aux visites de pubs qui se terminent parfois en bagarres, car on règle les conflits de cette manière, l’alcool faisant. A Darwin, la vie est plus chère que dans le reste du pays, car il y a peu d’agriculture et la nourriture vient du sud de la nation. Je relève en passant qu’un paquet de cigarettes coûte Fr. 20.– et une bière Fr. 7.50 au pub. On élève des vaches, mais aussi des chameaux que l’on exporte en Arabie. On pêche un poisson qui est très prisé, le barramundi, qui pèse en moyenne 4 kilos pour une longueur de 60 cm, que l’on capte dans les rivières ou dans la mer de Bali puisque nous ne sommes qu’à une heure et demie de vol de la ville indonésienne, alors que Sydney ou Melbourne sont à cinq heures.

Toutefois, on ne se baigne pas dans ses eaux, car elles sont infestées de crocodiles, de requins parfois, mais aussi de méduses dont la piqûre peut être mortelle. Presque chaque maison, (compter Fr. 400 000.– pour l’achat), est munie d’une piscine appréciée parce que le climat se maintient à 35 degrés l’année durant, même s’il pleut entre octobre et mars. A défaut d’être passionnés par la TV, les Australiens sont très joueurs. Ils parient sur tout. Dans ces conditions, vous comprendrez que l’on puisse se plaire dans les territoires du Nord, même si les montagnes me manquent, comme la fondue et la raclette. Alors j’en profite quand je suis de retour en Helvétie, tous les deux ans».

Dylan, Madlen et Daniel membres du collectif du Joran, dans leurs cultures maraîchères. Ici, diverses variétés de choux côtoient la ciboulette.

Orbe: La ferme collective du Joran récompensée

Tous les 2 ans, les Retraites Populaires décernent un prix à un projet touchant à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine. Cette année, le thème était les produits du terroir vaudois de demain. La ferme du Joran à Orbe ainsi que deux autres structures ailleurs dans le canton ont été les heureux lauréats. Ils se partagent donc les Fr. 150’000.– du prix.

Collectif fonctionnant horizontalement

Une dizaine de personnes sont actives dans ce collectif qui existe depuis environ 3 ans. L’idée étant bien antérieure. Ce n’est qu’en décembre 2016, grâce aux économies de chacun, à une manne financière sous forme d’héritages, que le projet se concrétise avec l’achat, au sein d’une PPE, de bâtiments aux Philosophes 15 et de terrains situés à la limite Orbe-Agiez. 2017 est donc l’année de toutes les mises en place! Pour ce groupe de passionnés, l’idée maîtresse est de restaurer le lien entre le consommateur et le producteur, par la vente directe à la ferme ou les abonnements (paniers bio des 3 Vallons et soja transformé en tofu). Il s’agit aussi de cultiver dans le respect de la structure du sol, travail superficiel plutôt que labour, sarclage remplaçant les herbicides et rotation des cultures. Passer à demain dans la durabilité et l’écologie.

Leurs cultures, leurs projets

Actuellement, sur le plat dominant Orbe, en plein vent, le collectif cultive une ancienne variété de maïs à polenta (d’un splendide jaune éclatant!), du soja qu’il transforme en un goûteux tofu et une trentaine de légumes de saison. Six tunnels, montés au printemps, abritent aussi une partie du maraîchage.

Bien sûr des projets, ils en ont! Avec ce prix, les agriculteurs financeront un local de transformation ainsi qu’un four à pain. Ils envisagent d’autres cultures comme par exemple les petits fruits, la moutarde ou le pavot.

Pour l’heure, dans un contexte légal où malheureusement l’accès à la terre agricole est rendu très difficile, le collectif est à la recherche d’un hectare supplémentaire de terrain pour assurer une bonne rotation des cultures. Le terroir de demain a de l’avenir !

Camille Krafft au coeur de Romainmôtier

Romainmôtier: Médias, distinction prestigieuse

Chaque année depuis 1987, le Prix Jean-Dumur récompense un(e) journaliste pour la qualité de son travail, pour son talent et son courage. Il a été attribué la semaine passée à Camille Krafft, journaliste au Matin Dimanche. La lauréate de 41 ans demeure à Romainmôtier avec son compagnon et leurs deux enfants. Elle a débuté dans le métier par un stage à 24 Heures, précédé d’une période de piges pour le compte du même quotidien, au sein de la rubrique lausannoise. Elle avait préalablement étudié le russe, l’espagnol et l’histoire à l’Université de Lausanne.

Depuis plus de 10 ans, elle œuvre pour le Matin Dimanche. Camille Krafft a accepté de rencontrer l’Omnibus à qui elle a confié que l’attribution de ce prix avait été une surprise totale. Au point d’avoir même cru que celui qui lui a annoncé la nouvelle s’était trompé de numéro. Elle est honorée et encouragée par cette distinction qui vient de ses pairs.

Un hommage pour un genre journalistique qui lui correspond particulièrement et dans lequel elle excelle: le reportage «long format» dont deux enquêtes parues, l’une sur l’accueil d’une famille de réfugiés irakiens en Pays de Vaud pour lequel elle a commencé par s’investir personnellement, avant de raconter ce parcours sinueux et marqué par le drame humain. La deuxième enquête a porté sur la déconfiture de la start-up vaudoise Swiss Space System – un sujet «mettant en avant nos petits complexes de Suisse et des failles à tous niveaux» selon son auteur. A la question de l’influence de maîtres dans son travail, elle relève celui de son maître de stage Alain Walther, qui couvrait pour 24 Heures la vie quotidienne d’un seul quartier de Lausanne, celui du Maupas comme hyper-localier.

En forme de conseils à ses jeunes collègues, Camille Krafft croit avant tout à la présence sur le terrain, toujours avec le recul nécessaire à un traitement indépendant des sujets. Mais avec l’empathie nécessaire à saisir l’humain et le temps indispensable pour le comprendre. Elle compte dans sa besace nombre d’autres projets de reportages «long format», un format qu’elle apprécie par exemple dans la Revue «XXI» et qu’elle a utilisé en sa qualité de cofondatrice de la revue «Ithaque». Elle pense, lucide, que l’avenir de la presse en Suisse passe en priorité par celui du métier de journaliste plutôt que par celui du support sur lequel le message est délivré.

L’aménagement du sentier des géants sera un des projets à réaliser!

Baulmes: séance consacrée au Prix Binding!

La séance de mardi dernier a commencé par le visionnement du reportage de Couleurs locales consacré à l’obtention par la commune de Baulmes du prix Binding pour ses prestations exemplaires en matière de conservation des vieux arbres.

L’essentiel de la séance a été consacré à ce prix de Fr. 200 000.– que Baulmes recevra le 18 juin prochain à Bâle. Julien Cuérel a donné toutes les explications qui s’imposaient: plus de 7000 arbres d’un diamètre supérieur à 70 centimètres sont recensés sur le territoire communal; le service forestier communal veille depuis plus de 50 ans à ce que les arbres gardent leur fonction de protection pour la nature et soient exploités selon les règles du développement durable. Le syndic a rendu hommage à toutes les personnes qui, depuis des décennies, ont fait des forêts baulméranes un exemple à suivre. Il a précisé que la commune n’avait pas sollicité ce prix, mais que c’est un conseil d’experts qui s’en était chargé sans que quiconque à Baulmes soit au courant.

Fr. 150 000.– de la somme attribuée doivent permettre la réalisation de 3 projets: une chênaie sera plantée dans la forêt de Feurtille sur une surface de 2 ha; un inventaire informatique des plus beaux arbres de la commune sera établi et mis à la disposition de la population; des sentiers de visites seront aménagés.
Les conseillers ont également appris que le montant de Fr. 117 000.–, nécessaire au paiement des réparations du toit du Temple malmené par la foudre en août 2014 a été pris en charge par l’ECA. La commune a fait l’acquisition du pacte de 1291 en patois vaudois; celui-ci sera placé dans la salle du conseil communal. Les nuisances provoquées par les conducteurs de motos et de quads dans les forêts ne seront bientôt (peut-être) plus qu’un mauvais souvenir. Le changement de deux chaudières à la centrale du chauffage à distance n’aura pas d’incidences sur les finances communales: la commune se contentant d’augmenter son cautionnement pour l’obtention du prêt bancaire.

Daniel Marendaz, faisant déguster son Impérial Brut primé.

Mathod: les bulles en or de Daniel Marendaz

Depuis plus de trente ans, Daniel Marendaz plante, soigne, récolte, vinifie, invente et se passionne pour les bulles. Après une formation assez rapide acquise dans les terres de la Champagne, il a décidé que le Nord vaudois serait une terre propice à l’élaboration de vins mousseux. À cet effet, il a choisi et planté plusieurs cépages spécifiques, dont le chardonnay pour les bruts.

Et c’est précisément avec son «Brut Marendaz Impérial Méthode Traditionnelle» que l’artiste de Mathod vient de remporter une médaille d’Or au Grand Prix du Vin Suisse, se classant en plus de cela 2e de la catégorie des vins mousseux. Une consécration supplémentaire pour le «manipulateur» de mousseux, puisque c’est ainsi que l’on nomme les tourneurs de bouteilles spécialisés. «En méthode traditionnelle, nous sommes une petite poignée en Suisse à produire des mousseux, dont, en fait, deux en Suisse romande» explique Daniel Marendaz, qui consent volontiers à rappeler les étapes de la vinification traditionnelle.

La méthode traditionnelle

Après un pressage sévère, duquel on retranche la tête et les queues de vendanges, le vin passe plusieurs mois en barriques pour qu’il puisse respirer. Ensuite, il est mis en flacon et capsulé, puis il dort sur lattes pendant quatre ans. Pendant cette période, il va développer ses arômes. Au terme de ce processus, on renverse les bouteilles sur la tête pour les faire dégorger et pour que le reste des levures soit bloqué en position basse en bas. On élimine alors toutes les impuretés, puis on insère la fameuse «liqueur d’expédition ou de dosage», un extrait de vins qui va donner au mousseux ses caractéristiques finales.

Après le bouchonnage final, le cru est prêt à la commercialisation. «Même si on peut garder du mousseux longtemps, il faut en principe le boire assez rapidement», précise Daniel Marendaz. Et pas de doute que, lorsqu’on admire ses bulles, on n’a guère envie de patienter pour les goûter.

Une sorte d’AOC?

Sous l’impulsion de Daniel Marendaz, en accord avec l’OVV et avec le soutien financier de Swiss Wine, une Charte des producteurs de mousseux méthode traditionnelle est en cours d’élaboration. Elle conduira, en 2015, à une nouvelle appellation originale réservée aux producteurs en question et qui les différenciera clairement des autres. Le terme de Champagne est prestigieux, mais protégé. Le terme actuel de Mousseux recouvre de façon trop large des productions très dissemblables. On pourra lever un peu plus du voile prochainement sur ce premier pas vers une reconnaissance institutionnelle.

Vallorbe: remise des prix des concours de l’été

C’est en soirée, juste avant Noël, dans une salle comble que s’est déroulée la traditionnelle remise des prix aux élèves ayant effectué librement des travaux au cours des vacances scolaires, sous la forme de concours, dans une ou plusieurs branches.

Dominique Valet, directeur de l’établissement scolaire adressa de chaleureuses félicitations aux élèves, non seulement pour leurs réalisations, ténacité et enthousiasme, mais également pour leur mérite. Il releva la qualité des chefs-d’œuvre remis pour cette édition 2012.

C’est avec émotion et non sans une certaine fierté, que parents, frères, sœurs et amis se sont réjouis d’entendre de la bouche des professeurs, les vives félicitations et mentions reçues pour chaque travail accompli. A relever que les travaux réalisés dans diverses disciplines, notamment de langues, mathématiques, sciences, géographie, histoire, danse classique, travaux manuels ou arts visuels, démontraient à n’en pas douter, un réel talent.

Chaque dossier ayant sa particularité, pouvant aller de la création d’un blog ou même pour certains à un partage de morceaux d’intimité, a démontré qu’un travail laborieux, ardu et composé de nombreuses journées, avait été fourni par ces élèves durant les vacances de cet été, ce qui en rendait le résultat encore plus magnifique!

N’oublions pas les merveilleux intermèdes qui agrémentèrent à ravir la soirée. La partie théâtrale interprétée par les élèves de 8VSB, dont ceux-ci n’avaient la connaissance des thèmes qu’au dernier moment, avec des improvisations plus époustouflantes les unes que les autres, a été tout simplement sublime. La partie musicale avec les élèves de 9VSB remporta également beaucoup de succès.

Nos plus vives félicitations à cette belle jeunesse; persévérez car talent vous avez!

Photo Véronique Hartwig

Billets

La mobilité douce

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En ces temps, on nous répète qu’il faut désormais utiliser les transports publics au détriment de la voiture. Avec raison et pour avoir constaté la situation catastrophique du Caire, une ville de vingt millions d’habitants, qui est proche de l’asphyxie tant la circulation automobile pollue l’atmosphère, il est nécessaire de prendre des mesures pour éviter pareille catastrophe.

Or ces derniers jours, le Conseil Fédéral, à la recherche d’argent pour payer les transversales alpines, entre autres, a fait part de son intention de doubler la taxe autoroutière et de renchérir les coûts des transports ferroviaires. Que la vignette soit particulièrement bon marché dans notre pays, si on compare notre situation par rapport à l’Italie ou la France, on est en droit de penser que c’est un moindre mal.

En revanche, lorsqu’on nous dit que les billets de chemin de fer devraient augmenter de cinquante pour cent d’ici 2017, on se demande quelle est la politique de notre gouvernement fédéral en matière de protection de l’environnement.

En augmentant de manière aussi substantielle les transports publics, il n’incite surtout pas la population à emprunter cette possibilité de transport et à se priver de cette voiture qui nous paraît plus qu’indispensable dans cette perspective malheureuse.