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Jean-Marc Ducotter devant les nouvelles halles.

Chavornay: Centre national des tortues, jusqu’à 4’500 animaux

Jean-Marc Ducotterd ne cache pas sa joie de faire visiter ce qui sera le plus grand centre de Suisse de la tortue. Au début de ce mois d’août, il a permis à 2’200 animaux d’une cinquantaine d’espèces sur 350 recensées dans le monde, d’être transférés dans leur nouveau complexe dont la construction n’est pas encore terminée.

On se souvient que ce CNT permet de recueillir les reptiles dont les familles veulent se séparer après avoir amusé leurs enfants pendant quelques années. Cependant, la durée de vie de ces animaux oscille entre 30 et 150 ans ! Passionné de reptiles dès son plus jeune âge, Jean-Marc a jugé inhumain de relâcher ces bêtes dans nos contrées.

C’est la raison pour laquelle il a décidé de les recueillir. Ce sera le cas pour un demi-millier d’entre elles cette année puisque plusieurs centres alémaniques ferment leurs portes et son centre pourra en contenir jusqu’à 4500 qu’elles soient aquatiques (provenance américaine) ou terrestres (Suisse).

Un lapin à l’origine

La concrétisation de ce centre est l’aboutissement d’une vie, selon l’intéressé lui-même. Il a fallu se battre pour réunir les deux millions nécessaires à la construction de deux halles, de bassins et parcs extérieurs. Du reste, il faudra encore trouver Fr. 400’000.– pour réunir le budget. Les bénévoles ont passé de très nombreuses heures à mettre en place le centre qui devient réalité car plusieurs investisseurs doutaient de la réussite de l’entreprise.

De manière curieuse, la passion de M. Ducotterd est née grâce à un lapin que ses parents lui avaient offert alors qu’il espérait un reptile. Déçu, il s’était promis de se venger en achetant par la suite des tortues pour lesquelles il s’est évidemment passionné. Comme quoi le hasard fait souvent bien les choses. Il faudra toutefois attendre le printemps pour l’inauguration de ce centre unique (CNT).

Jacques NIcolet

Jacques Nicolet à Berne

Pas de très grosses surprises en ce qui concerne la répartition politique vaudoise, avec néanmoins une députation qui sera à majorité de droite au Conseil national : 5 PLR, 4 UDC, pour 5 PS, 2 Verts et deux centristes.

Notre canton, s’il confirme le redressement du PLR, n’illustre pas la forte progression de l’UDC sur l’ensemble du territoire. La délégation UDC à la chambre basse reste composée de quatre conseillers.

La surprise, ce sont les personnes!

Si l’on attendait les sortants, Parmelin et Grin, ainsi qu’éventuellement Buffat, le municipal de Lignerolle, ex-président du Grand Conseil, ne figurait que parmi les outsiders possibles.

En effet, sur la liste UDC, figuraient la présidente vaudoise Fabienne Despot, ainsi que le vice-président national Claude-Alain Voiblet. Ces deux représentants de l’aile dure du parti ont dû s’incliner face à un Jacques Nicolet resté en retrait durant les affaires de cet été et présentant un profil plus agrarien.
Après une bonne présidence du Grand Conseil et un réel engagement en faveur du monde agricole, Jacques se prépare de nouveaux défis qui ne seront pas simples : garder une ligne agrarienne dans un parti dont les élites urbaines promeuvent des positions isolationnistes et anti-migratoires actuellement très virulentes, défendre les intérêts d’une région dont l’économie fonctionne essentiellement grâce aux immigrés et aux frontaliers, défendre la situation difficile d’une agriculture soumise aux lois du marché européen… Il faudra vous retrousser les manches, Monsieur le conseiller national!

A relever la jolie performance d’Alice Glauser de Champvent, peu soutenue à l’interne de son parti et qui termine en 5e position, échouant de peu dans son projet de retour à Berne. Les autres candidats nord-vaudois, que ce soit au PS, au PLR et chez les Verts ont réalisé des scores honorables, mais insuffisants.
Pour ce qui est du Conseil des Etats, les congrès PLR et UDC vont être tout à fait intéressants, puisque l’espoir de reprendre un siège aux roses-verts passe par la nécessité absolue de conclure des alliances, aussi douloureuses qu’elles puissent se révéler…

La réaction de Jacques Nicolet

Au début de cette campagne, Jacques Nicolet se serait contenté d’une sixième place sur la liste de l’UDC. Au fil du temps, certains collègues de parti lui ont permis de penser que, peut-être, il parviendrait à décrocher le graal. Ce qui est fait et il sera le représentant de notre région à Berne. Grâce à un Nord vaudois qui l’a bien soutenu puisqu’il a fait le plus de voix à Orbe, Vallorbe, Ballaigues et forcément Lignerolle.
« En ce qui me concerne, les choses sont allées très vite. Je ne pensais pas que ma première tentative d’entrer au National, serait la bonne. Récolter plus de 37’000 voix est une belle surprise. J’en déduis que mon année à la présidence du Grand Conseil vaudois m’a bien aidé. J’ai connu beaucoup de personnes dans le canton et le monde agricole m’a beaucoup suivi. Donc, je me réjouis de relever ce nouveau challenge et je vais fêter dignement mon élection samedi, jour où je fêterai mes 50 ans ! ».
Bravo et bon anniversaire !

André Bugnon répond à l’Omnibus

A l’occasion de la cérémonie du 1er août, les autorités de Ballaigues avaient invité le conseiller national et ancien président de la Chambre haute André Bugnon (UDC Vaud) et son épouse en qualité d’hôtes d’honneur. A cette occasion, l’Omnibus a pu recueillir en exclusivité quelques réactions à chaud de l’homme politique de Saint-Prex, en particulier sur l’actualité brûlante.

L’euro se négocie cet après-midi aux alentours de Fr. 1.10. Que vous inspire cette quasi-parité ?
A.B. : C’est un problème important pour toute l’économie, en particulier pour l’industrie exportatrice, mais aussi pour le tourisme. Les effets de cette hausse du franc suisse, dont nous connaissons les causes extérieures à notre pays, se font aussi sentir dans un domaine que je connais bien, la viticulture. Les vins étrangers étaient déjà bon marché avant la baisse, actuellement ils le sont encore plus. Mais notre économie a toujours su s’adapter aux circonstances, mêmes exceptionnelles, et j’ai confiance en elle.

Le Conseil fédéral estime que les moyens de lutter contre cette hausse du franc sont inopérants. Ne devrait-il néanmoins pas tenter quelque chose?
A.B. : Le Conseil fédéral ne peut rien faire face à cette situation. Ce serait à la Banque Nationale de faire quelque chose, si quelque chose doit être entrepris. Nous sommes touchés, certes, mais ce n’est pas une catastrophe nationale. En Suisse nous avons d’autres valeurs que simplement la monnaie. Il  est vrai cependant que des effets négatifs pourraient se faire sentir à 6 ou 8 mois, notamment au niveau des carnets de commande et donc de l’emploi.

A travers la dernière initiative UDC pour la régulation de l’immigration, votre parti ne va-t-il pas à l’encontre des intérêts des entrepreneurs , notamment en voulant renégocier l’accord de libre circulation des personnes ?
A.B. : Avec cette initiative, l’UDC veut mieux réguler le flux de l’immigration. Nous ne voulons pas renégocier l’accord de libre circulation, mais c’est peut-être Bruxelles qui le voudra. C’est ça le message que nous voulons faire passer. On doit impérativement adapter notre politique d’immigration à nos capacités d’accueil. Les nouveaux arrivés représentent 40’000 appartements par an, et donc une occupation importante de toutes nos infrastructures. Il faut adapter cet afflux à nos stricts besoins.

Pour les élections d’octobre, que vise l’UDC ?
A.B. : Nous étions parvenus déjà à un très bon score la dernière fois. Atteindre la barre des 30 % semble possible, mais nous visons effectivement le maintien de nos positions avec si possible une petite augmentation de notre députation, en particulier au Conseil des Etats.

Avec 30% des voix, vous imaginez sans doute un changement dans la composition du Conseil fédéral ?
A.B. : On l’imagine, oui. Mais n’oubliez pas que nous n’avons pas la majorité à nous tout seuls. Et qu’il nous faudra donc négocier. Ceci dit, et je le lui avais déjà dit avant son élection, le siège de Evelyne Widmer-Schlumpf est très convoité. Ceci d’ailleurs par plusieurs partis.

Propos recueillis par Olivier Gfeller.