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Conakry

Orbe: Mohamed Bangoura renvoyé hier soir à Conakry

Malgré de nombreuses démarches de dernière minute de la part de ses soutiens urbigènes, on a appris que Mohammed Bangoura avait été renvoyé mercredi soir 26 avril, en début de soirée à Conakry, par vol spécial (détails et réactions dans notre édition du 5 mai)

Luiz de Souza, le municipal en charge a débuté les discours.

Orbe: nouveaux locaux pour la Ciseroc

L’inauguration officielle des nouveaux locaux du Café et Créa-contact mis sur pied par la Ciseroc (Commission Intercommunale d’Intégration suisses et étrangers Orbe-Chavornay) a eu lieu la semaine passée à la rue de la Tournelle 7-9.

Ces locaux étaient déjà en fonction depuis l’automne 2016, mais des travaux de rénovation étaient encore nécessaires. Les services de la commune et les bénévoles ont travaillé d’arrache-pied pour pouvoir terminer à temps. C’est donc dans des locaux pimpants que s’est déroulée cette manifestation. Des municipaux, le personnel de l’administration et les services concernés étaient là.
Luiz de Souza, le municipal en charge de la cohésion sociale, a été le premier orateur.

Il a parlé de l’importance de l’intégration. Grâce au travail de la Ciseroc depuis 2008, ces locaux dynamiques, conviviaux et colorés ont pu voir le jour et contribuer à un meilleur contact entre communautés. La représentante du Centre Social Protestant, Bastienne Joerchel, de son côté, a expliqué le travail de la permanence juridique ouverte par le CSP, présente deux fois par mois dans ces locaux.

«C’est où qu’on rencontre des gens à Orbe?»

Regula de Souza-Kolhbrenner, une des chevilles ouvrières de la Ciseroc, a rappelé que ces locaux sont nés juste d’une question d’une migrante qui lui avait demandé «C’est où qu’on rencontre des gens à Orbe?». Ces locaux étaient vraiment une nécessité, car jusqu’à l’année dernière, les cafés-contact se tenaient à la Maison des Jeunes, mais cela limitait les activités et les disponibilités. Maintenant, il peut y avoir des cours de français deux matinées par semaine, des ateliers de tricot, des cours pour l’examen de la naturalisation. Le café-contact a rapidement pris de l’ampleur, il y a jusqu’à vingt personnes qui viennent boire le café et discuter le jeudi matin; sans oublier le créa-contact, le vendredi tous les quinze jours.

Déjeuner avec l’administration

Les projets ne manquent pas : Regula de Souza aimerait organiser des repas une fois par mois avec l’administration communale, ce qui permettrait de prendre contact d’une manière plus informelle. La cheffe du Bureau de l’Intégration du canton de Vaud, Amina Benkais-Benbrahim, a terminé en relevant l’excellent travail de la Ciseroc et soulignant que les relais sur le terrain étaient primordiaux pour pouvoir répondre aux besoins réels.

Les nombreux convives ont pu ensuite se régaler des mets qu’avaient concoctés les bénévoles et les participant-e-s aux activités, et déguster un verre offert par la commune.

Les derniers migrants et une partie de l’équipe du Gamo.

Orbe: l’abri se vide

A la fin de ce mois de novembre, l’abri PC urbigène n’accueillera plus de migrants. Pour marquer cette fermeture, une petite cérémonie a réuni les personnes qui se sont occupées de nos hôtes durant cette période de cinq ans.

Elles ont été remerciées par Carine Foretia de l’Evam ainsi que par Denis Barclay, président du GAMO (Groupe d’Accueil des Migrants à Orbe).

A leur tour, quelques migrants ont adressé une lettre pour dire à leur tour combien ils avaient apprécié le dévouement de ces personnes alors qu’ils étaient désemparés à leur arrivée en Suisse.

Mal à l’aise

La réunion s’est déroulée dans les locaux de l’accueil de jour. Le lieu était un havre de paix pour ces demandeurs d’asile. Ils aimaient s’y retrouver sans aucune contrainte tout en respectant la structure et le personnel. Au début, ils ont eu de la peine à admettre qu’une femme puisse gérer le centre. Envers et contre tout, Il n’y a pas eu de bagarre, parfois des tensions, notamment entre gens du Maghreb et des Africains de l’Ouest (Nigeria).

Mais tout se calmait lorsqu’ils confectionnaient un repas de midi qui permettait de réunir tout le monde. Ils profitaient des ordinateurs pour prendre contact avec des amis ou des parents (une heure par jour et par migrant). Ils ont aussi fait des efforts pour apprendre le français, car ils avaient tous pour but de travailler un jour en Suisse. Lorsque le permis leur était refusé, l’idée de retourner au pays leur était insupportable.

C’est la raison pour laquelle plusieurs d’entre eux ont subitement disparu. Il faut savoir enfin qu’ils redoutaient le regard des gens d’ici, se sentant mal à l’aise dans leur situation et sans pouvoir travailler.

Merci du coeur

Aujourd’hui, il ne reste essentiellement que des Afghans qui redoublent d’efforts pour obtenir le sésame pour demeurer ici, mais dont l’avenir est très incertain. Au terme de cette petite cérémonie, les responsables ont souligné le travail des assistantes du centre comme des membres du GAMO qui ont fait preuve d’un grand cœur pour épauler ces gens dans la détresse. Beaucoup d’entre eux leur ont donné des cours de français comme l’infatigable Pierre Roemer, Denis Barclay démêlait leurs soucis et avait créé le Ciné-Club de 4 à 7 alors que Willy Reverchon leur proposait des balades dominicales.

A tous ceux qui ont fait en sorte qu’Orbe et ses environs soit accueillant, nous leur disons merci!

Orbe: fermeture de l’abri PC

L’annonce est tombée à la fin de la semaine dernière. L’abri PC du Puisoir sera fermé à la fin de ce mois de novembre. Prévu pour accueillir une cinquantaine d’hommes, il n’héberge actuellement qu’une vingtaine de personnes (23). Selon Carine Foretia de l’EVAM, l’arrivée de requérants a fortement baissé en 2016 alors que l’affluence avait été exponentielle en 2015. Près de 200 places d’accueil se sont libérées dans le canton. C’est la raison pour laquelle nous fermons les structures dans les abris PC qui étaient prévus pour des séjours courts, ce qui n’était plus le cas avec l’afflux de 2015. En plus, des projets de constructions en dur sont sur le point d’être concrétisés comme à Ecublens (200 places). Ballaigues accueillera aussi 80 personnes dans le bâtiment de Jura-Rosaly .

Orbe prête à rouvrir en 24 heures

La Commune d’Orbe avait été informée par l’Etablissement Vaudois de l’Accueil des Migrants (EVAM) de la fermeture prochaine de ces locaux. Elle s’est toutefois engagée à ouvrir rapidement l’abri PC si l’afflux de migrants devait reprendre. La négociation prévoit qu’elle reçoive une compensation financière, même si elle sera autorisée à accueillir des hôtes divers pour un week end en cas de non-occupation. Par contre, les locaux de l’accueil de jour de la rue Ste-Claire ne seront pas réutilisés et la commune n’envisage pas d’occuper le lieu qui ne lui appartient pas. Si des migrants devaient revenir au Puisoir dans le futur, ils iront passer leur journée ailleurs, très probablement à Lausanne. Après avoir permis pendant cinq ans l’installation de ces demandeurs d’asile à Orbe, le syndic Henri Germond tire un bilan positif de leur présence. « Nous n’avons quasiment pas eu de soucis avec ces gens et je considère que tout s’est bien passé, même si parfois des citoyens nous ont dit leur désapprobation ».

Activités maintenues

Ce départ n’inquiète pas outre-mesure le GAMO (Groupe d’Accueil des Migrants à Orbe). Son président, Denis Barclay, a d’ores et déjà réuni son comité pour envisager la poursuite du mouvement. Une cinquantaine de demandeurs d’asile occupent des appartements dans la localité et aux environs. Nous allons les suivre dans leur intégration et l’aide sera plus individualisée qu’auparavant. Nous maintiendrons l’activité du ciné 4 à 7 à la Tournelle et nous tirerons un bilan à la fin de la saison. Il en va de même pour les repas que nous organisons mensuellement de manière à maintenir le dialogue avec les Urbigènes. Enfin, nous allons prendre contact avec la Ciseroc pour éviter une action en parallèle, mais cette dernière s’occupe des gens ayant un permis B alors que nous nous préoccupons de ceux qui n’ont pas encore obtenu ce sésame.

Le CEP de Vallorbe

Berne: coupable mutisme au sujet du CEP de Vallorbe

Depuis l’automne 2015, le bruit court selon lequel le Centre d’enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe – 250 places – va être transformé d’ici deux ans par les autorités fédérales en «centre de départ».

Actuellement, un CEP est la première étape en Suisse d’un demandeur d’asile. Berne veut maintenant transformer le CEP de Vallorbe en dernier abri en Suisse des requérants déboutés, juste avant leur expulsion ou leur départ spontané, la frontière n’étant pas loin.

Ce changement d’affectation exercera une influence notoire sur l’esprit de la population du centre qui passera de celle du «demandeur d’intégration» à celle de «l’exclu attendant le départ forcé».

Les bruits insistants cités plus haut ont même provoqué la décision formelle et de principe du Conseil communal local de se réunir en séance extraordinaire et urgente pour traiter de ce problème, «une fois un minimum d’informations fiables et officielles disponibles».

2015 a vécu, sans que l’on puisse en savoir véritablement plus sur le sort du CEP de Vallorbe, et donc sans séance extraordinaire du délibérant local. Selon nos sources cependant, c’est depuis plusieurs mois que la décision de principe a été prise à Berne. Ce d’autant plus facilement que le centre d’enregistrement actuel est un bâtiment fédéral.

La Municipalité et son syndic Stéphane Costantini n’ont pas été tenus au courant de l’évolution de la situation. Le Secrétariat d’État aux Migrations ne répond pas non plus aux sollicitations de l’Omnibus, même formulées à plusieurs reprises par oral et par écrit. La politesse ne semble donc même plus de mise dans les couloirs bernois, dans lesquels on préfère sans doute le confort d’un mutisme peu courageux à la communication franche.

Cette politique du secret et du fait accompli est insupportable en démocratie. Elle l’est d’autant plus qu’elle fait le lit des extrémistes, qui se servent de cet argument pour louer leurs causes.

Au plan cantonal vaudois, on ne peut pas dire non plus que la plus grande transparence règne. Notamment au sujet des alternatives existant, ou n’existant pas, dans une telle situation et au moment des choix préliminaires effectués par Berne l’an passé.
2016 semble promettre un flux de migrants encore plus dense que celui de 2015. Ne pas tenir compte des efforts consentis et concertés depuis 20 ans par la population de Vallorbe, ses édiles et l’ARAVOH pour choisir de passer en force et en silence ne milite pas en faveur d’une cohésion sociale et d’une adhésion à une politique claire et efficace.

Conseil d’Etat interrogé

Mardi en fin d’après-midi, une interpellation a été déposée au Grand Conseil. Ses signataires demandent au gouvernement vaudois des précisions sur son attitude dans le choix de localisation des futurs centres de départ voulus par Berne, notamment celui de Vallorbe.

Les signataires lui demandent également si des emplacements alternatifs ont été étudiés et comment le canton tient compte de l’opposition vallorbière (Interpellation Denis-O. Maillefer et consorts).

A suivre donc!

Jura-Rosaly

Ballaigues: «Réservons un bon accueil aux requérants»

L’Omnibus l’avait annoncé dans son édition du 30 octobre, ce sont 75 requérants d’asile qui viendront augmenter les rangs de la population de Ballaigues à partir de la semaine prochaine. Ils résideront à Jura-Rosaly, soit à environ 800 mètres en dehors de la localité. «Ils n’arriveront pas d’un coup, mais de façon échelonnée, a précisé le syndic Raphaël Darbellay, qui a par ailleurs «déploré que l’embargo strict qu’il avait exigé sur cette information n’ait pas été respecté et que cette dernière ait pu être diffusée dans la presse avant que le Conseil puisse en être nanti».

Ce séjour est une opération strictement privée entre l’EVAM (Établissement vaudois d’accueil des migrants) et la propriétaire des locaux, opération qui a reçu l’aval du département du Conseiller d’Etat Philippe Leuba. Ce seront avant tout des familles avec des enfants avant ou après l’âge de la scolarité, en provenance de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan et quelques personnes seules. Leur séjour à Ballaigues ne devrait pas s’étendre au-delà du début du printemps 2016, le 31 mars ou 30 avril. La Fondation Grain de Blé, propriétaire des bâtiments, a en effet déjà des réservations pour ses camps de jeunesse habituels ultérieurement en 2016. Le groupe de migrants n’arrive pas sans un encadrement adéquat d’une dizaine de personnes en tout en comptant les cuisiniers, les surveillants, dont un permanent 24 heures sur 24, les travailleurs sociaux et l’administration.

Un point de situation sera fait après la fin du séjour avec les parties en présence, pour déterminer si cette opération pourra être reconduite ou non. L’EVAM (Établissement vaudois d’accueil des migrants) est à la recherche de solutions pérennes, alors que la fondation a besoin de ses locaux durant la belle saison, «ce qui risque de rendre sa réitération plus difficile», a ajouté le syndic. Il a également exhorté la population à réserver un bon accueil à cette population provisoire et nouvelle. «Nous ne sommes pas élus pour créer des problèmes, mais pour les résoudre» a-t-il ajouté, en précisant «qu’il verrait d’un bon œil la création citoyenne d’un groupe d’accueil local. L’ARAVOH sera en tout cas contactée par la commune pour voir dans quelle mesure elle peut aussi s’occuper des migrants ballaiguis». À relever que ce point n’a soulevé aucune discussion ni remarque dans l’assemblée. Des réunions régulières auront lieu, notamment avec la police, pour débattre des éventuels problèmes de sécurité qui pourraient intervenir. «Dans un premier temps et en cas de nécessité ou de problème, la population doit s’adresser directement à moi», a encore ajouté le syndic.

La Grand-Rue n’est pas aux normes

Le Conseil a encore approuvé la vente des actions AVO au groupe Helvetia Environnement «tant qu’un acheteur existe et qu’un prix peut donc être formé». L’exécutif a aussi déposé son projet de budget 2016 qui montre un excédent de recettes et qui a dû donner du fil à retordre à ceux qui l’ont conçu, différents services de l’État – dont les impôts – s’étant trompés de plus d’un million de francs dans leurs calculs.

Un expert a par ailleurs été requis pour constater l’état du goudronnage de la Grand-Rue qui est complètement bosselée. Son verdict est sans appel: sur toute la longueur du village, de la Cure à la sortie direction Orbe, ces travaux ont été jugés «non conformes aux règles de l’art». Le groupe Grisoni – Zaugg qui a effectué les travaux l’été passé doit encore se déterminer, mais il est plus que probable que les travaux de goudronnage final devront reprendre l’an prochain, avec le dégrappage de la dernière couche et une nouvelle pose.

Nos amis africains se réchauffent auprès de la cheminée

Touki Bouki

Le Groupe d’accueil des migrants d’Orbe (Gamo) a pris l’initiative d’offrir à nos hôtes momentanés des séances de cinéma. Avec la complicité du Théâtre de la Tournelle, le président Willy Reverchon et son équipe présentait un premier film, dimanche en fin d’après-midi.

Tourné en 1973 au Sénégal par Djibril Diop Mambéty, ce document nécessitait imagination et attention. A l’époque déjà, l’appel de l’Europe, de Paris en particulier, hantait certains jeunes qui imaginaient une vie de rêve en atteignant le vieux continent.

Dans cette perspective, Mory, l’acteur principal, vend son troupeau avant de commettre quelques actes malhonnêtes pour obtenir l’argent nécessaire pour un voyage en bateau de ligne avec sa compagne étudiante Anta. Mais à l’heure de quitter le port de Dakar, il se ravise et renonce à ce voyage de peur du changement.

Rejoindre le Gamo

Une quarantaine de personnes étaient présentes dont une bonne dizaine de migrants de langue française. Au terme de la projection, un apéro dînatoire était offert permettant quelques échanges avec nos amis africains qui relevaient d’abord que Dakar avait bien changé en quarante ans, tout en précisant que l’attrait de l’Europe demeure intact dans leurs contrées. D’autres séances sont programmées, dont prochainement un film pour les anglophones et on doit remercier le Gamo de veiller à distraire nos migrants.

On précisera encore que le groupe espère élargir ses rangs de bénévoles et vous offre la possibilité de le rejoindre en prenant contact avec Willy Reverchon au 078 795 81 21.

Entre les dortoirs de la commune et l’abri de jour de Sainte-Claire (photo), les migrants n’ont guère l’occasion de se distraire alors qu’ils aimeraient tous travailler.

Orbe: jolie soirée

Entre les dortoirs de la commune et l’abri de jour de Sainte-Claire (photo), les migrants n’ont guère l’occasion de se distraire alors qu’ils aimeraient tous travailler.

Entre les dortoirs de la commune et l’abri de jour de Sainte-Claire (photo), les migrants n’ont guère l’occasion de se distraire alors qu’ils aimeraient tous travailler.

Comme c’est devenu la coutume, migrants et bénévoles se sont retrouvés pour un souper lors du dernier jeudi du mois. C’est à la cure protestante qu’une quarantaine de personnes se sont retrouvées autour de tajines, cuisinée par Fajita, une Marocaine veuve et mère de deux enfants, qui habite la localité depuis quelques années. L’ambiance était extrêmement sympathique et détendue. Plusieurs dames d’Orbe ont eu plaisir à côtoyer ces jeunes gens dont plusieurs ne pourront pas rester en Suisse. Ils proviennent pour l’essentiel de l’Afrique.

Souvent conscients qu’ils ne pourront pas rester là car le travail manque en Europe, pour les continentaux d’abord et forcément pour des gens comme eux. Mamadou, lui, aimerait retourner dans son Sénégal natal et il souhaiterait faire de l’agriculture. Cependant, il lui faudrait un tracteur car dans son pays, il est nécessaire de semer et de récolter rapidement car les conditions atmosphériques sont très vite changeantes. Tous déplorent la conduite des gouvernements de leur région car ils ne se préoccupent guère du sort de la population.

Chose surprenante, les Maliens ne parlent que peu le français alors qu’on imaginait que cette langue était enseignée chez eux. Il en va de même en Tunisie ce qui laisse à penser que la langue de Molière perd grandement de l’influence à travers le monde et surtout en Afrique où la France avait établi de nombreuses colonies. On relèvera encore qu’un Sierra-léonais se trouve en Helvétie depuis plus de douze ans mais n’obtient pas le permis qui lui permettrait de travailler. Ils ont tous ce vœu en tête mais leurs chances d’œuvrer en Suisse sont désormais bien minces. Malgré ces perspectives peu enthousiasmantes, ils ont pris du plaisir tout en donnant le coup de main afin que le repas se passe bien et ont apprécié ce moment de partage.

Photo Pierre Mercier

Vallorbe: l’ARAVOH fête les Journées du réfugié

Samedi passé s’est déroulée à Vallorbe, dans les nouveaux locaux de l’association proches de la zone marchandises de la gare, la traditionnelle assemblée générale annuelle de l’ARAVOH (Association auprès des Requérants d’Asile Vallorbe Oecuménique et Humanitaire). Cette assemblée coïncidait avec la célébration internationale des Journées du Réfugié instaurées par le UNHCR, Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et toutes les organisations nationales concernées.

Comme il se doit, l’ARAVOH a voulu marquer ce jour en tenant son assemblée et en organisant, l’après-midi, une partie récréative et musicale.

Déménagement et internet corner

Comme le disait la présidente Yvette Bourgeois, «2011 aura été l’année du déménagement dans nos nouveaux locaux, l’aboutissement de 3 années de pourparlers et de patience». A noter que les locaux en question appartiennent à la commune, sur un espace loué aux CFF. Le loyer que doit payer l’association a augmenté de 50% par rapport à l’ancienne situation, ce qui est beaucoup pour une organisation qui ne vit que de dons. Mais avec une surface doublée, l’accueil a été très nettement amélioré. Les migrants disposent désormais d’un coin internet, doté de plusieurs stations de travail qui leur permet, par sessions limitées dans le temps, de garder le contact avec des proches ou de prendre des nouvelles de leur pays d’origine ou du monde.

Travail en augmentation

Le travail augmente pour les équipes de bénévoles, à l’image des arrivées au CEP. Pour diverses raisons, certains bénévoles doivent cesser leur activité. L’association cherche donc avec le plus grand intérêt toute bonne volonté qui serait prête à donner un peu de son temps pour une tâche noble et désintéressée. Au point de vue de leurs origines, l’essentiel des migrants provient toujours du continent africain. En particulier d’Erythrée, du Nigéria et de Guinée(s).

Sur le plan financier, les dons sont en légère diminution, sans toutefois que cette baisse soit considérée comme problématique. «2011 était sur ce point aussi une année exceptionnelle» précise encore la présidente. L’après-midi, Jimi Mamadou et Silla Mor, deux percussionnistes de Art and You ainsi, entre autres, que quatre artistes issus de l’école de cirque Corps’Accords de Vallorbe-Ballaigues sont venus pour animer une partie récréative et informelle à laquelle de nombreux migrants du CEP ont participé.

Photo Olivier Gfeller

De g. à dr: Willy Reverchon, président du GAMO et Richard Arnold.

Orbe: le GAMO fait ses gammes

De g. à dr: Willy Reverchon, président du GAMO et Richard Arnold.

De g. à dr: Willy Reverchon, président du GAMO et Richard Arnold.

Une quinzaine de personnes avaient fait le déplacement à la cure protestante pour la séance constitutive du Groupe d’Accueil des Migrants à Orbe en ce début du mois de juin.

A l’instar d’autres localités du canton qui se sont vues désignées pour accueillir un contingent de requérants d’asile, l’idée a germé auprès de quelques Urbigènes et villageois de la région, sensibilisés à la problématique, de créer une association officielle. Des activités d’entraide et de soutien ont déjà été proposées, telles que du sport ou la découverte de la région.

L’équipe de bénévoles passe maintenant à la vitesse supérieure et crée cette association qui prévoit en son article 3 «d’offrir en collaboration avec l’EVAM et la commune d’Orbe des prestations qui améliorent la qualité de vie des requérants(…)»

Il est précisé que le GAMO est indépendant en matière politique et confessionnelle et qu’il n’entreprend aucune action de prosélytisme.

Si vous désirez rejoindre les rangs de cette toute récente association ou simplement proposer votre aide ponctuelle, vous pouvez contacter Mme Lyne Gasser au 021 331 57 17.

Photo: Denis-Olivier Maillefer

La table anglophone au Cheval-Blanc.

C’était aussi Noël pour les migrants

La table anglophone au Cheval-Blanc.

La table anglophone au Cheval-Blanc.

Depuis plusieurs années, la patronne du restaurant le Cheval-Blanc Martina Osmanovska invite celles et ceux qui le souhaitent à partager le repas de midi du 24 décembre qu’elle offre de bon cœur dans son établissement.

Une contribution mise sur pied alors qu’elle cherchait à faire en sorte que Noël soit aussi une fête pour les défavorisés. «Ceux qui ont le moins n’osent pas venir» regrette-t-elle, «et paradoxalement, si on regarde la situation économique actuelle, les inscriptions étaient en légère diminution cette année».

Cette année, au nombre des invités, figurait pour la première fois une vingtaine de migrants, arrivés depuis peu à Orbe. Accompagnée du Municipal en charge des affaires sociales Pierre Mercier, la petite troupe a rallié le Cheval-Blanc vers midi pour y déguster l’excellent menu que leur avait concocté Martina. L’Omnibus s’est glissé parmi eux pour tenter de comprendre un peu ce qui les pousse à venir en Suisse. Et la réponse, sans être unanime, est très globalement du même ordre.

Des parcours de vie qui se ressemblent

Pour Ahmed *, tailleur de métier de 35 ans venant de Guinée-Bissau, «en plus d’un régime encore récemment militaire et qui est maintenant une démocratie à l’Africaine (tu es dans le «bon» mouvement ou tu dégages sauf à risquer ta peau), l’économie locale profitant vraiment aux populations locales est complètement déstructurée. Pas moyen pour un petit de gagner correctement sa vie».

Pour Jules *, qui vient de Mauritanie sans formation et qui n’a guère plus de 23 ans, le régime islamique de son pays maintient le citoyen de base dans l’ignorance: pas moyen d’apprendre valablement un métier, «sauf si quelqu’un de ta famille a suffisamment d’argent ou est suffisamment proche du pouvoir. La démocratie réelle n’a pas non plus cours à Nouakchott. En plus, les bateaux de pêche européens viennent piller les ressources halieutiques du pays».

Pour Tarik *, qui vient d’Afghanistan et qui a fait un voyage de 7000 kilomètres à travers de nombreux pays avant d’être interpellé dans un pays de l’est, la démarche est avant tout sécuritaire: il risque tout simplement sa peau pour avoir combattu dans une tribu retranchée dans les montagnes de la frontière avec le Pakistan. Comme c’est le cas de John *, arrivé du Libéria, actuellement pacifié, mais qui a combattu il y a quelques années dans les rangs de l’armée des milices de Charles Taylor et qui depuis lors craint pour sa vie. «Même avec ce danger, si je pouvais acquérir une formation, je serais prêt à rentrer chez moi ensuite pour pouvoir utiliser ces connaissances au service de mon pays d’origine» assure-t-il.

Le lancinant problème de l’inactivité forcée

Ni les uns ni les autres ne comprennent pourquoi on les parque dans un abri pas très salubre à l’air pollué et chargé de microbes, pourquoi on ne leur sert pas suffisamment à manger (un petit sandwich pour midi, un repas en barquette le soir) alors qu’on leur refuse le droit de travailler. D’une seule voix, ils déplorent de devoir passer leurs journées à ne rien faire et seraient prêts à accepter à peu près n’importe quel travail: le sésame à leurs yeux d’une condition d’homme acceptable.

Sans tomber dans l’angélisme, il faut reconnaître que le déracinement, la multiplication des procédures, l’attente, les déplacements très difficiles rendent la vie de ces hommes pas simple. Ils ont certes choisi l’exil, mais à voir ces forces vives et jeunes laissées de côté, on a un peu l’impression que la politique suisse en la matière marche sur la tête. Si au lieu de chercher à n’accepter que le réfugié «politique» si difficile à distinguer des autres, on permettait aux migrants de travailler même s’ils sont venus en Suisse pour ça, on économiserait sans doute beaucoup sur les frais de leur encadrement et on verrait ensuite que seuls resteraient sur place ou presque ceux qui effectivement trouvent du travail.

Une autre vision de la migration dont la Suisse vieillissante devrait pouvoir tirer avantage. Un investissement sur l’avenir, plutôt qu’une charge importante à fonds perdus dont personne n’est satisfait.

* Les prénoms ont été modifiés pour des raisons de discrétion. Les témoignages sont quant à eux bien réels.

Photo Olivier Gfeller