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Orbe: Lancement de Gruvatiez

Le syndic Henri Germond s’est réjoui d’abord d’accueillir autant de monde pour la présentation du projet OPL (One Planet Living, traduire par «une planète pour vivre») prévu à Gruvatiez. En accord avec le WWF Suisse et l’entreprise Orllati, la Municipalité d’Orbe a pris le pari d’être la première commune de Suisse à accepter un quartier OPL. Pour obtenir ce label, les constructeurs ont adhéré à un code en dix points pour un total de 170 mesures en matière d’écologie. A titre d’exemple, il s’agira de construire des immeubles avec des matériaux de qualité, en produisant une partie de l’énergie nécessaire grâce à des panneaux solaires posés sur les toits plats et de diminuer considérablement les nuisances des effets de serre (pas de voiture en surface et parking en sous-sol), tout cela dans un écrin de nature.

En associant des citoyens sceptiques aux différentes commissions qui ont étudié le projet, elle s’est assurée de l’adhésion de l’essentiel de la population. Le plan se découpera en quatre étapes dont la première vient d’être mise à l’enquête pour la construction de six immeubles, à une quinzaine de mètres du bord de la route de Saint-Martin. 226 logements de 2,5, 3,5 et 4,5 pièces (de 50 à 85 m2) avec loggia se loueront pour les 2/3 d’entre eux alors que le solde sera vendu. En principe, les premiers travaux devraient commencer en 2018 pour se terminer deux ans plus tard.

Plaidoyers convaincants

Le projet a été présenté par Mme Martinson (WWF), MM. Rebetez (ingénieur GEA) et Ischer (Orllati Real Estate) qui ont su convaincre et répondre aux différentes questions. Il n’est pas de doute que la disposition des bâtiments et des allées a démontré que la convivialité sera un argument de poids dans le projet puisque des salles communes permettront aux habitants de se rencontrer.

Des locataires qui auront aussi pour tâches d’entretenir le parc dans lequel ils se trouveront, en ayant aussi le loisir d’entretenir des jardins communautaires. Des commerces prendront place comme la Migros, qui maintiendra une antenne en ville, Denner, une pharmacie et probablement quelques petits commerces dont un café-restaurant. Par contre pour le moment, plus mention de la permanence médicale qui devrait quitter l’ancien hôpital à moyen terme et qui pourrait trouver place dans Pôle Sud ou ailleurs dans la localité.

Pas de grenouilles

A l’heure des questions, aucune n’a concerné la hauteur ou la grandeur des immeubles. On s’est inquiété de savoir ce qu’il en coûterait à la commune qui a précisé que le promoteur Orllati s’est engagé à débourser 6 millions pour les infrastructures. Les 2,5% de logements sociaux, dans un premier temps, ont paru bien peu pour quelques personnes. Comme le WWF fera des contrôles permanents pour garder le label OPL, on s’est demandé si les locataires devront s’engager à respecter une charte.

D’autres se sont inquiétés de la rupture entre les différents quartiers de la ville avec un secteur qui pourrait avoir tendance à vivre en autarcie. Un problème que la commune n’a pas nié et sur lequel elle planche pour garder le lien entre les Urbigènes (Urbabus, passerelle sur l’Orbe, etc.). À propos, le RER a fait l’objet de quelques questions afin de savoir quand cette liaison avec Lausanne et Yverdon aboutira dans la cité aux deux poissons. Enfin, concernant le biotope qui devrait prendre place à l’arrière de la parcelle, une personne a recommandé de ne pas introduire de grenouilles qui font énormément de bruit en certaines périodes de l’année!

Les dix nouvelles résidences des Jardins de la Poudrière.

Orbe: les Jardins de la Poudrière, un nouveau quartier qui a des idées

Le projet, issu d’une collaboration entre les sociétés DVSN, Valgérance et le bureau RDT54, est aussi décrit comme une PPE à ciel ouvert. Le nouveau petit lotissement des Jardins de la Poudrière affiche des idées novatrices; outre un chauffage à distance à pellets et des panneaux photovoltaïques intégrés aux tuiles, l’électricité produite in situ sera achetée par les propriétaires et alimentera le pot commun de la PPE. Les habitats seront dotés d’un système intelligent permettant de gérer les différents domaines de la maison: sécurité, communication, confort. Des tableaux de bord interactifs et connectés permettront à chacun de surveiller ses consommations énergétiques, par exemple.

Atypique à Orbe

Qualifié d’atypique par le concepteur du projet, Johann Lachat, le nouveau quartier se distingue par un réseau de sentiers desservant les logements. L’absence de voitures à proximité immédiate des maisons et les espaces extérieurs libres de clôtures permettront une perméabilité des circulations. Un concept qui favorisera les rencontres entre habitants tout comme les jardins potagers pensés eux aussi dans le but de rassembler les familles.

De nouveaux Urbigènes

Le site accueillera autant les familles de la région que d’autres, plus citadines. Celle contactée par l’Omnibus se réjouit d’emménager à Orbe, dont elle est «tombée en amour»: «on aime cette ville charmante avec tout à proximité et tout à pied». Elle ajoute avoir eu un vrai coup de coeur pour le concept du quartier: «sans voiture, une petite communauté dans la verdure».

Presque un écoquartier…

Attentif à sa consommation énergétique, propice à la création de lien social avec une PPE envisagée comme une communauté solidaire, le lotissement a des arguments en faveur de la durabilité. La biodiversité ne sera pas en reste, car l’abattage des vieux fruitiers sera compensé par la plantation d’un nouveau verger et d’arbustes indigènes. Une prairie fleurie permettra aux nouveaux et nombreux bambins d’apprécier les joies de la campagne en ville…

Orbe: ville riche d’histoire et pleine d’avenir

Vue d'Orbe

Vue d'Orbe

Perchée sur un rocher, Orbe a une situation idéale pour surveiller la plaine du lac de Neuchâtel jusqu’au lac Léman. Elle a été depuis fort longtemps un lieu de passage entre Lausanne et Besançon.

Le plateau de Boscéaz était déjà habité au Néolithique (IVe siècle avant J-C). Les archéologues situent ensuite un premier établissement gallo-romain vers la fin du Ier siècle après J-C et la villa romaine des Boscéaz, où se trouvent les mosaïques, est datée entre la fin du IIe siècle et celle du IIIe. A noter que villa à l’époque signifiait bâtiment agricole. Le site a été, semble-t-il, simplement abandonné.

La situation actuelle de la ville date, elle, du Moyen-Age. Deux parties distinctes sont installées sur les rives droite et gauche de l’Orbe. Son nom viendrait, non comme on le croit souvent de «Urbs» (ville en latin), mais du nom de la rivière Orbe, venant du celte.

Voilà en gros les origines de la ville. Pour la suite, on peut consulter le site de la commune, www.orbe.ch, menu Officiel, puis «présentation de la commune» et enfin l’onglet «histoire», d’où  toutes ces informations ont été tirées.

Pôle agroalimentaire

Donc, la ville d’Orbe existe depuis fort longtemps, elle était une étape sur la route entre Lausanne et Besançon, petit bourg mi-rural, mi-citadin. Elle a ainsi traversé plusieurs siècles. Cependant dans son développement moderne, le grand tournant a été sans conteste l’installation en 1898 de la fabrique de chocolat Peter, qui a ensuite, en 1929, été rachetée par Nestlé. Avec Hilcona et Guignard Desserts, Orbe est devenu petit à petit un pôle important de l’industrie agroalimentaire.

Le syndic, Claude Recordon, en place depuis octobre 1990, souligne que les dossiers deviennent de plus en plus complexes et les projets sont souvent freinés par une législation beaucoup trop lourde. Il pense que si on veut avancer, il faudrait changer ce système et qu’un cadre légal beaucoup plus souple permettrait un développement plus imaginatif.

Une grande partie de l’énergie pour des projets (passés ou futurs) est consacrée à l’obtention auprès du Canton des permis ou autres autorisations nécessaires. Deux ans pour obtenir le permis de construire pour Nestlé, dont les travaux ont enfin pu démarrer récemment. Les activités industrielles sont pourtant vitales pour le développement de la ville.

La récente étude auprès de la population montre que les Urbigènes sont attachés à la tranquillité et son ambiance sympathique est conviviale. Il y cependant deux aspects un peu contradictoires à relever : une partie apprécie le calme du centre ville, mais se plaint en même temps du manque de places de parc de proximité et de leur coût. Les Urbigènes aimeraient également de meilleures infrastructures sportives.

La ville a atteint une taille critique, il y a de plus en plus d’habitants qui aimeraient plus d’infrastructures dites de confort, mais son nombre ne permet pas encore d’assurer le  financement serein de tels investissements.

Urbanisme contesté

Cependant, ces derniers temps quelques projets ont été contestés. Celui de construction de nouveaux immeubles en Plamont a fait l’objet d’un référendum et a été rejeté par une majorité des votants. La construction d’un parking sous la place de jeux au bout de la Grand-rue est remise en cause, le nombre de signatures suffisant pour un référendum a été récolté très rapidement et fera l’objet prochainement d’une votation.

Le Comité référendaire veut garder une certaine qualité de vie à Orbe et refuse qu’on construise d’une manière excessive. D’autre part, les commerçants sont inquiets quant à l‘accessibilité de leur commerce, les places de parc supprimées envoient la clientèle ailleurs.

Plusieurs projets

La construction d’un nouveau complexe sportif est à l’étude, qui pourrait se situer en contre-bas du camping à la sortie nord de la ville. Un autre manque relevé par l’enquête est le nombre de places d’accueil pour la petite enfance. Là-aussi un projet de construction d’une nouvelle garderie en partenariat avec Nestlé est en cours à la rue de la Tournelle.

Après la réfection de la Tour ronde et du Casino, il ne manque plus que le feu vert du service des monuments historiques pour commencer de grands travaux de rénovation et d’agrandissement de l’Hôtel de ville. Le service cantonal n’est pas d’accord avec les transformations intérieures qui toucheraient le mur séparant l’Hôtel de ville du bâtiment de la Croix-d’Or. Encore un de ces projets qui prend du retard à cause de tracasseries cantonales, alors que les travaux devaient commencer fin août et qu’il n y avait aucune opposition, relève le municipal des travaux, Henri Germond. Une lettre a été adressée au début de l’été au conseiller d’Etat en charge, François Marthaler, mais la réponse se fait toujours attendre.

Amélioration des transports

Une meilleure offre en matière de transports publics fait partie des souhaits des habitants de la région. A long terme, les différents partenaires planchent sur un projet de RER vaudois, qui relierait Orbe directement à Lausanne. Les transports urbains posent aussi un  problème, surtout pour les habitants du nord de la ville qui sont loin du centre.

Le service mis en place par Car postal n’est pas très concluant, mais les moyens à mettre en oeuvre pour assurer des communications à l’intérieur de la cité coûteraient évidemment très cher.

Au niveau des écoles, il y aura dans un avenir plus ou moins proche quelques chamboulements : l’application de la loi Harmos, l’arrivée de nouveaux élèves, le projet de réunir les trois sections du collège (VSO, VSG, VSB) nécessiteront certainement de nouveaux bâtiments, qui se construiraient alors derrière le collège de Montchoisi.

Imaginer l’avenir

Tel un slogan de campagne électorale, le syndic est très positif quant à l’avenir. La crise ne touche pas le secteur agroalimentaire et de ce côté-là la situation est sereine. Il n’a pas de statistique par rapport au commerce local mais celui-ci ne semble pas autrement touché.

Il se félicite surtout de la bonne entente et collaboration au sein des membres de la Municipalité et avec les conseillers communaux, qui permettent de bien travailler et de faire avancer les dossiers.

Photo Natacha Mahaim