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Danilo Wyss.

Le tour de Romandie pour Danilo Wyss

Danilo Wyss.

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La boucle romande commencera mardi 23 avril au Châble (VS) par un contre la montre en côte. Pas de quoi faire les affaires de Danilo Wyss qui n’appartient pas à la catégorie des grimpeurs. L’Urbigène a pourtant réussi un bon début de saison. Il s’est notamment illustré au tour de Catalogne où il a pris trois cinquième place et une neuvième dans cette épreuve de sept jours de course. Un résultat qui l’a rassuré sur son état de forme puisque le coureur de la BMC venait de fêter un événement avec la naissance de son fils Liam.

Période pendant laquelle il a partagé son temps entre l’hôpital et la garde de sa fille Milana, délaissant un peu l’entraînement. Il a enchaîné avec Paris-Roubaix, classique durant laquelle il a servi d’équipier pour ses leaders. Après avoir participé activement à une longue chasse derrière un groupe d’échappés, il a posé pied à terre après 160 kilomètres à la suite d’ennuis mécaniques. Il prenait encore le quinzième rang de la Flèche Brabançonne, remportée par le Slovène Sagan devant son coéquipier de la BMC, Philippe Gilbert.

Les Sky en favoris

Il est donc prêt pour le tour de Romandie dans une formation qui aura pour chef de file le Valaisan Steve Morabito mais aussi Taylor Phinney. Il est trop tôt pour savoir si cet Américain ne visera que les sprints, l’une de ses spécialités. Si c’était le cas, Danilo devra se contenter d’un second rôle. Pourtant, le parcours de cette édition lui paraît très à sa convenance. Il a notamment noté que les étapes de Renens, Granges (SO) et Payerne pourraient se terminer au sprint. Il entend forcément s’illustrer lors de celle qui passera par la Plaine de l’Orbe (Bavois, Chavornay, Orbe, Mathod, etc.), le jeudi 25 avril en tout début d’après-midi. Les favoris de ce TdR seront les coureurs de l’équipe Sky qui trustent les victoires dans les compétitions d’une semaine en ce début de saison, l’Anglais Froome et l’Australien Porte en tête, qui entendent succéder, au palmarès, à leur coéquipier Bradley Wiggins, vainqueur également du tour de France, l’an passé.

Danilo Wyss : été déterminant

Danilo Wyss emmène le peloton.

Danilo Wyss emmène le peloton.

Le professionnel urbigène a pris quelques jours de repos après le Tour d’Italie. C’était la première fois que Danilo Wyss prenait part à un grand tour

Un peu par hasard puisque cette épreuve n’était pas agendée à son calendrier. Il en est ressorti satisfait de sa prestation. «J’ai fait mon boulot qui était de protéger au maximum Cadel Evans, notre leader et champion du monde en titre.

Je me suis aussi rendu compte que j’étais capable de rouler durant trois semaines consécutives. J’ai notamment pu me glisser à deux reprises dans des échappées. En revanche, je ne me suis jamais immiscé dans un sprint car je devais avant tout accompagner notre leader.

Je garderai de magnifiques souvenirs comme cette arrivée dans les arènes de Vérone ou le moment où Evans a endossé le maillot rose».

Suisses à 9 ou à 3 ?

Danilo espère se rendre aux Championnats du Monde, qui se dérouleront à Melbourne (Australie) pour autant que la sélection helvétique puisse aligner neuf coureurs. «Si seuls trois Suisses pouvaient s’y rendre, selon les critères de l’Union Cycliste Internationale, je n’aurai aucune chance. A neuf, j’ai bien plus de chances mais il me faudra être en forme durant les prochaines épreuves.

Après m’être reposé et entraîné du côté de Chandolin, je me rendrai au tour de Wallonie du 24 au 28 juillet, puis au tour de Pologne du 1er au 7 août avant de disputer deux épreuves d’un jour soit à Hambourg (13 août) et à Plouay (20 août). Si j’obtiens des résultats à ces occasions, j’imagine pouvoir faire partie de la sélection».

Triste pour Cadel

Joint devant son poste de télévision alors que les cyclistes abordaient les Pyrénées, il avouait qu’il voyait Contador s’imposer finalement car il ne pensait pas que le Luxembourgeois Schleck ait les moyens de creuser l’écart sur l’Espagnol dans la montagne.

Il éprouvait aussi un peu de peine pour Cadel Evans qui ne pouvait pas faire mieux avec un coude fissuré. Un tour de France auquel il aurait pu participer mais auquel il a renoncé car il lui semblait démesuré de faire deux grands tours à la suite. Belle sagesse !

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Danilo Wyss

Danilo Wyss : BMC prend de l’ampleur

Danilo Wyss

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Le cycliste urbigène a terminé sa deuxième saison au sein du peloton des professionnels. Une année durant laquelle il n’a gagné qu’une étape, au tour de Beauce au Canada. Malgré ce maigre bilan, Danilo Wyss estime avoir progressé: «Au contact de Markus Zberg, j’ai appris à mieux me placer à l’approche des sprints, à connaître davantage les finesses dans un emballage final, à mieux sentir la course.

En un mot, j’ai acquis une expérience certaine et je n’ai pas le sentiment d’avoir effectué une moins bonne saison que la précédente. En outre, j’ai la confiance de mon équipe puisqu’elle a prolongé de deux ans mon contrat alors que les deux autres néo-pros suisses, engagés comme moi il y a deux ans, ont moins de chance.

Steve Bovay s’arrête car il n’a pas reçu de proposition. Il est vrai que le Montreusien a souvent été blessé au mauvais moment. Quant à Martin Kohler, il devra prouver en 2010 qu’il a bien la stature d’un professionnel pour demeurer parmi nous».

Votre équipe s’est singulièrement renforcée ; quel sera son programme en 2010?

- Nous sommes sûrs de disputer toutes les grandes classiques printanières. Nous participerons au Giro et peut-être au tour de France. Parmi les nouveaux venus chez BMC, le champion du monde, l’Australien Cadel Evans, sera notre leader. Nous pourrons également compter sur son prédécesseur au palmarès mondial, l’Italien Alessandro Ballan.

Nous bénéficierons aussi de l’expérience de l’Américain Georges Hincapie ainsi que du Hollandais Karsten Kroon, deuxième de l’Amstel Gold Rade en 2009. Donc, notre équipe va devenir l’une des meilleures du peloton et passe au statut international après avoir été d’abord américano-suisse.

Elle sera toujours dirigée par le Belge John Lelangue qui sera assisté par l’ancien coureur italien Fabio  Baldato et le sélectionneur de l’équipe de Suisse, René Savary.

En ce qui vous concerne, comment se présente 2010?

- Je vais commencer gentiment en Australie. Je pars le 8 janvier pour Adelaïde et je participe à un tour dès le 18 alors que le reste de l’équipe se préparera en Californie. Je vais disputer l’essentiel des classiques du début de saison avec un rôle d’équipier et je compte bien m’illustrer sur Paris-Roubaix, course dans laquelle j’ai terminé troisième chez les espoirs en 2007.

Je sais qu’il n’est pas facile de s’illustrer sur les pavés du Nord. Il faut de la force et de la fluidité et je pense avoir acquis une certaine cadence de pédalage qui devrait me permettre de bien figurer, pour autant que la chance m’épargne des différents malheurs que nous réserve cette course. Je ferai l’impasse sur les grands tours. En revanche, il m’intéresserait de disputer la Vuelta mais le tour d’Espagne n’est pas, pour l’instant, au programme de BMC.

Le Zurichois Andy Rhys est le patron de cette formation américano-suisse ; est-ce un avantage pour le Vaudois que vous êtes?

- Sûrement, car il suit l’évolution du cyclisme dans notre pays. L’ancien patron de la Phonak est un passionné de vélo. Il était notamment avec nous lors du GP Tell, réservé au moins de 25 ans. Il est très souvent sur les courses.

C’est vraiment un type formidable qui rêve de voir son équipe disputer le Tour de France, après son immense déception de 2006 lorsque son coureur Flloyd Landis avait remporté la Grande Boucle avant d’être déclassé pour dopage. Et si M. Rhys a engagé, pour la prochaine saison, des grimpeurs comme Evans, c’est qu’il imagine que notre équipe sera sélectionnée pour la grande messe du cyclisme au mois de juillet.

Vous qui êtes en phase de préparation, j’imagine qu’il est difficile de rouler ces temps dans nos campagnes?

- C’est vrai que la météo n’est pas favorable. Par bonheur, j’ai effectué trois semaines de cours de répétition au Tessin et j’ai pu m’entraîner tous les jours avec d’autres professionnels helvétiques. Ces jours, je travaille la force et la musculation au Centre Thermal d’Yverdon. J’ai participé au cyclocross d’Orbe et j’ai beaucoup de plaisir à courir sur mes terres même si je ne suis pas un spécialiste du vélo dans les champs.

Le cyclisme souffre du dopage ; pensez-vous que les choses s’améliorent?

- Je suis persuadé d’abord que l’on peut faire une carrière sans avoir recours aux produits dopants. Avec le carnet de santé, j’imagine qu’il est difficile de tricher. Personnellement, j’ai subi une vingtaine de contrôles anti-dopage, l’an passé, dont une dizaine à la maison alors que j’étais en période d’entraînement.

Bien plus que Swiss Olympic, c’est l’Agence mondiale anti-dopage (Wada) qui est venue sonner à ma porte. Si bien que j’en déduis que la majorité du peloton professionnel doit être propre. Cela dit, malgré toutes ces affaires, le public continue de nous suivre.

Il n’est qu’à voir la foule lors du Tour de France et aux Etats-Unis, où j’ai couru à plusieurs reprises en 2009, devant des foules nombreuses. Je pense que le public nous a pardonné alors que la presse, européenne, est toujours sceptique vis-à-vis du cyclisme, malheureusement.

Photo Serafina Tumminello