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Conte de Noël: l’histoire d’un sourire

Connaissez-vous l’histoire de Matchu… le petit lama blanc du Pérou?

Nous pourrions dire que son histoire commence depuis sa naissance, depuis le jour de son premier sourire. Ou encore depuis son premier galop dans sa vallée au Pérou, depuis le jour où il n’arrête pas d’aider et d’aimer ceux qui l’entourent.

Ou alors depuis qu’il rêve de pouvoir, ne serait-ce qu’une seule nuit, tirer le traineau du Père Noël afin de l’aider à livrer ses cadeaux. Oui, nous commencerons là cette histoire…
Dans la Vallée, tous les lamas connaissaient Matchu, il était apprécié de tous. C’est pourquoi, lorsque le petit lama blanc annonça qu’il voulait aller au Pôle Nord afin de se présenter comme «nouveau renne» du Père Noël, tous ses amis l’encouragèrent.

C’est donc un jour de décembre que Matchu partit pour le Pôle Nord afin de tenter sa chance. Arrivé devant la maison du Père Noël, il se trouva être le seul lama parmi plein de magnifiques rennes. Des rennes grands, d’autres forts, certains avaient leurs plus belles parures, tandis que d’autres galopaient plus vite qu’un éclair. Lorsque tous les rennes le virent, aucun ne put s’empêcher de rire en lui demandant s’il ne s’était pas trompé d’adresse.

Mais notre petit lama blanc était tellement heureux d’être là, devant la maison de Père Noël, de rencontrer les elfes, de découvrir toute cette neige magique et de voir s’illuminer l’immense sapin, que rien n’arrivait à faire baisser son sourire.

Lorsqu’un elfe demanda à tout le monde de se mettre en ligne afin de montrer les talents de chacun sur un parcours, les rennes se bousculèrent et Matchu… se retrouva le dernier de la file. Mais le petit lama restait heureux de pouvoir ainsi observer les magnifiques prouesses des rennes. Il les regarda sauter au-dessus de très grandes barrières, galoper dans le vent et avoir cette allure royale et si sérieuse. Puis ce fut son tour. Matchu n’était pas trop sûr de lui, ni de ce parcours d’obstacles si compliqué. Mais s’il y avait une chose dont il était sûr, c’est qu’il avait de la chance d’être là, de voir le Pôle Nord et d’essayer de réaliser son rêve. Il se réjouissait de pouvoir ramener un peu de neige magique à ses amis et ainsi partager avec eux ce bonheur.

Alors, le petit Matchu s’élança. Il sauta par-dessus les obstacles très maladroitement, mais eut l’impression pourtant de voler. Il galopa, pas très vite…, mais eut l’impression d’aller aussi vite qu’une étoile filante. Puis lorsqu’il voulut s’arrêter à la ligne d’arrivée… badaboum patatra! Il tomba! On ne distinguait presque plus notre petit lama blanc dans la neige… mais ce que l’on voyait par contre, c’était son merveilleux sourire.

Les rennes éclatèrent de rire et se moquèrent de lui. Mais le Père Noël, qui était sorti discrètement de sa maison et avait tout vu, s’approcha de Matchu et lui dit «J’ai trouvé mon renne. Je cherchais la force du cœur et la beauté de la vie. J’ai trouvé tout cela dans ton sourire. Cette belle énergie qui vient du cœur.»

Depuis ce jour-là, si vous regardez bien, vous verrez une toison blanche devant le traîneau du Père Noël. C’est le petit Matchu qui vient vous offrir son sourire…

Une liste de Noël différente

Il était une fois une petite souris qui s’appelait Tilsit et qui vivait avec toute sa famille. Tilsit était un petit souriceau de quelques mois, qui allait découvrir Noël pour la première fois.

Un peu inquiet de savoir si le Père Noël offre aussi des cadeaux aux petites souris, il demanda à sa maman comment faire pour qu’il ne soit pas oublié. Sa maman lui expliqua qu’il fallait faire une petite liste avec son frère et ses sœurs afin de l’envoyer au Pôle Nord.

Le souriceau tout excité à cette formidable idée alla vers sa fratrie. Kiri, Babybel et Mozzarella, ses sœurs toutes follettes et très pipelettes, lui racontèrent tous les cadeaux qu’elles allaient inscrire. Il y avait des poupées, des peluches, du maquillage et des perles. Tilsit demanda à son frère Gouda si lui aussi allait demander tout cela, mais ce dernier se mit à rire aux éclats ! Lui, vouloir des trucs de filles !! Jamais de la vie !! Gouda voulait une voiture téléguidée et un château fort de chevalier pour jouer à «de vrais jeux musclés».

La liste s’allongeait, tandis que Tilsit n’avait toujours rien écrit. Maman souris amena une magnifique enveloppe dorée prête à transporter la précieuse lettre pour le Pôle Nord et vit qu’il manquait les cadeaux pour son petit dernier.

Le petit souriceau s’était isolé dans sa chambre pour faire sa liste à lui, bien fermée dans une enveloppe afin que personne ne puisse la voir, à part le Père Noël bien sûr. Il la donna à sa maman un peu surprise de cette situation et les deux enveloppes partirent pour le grand froid.

Durant tout le mois de décembre Tilsit, refusa de dire à qui que ce soit ce qu’il avait demandé sur sa liste et attendait le passage du Père Noël avec grande impatience.
Le matin de Noël, les cadeaux étaient bien là, le Père Noël avait non seulement pensé aux souriceaux, mais aussi bien reçu leurs listes. Les sœurs toujours aussi bavardes étaient déjà en train de se raconter des histoires en jouant avec leurs nouvelles poupées. Gouda, lui, était en pleine construction de son grand château fort et Tilsit... avait disparu.

Lorsque maman souris un peu tracassée de ne plus voir son petit le chercha, elle découvrit un tas d’immenses peluches. Et là elle vit, tout blotti contre ses cadeaux si secrets et si désirés, Tilsit HEUREUX… Le souriceau fut gêné que l’on découvre ce qu’il avait commandé: des cadeaux de filles. Mais lorsqu’il aperçut le sourire de bonheur et non moqueur de sa maman, sa gêne disparut.

Depuis ce jour, Tilsit joue aux poupées avec ses sœurs et parfois même Gouda amène son château fort pour conter de plus belles histoires encore...

Conte de Noël: Merci la «Lune»

Tadi, un petit garçon de six ans vivait dans le Grand Nord, avec toute sa famille esquimaude.

Un jour, il entendit le grand chef annoncer que l’hiver serait très long et difficile. C’est pourquoi son père adopta un petit chiot nommé Nisha. Toute la famille l’aimait très fort. Il était encore petit, avec une épaisse fourrure toute blanche, d’énormes pattes et un regard d’amour.

Lorsque l’automne arriva, le père de Tadi décida de partir à la chasse avec Nisha. Voulant traverser les cascades, il glissa et tomba dans l’eau glaciale. C’est Nisha qui, de toutes ses forces, réussit à nager vers lui et le ramener encore inconscient à la rive.

Malheureusement, épuisé... le chiot disparut dans l’eau.

A son retour au village, le père de Tadi annonça la triste nouvelle à tous. Tadi refusa de croire que son chien était mort. Cela n’était pas possible. Les mois passèrent et sa tristesse était toujours là. Un soir il vit au loin une grande silhouette s’approcher. Une énorme forme blanche tachetée de boue avec des yeux magnifiques. Regardant à deux fois, Tadi se précipita dehors persuadé de reconnaître son chien. Mais les villageois avaient déjà fait repartir la bête.

Le petit garçon, en larmes, supplia la «Lune» de l’aider. C’est alors que passant sous un rayon de lune, la bête devint blanche. C’était bien Nisha! L’enfant courut vers son chien plein de joie.

La Lune expliqua alors aux humains qu’il ne fallait pas juger quelqu’un à ses couleurs ou ses apparences, mais laisser son coeur parler. Nisha garda ses tâches, simplement pour que les humains apprennent les différences.
Et depuis ce soir-là, un soir de décembre, les humains se rappellent comme le coeur sait si bien parler.

Un Noël magique!

Depuis quelques jours tout le monde au village parle des fêtes de fin d’année. Dans le cœur des jeunes enfants se reflètent l’impatience et la réjouissance du jour tant attendu de Noël. Les maisonnettes, ensevelies sous un manteau blanc immaculé, scintillent de par leurs fenêtres illuminées de guirlandes et bougies multicolores. La nature est calme, silencieuse, comme figée par le froid de l’hiver.

Sous le toit de l’une de ces chaleureuses maisons, une fillette dotée de fins cheveux blonds et de yeux bleus intenses attend particulièrement sa première rencontre avec le vieux personnage mythique. D’autant plus que ses parents lui ont tant parlé de cet étrange monsieur barbu vêtu de rouge et blanc.

«Maman, es-tu certaine que le Père-Noël va venir me voir?» demande Lena d’un ton aussi sceptique qu’interrogateur. Et la mère de répondre: «Oui bien sûr! Et il aura une merveilleuse surprise spécialement pour toi!» assure-t-elle.

La petite Lena passe les dernières heures, bien sage, à se demander ce que peut bien être cette fameuse surprise.

«Ferme les yeux mon petit ange et endors-toi» dit la Maman avec douceur. «Demain sera un jour de fête!». Obéissante, Lena ferme les paupières en rêvant déjà à la magie du lendemain.

Au petit jour un bruit inhabituel sort la petite fille du sommeil et capte immédiatement son attention. Le son en question ressemble à une mélodie de carillon.
A travers la fenêtre de sa chambre elle entre-aperçoit comme une énorme boule de feu. «Mais qu’est-ce que c’est!?» se demande-t-elle à voix haute.
Elle court hors de sa chambre, descend les escaliers quatre par quatre et se précipite à l’entrée.

Sur le pas-de-porte, Lena reste bouche bée, le regard écarquillé.

Au fond du jardin s’apprête à atterrir une gigantesque montgolfière! Le ballon étincelle de mille feux éparpillant sur son passage des millions d’étoiles dorées.
L’euphorie opère: «Whaaa!!!» s’extase Lena. «Oh-Oh-Oh!» entend-elle soudain vivement d’une voix grave. Suivant la scène enchantée, elle s’écrie: «Père-Noël!!!».
Debout à l’intérieur de la nacelle, le Père-Noël se tient face à elle, les bras chargés de cadeaux colorés.

«Oh-Oh-Oh Joyeux Noël!» répète-t-il. Lena n’en croit pas ses yeux, le Père-Noël est venu à sa rencontre en montgolfière!

Ce dernier rejoint la famille et distribue les présents. Puis il s’envole à bord de son engin aéronautique en laissant flotter derrière lui un arc-en-ciel de lumières.

«Maman! Papa! c’est merveilleux!» s’exclame Lena les yeux remplis des étoiles du Père-Noël, «Vivement l’année prochaine!».

Joyeux Noël !

Conte de Noël: il était une fois



Ce matin, Touffu l’écureuil court partout dans les arbres avec un air très inquiet. Il cherche partout quelque chose. Il soulève les feuilles, secoue les branches et déplace tout ce qu’il peut.

Sur une branche il voit Frimeur le rouge-gorge. Tout excité, Touffu court vers lui et lui dit: «Bonjour! est-ce que tu n’aurais pas vu mon étoile?» Frimeur sans même l’avoir vraiment écouté lui répond «Non, non. Mais écoute comme je chante si bien l’hiver, je suis le roi chanteur de la forêt».

Le petit écureuil prend le temps d’écouter chanter l’oiseau... et repart aussitôt à la recherche de son étoile. Là, il rencontre Ronchon le sanglier, qui peste et rouspète à la recherche de quelques glands sous la neige.

«Bonjour!» dit Touffu le souffle encore coupé par sa course «est-ce que tu n’aurais pas vu mon étoile?» Le groin dans la neige Ronchon rouspète encore «Non, non je ne l’ai pas vu. Mais tu vois bien, je suis occupé. Va donc jouer ailleurs».

Touffu s’excuse d’avoir dérangé son ami le sanglier et repart aussitôt à la recherche de son étoile.

Tout en haut du grand chêne, Touffu aperçoit le Grand Hibou, maître Sait-tout. De sa plus forte voix, l’écureuil crie au hibou «Bonjour! Est-ce que tu n’aurais pas vu mon étoile?». «Mais mon ami, sais-tu que les étoiles ne vivent pas ici?» «Oui, oui…je le…» tente de dire Touffu lorsque Sait-Tout continue son discours: «Les étoiles vivent dans le ciel, dans l’univers. Elles sont des millions dans l’univers» «oui mais moi je recherche mon étoile…»

Et Sait-Tout de sa forte voix et avec passion continue ses explications «les étoiles ne descendent jamais sur Terre. La Terre fait partie de l’univers. La Lune tourne autour de la Terre. Et la Terre, elle, tourne autour du soleil»... Touffu, respectueux, écouta le long discours… avant de repartir aussitôt à la recherche de son étoile.

A la fin de la journée, Touffu rentra chez lui... sans son étoile. Épuisé il se laissa tomber sur son canapé et là… il n’en croyait pas ses yeux! Oui, oui! C’était bien ça! En haut de son sapin une magnifique étoile faite de branches illuminait les yeux de Touffu. Il regarda autour de lui et découvrit ses trois amis cachés.

Ensemble, Sait-Tout, Gronchon et Frimeur lui firent leurs excuses «On ne t’a pas écouté lorsque tu en avais besoin, on regrette beaucoup. Nous avons donc vu que c’est ton étoile de Noël que tu cherchais, alors nous t’en avons construit une. Pour toi notre ami»
Touffu, heureux et ému se jeta dans leurs bras «Merci, merci! Je cherchais mon étoile de Noël et ce sont mes amis que j’ai retrouvés! Quelle merveilleuse surprise de Noël!»

Eglise sous la neige

Conte de Noël : style conte … emporain

Eglise sous la neige

Eglise sous la neige

...par un Décembre froid et glacial, un four, bien chaud, bien brûlant qui fidèlement se plaisait à cuire, rôtir, griller, voire parfois, brûler tous les mets que la ménagère du logis lui enfournait dans sa gueule ardente.

Cela faisait longtemps, si longtemps, que ce four cuisait, rôtissait, grillait etc... que personne de toute la maisonnée n’avait le souvenir d’un «Avant le four».
Nous étions donc en un Décembre froid et glacial, dans la période de l’Avent: période faste par excellence pour un four! Imaginez toutes ces pâtes à biscuit à surprendre, à laisser cuire à feu doux, toutes ces brioches de Noël, ces pains d’épice à dorer, et point d’orgue des festivités: la dinde!! Où rôtir une dinde, sinon dans un four ??

Mais, le four décline

C’est pourtant bien en cette période de l’Avent, où chaque flamme de bougie nous rapproche de Noël, que notre ami, le four, a montré des signes de lassitude : imperceptiblement, de tarte en tarte, de cake en cake, de pain en pain, le four a décliné; plus assez chaud, plus la force de rendre de belles pièces dorées et croustillantes. Dès lors, tout ressortait un peu trop pâle, un peu trop mou, un peu trop... pas assez cuit.

Le pauvre, a-t-on pensé, il a trop travaillé, trop cuit, grillé, rôti; c’est un peu de détente qu’il lui faut. Tiens, une thalassothérapie avec jets aux bombes détergentes!! Plutôt séduisant, en ce froid et glacial Décembre !

Quatre bombes plus tard, notre copain le four était beau, brillant et fringant; il avait l’air en forme, certainement dispos pour cuire, rôtir, griller. On lui enfourna donc une simple petite tarte aux pommes, ne pas le surmener, ne pas oublier qu’il était en convalescence!

Après soixante minutes, force fut de constater que très peu de choses s’étaient passées! Quelques membres de la maisonnée prirent la défense du compagnon four et assurèrent avec une touchante mauvaise foi que c’était assurément la meilleure tarte qu’ils eussent jamais savourée ! Voilà enfin une tarte moelleuse et fondante! Les plus jeunes furent plus directs et dédaignèrent le fruit de soixante minutes de labeur: pas cuite, cette tarte!

On convoque alors le médecin

En ce froid et glacial Décembre, période de l’Avent, on appela alors le spécialiste FMH médecine interne «four». Ce dernier arriva avec sa science, sa mallette et son stéthoscope; il ausculta notre malade, prit son pouls, examina sa gorge tiède, tâta ses boutons et ses corps de chauffe. Il semblerait que ce soit électrique, diagnostiqua le praticien, une investigation plus profonde s’imposait. C’était donc bien d’une opération invasive dont il s’agissait. En ce froid et glacial Décembre, le chirurgien ouvrit la carcasse de notre four, tritura ses circuits électriques et, las, le diagnostic tomba, incisif comme un couperet : court-circuit, plus la peine de réparer, mieux vaut acheter du neuf.....

Mais il vivotait encore notre compagnon le four, quelques soubresauts sur son tableau, quelques vagues élans de chaleur le prouvaient. Fallait-il donc lui enlever ces quelques miettes de vie?

Vie et trépas du four

Société de consommation oblige, c’est ce qui se fit, la prise fut retirée et la carcasse fut déposée dehors, dans la neige froide et glaciale, dernière étape avant la déchetterie.

Et la cuisine fut morose et vide. Enfuies nos odeurs d’enfance, nos petites madeleines, nostalgie d’un passé simple ou composé.
Là, le présent était un vide béant. Une cuisine sans four, c’est un piano sans cordes, un forgeron sans forge, un homme sans coeur.

Dans un futur proche, certes notre compagnon aura un remplaçant neuf et vaillant qui lui aussi sera évacué dès les premiers signes de vieillesse; car, dans notre société, Monsieur, on ne répare que peu ou pas, on jette et on rachète !

Et si, malgré tout, rien ne s’arrêtait....

En ce froid et glacial Décembre, s’il fallait trouver une fin positive à ce conte, où le Bien l’emporte sur le Mal, on pourrait proposer l’idée, certes un peu angélique, que notre four aura un «après-déchetterie». Faisons confiance au recyclage pour parier que notre copain revivra sous différentes formes éclectiques: bougeoirs, casseroles, couverts et autres pour le métal; vases, vitres,opalines de lampes par exemple pour le verre.

Cela lui assurant, espérons-le, une multitude de vies après sa vie!

JOYEUX NOEL!!!

Photo Catherine Fiaux

Perle

Conte de Noël : la perle cachée

Perle

Perle

Conte de Noël, par Evelyne Gaillard

C’est la veille de Noël. Dans les rues l’agitation est à son comble. Chacun a hâte de terminer l’achat des cadeaux de Noël. Ici ou là une excellente odeur de vin chaud et de brisolée parfume agréablement la rue piétonne.

Personne ne remarque ce jeune garçon, assis en boule, comme un petit chat de gouttière, devant l’église, dans un petit recoin. Il a froid et serre tout contre lui, son chandail troué. Une larme coule lentement sur sa joue. Son estomac lui rappelle douloureusement qu’il n’a encore rien mangé de la journée. Du haut de ses douze ans, Jacques aimerait bien s’acheter des marrons chauds, mais ses poches sont vides de chez vide…

Hélas, il y a deux ans de cela, ses parents ont perdu la vie lors d’un accident de la circulation. C’est sa grand-mère qu’il l’a recueilli et les dernières paroles de celle-ci résonnent  encore en lui comme un disque rayé. «Va mon grand à la ville tenter ta chance. Tâche de te trouver ne serait-ce qu’un tout petit travail.

Pourvu  que tu puisses gagner ta croûte. Tu vois bien que je ne peux plus rien pour toi, malade comme je suis. Je n’ai même pas de quoi payer le médecin pour me soigner. Mais toi, tout est encore devant toi, tu es jeune, c’est vrai, mais téméraire et intelligent. Prie Dieu qu’il guide tes pas.»

Après avoir beaucoup pleuré, beaucoup réfléchi sans trouver de solution, Jacques a serré sa pauvre grand-mère malade dans ses bras  et l’a quittée, se jurant de tout faire pour la sortir de là.

D’habitude  les superbes vitrines si bien illuminées pour la circonstance de Noël le faisaient rêver. Mais ce soir, de son recoin, il ne les regarde même pas. «Où  aller? Que faire?»

Tout à coup, c’est comme si il entendait la voix si douce, si aimante, de sa très chère maman, partie tellement trop rapidement…« Jacques ! Sois courageux. Ne t’apitoie pas sur ton sort. Si tu as peur, chante et des forces nouvelles te seront données. La peur est un mauvais maître. Ne la laisse jamais te dominer.Cherche la perle cachée dans chaque instant de ton existence.»

Ces pensées le surprennent mais lui redonnent un peu de force. Il se lève,  retourne dans la rue et se met à fredonner une mélodie de Noël… «Ne jamais perdre courage, la peur est un mauvais maître!» se répète-t-il, sans cesse.

«C’est vrai ! En fait, je peux marcher, courir, chanter, regarder autour de moi, secourir si besoin un plus pauvre que moi.» Chemin faisant, au loin, il aperçoit un vieux monsieur à la peau toute fripée, portant une longue barbe blanche comme neige, qui avance dignement et très lentement, s’aidant de sa canne. Jacques l’observe avec insistance et aperçoit ses beaux yeux bleus, tout lumineux et remplis de bonté à son endroit.

Péniblement le vieux s’approche de plus en plus. Lorsque leurs regards se rencontrent, c’est en ces termes que l’ancien  s’adresse au garçon : «Que fais-tu là petit,  tout seul dans le noir ?» «S’il vous plaît monsieur puis-je vous aider à porter votre gros sac? J’ai de la force vous savez ! Emmenez-moi avec vous. Je n’ai plus de maison, ma grand-mère est très souffrante. Ce matin je l’ai quittée selon son désir, car elle ne veut pas que je la voie souffrir ainsi.»

Sans mot dire le vieux lui passe son sac, et chose étonnante, dès que Jacques place ce dernier sur ses épaules, c’est comme si tout  son poids disparaît d’un seul coup, pourtant il avait  l’air bien lourd.

«Viens petit, comment t’appelles-tu? T’es bien courageux et tu me plais. As-tu faim? Voici justement une petite auberge. Allons donc  nous réchauffer et nous restaurer.» Jacques  est heureux, sa chère mère avait donc raison… A leur entrée, l’hôtelier s’empresse de venir à leur rencontre et s’adresse à l’ancien en ces termes: «Maître Pestalozzi qu’est-ce que ce sera pour vous ce soir?» «

Apportez-nous deux gros bols de ce délicieux potage, dont vous seul  avez le secret, ainsi qu’un gros quignon de pain frais et un morceau de camembert. Puis préparez une chambre pour notre nouvel hôte Jacques, qu’il passe une bonne nuit de sommeil, il en a grand besoin. Demain matin, nous irons chercher sa grand-mère et nous  l’emmènerons chez mon médecin personnel.» Jacques croit rêver et s’incline devant son sauveur du moment pour le remercier.

Plus tard, allongé sur son lit douillet, tout  reconnaissant, l’enfant repense à sa mère, remercie le ciel pour la précieuse perle fraîchement découverte…