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Catarina et Fares ont préparé le repas

Orbe: GAMO, Ciné-club 4 à 7, « Caramel »

Le spectateur sort touché par le ton authentique de cette chronique intimiste proche-orientale tournée en 2007 au Liban. Il en sort aussi partagé quant au fond. Deux adjectifs pour qualifier cette chronique: gaie et figée. Les cinq femmes gravitant autour de ce salon de beauté restituent avec une sensibilité vraie – ce ne sont d’ailleurs pas des actrices professionnelles – les préoccupations quotidiennes, à défaut des grands questionnements existentiels ; il sera presque uniquement question de relations amoureuses qui remplissent à elles seules les journées. La maîtresse parviendra-t-elle à obtenir l’exclusivité de son partenaire marié? La future épouse - grâce aux miracles de la chirurgie - parviendra-t-elle à retrouver sa virginité au soir de son mariage? Les amours saphiques de Rima trouveront-elles à s’épanouir? Jamale finira-t-elle par accepter sa ménopause?

Et l’immobilisme? Il apparaît en filigrane dans le film. Le Liban d’il y a dix ans n’a rien à voir avec les analyses et revendications féministes occidentales actuelles: le poids des traditions sociales et religieuses domine et plombe toute velléité de changement dans les rôles dévolus aux deux sexes. Des règles d’un autre temps sont acceptées et les stratégies d’évitement sont activées pour ne pas offenser la morale : la femme non mariée trichera sur son statut pour obtenir une chambre d’hôtel, la future épouse écoutera les conseils de sa mère qui ne lui seront plus utiles et la couturière qui rêve d’amour n’ira pas à son rendez-vous…Tout est dans le contexte temporel et spatial. Ce qui sonne juste à Beyrouth en 2007 devient un peu décalé à l’aune de critères occidentalisés et pas mal secoués ces derniers temps.

A l’issue de la projection suivie par une bonne quarantaine de spectateurs les dynamiques équipes du théâtre de la Tournelle et du GAMO (groupe d’accueil des migrants à Orbe) conviaient le public à un sympathique repas en phase avec l’exotisme du film: couscous et tajine de poulet.

L’école Steiner avait préparé des animations pour les enfants (et des crêpes).

Festival du Film Vert: déjà 9 ans

Pour sa neuvième édition les organisateurs du Festival du Film Vert avaient choisi une version «light» pour garder de l’énergie pour la 10e édition qui aura lieu l’année prochaine.

C’est-à-dire un peu moins de films, mais toujours la même formule : au Casino plusieurs stands en relation avec l’agriculture durable, par exemple les Magasins du Monde de La Sarraz servaient du thé et du café ainsi que des produits de culture équitable; et le désormais incontournable brunch bio a été concocté et servi par l’association des «Paniers Bio des 3 Vallons» et a connu le même succès habituel.

Pierre Rabhi «le Terrapeuthe» a attiré beaucoup de monde

Le film-phare de cette édition fut sans aucun doute le documentaire sur Pierre Rabhi «Au Nom de la Terre». Un des pionniers de l’agroécologie en France raconte son parcours et ses convictions. Des spectateurs de toute la Suisse Romande sont venus découvrir la vie de cet homme hors du commun, agriculteur, mais aussi philosophe et écrivain, qui a toute sa vie lutté pour la biodiversité ou contre la désertification. On peut y voir notamment ses actions au Burkina Faso, qui ont permis de vraiment améliorer d’une manière durable la manière de cultiver, en utilisant les ressources locales et des techniques relativement simples comme l’alternance ou la combinaison intelligente des cultures, des techniques se basant sur un savoir-faire ancestral, ne demandant aucun investissement lourd et rendant le paysan très autonome.

Le Sable en voie de disparition

«Le Sable, Enquête sur une disparition» a également le dimanche attiré pas mal de spectateurs. Ce film a obtenu le prix Greenpeace, qui est partenaire de la manifestation. Cette année, le prix Tournesol a été attribué à «Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde». A noter également que le concept de ce festival s’essaime petit à petit, cette année il a commencé à Neuchâtel et dans la région zurichoise.

Le comité est déjà en train de réfléchir à la version plus festive de l’année prochaine mais se dit déjà très satisfait de la version 2014.

Nos amis africains se réchauffent auprès de la cheminée

Touki Bouki

Le Groupe d’accueil des migrants d’Orbe (Gamo) a pris l’initiative d’offrir à nos hôtes momentanés des séances de cinéma. Avec la complicité du Théâtre de la Tournelle, le président Willy Reverchon et son équipe présentait un premier film, dimanche en fin d’après-midi.

Tourné en 1973 au Sénégal par Djibril Diop Mambéty, ce document nécessitait imagination et attention. A l’époque déjà, l’appel de l’Europe, de Paris en particulier, hantait certains jeunes qui imaginaient une vie de rêve en atteignant le vieux continent.

Dans cette perspective, Mory, l’acteur principal, vend son troupeau avant de commettre quelques actes malhonnêtes pour obtenir l’argent nécessaire pour un voyage en bateau de ligne avec sa compagne étudiante Anta. Mais à l’heure de quitter le port de Dakar, il se ravise et renonce à ce voyage de peur du changement.

Rejoindre le Gamo

Une quarantaine de personnes étaient présentes dont une bonne dizaine de migrants de langue française. Au terme de la projection, un apéro dînatoire était offert permettant quelques échanges avec nos amis africains qui relevaient d’abord que Dakar avait bien changé en quarante ans, tout en précisant que l’attrait de l’Europe demeure intact dans leurs contrées. D’autres séances sont programmées, dont prochainement un film pour les anglophones et on doit remercier le Gamo de veiller à distraire nos migrants.

On précisera encore que le groupe espère élargir ses rangs de bénévoles et vous offre la possibilité de le rejoindre en prenant contact avec Willy Reverchon au 078 795 81 21.

MM. Germond, Moser (Cinérive) et Recordon (Syndic) coupent le ruban d’inauguration.

Inauguration du cinéma Urba

MM. Germond, Moser (Cinérive) et Recordon (Syndic)  coupent le ruban d’inauguration.

MM. Germond, Moser (Cinérive) et Recordon (Syndic)
coupent le ruban d’inauguration.

C’est après quelques semaines d’activité que la Municipalité d’Orbe avait invité Conseil communal et partenaires pour inaugurer officiellement les nouvelles salles du cinéma urbigène.

Après le traditionnel couper du ruban, c’est Henri Germond, Municipal des constructions, qui a entamé le bal des discours. Il a notamment évoqué les différentes étapes de ce cinéma qui a été ouvert en 1948. Plusieurs rénovations ont été entreprises entre 1960 et 1980. En 91, la commune acquiert l’entier des actions d’Urba SA.

En 94, l’entreprise Cinérive s’en vient exploiter les salles. Enfin, il soulignera l’efficacité des autorités communales dans l’implantation du numérique. En décembre 2011, le préavis est déposé. Il est validé le 16 février 2012, et l’inauguration des nouveaux locaux a eu lieu le 20 septembre. Un record en matière de rapidité eu égard aux projets qui doivent passer par le Canton !

Aménagement de la salle 1

C’est le 12 juin 2012 que le dernier film en 35 mm. a été projeté à Orbe. Dans les dix semaines qui ont suivi, le cinéma Urba a subi plus qu’un bain de jouvence, comme l’a dit M. Richard de la société Schwab, spécialisée dans l’aménagement d’enceintes de ce genre. Dans la salle la plus grande (Urba 1), le fond a été rehaussé afin de permettre une meilleure vision depuis les derniers gradins. L’écran a été avancé de deux mètres dans la salle afin d’être agrandi. Les sièges ont été totalement changés avec un seul couloir sur le côté droit.

L’acoustique est sensiblement améliorée grâce au bois brut qui couvre les murs. Les cabines de projection ont été équipées d’appareils qui permettent de projeter les films numériques et 3 D. L’électricité a été totalement refaite car datant de Mathusalem ou presque. Dans la salle 2, aussi adaptée au numérique, deux sièges sont devenus amovibles afin de permettre l’installation de fauteuils d’handicapés.

Gros effort de la commune

Plusieurs artisans locaux ont prêté leur concours à la rénovation du cinéma qui a coûté un peu plus d’un demi-million à la commune, propriétaire des lieux, qui loue l’endroit à la société veveysane Cinérive dont sont appréciés les services car la programmation est de premier choix. A propos, son directeur, M. Moser, a relevé les mérites de la commune qui a consenti un gros investissement pour offrir une véritable salle de spectacles à ses concitoyens.

En même temps, il a souligné que la technologie du 3D ne connaît pas l’essor qu’on lui prêtait car elle nécessite une amélioration pour laquelle il faudra être très patient. De même il a précisé qu’avec l’ajout d’une antenne particulière, le cinéma Urba pourrait présenter des spectacles en direct depuis différents lieux en Europe tels que des ballets, des opéras ou des one man shows comme c’était le cas le week-end dernier avec Florence Foresti. Il est certain que la Municipalité y réfléchira afin d’augmenter l’offre culturelle à Orbe. Pour terminer la cérémonie officielle, les différentes autorités urbigènes ont pu visionner quelques lancements de films pour apprécier l’amélioration singulière des conditions de visionnement.

Photo Pierre Mercier

Nouvel habit

Orbe: Cinéma Urba, à la pointe de la technologie

Nouvel habit

Le cinéma Urba a ouvert à nouveau ses portes hier après avoir été fermé pendant l’été afin d’installer le numérique. Plus besoin de ces grandes bobines que les projectionnistes devaient installer sur leurs machines sur lesquelles la pellicule défilait pour votre plus grand plaisir. Cette ère du cinéma en 35 millimètres est terminée. Il était du reste temps de passer à cette technologie du futur, car les nouvelles productions ne seront disponibles que sur cassette à l’avenir. Propriétaire du lieu, la commune d’Orbe s’est donc attachée à revoir les installations techniques des deux salles pour pouvoir vous offrir les films en 3 D comme les autres.

Travailler la porte ouverte

Lors de l’installation de la salle 2, le spécialiste, qui travaille à travers toute l’Europe, n’a pas manqué de préciser qu’il n’avait jamais vu une cabine aussi petite! Le projectionniste devra garder la porte ouverte pour travailler! Malgré l’étroitesse du lieu, il n’y aura aucune restriction technique. La salle, elle, n’a subi que de très petites modifications. Ainsi, deux places ont été réservées aux handicapés en chaise et Urba 2 comprendra toujours 52 sièges de bonne qualité.
De 117 à 99 sièges

En revanche, la salle principale a été complètement relookée. Bariolés par le passé, les fauteuils seront uniformes, grenat et noir. L’allée centrale a disparu pour un couloir sur la droite de la salle. Il a fallu aussi revoir l’écran qui a passé de 5 à 7 mètres pour les grandes productions. Ces aménagements ont eu pour effet de diminuer le nombre de places disponibles. Elles passeront de 117 sièges à 99 fauteuils très confortables. L’isolation phonique a été singulièrement revue. Il a été nécessaire de changer complètement l’électricité qui avait été installée au milieu du vingtième siècle.

Du reste, les installateurs ont été surpris de découvrir encore des fils de coton ! A côté de l’installation numérique, on a pu garder encore les projecteurs pour le 35 mm au cas où le Ciné-Club voudrait montrer des films anciens. A propos, si les spectateurs pourront dans un avenir très proche visionner les films en 3 D, cette technologie ne sera pas utilisée lors de ce week-end d’ouverture de manière à permettre aux jeunes projectionnistes urbigènes de s’habituer à cette technologie de pointe.

Le ciné se porte bien

On doit se réjouir de savoir que Cinérive, qui exploite les salles, offrira des conditions de vision égales à celles des meilleures salles des grandes villes européennes. Du reste, cette société veveysanne, qui exploite le cinéma Urba depuis plusieurs années, relève que le 7e Art se porte fort bien à Orbe et espère bien que l’effort qui a été fait pour améliorer les installations, continuera d’attirer les spectateurs comme ce fut le cas ces deux dernières années.

Photo Pierre Mercier

Au tableau noir, pour leur plaisir… de créer.

Romainmôtier: une classe d’école fait son cinéma

Au tableau noir, pour leur plaisir… de créer.

Au tableau noir, pour leur plaisir… de créer.

Et l’Arc fait école dans l’élargissement de la promotion d’artistes et créateurs de notre vallon du Nozon.

Ou comment faire un film d’animation

Les enfants ont l’art de provoquer les grands. C’est, quoi qu’en pensent les adultes, une loi pour apprendre. Yamilé Arsenijevic, enseignante à l’école maternelle à Romainmôtier (une chance, il y a encore 2 classes enfantines… à Romainmôtier) a reçu le message 5 sur 5, et avec la volée de 2010-2011, elle a donné la possibilité aux enfants de réaliser un film intitulé «L’école aux oiseaux»: du ciné d’animation sur 30 min. Un sujet abouti, qui était présenté à La Maison de l’Arc, vendredi 3 février.

Comme des grands!

Animation, bruitage et musique, ils ont tout fait. Pour la musique ils étaient guidés par Sarah Chappuis, (qui est prof à l’école de musique du Vallon du Nozon) avec Cécile à l’accordéon et Olivier à la guitare. L’intérêt de ce film, ce n’est pas seulement, entre guillemets, le résultat visuel, mais la manière de, les images mêlées, mais comment ils s’y sont pris? Et leurs commentaires, pas tristes du tout. Et ces idées qui jaillissent, drôles, savoureuses; leur sagacité à comprendre les choses compliquées.

Ce film est drôle, élégant et vous fait redescendre sur terre en écoutant les bons mots de ces gosses qui ne sont pas encore formatés, mais libres d’exister dans le bonheur de créer! (euh… mieux que les grands?) Le public, venu fort nombreux, n’en doutait pas un instant.
Vous reprendrez bien un peu de valse?

Le deuxième film projeté, réalisé avec la volée de 2009-2010, «Trois p’tits pas», c’était en deux mots: «attends un peu, je vais leur apprendre…!» En clair, les enfants ont enseigné, avec force détails, les danses (paso-doble, valse, twist et danses collectives d’Europe) à leurs parents en vue d’un bal, un vrai, pour la fin de l’année!

C’est aussi une caméra qui entre dans les maisons pour «voir» comment les familles ont accepté cette démarche. Et le résultat est encourageant. Les parents retournent à l’école de la danse, avec comme prof, leurs enfants. Cette sollicitation, visible dans le film, est accueillie avec beaucoup de fierté de la part des enfants! Au final, les bals d’antan n’étaient pas très loin. Et les souvenirs…non plus!

Photo Marlène Rézenne

Orbe et son Cinéma: comme une histoire d’amour



Sans élever la notion de culture au niveau de la tradition profonde, il faut bien reconnaître qu’Orbe a de longue date promu cet aspect intellectuel de l’existence humaine et ceci sans en attendre des retombées financières spectaculaires.

Ce dernier élément est à apprécier, tout particulièrement à notre époque où, semble-t-il tout au moins, plus rien ne se conçoit hors d’une trilogie à caractère dictatorial qui se décline uniquement selon le schéma rigide suivant : investissement – rendement (surtout) – amortissement !

Un brin d’histoire

Notre bon vieux, quoique récemment réactualisé, Casino a longtemps servi de salle de cinéma, du temps de projections dites «muettes», qui étaient égayées au piano par Madame Marie Jaccottet.

En ce temps-là, le bâtiment sis Rue des Terreaux 36 abritait une menuiserie exploitée par Monsieur Clément, brusquement décédé à la fleur de l’âge. Son descendant Pierrot n’ayant pas désiré lui succéder, sa veuve s’est résolue à vendre le bâtiment à Monsieur Charles Brönimann, déjà propriétaire du fameux CINEAC à Lausanne, qui avait imaginé y implanter une salle de cinéma, mettant ainsi à profit le vaste volume devenu disponible.

C’est donc dans une salle toute neuve, dotée d’un parterre et d’une galerie, qu’en 1948 pouvait être projeté un premier film moderne à Orbe.
Avant d’être acquis par la Commune en début des années 90, Monsieur Edgar Bichsel a assuré la pérennité de notre cinéma et c’est sous son égide que diverses transformations et adaptations ont été menées à bien (ouverture d’une seconde salle par prolongement de la galerie – introduction du système DOLBY de sonorisation – adaptation des sièges au confort du moment – etc.).

Et demain?

Même que demain, c’est déjà aujourd’hui !

En effet, aussi incontournable que le fut en son temps le passage du cinéma muet au cinéma parlant, le passage du système de projection «analogique» (support film) au système de projection dit «numérique» (support informatique) est parfaitement inéluctable.

Plus aucun film destiné à des projections publiques ne sera désormais enregistré ailleurs que sur ce dernier support et, conséquemment, une salle non adaptée à ce modernisme galopant verra son avenir s’assombrir, voire s’éteindre aussi brusquement que définitivement !

C’est donc bien dans le sens de la survie de ce pan important de notre culture locale que nos Autorités sollicitent du Conseil communal un crédit d’un gros demi-million de francs qui permettra non seulement d’adapter notre cinéma URBA aux canons des techniques «dernier cri» (même l’une des deux salles sera adaptée au fameux 3 D), mais verra également le confort de nos séants éminemment amélioré!

Orbe, centre culturel du nouveau district Jura - Nord Vaudois grâce à une intelligente et visionnaire utilisation d’un partenariat public/privé: pourquoi pas?

Photo Willy Deriaz