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La perdante félicitait le vainqueur à l’issue du scrutin.

Orbe: élection municipale, »Statu quo »

Les électeurs urbigènes n’ont pas voulu d’un changement politique à la tête de la commune. En élisant Serge Berthoud, ils ont permis au PLR de garder son deuxième siège à l’Exécutif. Malgré une campagne soutenue du parti socialiste, l’écart entre le nouvel élu et Fanny Naville a doublé entre les deux tours, passant de 80 à 163 suffrages. Une victoire incontestable pour ce natif d’Orbe, qui a œuvré chez les pompiers et dans quelques sociétés locales. Des arguments de poids comme Serge Berthoud l’admettait. «Il est certain que j’ai bénéficié de ces considérations. Cela dit, mes qualités ont également joué un rôle comme le fait que je travaille dans une entreprise locale. Ma campagne est demeurée à mon image puisque je suis un pondéré qui sait ce qu’il veut et je me réjouis d’œuvrer au sein de la Municipalité après plus de 30 ans passés au Conseil». Un Parti Libéral-Radical qui avait aussi activé son électorat en envoyant des missives à plus de 170 de ses sympathisants pour ce 2e tour.

Pas découragée
De son côté, la socialiste accueillait la défaite avec sérénité malgré quelques larmes. «Au départ, je me disais que le défi serait difficile à relever. Serge est mieux connu que moi dans la localité et il appartient à un groupe qui est majoritaire au Conseil. En plus qu’il s’agissait de remplacer un PLR démissionnaire (Guido Roelfstra). Je pense aussi que l’électorat n’a pas voulu d’une troisième femme à la Municipalité. Malgré tout, le groupe socialiste s’est solidarisé autour de ma candidature et cet état d’esprit va nous servir à l’avenir. Sachez tout de même que malgré ce deuxième échec, je tenterai à nouveau ma chance dans trois ans. La chose publique continue de me passionner puisque j’ai siégé aux conseils de Baulmes et Vuiteboeuf avant d’intégrer celui d’Orbe».

Perte de vitesse des socialistes
A l’heure de l’analyse, on constate que le report des voix n’a pas eu lieu comme prévu. D’abord, on est passé de 1738 votants au 1er tour à 1460 dimanche dernier (31,4%). En dépit de cette diminution, Serge Berthoud n’a perdu que 7 voix par rapport au 4 mars alors que Fanny Naville a concédé près de cent voix (90). Ce qui tend à prouver que le parti socialiste, longtemps dominateur à Orbe, a perdu de son influence comme c’est le cas au Conseil puisqu’il ne compte plus que 13 représentants comme les Verts et Union Libre contre 18 au PLR. Enfin, on relèvera qu’une partie des voix obtenues par Stéphane Pilloud (200) ont plutôt bénéficié au PLR puisque Robert Gurtner n’a recueilli que 26 voix.

De gauche à droite: Serge Berthoud, Fanny Naville, Stéphane Pilloud.

Orbe: les trois candidats à la Municipalité s’affrontent en débat

Pour les plus de 80 citoyens qui ont fait le déplacement au Casino, le débat politique organisé par L’Omnibus et conduit par son rédacteur en chef Pierre Mercier, était une belle occasion de se forger une idée plus précise de ce que les trois candidats souhaitent apporter à Orbe au travers d’une candidature à la Municipalité. Mais, pour la plupart des auditeurs, membres des partis des candidats PLR et socialiste, ou amis du candidat hors parti, chacun était venu soutenir son prétendant au siège, dès lors leur opinion était déjà solidement forgée.

Des profils variés et des idées communes

Le meneur du débat avait au préalable soumis aux candidats les principales questions; il a aussi émaillé le débat de questions impromptues. Ce jeu-là a révélé des personnalités aussi solides que différentes.
La socialiste Fanny Naville s’est montrée particulièrement à l’aise dans cet exercice, mettant en avant autant sa pratique des associations que son envie de contribuer à faire d’Orbe un lieu convivial. Ses priorités ont pour axe la mobilité par l’accès aux transports, le droit au logement. Elle veut mettre au service de la Commune ses bonnes connaissances du système et s’annonce attentive au souci de l’équilibre financier.

Pour sa part, le PLR Serge Berthoud a revendiqué sa pratique de la vie régionale et du commandement au travers de l’expérience acquise au SDISPO. Son intérêt est clairement marqué pour les sujets très concrets du dicastère des services techniques. A son regard, l’actuelle Municipalité travaille dans la bonne direction et il entend bien pouvoir venir en appui par ses connaissances techniques et son sens pratique.

L’outsider sans parti, Stéphane Pilloud, qui se revendique d’Urba Fidelis, est enthousiasmé à l’idée d’apporter sa motivation à dynamiser une ville qu’il envisage plus vivante. Son expérience de commerçant indépendant, sa formation d’artisan, sont les atouts qu’il a portés sur le devant de la scène. Il se montre conscient de la difficulté que représente une candidature solo, sans l’appui de l’infrastructure d’un parti.
Tous les trois se rejoignent sur plusieurs plans, ils souhaitent tous valoriser la communication et le contact avec la population urbigène, tout comme contribuer à faire vivre le centre-ville et ses commerces.

Vers un second tour

Chacun veut apporter à la ville son envie de la voir vivre avec plus de dynamisme, se dit prêt à reprendre le dicastère des services techniques laissé libre par le départ de Guido Roelfstra, mais se dit prêt aussi à conduire tout autre dicastère qui pourrait être proposé. L’échéance de l’élection du 4 mars devrait probablement aller vers un ballotage.

Raphaël Berthoud

Un enseignant à la tête du SDISPO

Raphael Berthoud a été nommé commandant du nouveau regroupement de pompiers de la Plaine de l’Orbe. Ce professeur de français, latin et histoire, qui enseigne à Chavornay, n’appartenait pas à l’Etat-Major du corps urbigène qu’il avait pourtant intégré en même temps qu’il avait été nommé commandant des hommes du feu de Valeyres/Rances (2004) où il réside.

Instructeur fédéral avec le grade de capitaine, il a entamé sa carrière à Lausanne avant de venir s’établir dans la région. Il relèvera ce défi avec conviction, sachant qu’il devra y consacrer beaucoup de temps. Il sera moins sur le terrain pour pouvoir structurer le Sdispo (Service de défense incendie et secours de la Plaine de l’Orbe) comme il entend établir de bonnes relations à l’interne, ainsi qu’il privilégiera les contacts avec les corps des 17 localités affiliées. «Il faut que les hommes du feu de nos villages se sentent concernés par ce nouveau Sdispo. A l’heure où la taxe non-pompier va disparaître, il est indispensable que les localités conservent un effectif qui sera très utile dans la lutte contre les sinistres grâce à leur connaissance des lieux».

Etat-Major en formation

Si le nouvel Etat-Major n’est pas encore définitivement formé, on sait que Serge Herzig demeurera le chef du DPS (Détachement de Premier Secours), Antonio Sanchez conservera son poste de quartier-maître, Denis Leuenberger aura la charge du DAP (Détachement d’Appui), Philippe Meier sera responsable technique et Sébastien Dürrenmatt s’occupera des appareils ARI (respiratoire). Les autres postes de l’EM seront attribués lors de la prochaine séance du comité directeur.

Madame et son syndic

Bretonnières: départ du syndic

Madame et son syndic

Madame et son syndic


25 ans au service de la commune

A 59 ans, François Berthoud a décidé de mettre un terme à son mandat. Municipal depuis vingt-cinq ans et syndic à partir de 1994, il estime qu’il est l’heure de passer la main. Non pas qu’il soit las de son activité, mais il estime qu’à un certain moment, il faut laisser à d’autres le soin de conduire sa commune. Pendant de très nombreuses années, il a pu compter sur l’appui de Claude Regard, qui fut un secrétaire communal hors pair. La succession de ce dernier ne fut pas facile, mais les choses ont pu être rétablies grâce à l’appui de la commune d’Orbe et de l’une de ses secrétaires, Mme Tauxe. Cependant, il estime que son approche relativement lacunaire de l’informatique et quelques problèmes de santé le contraignent à remettre son mandat.

Gare et bistrot sauvés

S’il jette un coup d’œil dans le rétroviseur, le syndic de Bretonnières pense avoir bien accompli sa tâche. Il a fallu sauver la halte CFF du village en réhabilitant le passage sous voies ;  il a été nécessaire de réaménager la maison de commune ainsi que le café avec l’aide d’un gérant de qualité. De nouvelles maisons ont été construites bien malgré le fait que le plan cantonal d’aménagement limite le développement des petites communes. Un Plan Général d’Affectation (PGA) sur lequel la Municipalité planche encore pour tenter de convaincre des propriétaires terriens de céder un peu de terrain pour la construction. Un point noir à relever, la fermeture de l’école.

La facture sociale

Financièrement, Bretonnières se porte bien. En partie grâce à la manne de la gravière, les Caque-lentilles avaient un point d’impôt à 50, qu’il a fallu augmenter avec le temps et qui est monté à 66. Il faut dire que la contribution à l’aide sociale (Fr. 200’000.– à un certain moment), plombait un peu les comptes. Avec un budget de 1,2 millions, le village ne peut pas avoir des ambitions démesurées. Et les municipaux s’imposent des travaux que leurs collègues des localités plus grandes n’ont pas. Ainsi, François Berthoud s’occupe depuis longtemps en dehors de ses fonctions de syndic de l’entretien du cimetière qui avait été laissé un peu à l’abandon au milieu des années 80.

Des fleurs pour Madame

Si le conseil général de l’époque était conduit de manière quasi dictatoriale par Georges Chappuis, ce législatif est devenu plus démocratique et ressemble aujourd’hui au bureau des réclamations (vitesse, conflits de voisinage, etc). Au point que l’épouse du syndic Yvette, regrette l’époque où tout se réglait à la cuisine de la ferme. Mais la nouvelle population peine à s’intégrer et la vie sociale du village en souffre un peu. Madame craint forcément que la retraite du chef ne sera pas simple à gérer après tant d’années passées au service du village. Quand bien même elle pense que son mari jardinera plus qu’avant, puisqu’il adore les fleurs. Donc, ce retour à la normale se transformera en rose pour celle qui l’a soutenu pendant un quart de siècle.

Photo Pierre Mercier