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ça bouchonne en dessous de Ballaigues.

Autoroute A9 b et Grands-Bois en travaux en 2018  !

Après plusieurs années de travaux, de bouchons supplémentaires et de fermetures nocturnes, la semi-autoroute A 9 b entre Orbe et Vallorbe dispose désormais d’une berme centrale qui sépare physiquement les deux sens de circulation. Le but premier des travaux entrepris était de sécuriser ce tronçon de 11 kilomètres environ, après la série d’accidents graves et parfois mortels qui y sont survenus, il y a quelques années. Durant cette période de travaux, des dégâts aux fers du béton des infrastructures ont été découverts.

« Chaque hiver, les équipes d’entretien salent la chaussée pour lutter contre le gel et l’enneigement, or le sel attaque les fers du béton à la base de l’ouvrage », explique Olivier Floc’hic, responsable de l’information et de la communication à l’Office fédéral des routes (OFROU) à Estavayer-le-Lac.

« Nous allons donc devoir reprendre les fondations afin de rendre de la stabilité à la base des chaussées », Il y aura à nouveau des fermetures nocturnes, qui seront annoncées en temps et lieu, ou des perturbations limitées diurnes de circulation.

Les Grands-Bois fermés

Christian Robert-Grandpierre, chef de projet à la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) a confirmé à l’Omnibus que la route des Grands-Bois devrait être fermée sur un tronçon de 800 mètres environ entre la sortie des Clées et Vallorbe en 2018 en tout cas, ceci pour une réfection en profondeur indispensable, notamment aussi des accotements de la chaussée. Les dates exactes des travaux n’étaient pas encore définitivement connues mercredi à l’heure du bouclement de cette édition. L’OFROU et la DGMR sont actuellement en phase de coordination pour minimiser les impacts sur le trafic. La DGMR regrette les embarras que ces travaux causeront. Pas sûr que cette situation de chantiers concurrents ravisse les habitants des Clées, de Lignerolle et de Ballaigues qui verront leur village traversé par un trafic nettement amplifié, de jour comme de nuit. Les Vallorbiers eux devront patienter encore plus que d’habitude pour rejoindre leur cité.

Vision du soir du pendulaire Yverdon-Lausanne.

Le beau voyage !

Comme tous les matins vers six heures et demie, l’hiver, j’observe la guirlande lumineuse qui se dévoile devant l’entrée de Chavornay, rouge devant et blanche vers l’arrière, les distances entre ces flots flamboyants se rétrécissent de jour en jour, il me semble.
Me voilà engagé sur la bretelle et au ralenti; je tente de pénétrer sur la chaussée de l’autoroute, «mais il y en a bien un qui me laissera passer». Lassé d’attendre, je force le passage devant une voiture blanche qui klaxonne au son de ses 110 décibels qui me mettent déjà dans un état d’antiméditation. A force de rouler en accordéon, je traite le conducteur me précédant, de banane, puisqu’il n’arrête pas de ralentir et d’accélérer, il faut dire que la file entière agit de la sorte. En effet, malgré l’interdiction, un poids lourd dépasse un collègue qui roule 2 kilomètres par heure de moins que lui, ce qui prend bien dix minutes avant que le flux ne se rétablisse. Au large de la prochaine sortie, c’est une grosse berline qui me dépasse à une vitesse qui frise l’indécence (à se demander comment il a fait avec autant de véhicules) et qui se rabat, manquant de peu de m’envoyer faire un looping contre le talus.

Quatre kilomètres plus loin, mon attention est attirée par une voiture qui zigzague bizarrement; en la dépassant, je constate que madame est au téléphone, très expressive avec ses mains, à croire qu’elle mime une scène de Cirque. Sans encombre jusqu’à l’échangeur de Villars Sainte-Croix, me voilà bloqué dans un bouchon qui avance au pas; heureusement j’ai prévu un peu de marge pour aller travailler. ça roule enfin un peu, je me dis que j’aurai peut-être le temps d’un café, on peut toujours rêver, surtout en cette période de la journée. Après trois quarts d’heure, j’arrive dans l’enceinte du bureau où je travaille et je vais pouvoir décompresser.
Fini le boulot. Comme c’est une période où tout va bien et que dans les entreprises il n’y a plus de stress, je quitte en laissant une bonne pile de dossiers en retard et je vais récupérer ma voiture pour rentrer chez moi. Bien sûr, j’ai dépassé de quelques minutes le temps de stationnement réglementaire (je n’aurais pas dû prendre ce dernier téléphone) et le pare-brise s’est vu décoré d’un splendide PV.
Entre dingue et lambin
Comme c’est ma période corvée de courses (eh oui! pour s’en sortir financièrement, ma femme travaille aussi) je suis parti un peu plus vite du travail, car vers cinq heures, les routes sont plus fréquentées, c’est connu. Je me lance pour la seconde fois de la journée sur l’autoroute et dans une relative satisfaction, je cale ma vitesse sur les 120 km/h autorisés sur 2 kilomètres. Là, les véhicules qui me précèdent se complaisent à circuler à un bon 75 km/h. Ah oui ! il y a une voiture de la maréchaussée qui roule dans le même sens et je ne sais pas pourquoi, cela a une influence sur la vitesse, c’est dingue. Passé ce goulet, la vitesse se met peu à peu à être normale, et ça fait maintenant trois kilomètres qu’une «pseudovoiture» de sport me colle au derrière, il doit bien laisser 50 cm entre ses multiphares de Guignol et mon pare-choc et si je dois freiner? Je finis par le laisser passer, car je n’aime pas trop le coup du lapin en voiture.
Je dépasse une petite voiture qui ne devrait pas rouler sur ces tronçons à une vitesse aussi basse et essaye de frayer, à coup de clignoteurs, un passage pour sortir, car le panneau affiche la bretelle de sortie à moins de 500 mètres. Ne sachant pas comment j’ai fait pour passer entre une camionnette qui tire une remorque roulant à trop grande vitesse et le motard qui la dépassait, je suis assez fier d’avoir réussi à sortir pour aller faire mes courses.
Pour l’instant, je n’ai pas eu de problème conséquent sur la route, juste pour aller travailler, mais en remarquant l’augmentation régulière du trafic sur l’autoroute Yverdon-Lausanne, je me dis: jusqu’à quand? Car on l’entend bien à la radio, c’est tous les jours qu’elle annonce un accident, un bouchon, ou un contresens sur cette artère. Mais bon, comme tant d’autres, demain je recommence.

Le pont du Daillard et le bouchon du soir.

A9b Vallorbe-Orbe: les travaux actuels

Le pont du Daillard et le bouchon du soir.

Le pont du Daillard et le bouchon du soir.

Les usagers l’ont déjà remarqué depuis une quinzaine de jours. Certains habitants de certains villages ont été informés par un tous ménages de l’OFROU, d’autres pas encore. Le tronçon Orbe-Ballaigues et la descente vers la douane du Creux font l’objet de travaux à mettre en relation avec ceux qui ont été effectués l’an dernier en vue de sécuriser la circulation. Ces travaux vont occasionner des fermetures totales ou partielles de certains tronçons, avec déviation par la route cantonale. Les chambres d’évacuation des eaux de chaussée, qui se trouvent pour l’essentiel sur la bande d’arrêt d’urgence, font l’objet d’une réfection partielle ou totale selon l’état.

Les zones de circulation qui ont été réduites de quatre à trois voies vont être complétées sur deux tronçons (en arrivant vers Ballaigues et en dessous de la sortie des Clées) par des dispositifs de retenue en béton séparant physiquement les voies montante et descendante. Une pose d’enrobé est planifiée sur trois ponts, le pont du Daillard et les ponts enjambant la RC 252 et la RC 253 ainsi que sur la jonction d’Orbe et le tronçon Ballaigues-giratoire du Creux. Enfin ce dernier tronçon va voir augmenter son nombre de pistes descendant vers la France, avec pose de balises entre les sens de circulation. En plus des travaux diurnes, 8 fermetures totales nocturnes sont prévues sur la totalité du trajet Ballaigues-Orbe. Les fermetures partielles s’étaleront sur un total de 25 nuits de juillet à la deuxième moitié du mois d’août.

Les fermetures totales du même trajet sont prévues pour la deuxième moitié de juillet. Fin juillet enfin, la jonction autoroutière d’Orbe sera fermée pour un total prévu de 2 nuits. A relever que ces indications peuvent évoluer en fonction des travaux. Les usagers sont priés de respecter la signalisation provisoire mise en place. Pendant les fermetures totales, la circulation sera déviée sur la RC Orbe-Lignerolle-Ballaigues. Il ne reste donc plus qu’à prendre son mal en patience et à faire attention aux ouvriers engagés dans ces opérations.

Photo Olivier Gfeller

Le bouchon du vendredi soir à Ballaigues

La pétition contre les travaux de l’A9B fait des vagues

Le bouchon du vendredi soir à Ballaigues

Le bouchon du vendredi soir à Ballaigues

C’est après avoir appelé les membres du Conseil à une minute de silence en hommage à Jean-Claude Mermoud, Conseiller d’Etat décédé récemment dans l’exercice de ses fonctions, que le président du Conseil communal de Ballaigues Daniel Bourgeois a ouvert les débats de la séance de lundi dernier.

Des débats au cours desquels il a forcément été question de la désormais fameuse pétition contre les travaux de sécurisation du tronçon Orbe- Vallorbe de l’autoroute A9B. Pierre-Luc Maillefer a relevé que sur la forme, «cette pétition était inadéquate, et comportait même des termes à la limite de l’injure». Il n’a pas plus apprécié que l’on se serve du canal de distribution des adresses mail des conseillers pour tenter de récolter des signatures, un canal qui à ses yeux doit rester réservé aux activités propres du Conseil. «Je crois encore à l’oralité et à la publicité des débats d’un Conseil communal, a encore expliqué Pierre-Luc Maillefer, il s’agit de fait d’une garantie démocratique».

Sur ce point Raymond Durussel a expliqué que pour lui cette affaire ne relevait pas du domaine de compétence communale et n’avait pas à être traitée sur le fond au cours d’une séance du Conseil. Quant à Nathanaël Bourgeois, il a pour l’essentiel déploré le côté électoraliste de cette pétition.

Taux annuel d’impôt fixé dans la frustration

La commission des finances a étudié longuement les tenants et aboutissants de la bascule des deux point d’impôts en rapport avec le financement de la police. Ce n’est qu’à une majorité de trois contre deux et après des discussions nourries que la proposition de maintien du taux actuel a été faite au Conseil. Toutefois, entre la séance de la commission et la tenue du Conseil s’est déroulée la fameuse journée des syndics du district à Orges.

Une journée au cours de laquelle les coûts de cette police non unifiée sont apparus très différents des chiffres retenus par la commission. Elle-même les tenait de la Municipalité, qui les avait reçus en août sous la forme d’une projection effectuée par le canton. Or pour Ballaigues, ce ne sont pas loin de Fr. 170 000.– qui devront être consacrés à ce financement, contre Fr. 15 000.– prévus dans les projections. «Certains députés de la région défendent ce projet de police et reprochent même à Ballaigues de ne pas être solidaire dans cet exercice» ajoutera plutôt courroucé le syndic Raphaël Darbellay.

L’occasion aussi pour Nathanaël Bourgeois de relever qu’avec ce genre de nouvelles de dernière minute, le travail d’un conseiller communal n’a plus grand sens. Le taux d’impôt communal restera finalement fixé pour 2012 à 66%.

Le Conseil a encore voté diverses délégations formelles de compétences à la Municipalité pour la législature et élu deux commissions permanentes dont celle de la culture.

Photo Olivier Gfeller

Autoroute A9B.

A9B: après les balises, une pétition!

Autoroute A9B.

Autoroute A9B.

Les travaux entrepris par l’OFROU en vue de sécuriser le tronçon Orbe-Vallorbe ne sont pas encore terminés que la polémique à leur sujet prend une nouvelle forme. Un comité, présidé par Barry Lopez, par ailleurs candidat au Conseil national, associé à Yann Jaillet, chef de file du PLR vallorbier au Conseil communal de la cité du fer comme vice-président, a lancé il y a quelques jours une pétition intitulée «Pour que le Jura- Nord vaudois ne soit pas une région délaissée».

Cette pétition considère les travaux entrepris par l’OFROU comme «un projet bien curieux, pour ne pas dire absurde» et «dont les conséquences négatives pour les usagers sont bien plus importantes que les théories avancées par l’OFROU».

Critiques émises

Selon les pétitionnaires, «le temps de parcours entre Orbe et Vallorbe aurait presque doublé, les dépassements ne sont plus possibles et les transports publics ne sont plus en mesure de respecter leurs horaires». La problématique du déneigement plus difficile en période hivernale est aussi évoquée par les pétitionnaires, qui ajoutent que l’image de Vallorbe est pénalisée, après qu’elle s’est vu imposer un centre d’enregistrement pour requérants d’asile. Cette pétition a été cosignée par les syndics de Vallorbe, Ballaigues et Lignerolle qui se présentent aussi comme membres du comité.

Succès auprès de la population

Le comité de pétition est très actif. Selon une petite enquête menée ces derniers jours auprès de la population locale et régionale du haut de la vallée de l’Orbe, la pétition recueille un franc succès. Grâce sans doute aussi aux nouveaux moyens de communication, puisque la pétition est téléchargeable sur internet. Une page Facebook existe même. Les pétitionnaires demandent, dans un premier temps, que «dans l’immédiat, la vitesse maximale de circulation soit à nouveau portée à 100 km/h sur tout le tronçon. Ils insistent aussi pour que des travaux de transformation de la semi-autoroute en autoroute soient entrepris au plus vite afin d’éviter d’autres drames».

Et si l’OFROU avait raison?

On est certes en période électorale et tous les moyens semblent bons pour accroître sa visibilité. Ceci dit, l’Omnibus a relaté en long et en large à plusieurs reprises «les aventures» de l’A9B et le manque de coopération de l’OFROU. On ne peut cependant que s’interroger sur le lancement d’une pétition, alors que pour la première fois depuis des années de lobbying soutenu au niveau local et vaudois, l’autorité fédérale a daigné bouger et mettre quelque chose en place afin de mieux sécuriser le trafic sur le fameux tronçon. La première revendication immédiate des pétitionnaires, dont la tendance politique est étrangement monocolore, est… une augmentation de vitesse, sur un tronçon pourtant redessiné et aménagé pour la diminuer.

En plus, la pétition n’est pas factuellement exacte, puisqu’elle prétend que «les dépassements ne sont désormais plus possibles». Pourquoi, alors qu’aucun des membres du comité n’est à notre connaissance spécialiste en sécurité routière, la pétition qualifie-t-elle d’emblée les travaux d’absurdes? Pourquoi mélange-t-elle les genres en faisant allusion au centre d’enregistrement des requérants d’asile? Pourquoi enfin, ne prend-elle pas simplement acte de l’attitude certes peu coopérative de l’OFROU, tout en laissant un peu de temps au temps, en particulier pour apprécier à l’usage si les mesures prises exercent ou non un effet positif sur la sécurité? Le respect des horaires et le déneigement plus difficiles sont sans doute des points justifiés. Ils sont cependant nettement moins importants que la sécurité dans une hiérarchie normale des priorités humaines ou la vie garde la première place.

 

Photo Olivier Gfeller

Entrée Ballaigues sur l’A9B avec écriteau de travaux.

Ballaigues: autoroute A9 b, les travaux commencent lundi

Entrée Ballaigues sur l’A9B avec écriteau de travaux.

Entrée Ballaigues sur l’A9B avec écriteau de travaux.

Il y a quelques jours, les habitants des communes de Lignerolle, Ballaigues et Montcherand ont reçu de l’OFROU un très joli papillon coloré rappelant un écriteau routier et leur indiquant que les travaux de sécurisation du tronçon Orbe-Ballaigues de l’autoroute A9b commenceraient le 29 août pour se terminer le 9 septembre: une quinzaine de nuits pendant lesquelles le tronçon sera partiellement ou totalement fermé de 22 h. à 5 h. et soumis à des restrictions importantes de circulation durant la journée.

Il s’agira de travaux « causant des nuisances sonores importantes » dues à des opérations de fraisage et d’hydro-démolition.

L’OFROU met les communes devant le fait accompli

Interrogé par l’Omnibus à ce sujet, Raphaël Darbellay, syndic de Ballaigues rappelle: «Depuis très longtemps je me bats pour qu’une autre solution soit trouvée. Tout en sachant que la gestion des autoroutes relève de la Confédération. Lors de la séance de juillet avec l’OFROU, j’avais bien dit tout haut que pour moi il s’agissait d’un exercice alibi. On ne tient pas compte des vœux des communes et on en a la preuve maintenant.

La fameuse séance avec les syndics, acceptée par l’OFROU fin juillet, n’a pas eu lieu. Les communes ont juste été avisées officiellement de la mise en oeuvre des travaux. Je suis étonné par le fait que, par exemple au Tessin, où j’ai passé durant cette dernière quinzaine, il y existe actuellement des solutions qui semblent fonctionner et qui sont tout simplement inimaginables par l’OFROU en Suisse romande. L’actuelle séparation provisoire sur l’autoroute de contournement de Lausanne pourrait par exemple constituer aussi une solution, mais l’OFROU est enfermée dans ses processus de décision».

Une route cantonale qui va être chargée

Des écriteaux de déviation ont d’ores et déjà été posés dans diverses localités et sur les tronçons importants de la route cantonale Orbe-Ballaigues, qui va connaître un regain de succès sans précédent, au moins durant la première quinzaine de septembre.

Photo Olivier Gfeller

Les syndics de Vallorbe, Lignerolle et Ballaigues : Stéphane Costantini, Olivier Petermann et Raphaël Darbellay.

A 9 b: les balises tremblotantes de l’OFROU

Les syndics de Vallorbe, Lignerolle et Ballaigues :  Stéphane Costantini, Olivier Petermann et Raphaël Darbellay.

Les syndics de Vallorbe, Lignerolle et Ballaigues : Stéphane Costantini, Olivier Petermann et Raphaël Darbellay.

Fin juillet, l’OFROU, plus précisément son antenne romande d’Estavayer-le-Lac, avait convié une vingtaine de syndics, municipaux, gardes-frontière, gendarmes suisses et français à une séance d’information à Vallorbe au sujet de la séparation du trafic entre Essert-Pittet et Vallorbe sur la semi-autoroute A9 b de triste réputation.

Après avoir plutôt fait preuve de retenue sur cette question, voici que les techniciens fédéraux ont pris le mors aux dents et qu’ils annoncent des mesures provisoires à mettre en place dès le mois d’août. On ne peut pas dire que leur projet ait soulevé l’enthousiasme des communes riveraines. C’est bien le contraire qui s’est produit, puisque les communes les plus touchées par les difficultés de circulation, soit Lignerolle, Vallorbe et Ballaigues, se sont montrées clairement opposées à un projet concocté sans leur accord et leur participation et surtout qui apparaît comme un «emplâtre sur une jambe de bois», si l’on analyse la teneur des flèches acérées décochées à son endroit tant par Jacques Nicolet, municipal et député de Lignerolle, Stéphane Costantini, syndic de Vallorbe et Raphaël Darbellay syndic de Ballaigues.

Le projet

D’une façon très générale, l’OFROU constate que si l’on doit au final s’acheminer vers une version d’autoroute à quatre pistes, il faudra environ 15 à 20 ans avant que sa réalisation soit achevée. C’est donc à l’intérieur d’un UPlan (intervalle fédéral de cinq ans de planification d’entretien et d’amélioration de la sécurité d’un tronçon donné) que s’inscrivent les mesures envisagées. Elles sont au nombre de quatre: une réduction générale de la vitesse de 100 à 80 km/h sur toute la longueur du tronçon en question, la création d’une alternance de voies deux pistes-une piste en remplacement de la variété actuelle qui semble être un facteur de danger, et la pose sur un certain nombre de tronçons de balises réfléchissantes relevables pour délimiter les voies.

A ce train de mesures concrètes, l’OFROU prévoit d’ajouter le contrôle de vitesse permanent sur tout le tronçon, en déplaçant l’installation expérimentale de radar qui est actuellement en fin de phase de test dans le Chablais (mesure de vitesse sur un kilométrage donné par mesure des temps de parcours). Ces mesures sont destinées selon les experts fédéraux à améliorer sensiblement et durablement la sécurité sur le tronçon incriminé, en attendant sans doute un élargissement ultérieur qui demandera nombre de procédures et passablement d’études et de travaux.

La réaction des communes

Les communes représentées lors de cette séance ont tout d’abord reproché à l’OFROU de n’avoir pas tenu compte plus tôt des très nombreuses interventions qui ont eu lieu à ce sujet aussi bien au niveau cantonal vaudois qu’au niveau fédéral. Le projet est apparu à certaines communes comme une sorte d’exercice alibi qui ne résout rien. «Vous allez détourner le trafic par la route cantonale sans du tout résoudre les problèmes, notamment de tourner sur autoroute qui existent. En plus vous ne tenez pas compte de l’hiver qui dure 6 mois dans cette région et qui rend la chaussée dangereuse» a notamment déclaré Raphaël Darbellay.

Il est suivi par Jacques Nicolet qui a «déploré le peu de cas fait de motions déposées aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau cantonal, et une précipitation curieuse dans la mise en application d’une solution non concertée». Pour Stéphane Costantini, qui soutient ses collègues dans ces critiques de base, «il faut résoudre simultanément le problème du bouchon du Creux et celui du danger sur le tronçon, car les files qui se forment chaque soir sont génératrices de danger».

La suite des opérations

L’OFROU ne s’attendait apparemment pas à une telle levée de boucliers. Devant l’insistance des communes concernées et la riche palette des critiques, il a admis de réunir dans une séance commune toutes les parties concernées pour tenter de trouver un moyen-terme qui satisfasse aux critiques formulées. Tout en précisant au passage que, depuis 2008, le problème est de compétence fédérale uniquement et que l’on pourrait se passer de l’avis des communes concernées, du moins en théorie.

Le service cantonal vaudois des routes, quant à lui, estime que chaque partie doit faire un effort pour comprendre les arguments de l’autre, et que l’on doit de toutes façons sécuriser ce tronçon qui fait tache dans le réseau autoroutier de la région. Il participera aux discussions qui auront lieu et dont on ne connaît actuellement pas la direction qu’elles prendront.

Photo Olivier Gfeller

Les lieux de l’accident du 29 décembre 2010.

A9b : après un double accident mortel

Les lieux de l’accident du 29 décembre 2010.

Les lieux de l’accident du 29 décembre 2010.

Ils attendent quoi pour faire quelque chose ?

Une question que l’on se pose de Vallorbe à Orbe en passant par l’ensemble des villages bordant le tracé de la très controversée semi-autoroute A9b suite au dernier accident survenu juste avant la fin de l’année 2010.

Et pour une fois, le traditionnel et populaire «mais, qu’attendent-ils donc pour faire quelque chose» ne s’adresse ni aux autorités municipales, ni aux autorités cantonales, mais simplement aux fonctionnaires de l’OFROU, qui possède une antenne à Estavayer-le-Lac pourtant pas très éloignée du tronçon dangereux.

Car depuis quelques années, la gestion des autoroutes est de la compétence fédérale, le canton se limitant à jouer les intermédiaires porteurs d’avis ou de demandes diverses.

On n’a pas les crédits

Au vu du nombre de victimes sur ce tronçon depuis son ouverture (plus d’une vingtaine), on serait en droit d’attendre que les autorités en charge de la sécurité routière prennent le temps de réfléchir, mais qu’une fois ce temps pris et largement pris elles passent à l’action. Or si l’on en croit Raphaël Darbellay, le syndic de Ballaigues, tout n’est plus actuellement qu’une affaire de gros sous.

«Nous avons reçu des autorités fédérales compétentes un document stipulant que la création d’une berme centrale, sur le modèle de celle qui vient d’être posée entre Lausanne et Yverdon-les-Bains, avait été décidée» nous confirme Raphaël Darbellay. «Mais que les travaux de pose ne pourraient avoir lieu avant 2012, voire 2013, ceci pour des raisons financières, les crédits n’étant pas disponibles actuellement».

Responsabilité politique et civile

De son côté le député Daniel Mange est hors de lui. Il avait déposé une motion, il y a longtemps déjà, au Grand Conseil vaudois pour que le gouvernement cantonal interpelle les autorités fédérales sur ce sujet et surtout étudie la création de nouvelles pistes. La réponse reçue à l’époque objectait qu’il fallait d’abord étudier le trafic sur ce tronçon, dont on juge à Berne la fréquentation moyenne insuffisante pour nécessiter la création d’une véritable autoroute.

On ne sait trop si les derniers décès survenus vont accélérer le processus. Mais statistiquement, il y a fort à craindre que d’autres usagers ne soient victimes de ce tronçon avant que les crédits ne soient débloqués. A part les drames humains que ce genre d’accident apporte, quand donc les responsables imagineront-ils qu’ils sont clairement responsables d’un tronçon d’autoroute intrinsèquement dangereux, avec les conséquences civiles et pécuniaires que cela peut engendrer ?

Grand Conseil
Les députés de la région d’Orbe Pierre Guignard, Denis-Olivier Maillefer, Daniel Mange et Jacques Nicolet, ont déposé mardi 11 janvier une interpellation urgente intitulée «Combien de morts faudra-t-il encore?» Elle  sera développée mardi 18 janvier et demande au Conseil d’Etat d’intervenir au plus vite auprès de la Confédération pour la réalisation de la séparation des voies de circulation sur la semi-autoroute A9B.

Photo Olivier Gfeller

A9B Ballaigues – Orbe : enfin des mesures de sécurisation

Le Grand Conseil a traité récemment la réponse au postulat du député Daniel Mange qui demandait la création d’une quatrième piste sur l’ensemble du tracé, soit une véritable autoroute.

Tous les habitants de la région connaissent les dangers avérés de ce tronçon qui procure un faux sentiment de sécurité et qui, au final, s’est révélé malheureusement meurtrier à de nombreuses reprises. La sinuosité, la déclivité, les conditions météorologiques et bien souvent – il faut le reconnaître – l’inconscience de certains automobilistes ont définitivement et tragiquement prouvé que les semi-autoroutes sont totalement inadaptées au trafic automobile moderne.

Partant de cette constatation, plusieurs députés sont intervenus ces dernières années pour obtenir des mesures de sécurité et de régulation. Il faut bien admettre que les résultats sont à ce jour modestes : radar, marquage au sol et signalisation renforcée ont été les quelques mesures jusqu’ici.

Elles sont clairement insuffisantes.

Pour venir compliquer le dossier, il faut savoir que depuis quelques années la gestion de ces semi-autoroutes est de compétence fédérale via l’OFROU (office fédéral des routes) et que le canton se limite à jouer les intermédiaires.

Réponse négative, mais néanmoins positive

A la réponse au postulat Mange, le Conseil d’Etat rapporte la décision négative de l’OFROU de réaliser une véritable autoroute, au vu d’un trafic moyen quotidien jugé insuffisant (environ 13000 véhicules).

Par contre l’OFROU entre en matière sur une séparation physique des voies de circulation par la pose d’une berme ou glissière centrale qui empêchera toute collision frontale.

Si le principe de séparation a enfin été adopté, les études en sont au stade préliminaire et il est impossible de dire dans l’état quelles seront les zones qui nécessiteront un élargissement et si la distribution des pistes restera telle quelle.

La commission chargée de préaviser sur ce rapport l’a accepté à l’unanimité et le Grand Conseil a fait de même considérant que la responsabilité politique des élus était depuis longtemps engagée et qu’il était plus raisonnable de se satisfaire d’un compromis que du statu quo qui ne manquerait pas de conduire à de nouveaux drames.

Les travaux sont prévus pour 2012 - 2013 et le Grand Conseil a fortement insisté auprès du chef du Département des infrastructures pour qu’il maintienne la pression sur l’OFROU en vue d’obtenir cette réalisation dans les délais annoncés.