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Le chalet des Maisons-Doubles et sa vache géante.

Vaulion – mi-été: accueil aux Maisons-Doubles

Le Syndicat agricole et d’élevage de Vaulion a institué une belle tradition conviviale. Depuis 2013, chaque année, un des nombreux chalets d’alpage de la commune s’ouvre et accueille le public l’espace d’une journée.

Pour cette déjà sixième édition, c’est le chalet des Maisons-Doubles qui était le but de cette nouvelle découverte.

Les familles de Christian et Stéphane Messeiller, les amodiateurs des lieux, avaient bien fait les choses. Elles n’ont pas hésité à adapter la vaste écurie en salle de restaurant où de nombreuses fondues et autres grillades ont été servies. Autre originalité, le bar avait été aménagé dans une grande bétaillère placée devant le chalet. Vu la configuration des lieux, il n’était pas possible d’organiser un parking à proximité immédiate. C’est donc plus bas, vers la route de la Breguettaz, qu’il fallait laisser son véhicule puis monter à pied durant une dizaine de minutes environ. Une voiture navette gratuite était cependant organisée.

Apéritif original

Mais les courageux marcheurs étaient récompensés. Le long du trajet, on pouvait apercevoir un écriteau blanc simplement marqué «Apéro». Alors, il fallait redescendre un peu pour accéder à un lieu pentu où arrive une petite source. Et c’est dans ce coin un peu secret que Stéphane troublait cette eau pure et fraîche avec une délicieuse absinthe accompagnée de quelques «grignotages». Ensuite, une petite montée permettait de retrouver le chalet.
Les enfants n’étaient pas oubliés. Une énorme vache «grand format» avait pris place sur le pâturage et les accueillait volontiers pour se défouler. Un peu plus loin, un trio d’ânes observait, imperturbable, toute cette animation agrémentée par la musique d’accordéon.

Arrivée à la nouvelle Sagnette

Vaulion: la mi-été sur un alpage ressuscité

Cette année Dame Nature a décidé que la mi-été se ferait sous une météo de «mi-automne», mais qu’importe, la foule et la bonne humeur étaient au rendez-vous ce samedi 15 août.

Afin de sensibiliser la population sur la vie en alpage, et sur les produits de la région, de permettre de s’adonner à des activités comme de la spéléologie (par le Club de spéléo de Lausanne) et de profiter des informations données par le Parc Jura Vaudois, la Commune de Vaulion organisait ces portes ouvertes à l’alpage de «La Sagnette». Le choix du lieu fut aussi le prétexte à découvrir la splendide métamorphose du bâtiment.

En effet, entre la saison 2012 et le printemps 2013 la Sagnette a eu droit à un lifting… voire même une résurrection !

La charpente, la couverture et la ferblanterie des toits, la réfection de l’électricité, l’arrivée de l’eau courante dans le logement, le tubage de la cheminée, la création d’un soliveau, d’un escalier intérieur et d’une salle de bains ainsi que d’une magnifique salle de traite ont été les objectifs de ce chantier, et le résultat est impressionnant.
Certes, l’investissement eut un coût de plus de Fr. 350’000.-, mais, pour protéger nos alpages et les paysans il n’y a pas multitude de façons de procéder.

La Commune de Vaulion a donc très bien compris l’enjeu de la situation. C’est donc avec le verre de bienvenue et le sourire sincère que cette journée s’est déroulée pour le plus grand bonheur de tous.

Vaulion : la Dent orpheline de Pierre

Pierre Bachelard

Pierre Bachelard

Tout est tranquille

Il est cinq heures de l’après-midi, la cuisine s’éveille Eric Robitaillie, un ami de longue date de Pierre, prépare une fondue pour un couple d’habitués, venus une dernière fois déguster la fondue de Pierre Bachelard, à la Dent.

Aurore et sa collègue ont dressé les tables réservées, les clients ne vont pas tarder. Le jour décline doucement, laissant voir le panorama qui s’invite entre nuage et soleil, avec les Dents du Midi et un peu des Alpes savoyardes.

Le Mont-Blanc, lui, reste caché au regard, dommage. Par contre, le lac de Neuchâtel  et la ville d’Yverdon s’offrent sous un large rayon de soleil.Les clients ne vont pas tarder à arriver.

Pierre Bachelard remonte de Vaulion avec du ravitaillement. Il allume les chaufferettes à gaz, fait le tour des tables, salue le couple, puis autour d’un petit café serré, il égrène quelques souvenirs, des anecdotes aussi.

De Genève à La Dent de Vaulion

Il en avait un peu marre de la ville (Genève, pour son travail d’installateur sanitaire) et un jour en 1978, avec sa femme Dorinda, qui était de Vaulion, ils décidèrent de postuler pour prendre la gérance du chalet de la Dent de Vaulion.

Et c’est ainsi qu’une aventure passionnante de plus de trente années débutait! Pour six mois sur l’année, de mai à octobre. Quand ils entrèrent en activité, au mois de mai 1978, c’était à la lueur de lampes à pétrole qu’ils servirent les clients.

Pas d’eau courante à l’intérieur de l’habitation et très peu de confort. Mais année après année, ils  réussirent à transformer le vieux chalet d’alpage en un site touristique renommé et très fréquenté. C'est l'endroit parfait pour une location de chalet.Trois décennies au service des amateurs de fondue

Il allait chercher un livre des livres d’Or, avec de très vieilles cartes postales dont une de 1902, montrant le corps d’un chalet d’alpage, bas avec une écurie attenante.

En 1932 le bâtiment fut rehaussé et une salle fut créée  ainsi qu’une galerie, ouverte. Puis il décrivait ses 32 ans de montagne avec sa femme Dorinda (jusqu’en 2005, année de son décès), les transformations et les améliorations du chalet: l’agrandissement de la terrasse couverte et fermée, en deux fois, pour pouvoir installer des tablées de 12 personnes et la mise à niveau de la grande en plein air. Jusqu’en 1946 c’était l’emplacement d’un jeu de quilles.

Il a tout construit de ses mains et amélioré la vie de tous les jours; aménagé une cave à fromage et installé une banque de froid, l’isolation et la pose de vitrage pour la terrasse et la galerie, l’installation d’une génératrice et tiré des dizaines de mètres de tubes et de fils électriques. Un confort qui paraît tout naturel de nos jours!

Sans oublier le décor fait d’une quantité de cloches, de toupins et de photos. La dernière cloche, il l’a reçue de la commune de Vaulion, pour ses trente années d’activité à la Dent. Il glisse dans la conversation, qu’il va bien trouver une solution et un endroit pour les mettre dans sa maison.

Cette  année, je ne rempile pas

À Guy Reymond municipal, responsable des alpages à Vaulion, venu lui demander ce qui appartenait à ladite commune, Pierre lui répondit avec un large sourire: «Les murs et le toit, tout le reste c’est moi qui en ai réalisé les améliorations intérieures et extérieures.»
Sa dernière touche, pour les fumeurs: la transformation du petit chalet près de sa volière en carnotzet, rien que pour eux. Une belle réalisation!

La décision de ne pas «rempiler» pour un contrat de 6 ans, il l’avait prise ce printemps, déjà, à Pâques plus précisément. Et il partagera cette décision avec Eric, en avril, lors d’un séjour dans Le Pas-de-Calais où vit son ami. Eric Robitaillie, un ami de plus de 40 ans, qui est venu le dépanner cette année, lorsqu’il fut atteint dans sa santé. Il sera son second jusqu’au 25 octobre.

Pierre Bachelard ajoutait: «J‘ai 66 ans  cette année, et j’en aurai eu 72, à la fin du mandat… J’ai décidé de passer la main, c’est le moment, pour moi, de vivre plus tranquillement, avec des soucis en moins.»

Il pourra reprendre, avec  ses amis, les randonnées à cheval dans le sud de la France, une passion qui n’était plus de mise ces dernières années.

Son futur, pas de souci pour lui, il est déjà très occupé avec son métier d’installateur sanitaire, et il n’est jamais à cours d’idées pour transformer et améliorer son quotidien. Alors, nous lui souhaitons bon vent.

Photo Marlène Rézenne

Rances : 31 ans d’estivage au chalet de la Sagne

Jean et Raymonde Beauverd sur le perron du chalet

Jean et Raymonde Beauverd sur le perron du chalet

Raymonde et Jean Beauverd mettent pour la dernière fois en hivernage le chalet de la Sagne après 31 saisons d’estivage. C’est en 1979 qu’ils prennent en main l’ouvrage à effectuer au chalet de la Sagne, lorsque les pâturages sont verts et offrent une herbe appétissante aux pensionnaires ruminants.

Situé sur la commune de Rances et loué à cette dernière, le chalet de la Sagne permet à Jean et Raymonde d’entretenir et de traire 27 vaches et l’élever plus d’une dizaine de cochons aussi roses et propres que sur les dessins pour enfants.

Un bien beau chalet s’il en est, de chaque côté de l’escalier d’accès une façade rouge de géraniums, blotti  dans la combe derrière les parois rocheuses du Suchet, séparé de la frontière française par les pâturages des «Veilars» qui eux se trouvent être sur la commune de l’Abergement.

Pendant 19 ans, Jean a fromagé chaque jour de la saison, une à deux pièces de fromage de plus de 30 kilos à l’aide d’une chaudière à vapeur de 800 litres, et, pour faciliter cette fabrication, un apport de lait organisé de convenance entre les chalets de proximité du Rez et de la Poyette.

Actuellement, c’est leur petit-fils Frédéric qui tient les rênes du chalet, et pour Raymonde et Jean de retrouver leur chez-soi à Rances, afin de bénéficier d’un repos bien mérité.

Photo Alain Michaud