Le champion Cédric Evard sur neige avec des pneus cloutés maison.

Enduro: un champion suisse à Bretonnières

Le champion Cédric Evard sur neige avec des pneus cloutés maison.

Le champion Cédric Evard sur neige avec des pneus cloutés maison.

Il est tombé dans la marmite du sport motocycliste quand il avait cinq ans. À 24 ans, et depuis maintenant 10 ans qu’il pratique la compétition à un haut niveau, il ne tombe plus, mais récolte les lauriers de son travail inlassable. Cédric Evard, qui demeure à Bretonnières, a en effet été sacré Champion suisse 2012 d’enduro dans la catégorie National. Un sport motorisé que l’on ne connaît pas très bien ici, et pour cause, puisque sa pratique n’est pas possible dans notre pays pour des raisons réglementaires.

L’enduro est une course de 6 à 8 heures comprenant une alternance entre «spéciales chronométrées», durant lesquelles le plus rapide se classe le mieux et «parcours de liaisons», qui peuvent parfois être longs, découverts à la dernière minute et pour lesquels les concurrents ne doivent aller ni trop vite ni trop lentement faute de quoi des pénalités peuvent leur être infligées dans les deux cas. «Orny organise chaque année un enduro», explique Cédric Evard, «mais ce n’est pas un véritable enduro. Ça ressemble plus à une longue épreuve de motocross en circuit fermé.» De fait, les deux sports sont très parents, et Cédric Evard les pratique tous les deux, pour se maintenir au meilleur niveau. Comme il n’hésite pas, en hiver, à enfourcher un VTT ou à pratiquer de longues marches pour parfaire sa condition physique. Une nécessité, car l’enduro est très exigeant au plan physique comme au niveau de la monture mécanique qui est très sollicitée.

Championnat délocalisé

Le Championnat de Suisse se déroule donc en France, sur 8 à 10 manches par saison. Cédric Evard rejoint les lieux de course avec un mini van et une caravane. Et insiste sur l’importance de son «équipe», ses parents et son amie, qui l’accompagnent tout au long de la saison et des parcours. «Ils sont mon assistance pendant les courses et aussi mes ravitailleurs. On a souvent une petite faim au milieu de l’épreuve», précise-t-il, «et il est bon d’avoir une équipe autour de soi». Les ennuis techniques ne sont pas rares, et là aussi il faut pouvoir assurer soi-même. Quand on sait que Cédric Evard est ingénieur en technique automobile, on comprend que son métier lui permet aussi de maitriser tous les aspects techniques de la compétition.

Sa couronne de champion 2012, réalisée au sein d’un groupe d’environ 75 coureurs suisses lui ouvre les portes en 2013 de la catégorie reine, l’inter, qui compte une quinzaine seulement de coureurs chevronnés. C’est dans cette catégorie qu’il se prépare à courir l’an prochain, aidé pour la première fois par l’importateur de sa moto, la firme Suzuki. Une aide bienvenue, car l’enduro n’est pas un sport dans lequel on gagne de l’argent, bien au contraire. L’Omnibus suivra les performances de Cédric Evard en 2013 et les signalera régulièrement à ses lecteurs. Une façon comme une autre de soutenir un régional qui doit souvent traverser la France pour s’adonner à sa passion.

Photo Olivier Gfeller