M. Valdemar Goncalvez.

L’affaire du FC Baulmes: le combat des chefs

M. Valdemar Goncalvez.

M. Valdemar Goncalvez.

Comme il fallait s’y attendre, le retrait de Fabien Salvi de la présidence du FC Baulmes provoque des réactions. De la part du club lui-même par l’intermédiaire de son manager général, Valdemar Goncalvez, qui a voulu nous faire part du point de vue de son association sur cette affaire.

«Le départ de Fabian Salvi ne doit pas être assimilé à un abandon de la tâche pure et simple. Notre ancien président a tenté beaucoup de choses pour essayer de sauver ce qui pouvait l’être. Il a finalement laissé tomber devant l’impossibilité de négocier avec le syndic de la commune, M. Cuérel. Il part certes à Sion mais il aurait pu le faire beaucoup plus tôt puisqu’il a reçu l’offre de Christian Constantin en juillet déjà. Il a espéré une négociation qui s’est révélée impossible avec l’autorité baulmérane avant d’accepter la sollicitation du président valaisan.

Organiser des concerts

Le groupe Jean-Jacques Lafon et consorts a acquis le mobilier du stade pour la somme de 200’000 euros. Cet investisseur n’entendait pas soutenir le club mais comptait pouvoir bénéficier des installations pour organiser des concerts et des manifestations. Il mettait du même coup le stade à disposition du club. Comme il avait négocié avec M. Salvi, le chanteur français tenait à ce que cette personne soit présente lors de la convention qu’il fallait signer avec l’autorité. Or, la commune s’est rétractée ne voulant pas entrer en matière avec l’ancien président du FCB».

Trois solutions

Ensuite, le FC Baulmes a souhaité vouloir s’entraîner sur le deuxième terrain de la commune, au Clos puisqu’actuellement l’équipe doit se déplacer à Bussigny ou Echandens pour ses séances hebdomadaires de préparation. «Quand bien même nous avions rempli les conditions souhaitées, lettre à la municipalité et démission de Salvi, la commune n’est pas entrée en matière, nous dit Valdemar Gonçalves.

Actuellement, un comité de bénévoles de la région est en train de se mettre en place afin de finir la saison avec une formation qui compte tout de même une dizaine de joueurs régionaux. A l’avenir, nous avons trois solutions devant nous. Soit nous continuons de jouer sous l’appellation FC Baulmes et sur le terrain de la commune, soit le club disparaît tout simplement ou enfin nous fusionnons. Selon les règlements de l’Association Suisse de Football, nous pouvons très bien envisager cette dernière solution et plusieurs clubs s’intéressent à nous car nous possédons la licence qui permettrait à l’un de ces prétendants d’évoluer en première ligue».

Juline Cuérel

Pas abandonner le stade

Du côté de la commune, le son de cloche n’est pas le même évidemment. Le syndic Julien Cuérel revient d’abord sur les négociations avec le groupe Lafon.
«Ces gens sont venus cet été à Baulmes pour signer une convention qui aurait voulu que l’on mette le stade et ses installations à leur seule disposition.
L’artiste souhaitait en effet organiser des concerts à Près-sous-ville. Nous ne pouvions accepter une telle proposition car le terrain, qui a nécessité un investissement proche des deux millions de francs de la part de la commune, ne pouvait pas être cédé si facilement. Le Conseil communal avait pris certaines décisions à l’époque de la prononciation de la faillite, il y a trois ans, que nous ne pouvions pas décemment modifier. En plus, nous leur avions dit qu’il était difficile d’imaginer la tenue de manifestations sans que la commune ait son mot à dire. Si bien que l’investisseur français a rompu les pourparlers.

Pour un club baulméran

Concernant l’utilisation de notre terrain du Clos, il nous était nécessaire de discuter avec un comité qui, pour le moment, est démantelé avec le retrait de Fabien Salvi et d’autres membres. Du reste, le club ne fait plus partie de l’Union des Sociétés locales puisqu’il n’a plus payé ses cotisations depuis plusieurs années et n’a plus d’attache avec le village. En outre, le maintien de l’équipe en 1ère ligue nécessite un investissement proche du demi-million par saison. Je pense qu’il faut revenir à une certaine réalité et mettre un terme à ce feuilleton. Je suis d’avis qu’il faut créer un nouveau club dans mon village, qui parte sur des bases saines et qui soit à la portée de notre jeunesse. C’est la raison pour laquelle nous continuons d’entretenir les installations du stade.

Pas de suite judiciaire ?

Si je n’ai plus rien à dire sur l’avenir du FC Baulmes actuel, je pense que la perspective d’une fusion avec un autre club (on parle de Payerne) est une solution». Quant aux risques financiers dus à la disparition du club, le syndic Julien Cuérel n’a pas trop de soucis. «Lors de la mise en faillite, l’Office du même nom a renoncé à recourir contre la commune, ses chances de succès étant trop minces selon leurs avocats conseils. Certes, les créanciers ont jusqu’au 30 juin prochain pour se retourner contre nous. Je sais que quatre d’entre eux se sont réservés ce droit qu’ils n’ont pas confirmé jusqu’à maintenant».

Les prochains huit mois seront bien sûr déterminants. Il n’en demeure pas moins qu’il est temps que l’histoire du FC Baulmes se termine pour le bien du football régional.

Photo Pierre Mercier