Adrian Zesiger – président du FC Orbe.

FC Orbe: nouvel entraîneur et bilan

Adrian Zesiger – président du FC Orbe.

Adrian Zesiger – président du FC Orbe.

Après Bavois, Orbe a aussi procédé dernièrement à un changement d’entraîneur. Christian Mischler et le club se sont mis d’accord pour cesser leur collaboration. Il est vrai que le bilan comptable n’était pas bon. Mais la goutte qui a fait déborder le vase est tombée lors de la dernière partie de l’année lorsque les joueurs urbigènes et de Lutry se sont quittés d’une manière honteuse, comme nous le confirme le président du FCO, Adrian Zesiger:

– Les actes qui ont ponctué l’issue de cette partie m’ont fait beaucoup réfléchir. Nous ne pouvions pas laisser passer la chose sans réagir. Nous avions déjà songé au remplacement de notre duo d’entraîneurs en cours de saison, après huit matches sans point. Nous avons voulu leur faire confiance, mais l’attitude de l’adjoint Egea, sur le banc de touche, a dépassé les limites et irrité l’équipe. Cela ne pouvait plus continuer ainsi, raison pour laquelle le comité a penché pour l’engagement d’Alain Béguin, un ancien joueur de Ligue Nationale (voir encadré).
En outre, le résultat de ce premier tour ne correspond pas à l’attente. Nous avions gardé l’essentiel de notre ossature autour de laquelle nous pensions apporter quelques renforts. Malheureusement, les garçons qui sont venus ne sont pas supérieurs à ceux que nous possédions, car ils sont jeunes et manquent d’expérience. Je pense que si nous avions entamé le championnat par un match nul contre Stade Lausanne, ce qui était à notre portée, nous n’en serions pas là aujourd’hui.

Comment envisagez-vous le deuxième tour?
– Nous avons déjà cédé la lanterne rouge à Bex. Nous avons six points de retard sur le premier non-reléguable. Donc, on peut s’en sortir, mais cela sera dur. Nous allons chercher des renforts et je compte sur le retour de quelques Urbigènes. Car nous n’avons pas les moyens financiers de nos voisins de Bavois ou La Sarraz, qui ne sont guère mieux lotis que nous en championnat. Nous savions à l’entame de cette saison que nous pourrions être confrontés à la relégation. Cependant, nous ne dérogerons pas pour autant à notre politique de ne pas rémunérer les joueurs. Nous comptons faire confiance aux gens de la région d’Orbe. J’admets que les gars n’évoluaient pas dans de bonnes conditions psychologiques, étant donné que les résultats ne suivaient pas. Dès lors, nous devons aussi veiller à ce qu’une relégation ne soit pas synonyme d’exode.

Je constate aussi que nous n’avons pas pu vraiment compter sur nos éléments moteurs. Des joueurs comme Grosso II, Barrier, Da Mota ou Carvalho n’ont joué que 5 à 6 matches sur 13 pour différentes raisons. Leurs absences ont pesé lourd dans la balance. J’en veux pour preuve que lorsque Fabio Grosso était remis de ses blessures, notre attaque avait bien plus de poids.

La réputation du club à l’extérieur n’est pas bonne; pourquoi?
– Nous sommes les représentants d’une petite ville. Nous devons composer avec des couches sociales différentes de celle d’un village où l’on est plus soudé autour du football-club. Il faut du temps pour trouver une certaine solidarité. A Champvent, il y a plusieurs années que l’entraîneur Tharin sévit et a formé son groupe. A Bavois, c’est le président Viquerat qui est allé chercher et a modelé son contingent. A Orbe, nous avons tenté de donner leurs chances aux jeunes, mais ils ne sont guère sensibles à l’offre.

Il faut avouer que la tenue de l’équipe sur le terrain n’incite pas à jouer à Orbe
– J’ai bien tenté de calmer le jeu. Je leur ai rappelé notre code d’éthique mais, s’ils l’admettent hors du terrain, ils l’oublient sur la pelouse. Il faudrait sans doute sévir mais si nous le faisons avec toute la sévérité nécessaire, nous n’aurions plus d’équipe. Comme le contingent est court, ils sont sûrs de jouer et prennent des libertés excessives, je le concède. Sachez tout de même que les amendes liées aux avertissements et aux expulsions sont déduites des primes puisque l’équipe reçoit mille francs par point gagné. En fin de compte, il faut admettre que nous sommes tous responsables de cette situation et je le regrette, mais nos moyens financiers ne nous permettent pas de renouveler le contingent. A moins que nous trouvions un ou des sponsors pour élargir l’effectif pour une saine concurrence, dans un esprit meilleur. Bien plus que de l’argent, nous cherchons à offrir des places de travail aux éventuels intéressés et si un employeur peut nous aider, il sera le bienvenu.

Qu’en est-il de la relève?
– Orbe est le club qui fournit le plus de juniors au mouvement MJOR. Malheureusement, nous payons les conséquences du bras de fer que j’ai eu avec Didier Jaquenoud. Plusieurs jeunes Urbigènes évoluent sous le nom d’autres clubs, ce qui n’est pas fait pour nous arranger. En outre, nous n’avons pas actuellement beaucoup de juniors A dans le groupe interrégional et le règlement du MJOR nous empêche de bénéficier de leurs services. C’est dommage, et nous devons trouver le moyen de remédier à cet état de fait.

La promotion de votre deuxième équipe en 3e ligue est-elle essentielle?– Bien sûr et cela est un dilemme, car nous devons préserver son contingent pour toucher au but. Car cette équipe n’est formée que d’Urbigènes et elle a les cartes en mains pour réussir dans sa tentative. Donc, nous ne pouvons guère puiser dans son effectif pour maintenir l’équipe fanion. N’empêche que je trouve regrettable que certains gars de la deux n’étaient pas prêts à donner le coup de main, lorsque cela était nécessaire. J’espère tout de même que les choses s’arrangeront, afin que cecomportement s’améliore à tous les niveaux.

En définitive, votre club traverse une saison difficile?
– Oui, mais nous allons tout faire pour ne pas mettre le FC Orbe en danger. J’aimerais que l’état d’esprit s’améliore sensiblement, que nous soyons plus calmes sur le terrain et que nous acceptions les règles éthiques qui prévalent dans le football. J’aspire à voir des gens heureux qui offrent du spectacle et du plaisir. Il en est de la responsabilité de chacun dans le club et je compte sur les joueurs pour qu’ils donnent une autre image d’eux à l’avenir.

Photo Pierre Mercier