Cyrille Thièry.

V.C. Orbe: deux Champions d’Europe

Cyrille Thièry.

Cyrille Thièry.

Les championnats continentaux sur piste qui se sont déroulés au Portugal, à Amadia, ont permis à deux membres du Vélo Club d’Orbe de décrocher deux titres européens dans l’épreuve de l’américaine, une épreuve où l’on se relaie à deux pendant 40 kilomètres et dans laquelle on engrange des points grâce à des sprints fréquents.

Cyrille Thièry s’est imposé chez les moins de 23 ans en compagnie de l’Argovien Silvan Dillier, devant les Italiens et les Hollandais, alors que Théry Schir s’est emparé de l’or chez les juniors (sur 30 km) avec Stefan Küng. La moisson de médailles ne s’est pas arrêtée là pour les membres du VCO puisque Théry a terminé deuxième de l’américaine (sur 25 km mais en solo) et que Cyrille a pris le bronze avec le quatuor de la poursuite par équipes qui a signé un nouveau record de Suisse.

Grâce à cet excellent résultat, les quatre garçons de ce relais (Olivier Beer, Jan Keller, Dillier et Thièry) peuvent envisager de participer aux Jeux Olympiques de Londres, l’année prochaine. Ils sont actuellement 7e de la hiérarchie européenne de la discipline et 11e sur le plan mondial. Il leur suffirait de gagner un rang pour obtenir leur sélection pour ce grand rendez-vous du sport.

Sans équipe

C’est tout auréolé de son maillot de champion d’Europe que Cyrille nous a reçus chez ses parents à Chavornay, car il doit pouvoir compter sur leur appui pour pratiquer le cyclisme à 100%. «Si nous voulons nous qualifier pour Londres, nous n’avons pas d’autre solution que de vivre en professionnels. C’est d’autant plus difficile que je n’ai pas d’équipe pour l’instant et tous mes frais de matériel sont à ma charge.

Comme je ne gagne presque rien (un millier de francs par mois), je dois compter sur eux dans l’espoir de trouver des sponsors prêts à me soutenir dans ma démarche afin de pouvoir me rendre aux Jeux». Pour l’instant, le coureur du VCO va terminer la saison sur route qui a été meilleure que les deux précédentes au cours desquelles il avait été entravé par des blessures (2009) et par une préparation erronée (en 2010).

Il espère pouvoir disputer le Tour de l’Avenir en septembre prochain quand bien même Swiss Cycling (la fédération nationale) a éjecté le sélectionneur des M23 et ancien professionnel Stefan Joho, avec qui Cyrille s’entendait bien. Il envisage aussi de disputer plusieurs courses en Franche-Comté, où le programme est plus étoffé qu’en Suisse, pour parfaire sa condition. Ensuite, il entamera la préparation hivernale sur piste qui conditionnera sans doute sa participation aux Jeux Olympiques avec ses camarades qu’il retrouvera mensuellement à Aigle.

Avec Daniel Gisiger

C’est avec un autre ancien professionnel, Daniel Gisiger, que le quatuor préparera cette échéance. Le Biennois estime que son équipe est à mi-chemin du but visé. Il faudra encore beaucoup travailler la technique sur piste. Même si l’épreuve est courte, il faut avoir aussi passablement d’endurance pour rouler à plus de 60 km/heure pendant 4 kilomètres. Au Portugal, les Suisses n’avaient été battus que par les Russes et les Anglais, en améliorant de trois secondes l’ancien record national (4 minutes 7 secondes 6). Cyrille ne sait pas encore quel sera le programme pour tenter d’obtenir cette qualification. Par contre en 2011, il a beaucoup roulé dans la mesure où il a suivi l’école de recrues pour sportifs d’élite, un avantage indiscutable pour un cycliste de son statut.

Devenir pro

Comme tout coureur, il rêve de passer professionnel, mais la présence d’une seule équipe professionnelle en Helvétie (la BMC de Danilo Wyss) est un handicap, ce d’autant que cette formation a des ambitions élevées au niveau international avec notamment la présence dans ses rangs du vainqueur du dernier Tour de France, l’Australien Cadel Evans. Cyrille Thièry avoue être sous une certaine pression, car il faut des résultats pour attirer l’attention des formations professionnelles.

N’empêche que le cyclisme lui procure toujours autant de joie. «C’est ma vie. J’ai toujours autant de plaisir. Vous n’avez qu’une envie, gagner, et, lorsque cela ne se passe pas comme prévu, vous vous dites toujours «cela ira mieux demain».

Je me suis fixé pour but d’être encore dans le peloton en 2016. J’espère dès lors trouver l’équipe qui permettra de réaliser mon vœu et qui comprendra que la piste fait désormais partie de mon éventail de performances».

Photo Pierre Mercier