Samuel Wyss et John Mc Leod au Tour de France.

Sur les traces du Tour de France

Samuel Wyss et John Mc Leod au Tour de France.

Samuel Wyss et John Mc Leod au Tour de France.

Samuel Wyss est l’homme des défis. L’ancien marchand de cycles urbigène avait d’abord crée la Wysam 333 après avoir participé à d’autres épreuves de longue haleine. Après avoir soigné un cancer, il avait même disputé l’invraisemblable Paris-Brest-Paris (1181 km.). Cette année, en compagnie de John Mc Leod (un ingénieur de Nestlé qui a travaillé à Orbe) et accompagné de Philippe Pousaz, ancien cameraman de la TSR, il avait imaginé disputer la dernière semaine de la Grande Boucle. Cela le même jour que les coureurs, en prenant le départ aux aurores. Il a bien voulu nous parler de cette expérience qui a vacillé entre plaisir et frustration.

Plus de panneaux

« Nous avons commencé par l’étape qui menait au Ventoux. Nous avons pris le départ à 1 h 30 du matin de Givors. De nuit, nous avons eu de la peine à nous ravitailler et c’est finalement dans un restaurant qui accueillait une noce que nous avons pu assouvir notre soif, en fin de nuit, dans une ambiance festive. Personnellement, j’ai dû abandonner à la sortie de Bédouin (au pied du mont chauve), terrassé par la canicule. John lui a été stoppé par les forces de l’ordre à 4 kilomètres de l’arrivée. Un problème que nous avons rencontré tout au long de la semaine, car la police est intransigeante, même si nous passions largement avant les coureurs. Après une journée de repos (lundi), nous avons pris la route pour Gap. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous avons constaté que toutes les flèches de direction de la course avaient été dérobées la nuit avant le 37e km. Si bien que nous sommes involontairement sortis du tracé, en effectuant une quinzaine de kilomètres de trop. L’arrivée sur Gap, vers 14 h., fut en revanche magistrale, avec le public et dans un paysage magnifique.

Embourbés

Le lendemain, c’était le contre-la-montre et la route était fermée dès 8 h., heure à laquelle nous avions décidé de partir. Inutile de vous dire que nous n’avons pas pu effectuer le début, mais nous avons pu rouler sur la fin du parcours. A notre grand désespoir, nous n’avons pas pu disputer la double montée sur L’ Alpe d’Huez. Le soir d’avant, nous avons eu besoin de quatre heures pour trouver une place pour notre bus dans lequel nous dormions. Un orage ayant éclaté durant la nuit, notre «maison» s’est embourbée.

Trois heures ont été nécessaires pour extraire notre véhicule. Trop fatigués, nous avons renoncé à rouler. John a bien fait une tentative depuis Bourg d’Oisans mais la foule était tellement dense qu’il a renoncé au passage du «virage des Hollandais». Le Tour se poursuivait du côté du Grand Bornand. Nous sommes partis à 4 h du matin pour franchir le col du Glandon dans la fraîcheur puis celui de la Madeleine dans lequel nous avons été supportés par les caravaniers qui se réveillaient. J’en garde un souvenir impérissable, mais une fois de plus, nous ne sommes pas parvenus au but, stoppés par la caravane publicitaire et l’intransigeance de la police.

Tout le Tour en 2014?

Enfin, la dernière étape autour d’Annecy ne présentait pas un mètre de plat. Bien que nous ayons pris nos dispositions pour arriver bien avant les coureurs, nous avons été arrêtés définitivement cinq heures avant le passage du peloton! Malgré les difficultés rencontrées, nous envisageons de nous relancer en 2014. Probablement pas le même jour que la course, car, si nous avons eu du plaisir en certains lieux (Gap, col de la Madeleine), le stress nous a souvent gagnés sur la fin des étapes devant autant d’interdits. En plus, il faut préciser que la météo a été favorable et nous n’avons connu aucun problème technique, pas davantage de crevaison. Je me suis rendu compte aussi que les 4 000 kilomètres de préparation n’étaient pas suffisants, il en faudrait 10 000 pour tenir le coup. Notre motivation est toujours intacte et nous pourrions envisager d’accomplir tout le Tour. Nous allons réfléchir cependant à notre projet futur de manière à mieux savourer cette course à l’envergure phénoménale».