Jonas Goy.

Croy: Jonas Goy, à l’aventure en deux roues

Jonas Goy.

Jonas Goy.

Ayant perdu son emploi temporaire de menuisier au mois de décembre dernier, Jonas Goy n’a pas perdu son temps. Revenu enchanté d’un tour de France à vélo qu’il avait effectué en 2010, il n’a pas hésité d’imaginer pareille expédition mais en… Australie.

Même s’il ne manie pas vraiment la langue de Shakespeare, le jeune homme de Croy vient de partir à l’autre bout du monde. Dans un pays qu’il connaît un peu pour s’y être rendu au sortir de son école de recrue pour aller rendre visite à son amie du moment pendant trois semaines. Même s’il prépare sérieusement son voyage qui durera une année, Jonas part un peu à l’aventure.

Des milliers de kilomètres dans le désert

«Je vais effectuer entre 18 000 kilomètres en longeant les côtes de l’Australie. Je partirai de Melbourne pour effectuer plusieurs étapes qui auront pour but Adelaïde, puis Perth, Darwin, Cairns, Brisbane, Sydney pour finir à Melbourne. Il s’agira aussi de franchir des déserts. Ainsi entre Perth et Cairns, j’effectuerai près de sept mille kilomètres dans ce décor.

C’est le principal souci de mon périple car il fera très chaud malgré le fait que le continent se trouvera dans sa phase hivernale. Sur mon attelage, vélo-remorque et sacoches, je pourrai emporter jusqu’à trente litres d’eau qu’il faudra gérer pour ne pas souffrir de la soif. Je devrai aussi me méfier des animaux hostiles (serpents, mygales, insectes, etc) car je vais camper durant ce tour.

J’ai pris quelques renseignements au Vivarium de Lausanne mais je n’ai pas pu m’acheter d’anti-venin car cela coûte trop cher. Mais je suis confiant et j’aurai des points de chute dans l’essentiel des villes qui me serviront de têtes de pont grâce à une amie, Doris Turin de Goumoëns-la-Ville.

En arrivant à Melbourne, je vais aller voir les championnats du monde de cyclisme sur piste puisque des coureurs de la région sont engagés (Cyrille Thèry de Chavornay)».

Avec des panneaux solaires

Jonas entend pédaler journellement 60 kilomètres, pendant 6 des 7 jours de la semaine, en précisant qu’il faudra tirer les 80 kilos de son équipage. Moins dans le désert en fonction de la chaleur (30 à 40 km). Il craint aussi le vent qui encombre les routes de sable en certaines occasions. «J’espère bénéficier d’un téléphone satellite au cas où je devrais avoir un souci important.

J’aurai également un contact internet avec mon frère Dimitri qui tiendra mon livre de bord sur mon site (www.jonasgoy.com). A ce propos, j’emporte avec moi des panneaux solaires pour recharger tous mes appareils. En revanche, je n’ai pas pris de nourriture particulière car je sais que je trouverai tout ce que je voudrait sur place, selon mes sources.

Pour mener à bien ce périple, j’ai acquis un nouveau vélo, il a fallu l’équiper particulièrement, le compléter d’une remorque et de sacoches afin d’y glisser vêtements, tente, ustensiles de cuisine et forcément quelques objets de défense comme un spray au poivre». Certains petits sponsors ont réduit un peu la facture. Mais Jonas n’a pas hésité à puiser dans ses économies comme il a vendu sa voiture pour financer son rêve.

Après avoir réglé tous les frais du voyage, il a calculé qu’il lui restera 55 dollars australiens (équivalant du franc suisse) par jour pour se nourrir et ses extras.

Pédaler pour une association

Le jeune homme de 24 ans ne craint pas de voyager seul. Il faut dire qu’il a préparé son expédition en moins de trois mois. Pas de quoi tergiverser. S’il n’a guère voyagé dans sa vie, il s’est tout de même rendu à Sumatra, avec l’armée suisse puisqu’il faisait partie des troupes de sauvetage, lorsque cette île a été victime d’un tremblement de terre.

Il y a vu la misère et c’est la raison pour laquelle il a accepté de jouer le jeu de l’association Medair, qui tente d’épurer l’eau qui provoque tant de dégâts dans la population de Madagascar. Si son action vous intéresse, vous trouverez le moyen de vous solidariser à cette cause à raison d’un centime par kilomètre parcouru.

Jonas est parti samedi dernier pour ce périple étonnant pour ce garçon qui ne manque pas de courage et à qui l’on souhaite bonne route.

Photo Pierre Mercier