Le conférencier : Yves Pellaux.

ADNV à Orbe: manger suisse ou importé

Le conférencier : Yves Pellaux.

Le conférencier : Yves Pellaux.

Sous l’égide de l’ADNV (Association du Développement du Nord Vaudois) et de la SICUP, le 5 à 7 des entrepreneurs avait pour thème la politique agricole proposée par le Conseil fédéral dont le but serait de diminuer les paiements directs. Plus d’une trentaine de personnes, dont de nombreux agriculteurs-trices de la région avaient fait le déplacement,

Le conférencier du jour était Yves Pellaux, syndic de Pomy, président de Prometerre et agriculteur. Il a démontré que l’agriculture est depuis longtemps en perpétuelle mutation. Dans les années 1900, ce fut la fin de l’âge d’or du blé avec le train et l’importation massive de blé ukrainien... Le début de la mondialisation et de la production laitière intensive. En 1939 la Suisse était à 50% d’autosuffisance et en 1945 à 75%.

Quadrature du cercle

C’est un peu la quadrature du cercle, faire plus et mieux avec moins: comment produire plus à meilleur prix tout en améliorant l’écologie? Depuis quelques années, une urbanisation croissante a changé la donne. Les citadins veulent des produits sains et bon marché, mais aussi de la verdure, de la biodiversité et des jolis paysages.

Le Conseil fédéral a fixé des objectifs, certes ambitieux, mais qui seront quasiment impossibles à tenir : diminuer la perte des hectares (ha) de surfaces agricoles, de 1900 ha par année passer à 1000 ha. Cependant avec le développement de l’immobilier, le conférencier pense que ce n’est tout simplement pas possible. Petit à petit le Conseil fédéral projette de diminuer les paiements directs mais de donner plus aux prestations écologiques. Le projet, encore en consultation, a déjà reçu plus de 7000 avis.

Politique de l’OMC inique

Yves Pellaux, en conclusion a également démontré que la politique mondiale agricole était devenue un business, et n’avait plus rien à voir avec l’agriculture traditionnelle. L’industrie agroalimentaire paupérise encore plus les paysans des pays pauvres, avec la bénédiction de l’OMC ( Organisation Mondiale du Commerce). On importe des produits alimentaires d’Afrique. Ce qui n’est pas cher pour nous est hors de prix chez eux... Le problème est complexe mais il ne faut pas laisser le marché tout régler.

Après l’exposé, les participants ont posé beaucoup de questions ou on fait part de leurs préoccupations. Plusieurs agriculteurs ont parlé de la difficulté à joindre les deux bouts ou celle de la double journée avec un travail à l’extérieur. Le verre de l’amitié accompagné de produits du terroir a clôturé cette rencontre. Prochain rendez-vous: le 2 mai à Y-Parc sur le thème de la mobilité.

Photo Natacha Mahaim