La nouvelle directrice

Une «Chinoise» à la tête de VO Energies

La nouvelle directrice

La nouvelle directrice

Genevoise d’origine, la nouvelle directrice de la compagnie d’électricité régionale a suivi une trajectoire peu ordinaire. Au sortir de ses études à l’EPFL, Martine Favre est l’une des trois filles d’une volée de 70 étudiants. Sa curiosité de savoir ce qui se cache derrière le mot électricité l’a poussée dans cette voie qui lui fera connaître aussi le monde des télécommunications.

Pour son premier job, elle travaille dans un bureau d’ingénieurs dans le domaine de la microtechnique. En 1991, la ville de Lausanne l’engage pour son programme Energie 2000 (économie et énergies renouvelables). Cinq ans plus tard, elle s’occupe du téléréseau de la capitale vaudoise jusqu’en 2010, avec une parenthèse d’un an dans le secteur commercial, puisqu’elle connaît tous les domaines de l’électricité. Elle participe finalement à l’instauration de Citycable (fournisseur d’accès internet de la commune).

Bonne réputation de la Suisse

En 2010, son mari prend le pari d’aller tenter l’aventure de la Chine. Martine l’encourage à saisir cette opportunité même s’ils ne parlent pas le chinois. A Shanghai, la famille découvre un monde inhabituel. D’abord, il s’agit de s’acclimater à une cité de 23 millions d’habitants dans laquelle il faut trouver ses repères et apprendre à vivre dans un milieu si différent de l’Helvétie.

« Leur culture repose sur une longue histoire qui fait que les Chinois ont une expérience de plusieurs centaines d’années. Si bien qu’ils sont sereins et il est reposant de les côtoyer. J’ai appris à les connaître en travaillant pour une entreprise suisse dans le secteur de la géologie. Notre pays est très apprécié puisqu’il a été l’un des premiers à reconnaître le République populaire. J’ai noté aussi que nos diplomates possèdent une certaine aura dans la plus grande nation du monde, ce qui explique les bonnes relations entre les deux pays.

Des intermédiaires nécessaires

Dans leur société, il est important de ne jamais perdre la face. Si bien qu’à l’heure de traiter avec un client, on doit passer par des intermédiaires et ce sont eux qui vont accepter ou pas d’entrer en matière. Ce qui exige une certaine patience, mais il est inutile de vouloir les bousculer, afin de ne pas les atteindre dans leur dignité. Si bien qu’à l’heure de signer un contrat, plus rien ne se négocie, tout est entendu. Les étrangers sont toujours bien accueillis, car on leur reconnaît le mérite de s’être déplacés jusque chez eux.

Nous vivions dans un quartier chinois et nous n’avons jamais eu de difficultés. En plus, nous avions choisi d’inscrire nos enfants (5 et 7 ans et demi aujourd’hui) dans une école du cru où ils ont appris la langue. Par contre, l’écriture ne se maîtrise pas aussi facilement. Pour se nourrir, il y a pléthore de marchés couverts ou de grandes surfaces dans lesquels nous trouvions de tout. Durant ces trois années, nous avons vécu une expérience fantastique qui m’a notamment démontré que les Suisses étaient bien plus frileux à l’égard des étrangers que nos hôtes».

Bientôt Urbigène

Depuis Shanghai, je doutais de pouvoir trouver un emploi lors du retour en Suisse. Par chance et par le biais d’internet, j’ai vu que V.O. Energies cherchait un successeur à M. Madoerin. Comme le cahier des charges réunissait l’essentiel de mes connaissances, j’ai postulé, car cela me paraissait le poste idéal dans une entreprise à taille humaine. Je suis donc revenue en Suisse pour me présenter et pour me voir attribuer cette direction que j’ai reprise au début de ce mois ».

A 49 ans, Martine Favre se réjouit de relever un beau défi dans un contexte très différent de celui de Shanghai. Une dame que vous allez rencontrer prochainement dans nos rues, puisque sa famille a choisi de venir s’établir à Orbe.

Photo Sylvie Troyon

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